La destinée de l'Erade
Bienvenue à toi, étranger !
Œuvre du hasard ou du destin, tu viens d’arriver aux portes d’un monde nouveau, celui d’Erade ; un univers aux secrets innombrables où cohabitent des cultures différentes et où la magie se lie à chaque être, dés sa naissance. Tu connaitras l’amour, l’amitié et de grands moments que tu n’oublieras jamais mais aussi de la tristesse, une noirceur dont tu ne te connaissais pas l’existence et qui sommeille pourtant en toi. Ce monde possède des horizons différents, des histoires liées entres elles et tu apprendras par la suite que rien n’arrive par hasard. Tu peux fuir ou rejoindre l’aventure mais n’oublie jamais qu’ici, chacun de tes actes changera le cours de notre histoire, celle que l’on écrit tous ensemble, la destinée de l’Erade.



 
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 La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)

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Anethra Helbaine

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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mar 13 Avr - 1:51

Anethra n'avait guère besoin de l'explication vague et prévisible de la part de Vilvan, car il était plus que clair que répondre à ses questions n'était pas à sa portée. C'était imperceptiblement déçue que la Déesse s'était contentée d'acquiescer pour tenter de l'apaiser... Mais malheureusement tout ne se passait pas comme elle l'aurait voulu. Le voyant se lever elle fut tout d'abord abasourdie par sa réaction, puis finalement tout cela la laissa pensive. Il était évident que tôt ou tard Vilvan tenterait par un moyen ou un autre de prendre ses distances, de se rétracter pour reprendre sa posture habituelle. Hésitant sur la meilleure voie à suivre concernant la suite, Anethra laissa le garde noir s'écarter de quelques pas avant de lui murmurer quelques mots fermes et durs, clairement un impératif:

- Je t'interdis de te laisser aller à des états d'âme qui te porteront préjudice, à toi et tes capacités. C'est toi que je veux pour assurer ma garde. Suis-je claire?

Sa question n'attendait pas de réponse car elle était purement rhétorique. Il ne discuterait pas un ordre direct elle le savait et ne se gênait pas pour en jouer. Il fallait apporter l'eau à son moulin après tout, et tout cela n'était qu'une manœuvre habile pour le sauvegarder à son tour tout en présentant les choses sous un jour qui le dissimulait. Le brusquer n'était pas la solution, et la preuve en était sa réaction inattendue... Mais maintenant la Mère Noire commencer à entendre une question faire écho dans un coin de son esprit, encore et encore: « Il y a-t-il vraiment une solution? »
Les impressions concernant ce qui venait de se passer étaient mitigées. D'un côté elle était on ne peut plus vexée qu'un de ses subalternes ait l'audace de refuser sa générosité peu importent les raisons; et d'un autre côté elle savait que Vilvan avait parfois un comportement irréfléchi et casse-cou, pour ne pas dire auto-punitif. Le fait qu'il s'isole de son propre chef n'arrangeait pas ses affaires et elle n'aimait pas l'idée de devoir suivre quelqu'un sous ses ordres, mais le bon sens lui disait qu'envoyer quelqu'un à sa place reviendrait à le condamner à une mort ingrate et gratuite. Il ne lui restait pas trop d'alternatives... et comme disait l'adage, on n'est bien servi que par soi-même.

Anethra laissa passer quelques minutes tout en machonnant quelques raisins, le temps que Vilvan prenne un peu d'avance vers la destination qui l'attendait. Ce fut sans grand étonnement qu'elle le vit regagner ses quartiers, sûrement encore partiellement prêts à l'accueillir puisque la priorité de tout le monde avait été d'aménager les appartements royaux. Soupirant tout en cheminant indolente parmi les couloirs désormais sillonnés par de nombreux domestiques et bien évidemment une garde attentive, la reine éternelle ne les regarda même pas... Son attention était ailleurs. Ainsi, sans armure et seulement parée d'une robe de soierie brodée elle avait presque l'air fragile. Presque, si l'on arrivait à faire abstraction du fait qu'aucun être vivant n'était en sécurité avec elle dans les parages. C'était l'apanage du pouvoir, de la puissance pure allant au delà de la force. Anethra était l'incarnation de la gloire des elfes, l'apogée de l'art et de la beauté sanglante de leur peuple qui regagnerait bientôt les hautes sphères.
Entrant donc sans prendre la peine de taper à la porte pour s'annoncer, comme à son habitude, elle fit quelques pas d'un air chancelant. Ses pas étaient hésitants comme si elle avait du mal à se déplacer. La belle regarda dans plusieurs directions, recherchant activement la présence de son garde du corps. Une fois qu'elle le trouva elle se traina presque jusqu'à lui, une main pâle posée sur le cœur. Son expression était tendue, et ses traits tirés. Son regard quand à lui était d'un gris métallique fade et éteint, presque chargé d'une étrange tristesse qu'il ne devait jamais lui avoir vu. Qu'avait-il bien pu se passer? Posant une main sur l'avant bras du titan, la demoiselle semblait chanceler fortement... Quelques bribes de mots confus franchirent ses lèvres et elle lui dit faiblement:


- Vilvan... J'ai besoin... J'veux que tu restes près de moi.

Levant la tête pour le regarder, elle tenta de sourire pour le rassurer mais finalement un peu de sang coula du coin de sa bouche. S'accrochant à ce bras fort pour ne pas tomber à terre, elle sentit ses jambes fléchir sous son poids...
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mar 13 Avr - 13:50

Plusieurs personnes étaient tentées de considérer Vilvan comme colossal certes mais lent et stupide. Ce qu’il n’était pas. En fait, il était bien plus malin qu’il n’en avait l’air et tout aussi rapide. Il lui fallut donc moins de temps qu’il n’en faut pour le dire avant qu’il n’abandonne son arme pour se porter au secours de sa souveraine. La prenant dans ses bras comme si elle ne pesait rien, il la transporta jusqu’à son lit, spartiate mais permettant un sommeil réparateur après une bonne journée d’entraînement. Il la déposa ensuite délicatement, du plus qu’il le put et il ouvrit ensuite un grand coffre trônant non loin pour en extraire ce qu’il avait pour coutume d’appeler des remèdes « de vrais elfes de la pénombre ». Autant dire tout de suite que cela avait pour caractéristique commune de soit piquer, brûler, faire tousser ou assommer le faible de constitution. Certains gardes noirs disaient non sans humour qu’avec un truc pareil, on pourrait réveiller un mort… Ce à quoi Vilvan répondait par un regard assassin.

Toujours fut-il qu’il s’empressa de déboucher un flacon qu’il fit boire à sa souveraine, un antipoison de sa composition. Une petite gorgée et vous aviez l’impression de prendre feu de l’intérieur et que votre sang se changeait en acide. Si poison il y avait, c’était la sensation ressentie et elle disparaissait sitôt le poison neutralisé. Dans un corps sain, cela agissait comme un tonique et c’était donc une potion multi usage. Vilvan n’était pas herboriste ou quoi que ce soit, non… Mais il savait lire des instructions et celles laissées dans sa famille pour créer ce genre de choses étaient aussi importante dans l’apprentissage du futur garde noir que le maniement des armes. Il connaissait son affaire et il savait quoi faire et comment le faire. On est professionnel ou on ne l’est pas…

À cette potion s’ajouta un baume qu’il fallait appliquer directement sur la poitrine du potentiel affligé. C’était une substance qui protégeait les organes vitaux en cas de problèmes majeurs, jusqu’à ce que des mains plus compétentes puissent s’occuper du blessé. Dans la tête de Vilvan, la simple notion d’abuser de la reine devenue faible ou de profiter de son état ne lui passa même pas par la tête et sans trop réfléchir, il déchira le vêtement de la déesse, exposant la chair de sa poitrine et de son torse à l’air de la pièce avant qu’il n’applique cette espèce d’onguent. En temps normal, jamais il n’aurait osé endommager un vêtement de sa maîtresse, encore moins la regarder nue… Mais il se passait en ce moment quelque chose d’unique dans la tête de Vilvan.

Il tenait à sa reine. Pas uniquement en termes d’obligations, non. En tant que personne, en tant qu’être et pour la première fois de sa longue existence, un lien affectif commença à se former entre lui et quelqu’un d’autre. Par devoirs professionnels, oui, il devait tenter de sauver Anethra… Mais il y avait plus, bien plus en ce moment que de la loyauté aveugle. Essuyant précautionneusement le sang qui avait coulé de la bouche de la reine, il attrapa un récipient qui ressemblait à du cristal, remplie d’une eau pure venant de sommets pratiquement inaccessibles, souvenir d’une des nombreuses épreuves menées lorsqu’il était plus jeune pour se rendre digne du nom qu’il portait.

Posant pour la première fois de sa vie un regard qui transcendait celui de ses fonctions sur Anethra, il la trouva incroyablement belle et il commença à comprendre pourquoi on la vénérait autant. Cependant, cet accès « d’humanisme » disparut aussitôt quand la reine, qui avait fermé les yeux, les rouvrit et lui adressa la parole. Elle n’avait pas besoin d’un autre membre à son harem : elle avait besoin de lui, son protecteur, son garde noir…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mar 13 Avr - 14:53

Les yeux fermés et les dents serrées, Anethra semblait réellement souffrir de ce qui l'affligeait... Sentant son corps décoller du sol lorsqu'elle fut soulevée par Vilvan, elle ne bougea pas d'un pouce et se laissa porter sur la couche non loin. Son interminable chevelure s'étendant sur l'oreiller comme une cascade d'argent, elle avait l'air d'une étrange captive de guerre... si tant est que l'on pouvait imaginer Vilvan prendre du bon temps avec une femme. Pourtant son faciès témoignait de sa douleur par une grimace contenue... Car on dirait que même dans pareille situation, la reine s'efforçait de ne rien montrer de son ressenti. C'était aussi celle là sa force, celle de ne jamais laisser voir ses faiblesses. Mais malheureusement il fallait avoir à l'esprit que malgré son statut, elle ne pouvait pas être infaillible... ou peut être qu'un peu quand même.

Sans protester elle avala la potion que lui présenta Vilvan, sans dire un mot ni même ouvrir les yeux. On dirait qu'elle était plongée dans une certaine léthargie, une certaine confusion probablement causée par les effets toxiques de ce qui lui coulait dans les veines. Mais soudainement son corps semblait s'embraser insupportablement, il semblait prendre feu sans explication... Lâchant donc un cri venu du fond des tripes, la déesse se tortilla violemment par des spasmes incontrôlés. Ses mains agrippèrent la première chose qu'elle trouva à portée, ce qui la conduisit à serrer les draps dans ses poings si fort que les nœuds de ses doigts en devinrent blancs. Respirant de manière saccadée, Anethra sentit sa température augmenter encore et encore, pour atteindre des limites supportables par les corps les plus résistants. Usant alors inconsciemment de son pouvoir, elle porta une main fébrile à sa dague pour rafraichir considérablement ses organes vitaux avant d'atteindre un seuil critique. Finalement le sort fit son effet et la douleur causée par l'antipoison disparut aussi rapide et foudroyante qu'elle n'était arrivée. Son corps retrouvant alors un semblant d'immobilité elle suait abondamment, son corps entier perlant de gouttes ça et là. Trop fatiguée pour faire quoi que ce soit, elle sentit finalement que ses vêtements étaient déchirés, et au fond de son esprit elle se demanda pourquoi... seulement elle n'avait pas envie de lutter, surtout qu'elle savait parfaitement qu'avec Vilvan elle ne risquait rien. Il ne ferait pas ce genre de choses sans une bonne raison...

Le laissant faire tout en jaugeant un peu étonnée de la relative douceur avec laquelle il la traitait, Anethra finit par ouvrir péniblement les yeux quelques instants plus tard. Elle avait volontairement attendu qu'il ait terminé pour ce faire, afin de ne pas l'interrompre. Son plan avait visiblement marché... C'était l'essentiel. Surprenant un regard furtif qui était différent de l'habituel pour la bonne et simple raison qu'il avait l'air de ressentir quelque chose, elle se redressa en position assise tout en s'appuyant sur ses coudes. Serait-ce possible que ce qu'elle avait vu soit réel ou était-ce seulement son envie obsessionnelle de le faire enfin vivre pleinement? Dur à dire...


- Je... Je sentais que cela finirait par arriver. Je t'avais pourtant dit de rester à mes côtés. Tu es le seul à pouvoir empêcher que ce genre de choses n'arrive, Vilvan. Tu n'as pas le temps de culpabiliser, tes fonctions n'attendent pas que tu aies fini de traiter des états d'âme. C'est le peuple entier qui a besoin de moi, et je n'ai pas le droit de faiblir... Seulement ma tâche est suffisamment difficile pour que je doive aussi me charger de ma propre sécurité. Hum brrr... j'ai froid. Tu as terminé avec ça?

Elle désigna le baume dans les mains du garde noir avec un signe de tête, avant de le regarder interrogative. D'un autre côté elle ne semblait pas particulièrement soucieuse de son propre état, comme d'habitude. Elle avait aussi un aspect trop téméraire qui était récurrent... Elle était comme un enfant impertinent qui jouait tout le temps avec le danger, qui aimait danser près de l'abîme. Quoi de plus grisant que de ce sentir vivant à travers chacune de ses cellules? Si il ne le savait pas avec certitude, il se doutait tout de même sûrement qu'elle ferait comme si tout cela n'était jamais arrivé. Elle ne prendrait aucune mesure supplémentaire de sécurité et elle ne changerait pas ce qu'elle avait de prévu afin de se sauvegarder... C'était quelqu'un qui avait besoin d'être surveillé, dans tous les sens du terme. D'ailleurs le sujet qu'elle attaqua démontrait le peu d'importance qu'avait cet énième attentat à ses yeux:

- Dis moi Vilvan... veux-tu te décharger des fonctions qui sont les tiennes, est-ce pour ça que tu es parti?
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mar 13 Avr - 17:57

Y avait-il moyen de faire se refermer Vilvan davantage? Probablement pas. À son armure émotionnelle existante sembla s’en ajouter une autre et s’il était possible de ressembler encore plus à une machine… Vilvan venait d’en faire la preuve. La façon dont il se raidit soudainement, la façon qu’il eut ensuite de regarder Anethra… Manifestement, tous les progrès qu’elle avait fait pour ouvrir Vilvan venait de se retrouvés anéantis par une question mal choisie… Dommage quand même, considérant les avancées qu’avait réussit à faire la reine des elfes de la pénombre… S’il ne répondit pas à la première déclaration de la reine des elfes, son cerveau revenant à un mode « entend, obéis, exécute », il prit quand même la parole lors de la deuxième question de sa souveraine, posant machinalement ce qu’il avait dans les mains sur un meuble. Le loyal et fidèle garde noir était de retour… Et Vilvan s’effaçait de nouveau.[/i]

« Jamais déesse. Je vis pour vous servir, uniquement pour vous servir. Telle est le but de mon existence, ma fonction. Par contre, un instrument défectueux doit être amélioré u remplacé. L’imperfection n’a pas sa place en ce monde… »

Elle était chanceuse d’avoir eu autant de mots et de phrases, considérant ô combien le garde noir (pas Vilvan mais le rôle qu’il endossait alors) pouvait être avare de parole. Aboyant un ordre, deux des gardes qui avaient suivit à distance Anethra du palais à la demeure du garde du corps entrèrent dans la pièce et après un échange fait à moitié en signes et à moitié dans le dialecte si caractéristique adopté par les subordonnés de Vilvan (une version abâtardie du commun des elfes de la pénombre comportant de nombreuses contractions de mots et un usage marqué d’abréviations permettant un échange bref et efficace), il fut établit que la reine serait escortée à ses quartiers et qu’un médecin royal, le plus compétent du lot, serait convoqué pour veiller au bien être de la reine. Quand un des gardes demanda à Vilvan quelle procédure adopter si le dit médecin était occupé… Vilvan répondit avec un ton plus glacial encore que ce que la magie d’Anethra pouvait conjurer. Jamais de mémoire d’elfes de la pénombre Vilvan ne s’était montré aussi… Vindicatif. Ce qu’il avait dit? En gros : tuez son patient et amenez le de gré ou de force. Fouillant ensuite dans ses affaires, Vilvan alla récupérer un haut de tunique qui serait bien trois fois trop grand pour Anethra… Mais le vêtement était propre et dissimulait ses glorieuses formes exposées à la vue de tous.

Ainsi prêts à partir, la reine fut ramenée dans ses quartiers et Vilvan devint statue, demeurant dans un coin de la pièce, immobile, attendant l’arrivée du médecin royal qui fut pratiquement jeté devant la reine sans le moindre ménagement par les hommes de Vilvan. Une curieuse rumeur circulait comme quoi Vilvan était si prêt de ses hommes que son état d’esprit pouvait infecter celui de ses hommes. Mieux valait que le garde du corps de la reine soit de bonne humeur... Sinon les gardes noirs se montraient particulièrement impitoyables… Et c’était encore peu dire.

Donnant une nouvelle série d’ordre à ses gardes, ceux-ci les relayèrent à une autre paire de garde et quelques minutes plus tard, le personnel des cuisines au grand complet fut amené de force dans les appartements royaux, dans une pièce annexe. Vilvan y entra, referma la porte (la porte elle-même était gardée par une partie du contingent de gardes, le reste occupés à surveiller le médecin et toute issue possible) et des cris d’agonies se firent soudainement entendre. Celui qui donne la mort s’était mit au travail… Et personne ne sortirait vivant de cette pièce à part lui. Personne ne touchait à la déesse sans en payer le prix…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Jeu 15 Avr - 2:56

La réponse terriblement mécanique de Vilvan n'eut pour effet que d'arracher un énorme soupir à la déesse... qu'on ne saurait dire si il était le fruit de l'exaspération ou de la fatigue, voir des deux. Les choses échappaient totalement à son contrôle avec les nouveaux événements et le moins que l'on puisse dire c'est que cela ne la ravissait pas du tout. Elle était en colère, elle était frustrée et en plus elle avait encore mal partout. Il fallait dire qu'être agitée de spasmes ce n'était pas de tout repos, même pour un organisme comme le sien. D'ailleurs elle savait aussi qu'elle aurait pu purifier son sang en utilisant ses pouvoirs... elle aurait eu la capacité de le purger des poisons qui avaient tenté d'y infester son organisme, mais elle avait voulu jouer un coup par avance. Cette fois-ci elle s'était lamentablement vautrée il fallait l'admettre, même si l'idée même lui remuait les tripes toutes entières. Un quitte ou double était malheureusement fait de cette part de perte possible, et ce coup-ci la chance ne lui avait pas souri. Tout cela était certes regrettable, à n'en pas douter... mais tout était à faire et si elle ne pouvait revenir en arrière, elle pouvait sûrement refaire cet exploit. Pourquoi douterait-elle de ses divines capacités au final??

D'un autre côté, si sa mine était clairement contrariée par les circonstances et la peine qui torturait encore son corps, Anethra n'avait pas rechigné à enfiler la tunique offerte par le garde noir. Fait rare à inscrire dans les journaux royaux... (Non qu'elle accepte, mais qu'elle ne proteste pas.) D'autre part elle avait surprit le regard suspicieux d'un des gardes noirs, qui n'ayant pas pipé mot avait tout de même certainement eu quelques idées lui passant par l'esprit. Il avait contemplé le lit défait et la reine se relevant à peine avec des vêtements en lambeaux gisant à terre, alors qu'un Vilvan furibond semblait dans une ire des plus sombres. Il avait certainement du imaginer l'espace d'un instant le fait qu'eux deux avaient pu s'adonner à des activités changeant pas mal de la simple discussion, mais à cause de la crainte pour sa vie, il s'était bien gardé de tout commentaire. Si à la base cette situation n'avait rien du tout de comique, cette expression dubitative chez ce subalterne était pour le moins drôle. C'était tout le paradoxe d'imaginer quelqu'un de sa beauté divine approcher d'aussi près quelqu'un comme Vilvan, qui était jugé laid et défiguré par les standards elfiques de beauté. On lui pardonnait tout grâce à sa compétence militaire, mais c'est vrai que si il n'avait pas eu ce don sans égal, il aurait certainement eu beaucoup de mal à s'intégrer dans leur société pleine d'aprioris... Son esprit était très occupé...
Cependant lorsque certains mentionnèrent l'idée de la faire se faire suivre par les médecins, elle refusa net et se maintint intraitable sur ce point. Tant pis si les poisons pouvaient avoir de quelconques effets en décalage, elle se débrouillerait bien et de toute façon il n'y avait pas de risque qu'elle puisse en pâtir, et encore moins le montrer. C'est justement à cause de cette image de force imperturbable qu'elle se devait de refuser ce genre de facilités, et qui plus est étant donné qu'elle venait de subir encore une tentative d'assassinat, elle ne se laisserait pas approcher plus que le stricte nécessaire dans les prochains temps. Le temps que les traîtres soient débusqués et anéantis... Un simple ordre à l'encontre du colosse fut prononcée, lui donnant rendez vous plus tard:


- Lorsque tu auras terminé, je veux que tu viennes me faire un rapport détaillé.

Ce fut ainsi que le pauvre médecin qui n'avait pas demandé à être traité avec tant d'urgence fut libre de repartir, la queue entre les jambes et avec une expression qui témoignait de sa terreur des représailles. Après lui avoir assuré qu'il serait tranquille, Anethra le laissa repartir tranquillement afin de savourer sa liberté retrouvée, avant d'ordonner à un de ses hommes de main de l'exterminer. Elle ne voulait pas de lâches dans sa cour, aussi compétents soient-ils. Et puis des médecins elle pouvait s'en trouver n'importe où... avec une préférence nette pour ceux originaires d'orient, pour leurs méthodes curatives agréables ainsi que pour leur connue alliance avec les elfes de la pénombre. Un de ses anciens amants avait pris le contrôle du royaume... ce qui la rendait quelque part propriétaire de tout le territoire bien que ce ne soit pas un fait publiquement connu. Elle préférait autant que les choses demeurent ainsi, car au moins le secret bien gardé assurait que les ennemis de son peuple ne tentent pas de soulever des rebellions.

Blasée la reine avait regagné le confort de ses quartiers, ou désormais se retrouvait un homme qu'elle avait déjà rencontré plus tôt. Ce même homme qui était hier encore le propriétaire de celui qui était devenu son palais. Ce même homme qui plus tôt avait été impitoyablement étendu sur la table avec une dague plantée dans le cœur. Désormais il était vêtu d'une simple toge, les blessures refermées grâce à la magie de ses soigneurs... mais une incroyable cicatrice au niveau du cœur. Autant dire qu'il ne risquait pas d'oublier quand et comment il avait été marqué de la sorte! Attaché sommairement à l'un des pieds du lit, il semblait indifférent à cette posture humiliante qui lui avait été imposée. Soit... Il finirait bien par arrêter de faire la tête et remercierait bientôt la déesse pour la nouvelle destinée qu'elle lui offrait. Elle pourrait même parier que dans une semaine maximum il lui serait totalement dévoué, incapable de lui dire non. Puis d'un autre côté elle n'avait même pas besoin de le surveiller, Mina et Kilik, ses deux préférés, se chargeraient avec zèle d'épier chacun des pas de son nouvel esclave... surtout qu'ils devaient redouter de perdre leur place par quelqu'un qui se montrerait plus agréable encore. C'était beau la compétitivité !
Mais son humeur était trop mitigée pour qu'elle s'occupe de son nouveau jouet maintenant. Trop de choses se pressaient dans son esprit en même temps, se bousculant tellement fort qu'elle avait l'impression que plus rien n'avait de sens. Tournant en rond dans sa chambre comme une lionne en cage et ce malgré la fatigue, elle essayait de tuer le temps jusqu'à ce que Vilvan revienne. Quelques idées commençaient à germer, toutes plus audacieuses les unes que les autres... mais il lui faudrait du temps pour tout mettre en place. Peut être qu'elle avait enfin trouvé une solution pour le faire se débrider un peu. Soupirant de lassitude, elle se changea rapidement pour retrouver des vêtements à sa taille puis comme le garde noir n'était toujours pas là, elle se posta à la fenêtre pour regarder dehors, dos à l'entrée. Se parlant à elle même à voix basse elle semblait drôlement pensive:


- Cet misérable lâche s'emploie de plus en plus à essayer de m'avoir, mais les choses ne vont pas se passer comme ça. Je refuse de me laisser importuner par une pareille petitesse, et il faut que je parvienne à contenir et ralentir le rythme de ces attentats si je veux continuer de le narguer comme je le fais depuis plus d'un millénaire. Je... Il faut que j'y mette fin, quitte à le faire de mes propres mains!

Il était plus qu'évident qu'elle ne parlait pas de Vilvan, et aussi que même si elle avait une apparence tout à fait décontractée concernant le danger pesant sur son existence, la réalité était un peu différente. Ce n'était pas comme si elle avait peur, non loin de là... en fait elle était surtout animée par la colère, par la rage de se faire harceler et de devoir se protéger de toutes les menaces possibles et imaginables, parfois même des plans d'une complexité vraiment tordue. Peut être devrait-elle tenter encore une escapade sans que personne ne le sache afin d'avoir un peu de tranquillité...
Un bruit la fit alors prendre conscience d'une nouvelle présence, qu'elle ne tarda pas à reconnaître comme étant Vilvan. Elle ignorait si il avait entendu son étrange monologue, mais le fait est que tout cela lui était indifférent. Elle n'avait pas grand chose à cacher étant donné que si elle s'était permis de penser tout haut, il n'y avait rien d'énoncé qui pourrait lui nuire ou être une vraie fuite d'informations.


- Oh c'est toi Vilvan mon chéri. Alors dis moi ce qu'il en est, as-tu trouvé le responsable? Enfin peu m'importe la réponse de toute façon. Je vais prendre des mesures qui vont sûrement te ravir... ou pas. À partir de ce soir tu dormiras dans ma chambre tous les soirs. Tu céderas ton intimité en faveur de mon bien être, et je suis sûre que cela ne doit pas te poser problème n'est-ce pas? Bien, tant mieux. (elle ne lui avait pas donné le temps de répondre ou de la contredire) Ensuite j'ai quelques projets pour toi afin que tu me prouves ta dévotion sans bornes. Cependant tout cela prendra du temps et j'ai besoin d'y réfléchir, alors quand tu auras terminé de me faire ton rapport nous ferons une réunion d'urgence avec tous les officiers supérieurs de chaque branche de mon armée. J'ai des choses à leur dire.
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Jeu 15 Avr - 17:38

Sans une once d’émotion, le garde noir acquiesça silencieusement aux directives de sa maîtresse et il donna un ordre bref pour que le transfert de ses maigres possessions se fasse séance tenante. Pourquoi se donner la peine d’exprimer quoi que ce soit quand la servitude et l’obéissance aveugle demandait bien moins de travail? Quand Vilvan se retranchait derrière ses défenses émotionnelle, la glace et le marbre faisait figure de gamins surexcités face à l’impassibilité de l’elfe de la pénombre… Était-ce une compétence ou un don? Allez savoir. Ce qui était chose certaine, c’était que pour le moment, lui arracher ne serait-ce que l’ombre d’un sourire relevait de l’impossible pur et dur… Sacré Vilvan, il n’y avait que lui pour faire un truc pareil!

Si une partie des dires de la déesse avait de quoi le préoccuper, il était bien trop professionnel pour le laisser paraître. Son travail n’était pas de s’inquiéter mais bien de protéger et il comptait faire son travail et uniquement son travail… Et son travail consistait à rapporter certains bruits de couloir qu’il interceptait de temps en temps. Rares était ceux qui se doutait que le colosse retenait tout ce qu’il entendait pour ensuite le rapporter à sa maitresse bien aimée… Ce qui le dérangeait ce n’était pas tant que la dite rumeur parle de lui… Mais plutôt de la teneur des propos qui… Discréditaient en un sens la déesse de son peuple. S’il n’avait rien fait sur le moment, c’était parce qu’il avait des ordres précis de la part de sa maîtresse : plutôt que de se retrouver encore dans un jeu de procédures légales, il n’avait qu’à jouer au rapporteur et laisser Anethra rendre son verdict. Après tout, en tant que reine de leur peuple, elle avait ce droit exclusif de rendre sa propre justice et d’administrer comme bon lui semblait![/i]


« Je ne me suis pas encombré des procédures d’enquête. Tout ce qui respirait dans les cuisines ne vous importunera plus jamais. Mes gardes ont traqué et ramené chaque personne ayant eu accès aux cuisines. Ils ont été également mit à mort. Un total de près de cent individus, selon un estimé rapide. Si traitre il n’y avait, traitre il n’y a plus, altesse. Personne n’a échappé au massacre.

Il y a un autre problème, altesse. Le seigneur Erelrhyl a parlé contre vous. Il soutient que vous auriez des relations charnelles avec moi. Une idée ridicule s’il en est. Je ne l’ai pas tué, conformément à vos instructions. Ses paroles portent par contre. On commence à vous appeler dans votre dos par un mauvais surnom. La catin capricieuse. Pardonnez ces paroles, je ne fais que rapporter les faits. Mon rapport vous en dira plus. »


Tendant son rapport à la déesse, Vilvan laissa échapper un léger respire irrité. Le seigneur Erelrhyl… Combien de fois Vilvan avait-il demandé d’autorisations pour le tuer? C’était à croire qu’Anethra prenait un plaisir sadique à lui dire non et à lui refuser cette permission. Il espérait que cette fois ci, considérant qu’il était en train d’amener dans son sillage une partie de l’assemblée des nobles, elle lui donnerait la permission… Et sans trop s’en rendre compte, ce qui était rare mais pas inhabituel sur le garde noir, il se laissa aller à une distraite réflexion à voix haute sur l’absurdité de la chose : une personne comme lui ne pouvait ne serait-ce qu’espérer un tel honneur que de partager la couche de la déesse. Non pas qu’il le désira : il en aurait bien été incapable. Pas lorsqu’il était retranché derrière ses défenses émotionnelles. Vilvan n’était pas idiot et il savait écouter : on disait de lui qu’une femme nue pourrait s’asseoir sur ses genoux qu’il resterait impassible et certains poussaient leur chance à douter de son orientation sexuelle. Il n’en était rien : c’était ça le vrai professionnalisme, rester de marbre en toute circonstances et ne jamais devenir victime de sa libido…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Ven 16 Avr - 0:57

Anethra ne s'était pas attendue à ce qu'il proteste à l'encontre de sa décision, pas plus qu'elle ne l'avait désiré. Il n'y avait aucune envie particulière de le faire réagir sur cela, car elle savait parfaitement que les choses s'en trouvaient complexifiées à cause des derniers événements. Mais si la rage était bien présente, elle se manifestait comme d'habitude de manière bigrement dangereuse. Telles les neiges éternelles les plus légendaires, son ire dormait pour l'instant d'un sommeil menaçant. Elle engrangeait les rancunes soigneusement dans un coin de sa mémoire pour mieux les laisser s'exprimer plus tard, dans la plénitude de leur maturité. Autant dire que celui ou ceux qui en écoperaient n'avaient plus qu'à s'arracher les yeux pour qu'il leur reste quelque chose pour pleurer... Apparemment d'humeur plus légère, Anethra semblait avoir repris la maîtrise d'elle même, mais en réalité ce n'était pas tout à fait ça. Un œil avisé de quelqu'un qui la connaissait pourrait très vite repérer sa posture droite et élégante, trop parfaite pour être naturelle. Chaque murmure, chaque geste était en ce moment contrôlé, voulu et pensé... Car lorsqu'elle en avait après quelqu'un ou quelque chose, Anethra était méthodique et sans pitié.

Les paroles de Vilvan étaient prudentes et avaient pour but de l'informer de ce qui se passait dans son dos, et elles avaient leur part d'utilité... cependant le fait est que bien que tout cela soit bon à savoir, la reine n'en avait que faire de toutes ces rumeurs aussi diffamatoires soient-elles. C'était amusant de voir les grands seigneurs essayer de lancer leur venin sur une idole qu'ils ne pouvaient pas atteindre de leurs petits crachats sans importance. Et puis d'un autre côté leurs rumeurs étaient bénéfiques à sa cause jusqu'à un certain point, car c'était de légendes et louanges mais aussi de jalousies qu'était né le mythe qu'elle était devenue. Le vieux proverbe le disait: « On n'insulte que celui qu'on craint. » Si cet Erelrhyl avait vécu jusque là ce n'était que pour la bonne et simple raison que ceux qui osaient lui tenir tête avaient le mérite de l'occuper, de la faire rire car ils se cachaient invariablement derrière des faciès innocents et prétendument fidèles, alors qu'elle connaissait leur vrai visage depuis longtemps. En outre ils était une opposition qui finissait toujours par se ridiculiser tôt ou tard en démontrant sa lâcheté, avec un peu de son aide bien sûr. Cette humiliation consécutive finissait par démontrer au peuple tout entier qu'elle était solide et pouvait défaire n'importe quel adversaire, qu'il soit un stratège de renom, un guerrier des plus valeureux ou bien un orateur célèbre versé sur la politique. Elle était la déesse, la seule et l'unique, la seule femme de tous les temps à être parvenue à s'imposer sur le peuple réunifié. C'est pourquoi elle semblait s'obstiner à ne pas laisser Vilvan régler tout par la force de sa lame... Erelrhyl se devait d'être retenu comme un très bon exemple de ce qui arrivait à ceux qui lui portaient affront, elle se devait de mettre fin à cette affaire elle même, de ses propres mains qui infligeraient une correction mémorable... une leçon d'éthique et de morale que l'on retiendrait sûrement dans les annales.


- Bien. Je te fais confiance pour ça, j'espère juste que l'on trouvera du personnel de remplacement avec des capacités équivalentes, je ne tiens pas à devoir manger de la bouillie plébéienne à cause de ce maudit accident de parcours. Pour ce qui est de l'autre incapable, il ne sera plus un problème dans quelques temps.
La catin capricieuse tu dis? Oh comme c'est hilarant, j'aurais cru qu'il aurait fait preuve de plus d'imagination dans sa bêtise... Mais non, il faut que même dans ce domaine il ne puisse être autre chose qu'un déchet inutile... inutile et décevant. Ne t'en fais pas, son heure viendra et ce moment là ce sera moi qui le choisirai. Peut être même qu'il viendra plus tôt que tu ne crois...


Elle lui fit un clin d'œil complice en recevant le tant attendu rapport, comme si elle était un enfant replongeant dans les plans machiavéliques qu'il avait soigneusement élaboré pour son mauvais coup. Elle se demandait si elle aurait l'occasion de faire tout ce qu'elle avait en tête... Peut être même se passerait sous les yeux du colosse afin qu'il puisse profiter du spectacle. Peut être même pourrait-il y participer afin d'évacuer la frustration qu'il accumulait qui sait. Haussant finalement les épaules tout en ignorant délibérément sa volonté de régler tout cela par la force brute, elle fut assez surprise de sa réflexion. Non pas du contenu de cette dernière, mais tout simplement de sa formulation à voix haute, relevant de quelque chose d'inhabituel. Peut être qu'elle avait fait une brèche dans son armure un peu plus profondément qu'elle ne l'avait cru initialement... et peut être aussi que tout cela s'en irait aussi vite que ce n'était venu, le tout dépendrait de plein de paramètres extrêmement compliqués à gérer. Posant le rapport sur son bureau non loin après y avoir jeté une œillade furtive, Anethra scella le papier d'un sort afin de le rendre illisible pour n'importe qui excepté pour elle. Un processus magique de haut niveau lui permettant de ne pas devoir s'inquiéter des fuites, et conduisant à une mort atroce toute tentative d'effraction. Du moins c'était ce que l'on racontait, car personne de vivant n'avait encore clamé avoir pu outrepasser cette limite.

- Un honneur oui peut être, mais ce n'est pas à toi de juger si tu en es digne ou non mon bon Vilvan. Mais quelque chose m'intrigue... Tu ne m'as jamais vraiment regardée, dois-je comprendre que je ne suis pas à ton goût?

Il n'y avait aucune menace dans sa voix, juste pas mal de curiosité qui malgré l'incongrue question était assez légitime. Mais le tout ne s'arrêtait pas là... Amusée, Anethra s'approcha du garde noir et lui prit la main entre les siennes, profitant pour la caresser délicatement. On ne saurait dire pourquoi elle faisait une telle chose... Amitié, provocation, tendresse, insolence? Le fait est qu'elle se fichait éperdument de tout ce que les médisants pouvaient raconter à son sujet... Et elle allait le leur prouver à tous. Sortant de ses quartiers en emmenant Vilvan avec elle, elle lui laissa juste le temps de prendre son arme avant de la suivre. Il ne fallait pas qu'il trouve le temps de réorganiser ses défenses pour se planquer derrière son armure d'efficacité, il fallait qu'il sorte un peu de ses gonds, qu'il soit pris au dépourvu.

- Allez viens... j'ai convoqué tous les dirigeants de chacun des bataillons afin de m'entretenir avec eux. Il faut que je sache ce qui s'est passé tout à l'heure pendant l'offensive et je ne veux pas qu'ils aient le temps de me coudre un blabla terriblement ennuyeux et absurde sur leurs rapports écrits. De plus je peux parier qu'ils ne le font même pas eux mêmes, ils sont trop orgueilleux et paresseux pour assumer une telle part rébarbative du boulot. Je les prendrai en faute, et je m'arrangerait pour faire le ménage, de gré ou de force. Mais je veux que tu acceptes une nouvelle mission Vilvan. Je veux que tu fasses semblant que la rumeur qu'Erelrhyl a répandue n'est qu'un pâle reflet de la vérité. Soit crédible.

Ouvrant alors la porte de la salle des réunions sans plus attendre, la suzeraine était tous sourires lorsqu'elle vit comme d'habitude la majorité des présents tirant des têtes d'enterrement malgré la victoire. Ils n'appréciaient que très moyennement d'être appelés à comparaître à un moment où ils devraient être en train de festoyer ou s'envoyer en l'air pour se congratuler de cette réussite. Cependant ils savaient bien aussi qu'ils n'avaient pas le droit de baisser leur garder et se permettre des écarts de conduite. Une réunion était une réunion, et seule la mort était un motif acceptable pour une absence. La déesse adorait la ponctualité... chez les autres. Anethra avait une demi heure de retard et elle le savait, car tout cela était volontaire. Les faire attendre n'était qu'une petite embûche, la première d'une longue série qui les attendait, car la patience se cultivait encore et toujours à travers les millénaires d'existence.

- Bonjour Messieurs... Je suis désolée du retard, mais comme vous pouvez le constater j'étais en bien bonne compagnie !

C'était faux, elle n'était pas désolée et elle n'était pas du tout du genre à s'excuser non plus, mais tout dans son comportement sentait la provocation délibérée, ce qui faisait déjà fulminer le dit Erelrhyl assis au bout de la table ovale. Si il était déjà furieux avec un simple retard, qu'est ce que ce serait au bout de la séance? Un grand sourire illumina les traits de la reine, qui se montrait en pleine forme malgré les deux attentats de la journée. C'était comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, comme si elle était une reine prospère dans un petit royaume tranquille de l'Erade. Que d'ironie...

- Veuillez vous asseoir. Bien... Je propose que vous commenciez à m'inonder de vos comptes rendus aussi fleuris qu'inintéressants dès à présent, j'ai encore des choses à faire avec mon tendre Gardien. Soyez donc concis je vous prie.

Amenant un Vilvan sûrement confus par la main, elle l'incita à s'asseoir sur la chaise en tête de table, et sans lui demander son avis, s'installa confortablement sur ses genoux afin de mener la séance comme d'habitude, sous le regard médusé de ses collaborateurs. L'excentricité n'avait pas de limites, mais surtout ce qui devait le plus les paniquer c'était que sans nul doute tout cela avait une raison d'être...
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Ven 16 Avr - 1:25

Prime directive relative aux ordres : toutd consigne même démente doit être exécutée séance tenante. Vilvan devait jouer aux amants? Soit. Au nom de la nation, pour sa patrie et sa reine, il se plierait au jeu. Confus, désorienté et courant pour se mettre à couvert derrière ses défenses, Vilvan cherchait à faire le tri dans tout ce qui avait été dit et une part de lui maudissait la lenteur de sa réaction et cette porte ouverte qu’il avait laissé ouverte et qui avait permit à Anethra de l’entraîner dans un jeu dangereux. Ne réalisait-elle donc pas qu’un instrument servait à une tâche précise et qu’il ne fallait pas s’en servir pour autre chose? C’était comme vouloir se raser avec une épée ou encore tenter de faire le service avec un bouclier… C’était absurde et hors de propos!

Qui plus était, comment devait-il se comporter? Il n’en savait trop rien… Si ce n’était de ce qu’il avait pu voir des nombreux partenaires de la déesse. À jouer au cerbère de garde, on finit par voir, entendre et savoir plus que bien des gens et il avait une petite idée sur la marche à suivre. En même temps… Cette directive le mettait terriblement mal à l’aise. Vilvan était mauvais menteur car ses méthodes étaient aussi directes qu’expéditives, d’ordinaire. Il fallait ici emprunter une tactique différente… Et il était tout sauf sûr d’être en mesure de le faire. Le doute était là, présent, tenace… Doute qui s’évanouit quand Vilvan croisa le regard de cet être haït que la déesse ne voulait pas qu’il tue. Face à cet ennemi, Vilvan aurait endossé mille rôle pour mener sa reine sur le chemin de la victoire… Si sa reine voulait que son instrument serve à une autre fonction… Vilvan s’adapterait car il était à la fois moins et plus qu’un objet animé entre les mains de la déesse des elfes de la pénombre. Il était Vilvan Ertis…

Une fois installé avec la reine sur ses genoux, il commença à lui caresser maladroitement les cheveux, exactement ce que l’on attendrait d’une grosse brute dans son genre. Si la gestuelle n’était pas aussi soignée que celle d’un de ces sveltes seigneurs… Il savait masser un crâne mieux que bien des gens. Si Anethra avait été un félin, elle en aurait sans doute ronronné de plaisir. Passant un bras armuré pour étreindre Anethra, il le plaça de façon à protéger son cœur ce qui le força à appuyer sur le buste de sa protégée. Il commençait à entrer dans le rôle d’un amant vigilant et protecteur, maladroit mais pas jaloux et honnête et franc plutôt qu’hypocrite et protecteur. En cela, il avait de quoi en intimider plus d’un car la vérité et l’honnêteté ne faisaient pas partie de leurs qualités…

Sa main quitta ensuite les cheveux de la reine pour lui masser le cou de sa grande main. S’il n’y avait pas la sensualité et l’érotisme de ces mâles bellâtre, il y avait ce souci d’attention qui, il le savait, faisait rougir de rage chacun de ces hommes qui avaient toujours hait le garde du corps pour sa proximité avec la déesse. Mobilisant tout son courage, toute sa volonté et se disant pour la énième fois qu’il servait sa déesse et rien d’autre, il se pencha pour embrasser Anethra. Littéralement. Sur les lèvres, comme cela, en pleine réunion. Il devait jouer à l’amant non? De là où ils étaient, personne dans les officiers ne pt voir l’expression de Vilvan. Anethra, elle, put lire trois choses dans le regard du garde noir : le sens du devoir, si commun à son loyal serviteur, de la confusion, venant du zèle abusif du garde noir et… Une envie sincère dans le geste qui dépassait le simple ordre. Était-ce ce fragment d’être qu’elle avait vu fugacement quelques minutes plus tôt? Se pourrait-il que Vilvan ait au contraire regardé la déesse, attentivement et qu’il la trouvait de son goût? Il y avait cette admiration respectueuse quelque part en lui, celle que l’on a en regardant les plus belles œuvres d’art et les plus grands trésors…

Un commentaire assassin murmuré par le seigneur que Vilvan voulait faire périr de sa lame vint toutefois manquer de tout ruiner et n’eut-il été de la volonté surhumaine du garde noir de servir sa reine, cette dernière aurait probablement été aux premières loges pour quelqu’un se faire décapiter… À mains nues…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Ven 16 Avr - 2:38

Autant le désarroi évident et prévisible de Vilvan que le plaisir par anticipation de dérouter tous ses subalternes mettait la reine d'une relative bonne humeur. Ce pourquoi elle était tous sourires la quasi totalité du temps, même si d'ordinaire ces réunions avaient le don de passablement l'ennuyer. Pour une fois on pouvait dire qu'elle était un peu occupée d'une manière différente, car elle ne s'attendait pas vraiment à ce que Vilvan prenne son rôle avec autant de sérieux. Il mettait son cœur à l'ouvrage on ne pouvait pas dire le contraire, et bien qu'elle ne lui connaisse pas ce genre de talents au préalable, elle put constater qu'il était plutôt un bon acteur. Se laissant faire docilement sous son toucher, elle était toute petite comparée à la musculature impressionnante et à la carrure du colosse... ce qui ajoutait à l'insolite de la scène. Après tout une reine qui venait écouter ses militaires avec un prétendu amant, c'était bien une première! Enfin après tout Anethra était surtout connue pour être celle qui osait tout, celle qui faisait tout ce que les autres avaient peur d'entreprendre. Son courage et sa détermination n'avaient pas d'égal, alors il n'y avait pas de raisons qu'elle se change pour plaire. Ceux qui n'étaient pas contents n'avaient qu'à se taire ou mourir et c'était tout. Se penchant légèrement pendant quelques instants, elle murmura à l'oreille de Vilvan avant de poursuivre:

- Tu avais oublié de me dire que tu recelais ce genre de talents caché, mon cher...

Dyrias vous êtes aussi irréfléchi qu'incompétent. Pourquoi avez-vous laissé vos dragonniers faire ce qui leur plaisait, en faisant plus de boucan encore que si je vous avais demandé d'annoncer notre arrivée? J'attends des explications et elles ont intérêt à être bonnes, ou votre tête va sauter.

Si l'avertissement semblait extrême, le plus grave c'est qu'il était évident que ses mots n'étaient pas employés à la légère. Elle avait effectivement la puissance et le savoir nécessaire pour tuer n'importe quelle créature dans cette salle sans même la toucher. On comprenait donc assez rapidement le fait qu'elle rechigne à venir à bout de ses opposants de manière dont radicale, sans même prendre le temps et le plaisir de les regarder trépasser lentement.
D'autre part même si elle ne trahissait rien de manière affichée, elle appréciait plutôt bien la proximité de Vilvan. Quelque part tout cela la conduisait à se poser une nouvelle série de questions, puisqu'elle pouvait observer cet elfe sous un nouveau point de vue qui lui était auparavant inaccessible. Cette idée était peut être encore plus intéressante et bien choisie qu'elle ne l'avait pensé au départ, elle avait de bonnes raisons de positiver, du moins le temps que cette mission durerait. Dévisageant l'assemblée de son regard inquisiteur il y avait un vrai décalage entre son attitude et les circonstances dans lesquelles elle se présentait. Sa voix était inflexible et sérieuse comme à l'accoutumée, mais son corps lui était félinement disposé près de Vilvan comme pour mieux se faire dorloter. Sa petite main était posée détendue sur une des cuisses du garde noir, tandis que concentrée sur ses deux tâches parallèles, elle discutait de stratégie en simultané sans que sa qualité de jugement n'en soit amoindrie d'un iota. On ne pouvait pas en dire autant des différents officiers présents, qui en plus de devoir s'expliquer sur chacune de leurs erreurs devaient en plus assister à cet épisode qui semblait les troubler. Que ce soit par pure envie ou plus ostensiblement par colère, aucun n'était indifférent à ce qui se passait... Surtout lorsque sans prévenir, Vilvan prit les devants pour mieux surprendre tout le monde, elle la première. Toutefois cela ne fut pas de longue durée, puisque le regard émeraude de la Déesse fusilla son plus grand rival suite à une remarque qui faillit également lui faire perdre son sang froid.


- Sire Erelrhyl, j'ai l'impression que depuis quelques années déjà nous avons de plus en plus tendance à nous opposer de manière de plus en plus régulière. Je suis profondément déçue de l'évolution des choses, j'aurais cru que quelqu'un de votre rang aurait fini par se rendre compte de ses erreurs afin de se reprendre, j'aurais cru que vous auriez fini par ouvrir les yeux et verriez enfin quelle est la seule cause que vous vous devez de défendre... mais visiblement j'ai sur-estimé votre intelligence. En prenant en compte les répliques déplacées que vous avez l'outrecuidance de prononcer en ma divine présence ainsi que les diverses bourdes monumentales dont vous êtes responsables au sein de cette dernière campagne, je me dois de prendre des mesures. Enfin dans ma grande générosité, et ce parce que ma gentillesse à votre égard est particulièrement développée, je me vois dans l'obligation de vous démettre de vos fonctions. Votre second, Sire Tromah prendra votre place.

Si en apparence cette sentence paraissait particulièrement clémente, tous ici savaient qu'il n'en était rien. Anethra venait de déclarer la pire punition qui soit: le blâme qui finirait par être rendu public et bien entendu la démise des fonctions qui signifiait une humiliation à nulle autre pareille pour cet homme comme pour tout son clan. Sa famille entière le tiendrait pour responsable de la chute des leurs, et son nom finirait par se perpétrer comme celui qui avait chuté, celui qui avait failli, non parce qu'il avait péri au combat mais parce qu'il avait tout simplement échoué. Enfin bien entendu comme il était aisément prévisible, la décision ne fut pas accueillie avec calme... et l'annonce ironique dépourvue de tact à sa façon n'arrangeait rien. Mais le tout était prévu et orchestré. La protestation insultante ne tarda pas à venir, ce qui donnait l'occasion idéale à Anethra de le bannir définitivement en invoquant le lèse majesté et le blasphème. Le parjure demeurait une raison valable également, mais elle se garda fort bien de l'énoncer... elle n'en avait pas besoin.

- Bien... puisque vous n'êtes pas fichu de contrôler votre langue bien pendue, je m'en vais résoudre le problème pour de bon. Qu'on la lui arrache, ou je ferai le boulot moi même de manière plus laide encore.

Alors ce fut le brouhaha parmi les présents, la plupart des officiers se scandalisant de l'ensemble de la situation. La grande majorité ne comprenait pas ce qui prenait Erelrhyl de se précipiter à la mort de la sorte et se gardait bien d'intervenir tout en espérant que rien ne leur arrive, une poignée d'anciens était scandalisée par la présence de Vilvan sur les lieux, et finalement un autre protestait contre la sentence prononcée. Il s'agissait de l'un des frères de « l'accusé » déjà reconnu coupable, qui savait parfaitement que son poste aussi avait les jours comptés étant donné le destin de son consanguin. Il eut beau craindre et demander clémence afin qu'Anethra se ravise, rien n'y fit. L'un de ses bras droits se leva illico pour s'exécuter, emportant de force le dénommé Erelrhyl à l'entrée de la pièce. Il savait bien que la Déesse n'aimait pas assister à des meurtres qui ne venaient pas de sa propre lame... C'est donc au son de cris que la déesse passa une main autour de la nuque du garde noir pour l'étreindre avec familiarité avant de s'approcher pour l'embrasser à son tour. Quelques secondes à peine, mais qui suffirent à montrer à cet automate pourquoi la déesse déchainait autant de passions, pourquoi chaque mâle rivalisait sans cesse pour décrocher un peu de son attention, pourquoi même ses esclaves se battaient parfois pour l'avoir un peu plus. Un petit goût de paradis et d'interdit au bout des lèvres, quoi de plus délicieux...?
Reculant finalement son visage avec un sourire en coin, Anethra admira la langue sanguinolente que lui montrait son second puis le félicita pour sa promptitude à l'exécution. Au moins un qui avait compris que pour ne pas avoir de soucis il suffisait de lui obéir sans hésiter et de pratique la délation intensive de tout traître potentiel... Mais disons qu'il n'y avait probablement pas que de la dévotion dans son regard. Il y avait une envie, une jalousie dévorante et dissimulée dans ce qu'il venait de voir. Il était connu pour être un de ses plus fervents défenseurs depuis plus d'un millénaire, depuis presque ses débuts dans l'essor elfique. Les ragots disaient qu'il était tellement amoureux de celle qu'il servait, qu'il ne touchait que des femmes ayant une ressemblance frappante avec la dernière des Helbaine. Vérité ou non, personne ne le savait... Mais ce qui était certain c'est qu'il était un officier des plus qualifiés et zélés, surtout en l'absence de Mengil, parti en mission secrète.


- Mon bon Vilvan, je te donne le choix d'un présent... Soit tu t'occupes de faire ce qu'il te plaira de cet hérétique, soit tu retournes avec moi dans mes appartements afin de me tenir compagnie. Qu'en penses-tu?
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Ven 16 Avr - 3:20

Suivre les ordres, faire passer les intérêts de la couronne avant les siens…Le choix ne se posait pas, il devait suivre la déesse. Ceci dit, cela ne l’empêchait pas d’exécuter le traitre plus tard… Répondant pratiquement à un signal invisible,d eux de ses subordonnés se pointèrent sur les leixu pour amener les prisonniers. L’atmosphère, déjà tendue, le devint davantage. Il n’y avait pas un garde noir dans l’unité spéciale de Vilvan en dessous des deux mètres… Et si Vilvan se démarquait du lot, le reste demeurait imposant… Amenant le prévenu sans même émettre un son, c’était en même temps une provocation pour le commandant des dragonniers : là où une élite échouait, une autre était là pour faire le vrai travail… Vilvan, quant à lui, posa son regard de marbre sur le second du déchu, le jaugeant du regard, adoptant un comportement protecteur vis-à-vis de sa maîtresse. Un regard qui disait : contente-toi des imitations car moi je ne te laisserai pas t’approcher d’elle. Tant qu’à jouer un rôle, il comptait l’assumer jusqu’au bout…

Prenant le plus délicatement Anethra dans ses bras, qui ressemblait à une poupée dans les bras du colosse, il se leva et prit la direction des appartements royaux, son corps servant une fois de plus de rempart entre elle et d’éventuels assaillants. Devant une telle scène, un des officiers ne put retenir une insulte mordante à l’attention de Vilvan… qui se raidit et se pencha pour ramasser quelque chose. Le futur cadavre ne put le voir mais Anehtra elle put voir qu’il s’agissait d’un gobelet qui avait dû se trouver sur la table et qui dans la confusion était tombé par terre. Se retournant à demi, il lança l’objet en direction de celui qui lui avait fait l’offense… Et au bruit écœurant que l’objet fit en entrant en contact avec le corps de l’infortuné, il y avait fort à parier qu’il faudrait extraire l’objet de la chair, des muscles et des os… Le tout sans même déranger Anethra qu’il tenait avec un seul bras. Satisfait, il se pencha pour voler un nouveau baiser à la belle reine, troquant un morceau de paradis contre le goût indéfinissable d’un respect sincère et de la loyauté pure, la vraie, celle qui se passe de l’argent, du pouvoir et du prestige. S’il n’était pas le plus doué pour embrasser… Il avait au moins le mérite de rendre la chose agréable!

Revenant donc aux appartements royaux, Vilvan troqua une hostilité pour une autre : celle des deux esclaves favoris d’Anethra. Cela ne le dérangeait en rin, il suivait les ordres.. Mais il se demandait s’il devrait se montrer aussi… Expéditif avec ces deux là. Après tout… Il ne voulait pas non plus priver la reine de trop de… Jouets. Les jouets les plus divertissants étaient rares, ce n’était pas peu dire… Intérieurement, il se demandait pendant combien de temps encore ce petit jeu durerait car il commençait à s’interroger sur les limite et la portée de ces instructions. Jouer un rôle était une chose, expérimenter des gestes et des actions une autre et il était très mal à l’aise d’interagir si familièrement avec celle qu’il avait juré de servir. Intérieurement, il trouvait cela presque malsain. Lui, si impur et elle si pure…Il n’y avait rien de parfait chez lui, comment pouvait-elle-même supporter sa compagnie en dépit de son indéfectible loyauté? Sentant peser sur lui le regard des esclaves, il posa la reine mais passa une main protectrice devant cette dernière, caressant son ventre puis son torse, touchant de sa main une zone de l’anatomie de la reine qu’il n’aurait jamais pensé toucher. Il avait l’impression d’être en train de s’immoler vivant, de se plonger dans l’acide : quelle torture que d’aller à l’encontre du sacré pour suivre un ordre… Mais il le devait! La reine le désirait, la déesse l’ordonnait! Ce n’était pas à lui de remettre en question la décision de la toute puissante. Pour sa gloire et en son nom, Vilvan était capable du meilleur et du pire… Et tous le savait, Anethra la première. Elle devait d’ailleurs prendre un malin plaisir à exploiter les failles dans la formation de son garde du corps…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Dim 18 Avr - 18:14

Toute cette scène en grande partie provoquée directement par les décisions et actes d'Anethra s'avérait de plus en plus intéressante. Du suspense, de l'intrigue, du pouvoir et de la haine... Que demander de mieux? Il lui était amusant de réunir ces ingrédients explosifs, ce qui parfois donnait l'impression qu'elle jonglait négligemment avec ces derniers, telle une chimiste inconsciente. D'un certain point de vue il s'agissait bien de cela, car toutes les personnes présentes étaient d'une manière ou d'une autre des cobayes prisonniers d'une cage qu'ils ne voyaient même pas. Enragés qu'ils étaient, leur destin serait de s'entretuer, s'entredéchirer sans arrêt jusqu'à ce que tous disparaissent dans la tourmente. La preuve en fut encore donnée par une réaction colérique de Vilvan lorsqu'un officier se permit des paroles fortement déconseillées. Quelques insultes avaient suffi pour déterminer son trépas pour de bon, bien que les circonstances elles soient loin d'être propices à la gloire. Ceci dit au moins l'initiative du garde noir avait fait enfin un peu de silence et mis fin à ce jacassement monocorde prononcé par le récent défunt.

Dire qu'avec tout ce qui s'était passé elle avait écarté plusieurs hommes au rendement problématique et pour la plupart des nobles sans même avoir haussé le ton de sa voix ou devoir quitter les bras protecteurs de Vilvan... Un coup de maître! Souriante et ne se donnant pas la peine de feindre une pitié qu'elle ne ressentait pas, Anethra jubilait intérieurement. Les choses se passaient encore mieux que ce qu'elle n'avait prévu, et même les regards assassins entre Allys et Vilvan n'étaient que du bonus. Dommage seulement que ce ne soit pas totalement sincère de part et d'autre. Si d'une part elle connaissait bien les sentiments et les égards du seigneur Allys, elle savait aussi que son garde du corps jouait la comédie selon sa demande. Étrangement elle aurait bien voulu que tout cela ne soit pas juste une épreuve imposée... Mais évidemment elle ne glissa pas un seul mot sur ce sujet.
La Divine avait pu d'ailleurs goûter à un autre baiser inattendu auquel elle ne protesta pas loin de là, puisque de son expérience enjôleuse elle lui avait correspondu avec passion. Ce fut un Allys ivre de rage et vert de jalousie qui quitta précipitamment la pièce, sans même prendre la peine de dire au revoir... D'autre part c'était curieux de se dire qu'hier encore elle aurait parié gros que le colosse aurait préféré s'amputer un membre que de l'effleurer une seule seconde. Un changement rapide et radical qu'elle ne regrettait pas... mais duquel elle avait appris à se méfier. Après tout aujourd'hui elle avait aussi pu voir les limites de ce qu'elle pouvait lui demander, elle avait vu les failles de la machine et le grain de sable qui pourrait la faire dérailler une fois sortie de son domaine de compétence ou de sa routine.

Un silence de mort pesait sur la salle, les présents se partageant entre ceux qui adulaient la reine et lui donnaient leur approbation, ceux qui ne la comprenaient pas et la prenaient pour une folle et enfin ceux qui la haïssaient purement et simplement. Cependant d'une manière ou d'une autre, avec plus ou moins de résignation, tous savaient qu'elle était indétrônable au sens le plus littéral. Qui pourrait sérieusement faire tout cela à sa place, combattre sur tous les fronts autant nationaux qu'internationaux? Qui avait une telle capacité de jugement et de combat? Personne... et même à supposer que ce quelqu'un existe, il devrait parvenir à exterminer la régente, alors qu'aucune tentative ne l'avait ne fusse qu'ébranlée. Les gens comme Vilvan, œuvrant pour la protéger étaient de plus en plus nombreux, et malgré leur différence de potentiel ils avaient en avantage une volonté de fer fortement fondée sur la foi. Les fidèles reconnaissaient volontiers la suprématie de leur Déesse et ils feraient tout, absolument tout pour que sa domination soit toujours plus grande. Donner leur vie n'était pas un problème après tout, surtout pour une cause qu'ils jugeaient noble. Si il fallait verser du sang pour bâtir un empire à Anethra, ils le feraient quitte à s'immoler...


- Bon je suppose que tout le monde a compris que la réunion était terminée. Je veux vos rapports sur mon bureau dans une heure alors tâchez d'être ponctuels. Oh et ne vous faites plus remarquer par la négative si vous voulez rester en vie.

Cette remarque à peine décochée fit l'effet d'une bombe. C'était comme un couteau rompant dans l'air et sifflant à leurs oreilles. Une petite phrase glissée parmi des ordres des plus routiniers et qui servait principalement à leur faire se rappeler à qui ils avaient à faire, si tant est qu'ils avaient besoin qu'on leur rafraichisse la mémoire. C'était la méthode incorrigible d'Anethra: jouer avec les nerfs, les mettre à vif pour mieux exploiter les différentes faiblesses autant de caractère que de capacités. Les soldats sur leurs gardes étaient toujours plus efficaces, c'était bien connu... Alors pourquoi ne pas appliquer cette règle aussi aux têtes dirigeantes? Le tout n'était qu'une question de stratégie bien pensée.
Quittant donc la salle en compagnie de Vilvan qui semblait toujours aussi soucieux de sa sécurité, Anethra se permit un petit rire insouciant, sincère mais malicieux à la fois. Elle n'avait jamais perdu son âme d'enfant, comme si quelque part derrière ce corps de femme fatale se cachait quelque chose de profond et intense, pas vraiment dénué d'une certaine fragilité. Seulement ce côté là n'était pas du tout le plus évident de sa personnalité forte, et son autorité interdisait la plupart du temps que l'on puisse explorer cette partie si délicate de son être. En même temps qui parmi ceux qui l'entouraient avait vraiment la possibilité et la volonté de comprendre ? Murmurant à nouveau à l'oreille de Vilvan, elle laissa délibérément son souffle chaud caresser son lobe.


- Hum j'aime quand tu es aussi entreprenant, si assuré et pragmatique...

Retrouvant le confort apaisant de ses quartiers, la Déesse posa les pieds à terre et posa les yeux sur les trois esclaves qui l'attendaient. Visiblement comme d'habitude Mina avait essayé de préparer le nouveau au mieux afin de lui apprendre ce qui devait être son nouveau rôle, alors que Kilik était dans un coin de la pièce en train de travailler. Mettre de l'ordre dans la paperasse pour faciliter la tâche à sa maîtresse, préparer tout ce dont elle avait besoin selon ses ordres, et bien sûr... quelques loisirs bien particuliers. Cependant il s'arrêta immédiatement dès qu'il entendit la porte s'entrouvrir, et vint rapidement l'accueillir... mais il s'arrêta brusquement lorsqu'il vit la proximité étrange entre l'objet de ses convoitises et cet elfe défiguré qu'il tolérait comme il pouvait. Choqué de ce qu'il voyait, il finit par appeler discrètement Mina afin de lui faire voir ce qui lui avait tout l'air d'un cauchemar.
Si Anethra n'était pas occupée par les mouvements des mains de Vilvan sur son corps, elle aurait certainement éclaté de rire une nouvelle fois en voyant les visages de ses deux jouets préférés. C'était absolument hilarant de voir la vitesse à laquelle les rivalités pouvaient devenir une alliance, à condition qu'un danger plus pressant encore ne se montre à l'horizon. Posant les mains sur celles de Vilvan tout en se cambrant légèrement contre lui, la suzeraine finit par se retourner, lentement et dans une grâce toute féline.


- Hum... Tu n'es pas obligé de te forcer la main en continuant de t'imposer ce supplice alors que nous n'avons plus de public. Je ne voudrais pas que tu finisses par saturer de cette mission si exigeante pour toi... Ce serait trop bête, tu ne trouves pas?

Sa main allait d'un geste doux le long de ses joues, passant le long de sa cicatrice pendant qu'elle parlait. Finalement ses doigts se posèrent quelques instants sur ses lèvres avant de se retirer pour qu'il puisse s'exprimer si il décidait de lui faire cadeau de sa voix. Après tout avec Vilvan on ne savait jamais... L'observant de son regard émeraude, elle semblait à nouveau calme, comme une mer magnifique après la tempête.

- J'ai besoin de manger, et j'aimerais que tu me tiennes compagnie cette fois... j'ai horreur d'être seule. Tu veux bien? Cette fois la nourriture ne devrait pas être un problème.

Elle était toujours contre lui, attendant une réponse à sa première question. Ce ne serait qu'ensuite qu'elle déciderait ou non de ce qui était à faire. Par contre malgré son air satisfait et calme, Anethra semblait quelque peu soucieuse, ce qui était chose rare. Y avait-il des choses qu'elle dissimulait aux yeux de tous en plus de ses secrets personnels, ou était-ce juste une fausse émotion??
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Dim 18 Avr - 20:05

Vilvan aurait pu répondre quelque chose, que les deux esclaves étaient des personnes et qu’à ce juste titre il se devait de continuer à jouer son rôle… Mais c’eut été un gaspillage de salive. Pourquoi se prononcer sur des broutilles? Il pouvait lui montrer jusqu’où il savait faire montre de son sens du devoir. Oui, l’exercice lui état pénible… Mais il commençait à mieux entrer dans la peau du personnage qu’il devait jouer pour la gloire de sa déesse et dans sa tête de soldat, mieux valait acquérir l’expérience nécessaire à une tâche tout de suite que de reculer à la première difficulté, au plus petit inconfort… Il n’aurait pas mérité de porter son nom s’il se montrait suffisamment lâche pour abandonner à la première opportunité venue… Plutôt que de répondre par des mots donc, il se fit plus à l’aise dans son rôle et plus crédible encore, murmurant à l’oreille de sa maîtresse des mots que jamais dans une vie on n’aurait pu s’attendre à entendre de la bouche même du colosse en armure : de la poésie! Des mots doux! Rien de suggestif, comme il était si caractéristique chez les mâles elfes noirs, de beaux mots qui sonnaient vrais et qui faisaient office de changement radical à ce qu’Anethra devait entendre d’habitude… Et qui aurait pu penser que le timbre de voix du géant balafré puisse se faire si chaud et rassurant? Chose certaine, pas les deux esclaves dont le regard ne jeta plus des éclairs mais des points d’interrogation. Se pouvait-il que le plan de la déesse rencontre des résultats inespérés?

Jetant ensuite un regard meurtrier aux deux esclaves qui pouvait se résumer à « aller faire à manger à sa majesté ou c’est vous qui finirez dans l’assiette », il attendit que ces derniers quittent les lieux pour interroger la déesse du regard. Quelque chose clochait. Il le savait. Passer autant de temps prêt d’Anethra lui avait permit de détecter le plus subtil des changements d’attitude… Et c’était actuellement le cas. Il se demandait si la reine accepterait de s’ouvrir à lui et de lui dire ce qi n’allait pas : il n’était peut-être pas psychologue mais arracher un secret à Vilvan c’était comme vouloir vider l’océan avec une cuillère à thé… Tout ce qu’Anethra lui disait restait en mémoire du garde noir et nulle part ailleurs. Muet comme la tombe, ce n’était pas sous la torture qu’il parlerait. Il faudrait plus, bien plus que cela. Il était un dur de dur lui, un vrai de vrai garde noir, un garde du corps de première catégorie, pas un vulgaire type capable de manier une arme et de jouer des muscles pour impressionner. Il était… Un Ertis, rien de mois!


« Ussta ssinssrigg… Quelque chose ne va pas… Je le sais pour avoir passé autant de temps à vos côtés. Désirez-vous en parler? Je saurai prêter une oreille attentive et la plus totale des discrétions, comme d’habitude… »

Ussta ssinssrigg… Mon amour, en elfe de la pénombre… Dans le vocabulaire de Vilvan, le terme amour avait une signification différente car l’amour en tant que tel n’existait pas. Pour lui, l’amour, c’était ce lien qui faisait que l’on était prêt à mourir pour l’autre, c’était le lien qui faisait que l’on offrait son cœur à l’autre… Des notions comme le mariage, les cadeaux entre amoureux, l’idée de fonder une famille… Ces choses là lui étaient étrangères. L’amour était pour lui la forme ultime de loyauté… Et si la déesse connaissait le sens du terme pour son garde du corps, c’était la première fois en plus de deux millénaires qu’il l’appelait ainsi. Vilvan, si protocolaire, si droit… Était-ce possible que ce rôle qu’il jouait sous les ordres de sa maîtresse soit en un sens la manifestation de cette loyauté, hors de son contexte plus « militaire »? Toute cette douceur, ces attention, cette attitude protectrice… Était-ce Vilvan en dehors du devoir strict et impersonnel? Allez savoir…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Lun 19 Avr - 2:41

Comme toujours Vilvan était avare en paroles, préférant les actes aux mots qui étaient une denrée des plus rares. Pourtant si l'on écoutait bien son langage corporel, il y avait fort à parier que l'on pourrait discerner une nouvelle façon de communiquer qui lui était bien propre. Et Anethra avait beau savoir que tout ce qu'il faisait et entreprenait avait une raison d'être, il n'était pas forcément facile de deviner et décrypter ce que cela signifiait. Vilvan était à lui tout seul une énigme, et ceux qui le jugeaient foncièrement simplet et adepte de la pure force physique n'avaient pas pris le temps de bien le connaître. Enfin il fallait encore qu'ils puissent vivre assez longtemps pour le côtoyer un minimum, ce qui n'était pas chose aisée. Soupirant en sachant très bien qu'il ne fallait pas s'attendre à des retrouvailles effusions ni des remerciements de la part de son compagnon pour ce qui était des caresses, la reine se contenta de profiter de l'instant sans rien dire. Elle avait trop peur de le faire fuir en prononçant encore des mots inadéquats... et pour une fois elle préférait la prudence et la réserve qui lui dictaient de bien réfléchir avant de dire quoi que ce soit. Le moindre faux pas serait fatal, et elle n'avait pas envie de devoir encore tout recommencer en cas d'erreur...

Frémissant quelque peu sous l'effet des paroles, on ne saurait dire si tout cela était pure mise en scène ou bien une vraie sensation. Des sensations... un bien précieux qu'elle semblait avoir perdu depuis longtemps... les seules qu'elle éprouvait encore étaient toujours les mêmes, provoquées par les mêmes choses. C'était d'ailleurs la cause d'une grande partie de sa lassitude, puisque dans son existence emplie des contraintes du règne bien des choses qu'elle aimait faire auparavant lui étaient désormais difficilement accessibles. Bien sûr qu'elle pouvait toujours en faire qu'à sa tête et l'avoir quand même, mais désormais il n'y avait plus cette étincelle de naïveté, ce petit je ne sais quoi d'émerveillement, ce petit quelque chose qui rendait chaque chose nouvelle magnifique et intrigante à la fois. C'était quelque chose qui s'était perdu avec le temps, au fur et à mesure des siècles et des trahisons qui avaient défilé en se ressemblant étrangement.
Le fait qu'en plus de tout ce qui lui passait par la tête les mots de Vilvan la troublèrent, bien que sur son expression on ne puisse rien voir de plus qu'une paire d'yeux interrogatifs. Visiblement elle était aussi abasourdie que ses esclaves, bien que sa façon de le vivre soit bien plus retenue. Et dire qu'elle avait tant changé... Jadis elle avait été une femme toujours pourvue d'ambition mais pleine de joie de vivre, croquant la vie à pleines dents sans se soucier du reste, mais en ce moment elle se faisait surtout l'effet d'une vieille aigrie prisonnière d'un corps ne vieillissant plus. Désormais elle était une des plus âgées des elfes, et une survivante de sa génération ayant en grande partie succombé dans les guerres passées. Seul cet être abominable dont personne ne prononçait le nom (pour le peu de ceux le connaissant), d'après son interdiction. Malekith. Le Maudit. Le Lâche. Cet homme immonde n'étant plus qu'une raclure à annihiler afin que les elfes de la pénombre en ressortent grandis et épurés. Il était une souillure pour les leurs, une abomination qui devait prendre fin. Si il y avait une seule personne méritant sa haine incontrôlée, c'était lui.
Profitant de l'absence des esclaves partant tous les trois se charger du repas, elle demeura près de Vilvan qu'elle enlaça par la taille. Ses bras ne pourraient pas en faire le tour, tellement le différence de gabarit se faisait sentir. D'autre part elle parlait avec le regard dans le vague, distraite d'une manière qui ne lui ressemblait pas.


- Je... je réfléchis à plein de choses en même temps et je crois que la prise de Gladilan n'est qu'un prologue à tout ce qui nous attend ensuite. Seulement parfois je me demande si ce que je fais en vaut le coup. Se donner avec son corps et son âme pour au final être remerciée par des présents ingrats formés d'insultes, de diffamation et de tentatives de meurtre,... J'ai bien peur de finir par me fatiguer. Je m'use Vilvan, je m'use. J'en ai assez de lutter pour m'imposer. Bien sûr je ne compte pas abandonner, cela leur ferait bien trop plaisir, mais en attendant je recherche au fond de moi des choses que j'ai sûrement perdues depuis longtemps. J'espère seulement que cette terre gelée sera une bonne augure, un bon lieu de départ à mon nouveau règne... car personne d'autre que moi ne le fera, et de toute façon je refuse clairement de laisser qui que ce soit me commander. On ne commande pas une déesse, n'est ce pas ce que l'on raconte?

Souriant ironique, elle leva les yeux vers lui en haussant les épaules comme pour alléger l'importance de ce qu'elle venait de dire. Ce n'était pas une femme qui était du genre à jeter l'éponge à la même contrariété, mais si tant est que l'on lui prêtait un minimum d'humanité, on pouvait comprendre que sa situation n'était pas du tout facile à vivre malgré les apparences. Constamment prise pour une femme facile, qui vivait par et pour les aventures et la luxure, une reine excentrique mais efficace qu'il fallait abattre... C'était le début d'une ribambelle de traits qu'on lui prêtait. Certains étaient vrais, d'autres moins, mais le fait est qu'à la longue tout cela lui pesait. Et puis à qui pouvait elle vraiment parler sans être jugée, sans que l'on pense que ce qu'elle disait était synonyme d'une faille qu'il fallait s'empresser d'exploiter? Qui pourrait l'écouter sans la faire culpabiliser ou blesser son orgueil et son ego susceptible? Elle n'avait pas encore trouvé, mais le fait est qu'aujourd'hui sans trop qu'elle se l'explique, les mots étaient sortis d'eux mêmes, comme si ils étaient restés trop longtemps captifs de son cœur de pierre.

- Tu... penses que je suis faible toi aussi?

Posant les mains sur son torse, elle laissait ses mains aller et venir sans trop s'en rendre compte. Il fallait dire que ce n'était pas tous les jours qu'elle avait ce genre de conversation, ni qu'elle laissait qui que ce soit se prononcer la concernant, pour lui donner ou non son avis. D'autre part elle ne recherchait pas non plus l'approbation de Vilvan pour la réconforter, mais seulement un avis objectif et sincère sur ce qu'elle était... sur qui elle était.
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Lun 19 Avr - 13:50

« Vous n’êtes pas faible, altesse. Une lignée comme les Ertis ne sert que ceux qu’ils jugent dignes de leur dévotion et la force est une des choses que nous respectons énormément. La loyauté aveugle est une chose, les principes fondateurs de notre lignée une autre. Vous avez accomplit ce que peu peuvent se vanter d’avoir fait et jamais les faibles ne sont appelés à dominer l’échelle sociale. Après tout… Le peuple dans sa majorité vous reconnaît comme sa déesse et les divinités ne sont jamais faibles. Elles ont parfois des défauts mais jamais de faiblesses… »

Contrairement à bien des gens servant sous les ordres d’Anethra, Vilvan ne mentait pas. Il n’avait pas besoin de mentir puisque cela ne faisait pas partie de ce pourquoi il avait été formé. Le mensonge était pour lui l’arme des faibles : mieux valait une vérité dévastatrice que la sécurité illusoire et traitresse du mensonge. Même s’il l’avait voulu, il en aurait été bien incapable : le mensonge n’était manifestement pas une habileté innée… C’était un art qui se développait et où certains excellaient plus que d’autres… Au même titre que les disciplines martiales, il fallait plusieurs années pour en avoir une parfaite maîtrise. C’était ce qui était à la fois une bénédiction et une malédiction avec Vilvan : il ne connaissait que la franchise. À ce juste titre, il parlait peu pour éviter de trop en dire sans s’en rendre compte ou encore sans trop le vouloir…

Mais bon, si après tout ce temps la déesse avait encore des doutes, c’était bien qu’elle avait fort peu de foi en son garde du corps. Vilvan était, pour un peu que la chose soit possible, le meilleur des conseillers de la reine car il avait le bien de cette dernière en tête et non pas son prestige personnel. Eut-il possédé une notion du sens de la famille élargie, il aurait fait office de grand frère protecteur pour la déesse… au lieu de cela, il était Vilvan Ertis, son protecteur et garde du corps. S’il n’était pas d’une grande sagesse, le garde noir avait au moins une bonne corde à son arc : il savait quoi dire, quand le dire, de façon sincère et avec d’excellents résultats.


« Vous êtes notre reine et notre déesse, Anethra Helbaine, Ussta ssinssrigg et à ce juste titre, ceux qui vous sont réellement loyaux, ceux qui sont appelés à survivre à l’épreuve à vos côtés vous suivront quelque soit la fin. Je ne peux parler pour les autres… Mais moi j’ai confiance en vous, maintenant, pour ce que valent mes paroles… Je ne suis ni un puissant seigneur ni un orateur très doué. Je suis un instrument au service de votre pouvoir et ce que je dis n’est que le fruit de mes observations… Ce qui fait office de vérité à mes yeux. Douter vous rend mortelle, vous ne devez pas douter. Laissez ce souci à ceux qui vous servent. Laissez les tourments du pouvoir incomber à vos subordonnés. Vous êtes forte, majesté. Écouter ce que les autres disent, porter de l’attention à ce qu’ils font, voilà le vrai poison qu’ils utilisent pour tenter de vous affaiblir. »

Allez savoir pourquoi… Mais le ton carré du garde noir, aussi carré que sa propre physionomie, avait des accents de récits héroïques, de hauts faits mythiques et de ces paroles qui construisaient les légendes et faisaient rêver le commun des mortels. Pourquoi? Parce que c’était l’expression pure et simple d’une personne tout aussi simple, sans prétention, sans volonté autre que de faire ce pourquoi on l’avait formé, une personne avec le désir sincère de servir loyalement. C’étaient les accents d’une vérité sincère, d’une pureté de parole que même le plus noir des êtres pouvait posséder… Pour une des rares fois depuis qu’il servait Anethra, Vilvan parlait avec son cœur, non son sens du devoir…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mer 21 Avr - 15:44

Des réponses aussi franches que lapidaires, bien dans le style des Ertis... Suspendu qu'il était à sa fidélité et sa dévotion, Vilvan venait de mettre du baume sur les blessures intérieures de la déesse, tout en berçant son égo de mots bien choisis. C'était indéniable que malgré son manque de rhétorique il venait de faire quelque chose dont bien peu pouvaient se vanter. Être pleinement écouté par Anethra était quelque chose de très rare et encore plus si il était question du plan personnel. Habituellement elle suivait les conversations captées à droite et à gauche d'une oreille distraite... Cependant en ce moment bien qu'elle ne regarde pas le visage du garde noir, elle demeurait toute ouïe. Il fallait dire que les paroles prononcées étaient justes, et une grand part de raison y siégeait, malheureusement... ce qui l'amenait à de nouvelles réflexions. En effet le poison le plus toxique se répandait dans ses veines depuis trop longtemps déjà, ayant fini par atteindre irrémédiablement son cœur. Pourtant ce n'était pas du doute à proprement parler car elle ne vacillait pas, sa détermination était intacte. C'est juste qu'il était impossible pour elle d'exécuter sans relâche la même fonction pendant des siècles, sans jamais pâtir de la lassitude et de la monotonie. Tout le monde avait besoin de repos à un moment ou à un autre, mais Anethra avait presque oublié jusqu'à la signification de ce mot.

La vraie détente, l'amusement... qu'était-ce? Si la suzeraine avait la réputation d'aimer les fêtes, le luxe et le faste, ce n'était pas un hasard. C'était un fait connu qu'elle aimait se distraire sans que personne ne sache comprendre au juste pourquoi. Cette quête éternelle et personnelle à travers les frontières que l'on tentait de lui imposer était quelque chose de bien plus complexe que la majorité ne le pensait! Anethra était assez intelligente et lucide pour s'admettre qu'elle aussi connaissait certaines contraintes des plus terrestres malgré sa nature supérieure. Mais heureusement elle était plus fine que les autres et pouvait s'arranger pour en avoir le moins possible ou s'en décharger sur eux, sans qu'ils s'en aperçoivent. Disons que tout cela faisait partie intégrante du jeu... Et le bluff était une possibilité à exploiter.


- Je te remercie de tes paroles, je ne doute pas que tu en penses chaque virgule... Puis avoir quelqu'un qui ne me répond pas en fonction de ce qu'il juge que je veux entendre me change de l'habituelle hypocrisie. Cependant contrairement à ce que tu penses, je ne suis pas atteinte de ce que les médisants peuvent répandre à mon sujet. Je suis juste exaspérée que tous ces ingrats ne trouvent rien de plus passionnant à faire, alors qu'une lame de plus aurait tellement plus de sens. Je ne comprends pas qu'ils s'évertuent à me mettre des bâtons dans les roues alors que je suis la seule à avoir redonné à notre peuple la splendeur qui lui appartient. C'est à croire qu'à leurs yeux misérables rien n'est jamais suffisant, alors qu'eux mêmes ne sont bons qu'à rouspéter et contester ma suprématie!

Levant les yeux au ciel, on pouvait voir à quel point tout cela semblait avoir été ruminé de nombreuses fois. D'ordinaire la déesse était partisane des méthodes radicales dans les cas où elles pouvaient être utilisées sans trop de dommages collatéraux, mais ici c'était différent. Dans les premières années de règne elle se limitait à exterminer l'opposition sous toutes ses formes, or maintenant l'expérience lui avait appris à faire les choses de manière plus calculée. Seuls les éléments directement menaçants étaient détruits, les autres étant manipulés soit pour joindre sa cause, soit afin d'être poussés à commettre l'irréparable qui les condamnerait à une mort certaine. En opérant de la sorte elle ménageait des vies utiles pour le combat et en plus elle donnait l'occasion aux familles de garder leurs noms vierges de disgrâce, moyennant repentir. Cela les rendait bien plus coopératifs et réceptifs aux ordres. Les faire chanter n'était au final qu'une formalité... Mais ici n'était pas la question.
Il lui faudrait œuvrer activement pour que Gladilan ne soit pas reprise derechef par l'armée Airianaise... et si il n'y avait pas encore de raisons de s'inquiéter, on ne pouvait dire avec certitude ce qu'il en serait demain. Tout pouvait basculer à tout moment, ce qui la poussait à vouloir consolider les bases de son nouvel empire.


- Je crois que très bientôt nous irons faire un petit voyage de reconnaissance en terres ennemies. Je suis sûre que le nouveau régent du royaume, quel qu'il puisse bien être, va être enchanté de me voir! Je leur donne un délai de quarante huit heures pour qu'une missive me parvienne afin de quérir une entrevue. Si elle ne vient pas d'ici là, je me passerai d'invitation. Je n'ai pas le temps d'attendre qu'ils daignent enfin réfléchir ! De plus prendre l'air me fera le plus grand bien, cela fait trop longtemps que je vois toujours les mêmes visages.

Haussant les épaules tout en fermant les yeux avec le sourire, Anethra se mit sur la pointe des pieds et déposa un baiser fugace sur le coin des lèvres de Vilvan. Enfin elle s'écarta vers la table dressée pour deux, encore dépourvue de plats... le tout n'était pas encore prêt, ce qui leur donnait largement le temps de s'installer tout en discutant en toute quiétude. Mais le silence ne dura pas longtemps car la déesse le rompit une fois de plus... en changeant brusquement de sujet.

- Dis moi mon chéri, tu n'as jamais songé à prolonger ta lignée afin qu'un autre Ertis puisse apprendre ton art et contribuer efficacement à mon bien être?
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mer 21 Avr - 16:33

En bon soldat, Vilvan avait écouté tout ce que la reine avait dit et avait gardé le silence, sa façon à lui de marquer son intérêt. C’était quand il devenait remuant qu’il marquait souvent que quelque chose le dérangeait, un tic acquis par une vie à s’exprimer le plus laconiquement possible. Dans son métier, on frappait d’abord, on recommençait ensuite et finalement on posait les questions. Il était un professionnel après tout : s’il commençait à vouloir parler et argumenter constamment, il ne serait pas digne de ses fonctions après tout… Un monument, rappelons le encore une fois, un monument ce Vilvan! Il n’avait pas la prétention de pouvoir régler tous les problèmes de sa reine… Mais il avait une idée pour régler le problème. Les hommes sous son commandement allaient se charger eux même de ramener de l’ordre dans ce souk. Terrasser un garde noir n’était pas chose aisée… Et il savait que ses subordonnés feraient un travail de répression des plus efficaces. Si les dragonniers inspiraient la crainte, les sœurs noires l’admiration et les inquisiteurs la terreur… On ne savait jamais sur quel pied danser en présence des colosses en armure qui jamais ne disaient mot et qui ressemblaient davantage à des automates qu’à des êtres vivants… Vilvan les avait bien inspiré : donner le moins d’informations possibles à son adversaire, quel qu’il soit… Anethra se réveillerait un matin avec une ville étonnamment silencieuse, les rues seraient rouge du sang des traitres et des contestataires… Et sa garde noire serait là où elle l’avait laissé, comme s’ils n’avaient jamais bougé de leur poste… Oui, ils étaient gros et lents d’apparence… Mais rares étaient ceux capables de se défendre dans leur sommeil ou alors sans armes ou protections! Vilvan était en train de ruminer son plan quand la reine lui posa une question qui le fit se raidir, brisant sa concentration et lui faisant perdre le fil de sa pensée.

Prolonger sa lignée… Comment le pourrait-il? Il n’avait pas le temps! Il ne pourrait être un bon père et un bon mari s’il continuait à servir la reine! C’était pure folie que d’envisager une telle chose. Une des seules possibilités aurait été que la reine lui donne un héritier, ce qui aurait donné lieu à une protection étendue… Mais c’eut été une véritable hérésie que de faire une telle chose. Ne sachant pas trop quoi répondre, le garde noir remua dans son armure, signe de nervosité, se demandant s’il y avait une vraie bonne réponse à une telle question, à une telle interrogation de la part de sa déesse...


« Je euh… Ce ne serait pas… Oui, enfin non… Je… Je ne peux pas, votre excellence. Même si je le voulais, il serait inconsidéré de vous laisser sans protection. Mes ancêtres avaient un second pour les remplacer pendant cette période de temps… Mais j’ai fait serment en devenant votre garde du corps de ne quitter votre chevet que lorsque je serai dans la tombe… Il serait également hasardeux que d’avoir des relations charnelles : on dit que lorsqu’on l’a fait une fois, c’est une soif qui jamais ne s’éteint. Et je ne peux avoir d’envies autre que de vous servir et de vous protéger. »

Comment aurait-il pu répondre autre chose que ses doutes, ses craintes, sa perception des choses? Oui, il avait gardé pour lui une partie de sa pensée qui aurait impliqué une relation avec la reine car au-delà de la simple hérésie, il y avait tout le ridicule de la chose. Les gardes noirs étaient tous, sans exception, les elfes de la pénombre les moins beaux qui soit et du lot, Vilvan était le pire. Comment la plus belle des déesses pourrait-elle vouloir du plus hideux de ses sujets?

« Mon seul plaisir est de vous savoir saine et sauve. Ne vous préoccupez pas de ce que je peux vouloir c’est… Sans importance ni intérêt. »
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mer 21 Avr - 17:25

Un petit rire surgit d'entre les lèvres purpurines de la déesse, franchement amusée par l'expression sur le visage du garde noir. Il n'y avait pas vraiment de moquerie ni de mépris, mais seulement une espèce de satisfaction de lui arracher une réaction bien qu'elle ne soit pas toujours celle escomptée. Quoi qu'il en soit Vilvan semblait plus humain et moins machinal lorsqu'il était ainsi confronté à quelques questions délicates et subtilement visionnaires. Cette question à propos de la descendance n'était évidemment pas anodine, un peu comme toutes les autres questions ayant tout un but, qu'il soit informatif ou simplement un mouvement d'échecs pour l'amener quelque part. Le fait est que personne d'autre ne pourrait confronter le colosse à ce genre de situations, car il aurait probablement fini par être agacé de tout cela. L'avantage d'être qui elle était au moins lui permettait de faire à peu près ce qu'elle voulait, bien que toute ses tentatives ne soient pas aussi fructueuses qu'elle l'aurait aimé. Pousser Vilvan à parler ouvertement de la possibilité de constituer une famille était sûrement une première, bien qu'à n'en pas douter ses proches parents avaient aussi du en faire mention. S'assurer que le nom ne s'éteignait pas était pour les elfes de la pénombre aussi important que la protection du patrimoine matériel...

- Hum... Tu as de la famille?

S'asseyant sur l'une des chaises tout en s'installant confortablement, Anethra invita Vilvan à faire de même. Le voir aussi mal à l'aise était amusant, mais il ne fallait pas le laisser de retrancher derrière la distance sécuritaire si elle voulait continuer sur la bonne voie. Puis tout en recoiffant sa longue chevelure argentée, elle le regarda dans les yeux avec l'intention ferme de poser encore quelques questions qui bien amenées avaient pour but de l'aider à mieux connaître son interlocuteur.

- Réponds moi franchement... Tu n'as pas l'occasion de penser à ce genre de choses, ou n'en ressens tu simplement pas l'envie ou le besoin? Ne le fais-tu pas par envie ou bien par manque de temps?

L'échange était coquasse et avec un je ne sais quoi de séducteur de la part de la Mère Noire. Après tout on disait que pour les vraies créatures ensorceleuses même lors des tâches les plus banales elles attiraient l'attention d'autrui... S'humidifiant les lèvres, Anethra sourit doucement tout en murmurant à l'encontre du garde du corps, les yeux dans les yeux:

- Ton seul plaisir...? Tu ne vas pas me dire que tu ne te fais jamais plaisir autrement mon mignon... Ainsi donc je suis la seule source de ce qui t'apporte de la chaleur. Je ne l'aurais pas cru. Tout comme je n'aurais pas non plus cru que tu sois aussi délicieusement doué de tes grandes mains. Aurais-tu atteint un tel niveau sans même t'entrainer?

Croisant les jambes dans un déhanché provocateur sans être vulgaire, elle ne s'attendait plus à ce que Vilvan glisse un seul regard à ce genre de détails. Ce n'était pas du théâtre, mais juste sa façon de faire, qui en toutes circonstances adoptait une posture féline et suggestive. En ce moment on devait même la trouver bien sage si comparé à d'habitude. Combien de fois n'avait-elle pas débarqué en réunion avec des tenues au décolleté prononcé afin de dérouter ses collaborateurs, combien de fois n'avait-elle pas prononcé des discours tendancieux juste pour le plaisir de voir les visages déconfits et interrogateurs? Elle ne comptait plus. Mais là aujourd'hui, juste face à son prétendu nouvel amant la déesse était assez décontractée. Elle n'avait pas prévu de trouver un Vilvan une si intéressante occupation...
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mer 21 Avr - 17:56

« Oui majesté bien que la question de descendance, si telle est là le sujet sur lequel vous désirez poursuivre, entre rarement en ligne de compte. Le dévouement passe avant une réunion de famille euh… Normale, si on peut dire. Nous sommes tous de mentalité similaire et donc plus près de nos protégés respectifs que de notre propre famille. La lignée des Ertis se poursuit souvent entre nous et un membre de l’entourage de ceux que l’on défend de nos êtres… »

Suivant le mouvement et allant s’asseoir à la table, il se redressa aussi sec, envoya valdinguer sa chaise, reculant si vite qu’il en perdit l’équilibre et se retrouva sur les fesses, au sol. Se relevant de façon plutôt raide, il regardait Anethra avec de grands yeux en soucoupes… Qui devinrent des assiettes quand la suite de ses paroles atteignit les oreilles du garde noir. Horrifié, complètement déstabilisé et se demandant s’il était vraiment en train d’avoir cette conversation, on ne pouvait que deviner son air derrière son casque duquel il avait rabaissé la visière. Voulant s’expliquer, il tenta d’aligner trop de mots trop vite et l’ensemble donna lieu à quelque chose de… Divertissant. Pour qui? Oh mais pour Anethra bien sûr…

« Votre lubricité! Que?! Non je veux dire votre allégresse… Votre altesse! Je suis un instrument fidèle entre vos mains compétentes qui… Qui… »

S’interrompant à mi phrase d’un juron devant les propos suggestifs qu’il venait de proférer sans même le vouloir, il paniqua encore plus, cherchant à se dépêtrer de cet imbroglio dans lequel Anethra l’avait si bien poussé… Il fallait absolument qu’il s’en sorte honorablement, il était après tout un professionnel, une élite à lui seul, le garde du corps de la déesse, non de non!

Cela ne fait pas de seins… De sens! DE SENS! Ma vie se résume à vous servir et à m’entraîner à devenir un meilleur protecteur. Je serais un déshonneur pour Ertis si je euh… Prenait le temps de me prendre en main et ainsi perdre un temps précieux qui pourrait servir à m’entraîner ou à former les nouveaux gardes… Ce genre de pensées n’occupe pas mon esprit car il est préoccupé par des impératifs plus grands encore, voilà tout! Et je n’ai pas besoin de ce genre de choses non plus! J’ai vu comment se comportent certains de vos généraux et je préfère encore mourir puceau! »

Reprenant tranquillement le contrôle de ses moyens, le garde noir n’en demeurait pas moins agité. Il n’était pas habitué d’être interrogé en dehors de son mandat et encore moins à parler de sa vie personnelle… Pratiquement inexistante.

« Si vous voulez savoir, majesté, pour ce… Doigté auquel vous faites référence… C’est très gênant en fait. Vous voyez, après les attentats lors de votre anniversaire de l’an dernier, j’ai commencé à… À… À SUIVRE DES COURS BON! Je suis un cours auprès d’un guérisseur elfe pour pouvoir être plus efficace à votre service. Ajoutez à cela le fait que je connaisse très bien l’anatomie dû au fait des techniques de corps à corps que je pratique et cela vous donne le tableau global. Je vous assure qu’il n’y a rien de malsain derrière les attentions que je vous porte. Ils le disent dans mon dos, je le sais! Ils disent que vous pourriez être complètement nue et en train de euh… De faire certaines choses et que… Qu’enfin bon, je resterais de marbre. Mais ce n’est pas moi qui l’ai dit, je le jure sur l’honneur de toute ma lignée! »

Résumer les propos qu’il avait entendu avait été particulièrement pénible car l’éventail de choses que la déesse faisait dans ce genre de railleries était assez… Explicite voire impressionnant. Vilvan passa ensuite un bon cinq minutes à détailler avec précision ce que c’était qu’être un Ertis et que son ancêtre pouvait, disait-on, cesser de vivre et revenir à la vie selon les ordres de son maître. S’il lui disait de vivre, il revenait d’entre les morts pour servir. C’était un mythe familial… Mais c’était l’idéal de dévotion que tout Ertis cherchait à atteindre défier la mort elle-même pour continuer à servir…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mer 21 Avr - 21:01

- Entre l'un de vous et l'entourage de votre protégé... oh comme c'est dommage, comme tu le sais je n'ai ni parents ni consanguins. C'est malheureux car je suis sûre qu'un de tes descendants serait le parfait protecteur pour ma relève, s'il y en a une.

Jouant le jeu d'une naïveté qu'elle n'avait pas, elle feignit de ne pas comprendre ce que pouvait signifier ou sous entendre la tradition familiale des Ertis. D'un côté c'était parce qu'elle voulait l'amener à potentiellement lui expliquer ce qu'il en était de manière concrète et d'un autre c'était aussi parce qu'elle ne croyait pas sérieusement que Vilvan désire quelque chose de cet ordre là. La péripétie acrobatique du garde noir la fit pourtant rire sincèrement, d'un bruit aussi cristallin que rare. C'était de mieux en mieux, et ce Vilvan poussé dans ses retranchements avait bien plus de ressources qu'un bon nombre d'hommes expérimentés qu'elle avait rencontré. Étrange qu'elle ne se soit jamais intéressée à la vie intime de son protecteur auparavant... mais c'était sûrement parce qu'il lui avait toujours paru tellement insondable qu'elle n'avait pas jugé le potentiel exploitable. Souriant toujours hilare, elle l'invita à poursuivre cette phrase si insolite dans sa bouche.

- Mes mains compétentes qui...?

Ravie de la tournure des choses, Anethra jouissait de cette nouvelle relation de tout son soûl. Elle qui avait tenté de déstabiliser Vilvan par des moyens plus conventionnels n'avait pas usé tout de suite de la séduction et de la chair, pour la bonne et simple raison qu'elle pensait qu'il y était peu sensible. Pourtant c'est avec surprise qu'elle découvrait que par des petites touches lentes et progressives elle pouvait peut être le faire céder... En tout cas son but n'était pas prédéfini, elle préférait de loin vivre les choses au fur et à mesure qu'elles venaient. En rajoutant un peu plus, elle feignit innocemment de ne pas comprendre ce qu'il voulait dire...

- Cela ne fait pas de seins ?? Tu... tu trouves que je n'en ai pas assez?

Clignant des yeux plusieurs fois, la déesse prit un air attristé avant de soupeser sa poitrine dans ses petites mains. Faisant la moue tout en les pressant l'un contre l'autre, elle fronçait les sourcils tout en considérant la véracité de ce qu'il venait de dire. Arrêtant donc les mouvements plutôt lascifs, elle réagit face au reste du discours:

- Toi qui meurs puceau...? Quel sacrilège de ne pas faire une femme de ton agréable toucher. Pourquoi ne tentes tu pas d'approcher l'une des sœurs noires...? Je ne vais pas mourir parce que tu te fais plaisir sans moi voyons...

Et puis retire moi ce casque, il faut bien que tu manges!


Encore un joli double sens laissé en suspens, bien que son expression soit cette fois des plus sérieuses. C'était amusant cette conversation... elle abordait une bonne liste de choses qu'elle n'aurait pas cru pouvoir entamer avec le garde noir toujours si réservé. Ne disant rien pour lui laisser amplement le temps de réagir et lui répondre, Anethra posa négligemment un de ses pieds sur la cuisse de Vilvan. Le bout du talon fin caressant l'air de rien la jambe du colosse grâce à ses pouvoirs, elle lui offrit la sensation d'une caresse à même la peau malgré ses protections.

- Qu'est ce que cela signifie alors... Que tu penses qu'ils disent faux en prétendant que tu es immunisé à mon charme?
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mer 21 Avr - 21:37

Des années auparavant, lors d’un sanglant combat contre des malarians, Vilvan avait affronté un de leur vétéran et de mémoire d’Ertis, cela avait été un combat parmi les plus ardus dont seul le plus braves d’entre les braves aurait pu réchapper. Vilvan avait eu la bonne fortune d’être ce personnage, le plus brave d’entre les braves. Il avait affronté l’un des pires dangers de son existence… Et il aurait préféré cent fois recommencer pour l’éternité ce même combat plutôt que de s’engager sur cette pente glissante et dangereuse sur laquelle il venait de mettre les pieds en répondant à sa maîtresse. Au moins, sur le champ de bataille, il savait qui était l’ennemi, il avait ses ordres et il savait se rendre maître de la situation. Dans le cas actuel? Il aurait pu être en train de se noyer dans une barrique de mélasse que cela n’aurait pas changé grand-chose… Ce n’était pas tant qu’il ne savait pas quoi répondre, il aurait pu dire n’importe quoi pour flatter l’ego de la déesse. Cependant… Ce n’était pas son genre que de parler pour ne rien dire… Ou pour dire des choses qui au fond n’étaient pas sincère. Il préférait encore s’assumer que de jouer le jeu des vipères et des traîtres…

« ASSEZ! Je ne sais pas où vous voulez en venir, majesté, mais vous savez tout autant que moi que je préfèrerais encore m’arracher les yeux que de vous manquer de respect. Votre buste est parfait comme le reste de votre anatomie, autrement vous ne seriez pas notre vénérée déesse. Non, je ne suis pas immunisé à vos charmes, malgré un entraînement stricte et un sens du devoir capable de réprimer pratiquement n’importe quelle autre chose. En tant que simple mortel, il est évident que je ne suis en rien immunisé à votre glorieuse personne. Tenter de le faire serait un blasphème, une hérésie que jamais je ne désire commettre. Cependant, majesté, il y a comment dire… C’est que voyez-vous je euh… C'est-à-dire que… »

Mais c’était qu’il se surpassait car il parla trop vite pour se rattraper et puisqu’il s’était avancé un peu plus sur cette piste savonnée, il faudrait en payer le prix… Soupirant car il savait que la reine ne lui ferait pas de cadeau, il inspira un bon coup avant de se lancer, quitte à se noyer dans le processus. Un Ertis ne recule jamais!

« Je représente la nouvelle génération de Ertis. Plus dévoué, plus efficace et encore plus dure à tuer. Pour ce faire nous… Faisons le choix d’abandonner ce que nous sommes à la base, des elfes de la pénombre, pour devenir les instruments du pouvoir. Autrement dit, les envies, les besoins, ce qui nous rend proche de nos semblables, ce sont des choses que moi j’ai troqué pour être le meilleur protecteur qui soit en ce monde. À ce juste titre, je ne désire pas vous quitter car quel sens prendrait mon existence si j’avais de l’amour pour quelqu’un d’autre? »

Les Ertis avaient toujours servit le pouvoir et rares étaient ceux qui s’étaient vraiment arrêtés pour voir la personne derrière l’armure. Un Ertis, c’était comme une pièce de mobilier, elle est toujours dans le décor, avait dit un jour un ancien maître d’un de ses ancêtres. Ce qui n’était pas totalement faux : en dehors d’Anethra, il n’existait pratiquement rien pour Vilvan. Le choix avait-il été difficile à faire? Pas du tout. Loin de là même. Pour Vilvan, ce n’était pas ce qu’il avait entre les jambes qui gouvernait sa pensée. C’était cette espèce de sens de l’honneur et du devoir qui s’il n’était pas chevaleresque avait à tout le moins le mérite d’imposer le respect. Vilvan, pour servir Anethra, avait volontairement choisit d’être… Un objet animé. Le pion, le jouet, un esclave conciliant de la reine…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Jeu 22 Avr - 1:22

- Il n'y a pas de perfection quand il s'agit du corps d'une femme, Vilvan. Il s'agit du gout des gens et non pas de quelque chose qui peut être déterminé comme bon ou mauvais. Une femme qui est désirable aux yeux d'un homme ne l'est pas forcément aux yeux de tous... Par conséquent je pourrais très bien être d'une nature parfaite et ne pas réveiller ton désir. Je sais bien qu'une partie des hommes qui chante mes louanges n'est pas plus sincère qu'un elfe du soleil qui prodigue le pardon. Certains sont vraiment convaincus de ce qu'ils disent d'autres beaucoup moins. Je ne vois pas l'intérêt d'obliger ceux qui me servent à m'idolâtrer béatement. Le fait qu'ils reconnaissent ma supériorité me suffit amplement.

Anethra savait qu'elle risquait de s'engager dans un vrai débat en abordant ce sujet, mais elle jugeait important de lui faire voir son point de vue. Ce qu'elle lui avait demandé peu avant ce n'était pas de juger selon la critique générale et les critères généraux... ce qu'elle lui avait demandé était une question qui impliquait qu'il prenne uniquement en compte ses propres opinions. C'était une réponse subjective et rien de plus! Mais évidemment comme à chaque fois qu'elle essayait de le faire s'exprimer, elle faisait plus ou moins chou blanc.

- Pourquoi serait-ce un blasphème de me résister? Ce ne serait pourtant pas désobéir à un ordre direct, je ne t'en ai pas donné. Par conséquent tu es libre d'agir comme bon te semble... Me résister ne me ferai pas être en danger de mort, et tu es libre de tes mouvements jusqu'à ce que je te donne un ordre précis. Par conséquent il n'y a que ta propre volonté qui doive entrer en ligne de compte. Enfin tu peux souffler, ce n'est pas un test ou un interrogatoire. Je ne vois pas pourquoi j'aurais des raisons de douter de ta personne... tu sais parfaitement que si je n'avais pas confiance en toi je t'aurais tué sans sourciller...

Continuant de le caresser de son talon aiguille, elle lui laissait clairement voir par son expression qu'elle l'écoutait attentivement... même si son corps lui s'aventurait à le troubler en parallèle. C'était comme si il y avait deux Anethra: l'une digne et discrète qui discutait de choses et d'autres; et l'autre qui plus coquette et provocatrice jouait avec son compagnon par pur plaisir. Pourtant son faciès était presque innocent... crédible à l'extrême à tel point qu'on en oubliait presque qu'elle était un vieux singe à qui on n'apprenait plus la grimace depuis longtemps. Actrice et même bonne actrice, elle pourrait faire gober n'importe quoi à n'importe qui. Bon nombre d'individus avaient déjà vendu de nombreuses fois leur âme au diable pour un seul regard...

- Oh tu veux dire qu'alors tu n'aimes que moi, mon tendre Vilvan? Comme c'est touchant... je n'aurais jamais cru que tu me portes de l'affection, ou que tu tiennes à moi. Je pensais que pour toi me servir moi ou une autre reine cela n'avait pas d'importance... Quelle joie que de m'être trompée, pour une fois!

Se penchant pour prendre une main du garde noir dans la sienne, elle la caressa tendrement comme si elle venait d'apprendre un secret bien gardé qui lui réchauffait le cœur. D'ailleurs ce n'était probablement pas que de la comédie, va savoir... avec elle rien n'était garanti, ni en bien ni en mal.

- Est-ce que ce que tu veux dire est que tu ne veux pas d'une autre femme que moi dans ta vie?

Encore une phrase qui laissait délibérément plein champ à toutes les interprétations possibles et imaginables. Elle pouvait parler de manière personnelle ou professionnelle, voire les deux, mais n'avait laissé aucun indice concernant la signification de ses paroles. C'était une autre façon de faire Vilvan parler plus que d'habitude: le laisser lui même choisir ce dont il était question et la manière dont il pouvait prendre ce qu'elle lui disait. Disons aussi qu'elle donnait moins d'explications puisque chaque fois qu'elle avait voulu l'approcher tout en le « domptant » les choses ne s'était pas bien passées. Autant laisser au gibier le choix de venir manger dans sa main ou partir aussi libre qu'il n'était venu...
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Jeu 22 Avr - 1:50

« Je me contentes de peu de choses et je sers déjà une femme qui à mes yeux est parfaite. Pourquoi demander plus? Pourquoi vouloir plus? Peut-être mon entraînement, mon style de vie ou simplement ce que je suis mais je me vois mal désirer une autre femme. Elles n’ont ni ma loyauté ni ma protection. Ce n’est pas pour rien. On doit mériter un Ertis, c’est-ce qu’a toujours dit ma mère. J’ai vu bien des femmes de notre race et je n’ai vu que des vipères attendant le bon moment pour frapper. Vous, majesté, vous êtes… Différente. C’est pour cette raison que je suis très content de ce que je possède déjà. C’est là le problème de notre société : vouloir plus quand on a déjà tout. C’est quelque chose qui m’échappe complètement… »

S’il avait été en présence de membre de la haute société, il était plus qu’évident que l’on se serait moqué de lui. Vilvan, si naïf, si idéaliste… Et pourtant, de tout le lot, il était sans doute le plus fiable qui soit. Il faudrait plus que de l’alcool, des richesses, du pouvoir ou des seins pour le corrompre… Si même possibilité de le corrompre il existait! Incapable de voir en dehors des limites de son conditionnement, il avait quand même créé sa propre philosophie… Et il était sans doute hasardeux que de chercher à l’en sortir. De petites nuances pouvaient être apportées… Mais il y avait des choses qu’il ne comprendrait sans doute jamais. C’était Vilvan, après tout…

Il n’aurait pas été Vilvan s’il ne s’était pas référé à ce que l’on disait pour soutenir son argument ou pour tenter d’exprimer son point de vue sur quelque chose. Le fait qu’il soit toujours en train d’espionner sans trop le vouloir lui avait ramené une quantité astronomique de ragots et de bruits de couloir et maladroitement il tentait de discerner le vrai du faux… Car pour lui seule la déesse était détentrice de vérité.


« Pardonnez mon audace altesse mais… Pourquoi tant chercher à me connaître? Je ne suis qu’une goutte d’eau dans l’océan de vos sujets. Vos actes semblent donner raison à une rumeur tenace qui circule depuis un moment déjà : ils disent que vous auriez des sentiments pour moi. La belle et la bête, disent-ils dans votre dos. Le fait de m’avoir fait jouer le rôle de votre nouvel amant va sûrement amplifier le phénomène et déformer les faits je le crains… Ce qui est, je pense, très fâcheux. »

Encore une fois, Vilvan avait censuré la chose car les propos tenus étaient plus… Explicites. En gros, plusieurs seigneurs disaient que la reine se tapait son garde du corps, seule raison valable pour qu’elle garde ce monstre difforme, agressif et antipathique dans son entourage. Certains poussaient l’affront plus loin encore en dépeignant des scènes grotesques et blasphématoire qui, il fallait le supposer, avait conduit Vilvan à « purifier la race » pour qu’il ne reste que de bons et loyaux sujets de la reine… Évidemment, Vilvan était bien trop… Vilvan pour demander à la reine si elle avait des sentiments pour lui. La question le laissait sous entendre mais il aurait eu des interrogations sur une rumeur disant qu’Anethra porterait en fait un nom d’emprunt…

D’un autre côté, l’attitude de la déesse n’offrait pas non plus une pléthore de possibilité quant à son but. Oh bien sûr, jamais Vilvan n’oserait se faire la plus petite idée sur un rapport plus personnel et moins professionnel… Mais ce n’était pas le cas du trio d’esclave qui écoutait à la porte depuis un moment, scandalisés de voir leur maîtresse traiter si… Favorablement cette monstruosité en armure…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Sam 24 Avr - 0:28

- C'est le propre du mortel que d'aspirer à plus. Enfin même plus que ça, c'est le propre du vivant. Tous autant que nous sommes nous désirons quelqu'un ou quelque chose que nous n'avons pas. C'est ce qui nous donne la raison d'être, l'ambition, la force intérieure. Contrairement à ce que tu penses, ce n'est pas une si mauvaise chose que de vouloir. Toi tu veux assurer ma survie toujours plus efficacement, moi je veux étendre la domination elfique sur l'Erade entière, certains voudraient me voir morte... Personne n'y échappe! Certains ont juste des buts plus glorieux et nobles que d'autres voilà tout.

Souriante, Anethra était plutôt contente de l'orientation de la conversation... quelque part malgré le fait qu'il évite de répondre concrètement à ses interrogations, Vilvan le laissait deviner par sa manière de formuler. Rien que le fait que justement il ne réponde pas clairement était déjà une donnée en soi...
Levant brièvement le main, elle fit léviter plusieurs feuilles rangées sur son bureau jusqu'à sa main. Les bouts de papier emplis d'écriture elfique se dévoilèrent uniquement à son toucher, ce qui lui permit d'entreprendre un rapide examen du regard en même temps qu'elle continuait de discuter. Si elle pouvait sans nul doute tout se permettre, il ne fallait pas tout de même pas voir en ce geste un manque d'égard, car c'était en fait une habitude tenace que de faire plusieurs choses en même temps. L'éternité avait beau être longue, une souveraine n'avait jamais assez de temps pour faire tout ce qu'elle désirait. Il est même probable que si la magie lui donnait le moyen de se dédoubler, ce serait encore insuffisant...


- Donc si tu te vois mal désirer une autre femme, dois-je en déduire que tu me désires? Et pourquoi suis-je différente selon toi?

Son ton de voix ne trahissait aucune émotion en particulier, mais au fond elle était sceptique. Ils étaient de deux univers différents et aussi étrange que cela paraisse, si elle devait imaginer Vilvan rangé avec une femme, ce serait sûrement avec quelqu'un de l'entourage de sa famille. L'idée qu'il conçoive même vaguement de la choisir ou idéaliser à ce rang était improbable à ses yeux - hormis si elle le lui en donnait l'ordre - et ce malgré l'image sûre d'elle et égocentrique qu'elle avait. Inscrivant une série d'annotations à l'encre magique sur les papiers qu'elle lisait, la Déesse se montrait pleinement concentrée, autant sur la conversation que sur tout ce qui l'entourait. Comme si elle avait des yeux dans les murs, elle avait vite deviné que ses esclaves espionnaient, ce qui ne lui posait pas vraiment problème étant donné le contenu de ce qu'ils pouvaient surprendre. Plus ils se sentiraient menacés plus ils feraient d'efforts après tout... Marmonnant finalement quelque chose au sujet de sa faim elle leur laissa clair qu'elle n'attendrait pas pacifiquement pendant encore bien longtemps, ce qui leur valut d'être servis à peine quelques minutes plus tard.

Des verres de vin leur furent versés alors qu'une quantité conséquente de plats leur étaient présentés. On ne pouvait pas dire qu'ils risquent la frugalité ou le petit creux. Mina ne lésinait pas sur le savoir faire lorsqu'elle tentait de plaire à sa maîtresse, et accessoirement elle avait aussi jugé bon de charger la nourriture de Vilvan en produits aphrodisiaques afin de tenter de le ridiculiser. Rien de bien méchant et à peine décelable au goût, juste de quoi lui faire monter la température et la libido...


- C'est moi qui l'ai préparé avec tout mon amour, maîtresse. Vous ne risquez rien, j'ai tout goûté afin d'être sûre que tout est sain!

Elle se tenait les deux mains tortillées et disait la vérité... l'air de quelqu'un plutôt simplette d'esprit elle n'en était pas moins sincèrement dévouée. Fièrement droite en se tenant pas loin d'Anethra, elle essayait de se mettre en avant avec ses moyens... Mais sa reine n'était pas dupe. Le ton de cette dernière était des plus indifférents, alors qu'elle n'avait même pas regardé la pourtant désirable servante.

- T'ai-je donné la parole, esclave?
- N...Non Déesse.
- Alors tu y songeras pendant ta pénitence de méditation. Trois jours t'attendent... Cela devrait être suffisant.


La concernée ouvrit et ferma plusieurs fois la bouche, ayant visiblement envie de protester sans oser aller jusqu'au bout. Elle se gardait tant bien que mal de le faire car par expérience elle savait que c'était une façon dangereuse de vouloir s'imposer qui finissait généralement par une punition aggravée. Pour ce qui était de la nature de ce qui l'attendait, il s'agissait d'une sanction des plus simples et efficaces. L'isolement total. Enfermée dans un carcan magique qui lui donnait le confort minimal à la survie, nourrie au pain et à l'eau, dans un noir opaque qui ne lui permettrait de voir personne et surtout pas Anethra. Cela pouvait paraître idiot et laxiste, mais pour ces esclaves c'était la pire des tortures. Rien qui pouvait les défigurer ou les priver de ce qui était au fond leur seul motif de rester en vie, mais une peine qui les coupait du monde extérieur et leur laissait pleinement le temps de cogiter sur leurs erreurs. Une rumeur racontait aussi que des images cauchemardesques venaient les hanter sans cesse, mais la vérité c'est qu'aucun d'eux ne s'était jamais épanché sur la question. Aucun contact humain pour ces êtres d'exception élevés pour servir, prisonniers en terres étrangères et inconnues où tous sauf la reine leur étaient hostiles. Seule cette femme ensorcelante semblait les vouloir en vie, envers et contre les croyances et préjugés des autres elfes qui préféraient soumettre des gens de leur race plutôt que d'avoir un humain ou quelqu'un d'une autre race relié à leur nom. Dommage pour les étrangers mais heureusement pour la reine qui s'en donnait à cœur joie de récupérer les plus belles prises. À elle les plus beaux et prometteurs spécimens... qui devraient faire oublier leur différences par leur valeur.

- Ta fierté ne passera jamais avant ma parole, Mina... Tu es assez futée pour le savoir. Ta punition prendra effet à partir de ce soir et Kilik prendra ta place pour me tenir chaud.

Attiser la jalousie par la même occasion où elle mettait les choses au clair soulignerait l'importance de ses paroles, tout comme quelque part elle servirait de bonne leçon à l'ensemble de ses courtisans. Le petit nouveau n'avait qu'à bien s'accrocher... Jouant avec le vin odorant qui dansait dans son verre de cristal, Anethra n'avait pas l'air d'éprouver le moindre remords à l'égard de l'expression suppliante de son jouet. Pourquoi regretter ce qu'elle venait elle même de décider..? Aucune raison... surtout qu'elle était partiellement absorbée par d'autres choses. Buvant une savoureuse gorgée de sa boisson, la suzeraine prit son temps pour répondre à Vilvan, visiblement peu atteinte par ce genre de rumeurs diffamantes. Ce n'était qu'une goutte de l'océan de ce qui se disait, parmi toute la nuée de rumeurs regorgeant de sombre bêtise.

- Laisse les donc parler, un jour leurs langues se verront coupées et ils comprendront finalement que ce genre d'attaques de lâche ne restent pas longtemps impunies. Concernant ce qui s'est passé pendant la réunion, je ne sais pas pourquoi tu l'appréhendes autant au niveau de ses conséquences... Moi je me porte très bien et je n'ai pas l'intention de me priver de mes petits plaisirs pour une bande de pervers encore plus commères que leurs épouses! Mais cette réalité te dérange-t-elle tant que ça?
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Sam 24 Avr - 1:08

« C’est… Difficile à expliquer. Je ne dirais pas que je vous désire, altesse, car ce serait blasphémer. Il existe toutefois une attraction, cependant, imputable je le suppose au fait que vous soyez une déesse et qu’à ce juste titre, c’est votre grandeur et votre force qui en sont les principaux responsables. Vous êtes d’une grande beauté, c’est un fait indéniable mais je ne pense pas pouvoir vraiment désirer quelqu’un. Sans être futilité je n’en vois pas le besoin. Amour, amitié… Ce sont des concepts qui me sont étrangers, je ne les comprends pas ou alors très peu… »

Vilvan aurait pu, s’il l’avait voulu, nourrir des pensées impures teintées de luxure à l’encontre de sa maîtresse. Avec un tel physique, elle pouvait aisément damner n’importe quel mortel. D’un autre côté, s’il avait agit ainsi, il n’aurait pas été Vilvan Ertis. Le garde du corps de la reine ne connaissait qu’un vice, celui de tuer… Et rien d’autre. Oui, il pourrait sans mal avoir une relation sexuelle et l’apprécier mais il n’en voyait pas l’intérêt. De son avis personnels, le but des gardes noirs était de protéger leur cible, pas de profiter de la vie comme une bande de crétins insouciants. Cette vision des choses excessivement tranchée le mettait en conflit avec les dragonniers, plus… Libertins et moins dévoués que Vilvan et donc la garde noire et les chevaucheurs de dragons se haïssaient pour mourir. En fait, Vilvan était plus proche du chef de l’inquisition, chose que beaucoup jugerait impossible que du chef des dragonniers… C’était à ce point extrême. Vilvan n’avait manifestement rien d’elfe.. Il était à mi chemin entre l’être artificiel et le soldat type lessivé du cerveau mais qui retient des fragments d’humanité… Encore qu’il fut un elfe donc point d’humanité dans la balance.

Il assista sans rien dire à l’altercation entre sa maîtresse et son esclave mais le fait qu’il se lève à demi en posant la main sur son arme qui était toujours à portée de main venait illustrer encore une fois à quel point il était fanatique. Voyant qu’Anethra n’aurait pas besoin de son aide, il reprit place et commença à manger… Et s’il mit un certain temps à détecter l’aphrodisiaque (qu’il considéra à tort comme un poison quelconque), alors qu’il expliquait à la déesse comme quoi il était inadmissible que l’on diffame sa divine personne, il se leva si vite que l’esclave ne vit rien venir quand il l’attrapa par la gorge, manquant de la broyer en un mouvement sec. Il n’était pas dans les habitudes de Vilvan de faire dans la dentelle ou dans la douceur…


« Qu’as-tu mis dans ma nourriture, pitoyable créature? Parles ou je jure que tu auras de la chance de pouvoir encore tenir debout quand j’en aurai fini avec toi! Tu essaies de me tuer? De me faire perdre la raison? Ou es-tu si désespérée que tu tentes de me discréditer aux eux de notre déesse pour prendre ma place? Qu’as-tu mit dans ma nourriture? RÉPONDS! TU VAS PARLER OUI? PARLES! »

Vilvan était du genre à croire dans une forme d’honneur au combat et il détestait particulièrement les lâches et les fourbes. L’esclave était en train de virer au bleu sous le manque d’air et si Anethra ne voulait pas se passer des services de Mina… Il faudrait sans doute penser à s’en mêler. Quand Vilvan se mettait en colère, il avait besoin d’être contrôlé plus strictement encore au risque de se ramasser avec bien des morts sur les bras. En fait, Vilvan ne censurait que rarement ses paroles ou ses actes envers tous ceux n’étant pas sa reine : pourquoi se donnerait-il cette peine? Ils n’étaient ni ses maîtres ni ses protégés, utilisés ici pour désigner les gardes noirs sous son contrôle…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Lun 26 Avr - 15:26

- Je vois.

Une simple affirmation qui n'était même pas une phrase à proprement parler, mais qui était suffisamment explicite de tout ce qu'elle pouvait en conclure. Son expression était aussi calme que d'habitude, ses traits n'ayant pas bougé d'un iota à l'explication de Vilvan. Pourtant intérieurement elle ne pouvait qu'en être déçue. Bien que la réponse soit tout ce qu'il y a de plus flatteuse dans son contenu, les louanges encore et toujours proférées à son encontre, les choses ne se résumaient pas simplement à cela. Certaines personnes pouvaient la trouver séduisante, une petite minorité pouvait en juger autrement, elle n'avait aucune raison de se mettre en colère pour cela. De toute façon son but n'était clairement pas de se faire aimer de tous, et son attitude au quotidien le montrait mieux que des paroles ne pourraient le dire. Anethra faisait ce qu'il lui paraissait nécessaire et/ou ce dont elle avait envie sans consulter qui que ce soit, son jugement étant bien assez lucide et perspicace pour lui donner une bonne vision des possibles issues. Cependant quelque chose dans les mots de son garde du corps l'agaçait passablement, profondément. Ce n'était pas contre son compagnon à proprement parler, mais contre une foutue généralité qui se manifestait particulièrement ancrée dans la façon de penser de ce dernier. Cependant ce n'était pas quelque chose qu'elle pourrait lui expliquer ou lui faire comprendre... de fait elle avait même fini par se résigner au fait que personne ne pourrait comprendre ce genre de choses.
Ce fut donc au tour de la déesse de s'en retrouver nettement refroidie et de juger bon de se retenir à la balustrade de son bon sens. Se refermant un peu plus sur elle-même plutôt que de laisser libre cours à sa spontanéité, de toute façon déjà rare d'ordinaire. Mais quelque chose dans le discours qu'elle venait l'entendre la dérangeait beaucoup, et si d'un côté elle ne doutait pas de l'estime de Vilvan qui par respect ne pouvait se laisser aller à des pensées libidineuses, de l'autre côté elle ne pouvait pas trouver un vrai réconfort dans ce qu'elle venait d'entendre. C'était un paradoxe subtile et latent certes, mais il n'en était pas moins présent dans son esprit et ce en permanence.

L'altercation entre elle et Mina n'en rajouta pas à son besoin d'accalmie, mais de toute façon elle régla les choses comme à son habitude, de la manière la plus ferme et douce possible. À quoi bon se donner de la peine à essayer d'adopter de nouvelles méthodes alors que celles-ci marchaient très bien? Soupirant un brin blasée, la déesse jouait avec la nourriture dans son assiette plus qu'elle ne mangeait vraiment. Elle avait fini par en perdre son appétit... Et les réactions instinctives de Vilvan ne lui facilitaient pas la tâche. La pauvre Mina s'était subitement retrouvée soulevée de terre et avec un teint changeant dangereusement de couleur. À ce train là les secondes comptaient plus que jamais si Anethra voulait la retrouver un seul morceau.


- Lâche la Vilvan, je ne tiens pas à ce que tu l'abîmes... et en plus si tu l'étrangles elle ne risque pas de pouvoir t'apporter les réponses que tu désires. Allez repose la que nous réglions ça comme il se doit.

La Mère noire attendit sans rien dire que son subordonné lui obéisse, ce qui heureusement pour l'esclave ne tarda pas. Cette dernière se tenait la gorge à deux mains, comme pour s'assurer qu'elle n'était plus sous l'emprise du colosse, et de ses yeux à moitié exorbités contemplait la déesse avec gratitude. Une fois de plus elle lui devait la vie, et rien que pour cela elle fut persuadée une fois de plus que son destin de servante était loin d'être le plus ingrat. Quelques secondes se passèrent afin qu'elle puisse retrouver son souffle et la parole, ce qui lui donna à peine le temps de s'en remettre. Sa gorge en était déjà bleuie par les marques de prise, sa peau parfaitement blême ne pouvant que prouver la violence avec laquelle elle avait été empoignée. Cependant elle savait aussi que la Déesse ne lui épargnerait pas les questions, et que par la manière douce ou forte, elle devrait finir par avouer son méfait.

- Dis moi la vérité ma chérie... As-tu mis du poison dans la nourriture de notre cher Vilvan?
- N... Non Déesse.
- Bien... Alors je peux donc manger dans son assiette sans crainte n'est-ce pas?

Déglutissant avec peine car elle se demandait ce qui risquait de lui arriver, Mina finit par acquiescer de la tête. Disons que dans son désespoir elle préférait encore que sa maitresse se rende compte par elle-même que ce qu'il y avait dans le repas du garde noir ce n'était pas du poison mais juste un cocktail d'épices qui visait à accroître exponentiellement la libido. Ce serait pour elle un quitte ou double, tout ou rien... Car si jamais Anethra jugeait que cet acte était nocif d'une manière ou d'une autre à celui qui était son protecteur, elle risquait gros... très gros.
La reine prit alors sa fourchette et goûta une bouchée de la nourriture destinée à Vilvan avec une expression critique mais détendue. Beaucoup l'auraient estimée dingue d'avoir pris un tel risque, mais il n'en était rien. Elle vivait depuis suffisamment longtemps avec ses courtisans pour savoir ce dont ils étaient capables. De plus régulièrement elle leur faisait faire une inspection avec un membre de l'inquisition, afin de s'assurer sous sérum de vérité qu'ils n'avaient rien de planifié ni autres intentions nocives à son encontre. Le tout était plus que suffisant pour s'assurer de leur sincérité et dévouement...


- Oh... je n'ai pas l'impression qu'il y ait du poison dedans. Je ne sens rien de particulier si ce n'est un certain mélange d'épices... tu ne risques rien Vilvan, ce n'est pas mauvais pour la santé. Mais pourquoi cette réaction si vive dis moi... Aurais-tu ressenti un effet secondaire, une allergie peut-être?
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La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)

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