La destinée de l'Erade
Bienvenue à toi, étranger !
Œuvre du hasard ou du destin, tu viens d’arriver aux portes d’un monde nouveau, celui d’Erade ; un univers aux secrets innombrables où cohabitent des cultures différentes et où la magie se lie à chaque être, dés sa naissance. Tu connaitras l’amour, l’amitié et de grands moments que tu n’oublieras jamais mais aussi de la tristesse, une noirceur dont tu ne te connaissais pas l’existence et qui sommeille pourtant en toi. Ce monde possède des horizons différents, des histoires liées entres elles et tu apprendras par la suite que rien n’arrive par hasard. Tu peux fuir ou rejoindre l’aventure mais n’oublie jamais qu’ici, chacun de tes actes changera le cours de notre histoire, celle que l’on écrit tous ensemble, la destinée de l’Erade.



 
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 La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)

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MessageSujet: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Ven 5 Mar - 22:15

Des pas lourds, pesants, imposants qui retentissent dans un couloir, une ombre gigantesque qui semble dominer toutes les autres à proximité et… Un sentiment, une impression. Tenace, persistante, elle ne semble pas vouloir partir, on dirait même au contraire qu’elle cherche à s’implanter. Les bruits de pas se rapprochent des quartiers de la reine et bien malgré eux… Les gardes noirs affectés à la surveillance des lieux ne peuvent réprimer un mouvement de recul, pratiquement instinctif, comme si la mort elle-même s’approchait d’eux. Ce qui n’est pas totalement faux car la sombre figure qui s’avance traine derrière elle une forme vaguement humanoïde qui semble avoir souffert d’une façon difficilement concevable. Qui est donc ce colosse qui même parmi les autres gardes noirs, les infortunés elfes de la pénombre nés avec un physique de brute et non avec la beauté de leurs semblables, se démarque des autres tant il est imposant? Qui est cet être derrière cette armure hérissée de pointes et dont on ne voit même pas les yeux par les fentes de son casque? Y a-t-il même quelqu’un dans l’armure? Tant de questions qui se pose et tant d’autres à poser…

La forme aux allures de cauchemar ne ralenti pas alors que la distance la séparant de la porte se réduit. Nul n’ignore pourtant que personne ne peut se présenter en ces lieux sans être d’abord fouillés par la paire de gardes… Une autre en fait car un contrôle de la sorte, il y en aura eu au moins trois autres avant d’arriver aux quartiers de la reine. Mesures draconienne prises par un esprit paranoïaque qui n’a qu’un but en tête : protéger et servir la déesse des elfes de la pénombre… Enfin, toujours est-il que l’inconnu ne semble pas modifier sa vitesse, comme s’il s’attendait à pouvoir passer sans encombre… Ce qu’il fait d’ailleurs. Qui ose entrer ainsi sans prévenir chez la reine des reines? Quel mortel est assez fou pour risquer le courroux divin par son insolence?

Il s’agit de la même personne qui pose en ce moment un genou à terre devant la déesse. Il s’agit du même personnage qui force son prisonnier à le faire, faisant hurler ce dernier de douleur, cri coupé court par un gantelet d’un métal extrêmement dur entrant en contact avec quelque chose de bien moins solide… Il s’agit du chef des gardes noirs, du plus grand protecteur de la déesse, d’un garde noir si puissant qu’il rivalise en force avec les meilleurs dragonniers… Il s’agit d’un vétéran qui a fait couler plus d’hectolitres de sang qu’il n’y a de jours à une année, de celui qui vit, pense, respire et agit uniquement pour la déesse, il s’agit de l’elfe de la pénombre le plus hideux qui soit… Et il s’agit du seul ou tout du moins d’un des seuls êtres sur cette terre en qui la reine des elfes de la pénombre puisse avoir confiance. Si elle lui dit de tuer, il tue. Si elle lui dit de chanter, il chante, si elle lui dit de se tuer, il se tuera… Car il est Vilvan Ertis, celui qui donne la mort… Et celui qui sert aveuglément la déesse comme toute sa lignée avant lui. Il est l’épée et le bouclier de la déesse et de sa main il tue tout ceux qui s’opposent à sa maîtresse… Et on ne parle pas ici de « maîtresse » au sens d’amour ou avec la connotation sexuelle, non. On parle de maîtresse dans le sens de celle qui a toute autorité sur cet être. Si pour le commun des membres de sa race partager la couche de la déesse est pratiquement un objectif de carrière, il doit bien être le seul de son espèce à ne pas éprouver ce désir, cette volonté. Il doit bien également être le seul à ne pas avoir d’intérêts propres… Il est Vilvan Ertis, le pantin de la reine des elfes de la pénombre… Et il apporte aujourd’hui devant elle un des amants de la reine qui se sera avéré être un vil conspirateur à la solde de l’Ennemi, celui dont le simple nom fait enrager la déesse elle-même….


Dernière édition par Vilvan Ertis le Dim 6 Juin - 14:19, édité 2 fois
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Anethra Helbaine

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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Sam 6 Mar - 0:54

Cette ville n'était pas aussi luxueuse qu'elle l'aurait aimé, d'autant plus que c'était bien trop petit pour abriter l'immense grandeur des elfes de la pénombre. Il fallait dire que pour cette reine peu de choses pourraient lui suffire, car dès qu'une marche était atteinte, une autre se présentait déjà. L'ambition ne lui manquait pas, elle n'avait même pas de limites. Pour l'instant Gladilan ne possédait pas de vrai palais digne de ce nom qui serait en condition d'abriter sa personne, mais en attendant cette somptueuse villa d'un magicien faisait l'affaire. Réquisitionnée parmi les richesses de cette ville d'ordinaire tranquille, c'était l'endroit temporaire parfait pour lui servir de quartier général tout comme de demeure. Bien sûr les rivières d'or des trésoreries seraient plus que suffisantes à réparer cette lacune... et les innombrables esclaves de la Déesse seraient chargés de lui bâtir pierre à pierre une antre digne de ce nom dans les plus brefs délais.

C'est donc encore à demi chargée du sang de ses victimes gladilannaises, l'armure ébène encore ointe de liquide carmin qu'elle prit place dans ce qui était anciennement une salle de réunion... et qui rapidement avait pris l'apparence d'une salle du trône improvisée. Une seule chaise de bois au dossier haut décoré se trouvait encore devant une énorme table ovale, sur laquelle se trouvait un pauvre agonisant avec une des Dagues du Toit du Monde fichée dans le cœur. Il s'agissait de l'ancien propriétaire des lieux, qui loin d'être mal bâti était étrangement affalé comme une œuvre d'art fièrement exposée. Pourtant si la Déesse était dans un rituel presque intime, penchée sensuellement au dessus de ce corps qui n'avait pas encore refroidi. Enfin ce n'était pas totalement vrai. De fait la dague qui était fermement logée dans sa poitrine avait ralenti son rythme cardiaque pour le maintenir en vie, tout en lui laissant bien sûr voir toute l'ampleur de ce qui lui arrivait. La féline silhouette à la crinière immaculée avait le visage tout près du sien, discutant comme si elle partageait un ensemble de confidences. Que racontait-elle? Bonne question. Peut être s'amusait-elle simplement avec lui ou peut être il y avait-il un vrai échange. Les secrets de la Déesse étaient insondables.


- Tu as beau être bercé dans des illusions idiotes et ne pas encore voir la Vérité Suprême... tu me plais bien. Je pense que tu n'es pas encore irrécupérable, et je te le garantis bientôt tu comprendras quel est vraiment ton destin. Je suis celle qui choisit, celle qui grandit et crée. Et désormais ton existence prendra un nouveau tournant, que tu le veuilles ou non. Tu verras. Quelques heures encore et tu supplieras de pouvoir te tenir près de moi, tu pleureras que l'on te laisse encore respirer le même air que celui que j'inspire...

Son interlocuteur se débattait faiblement, visiblement affaibli par la force qui émanait d'Anethra. Qui pourrait décemment résister à la puissance et à la persuasion de cette femme?? Souriante de manière carnassière tandis qu'elle contemplait le fruit de son amusement du moment, elle se dit qu'il ressemblait à n'importe quel patient laissé sur le billard. Pourtant pour une fois elle n'avait pas désiré abîmer sa victime, elle ne lui avait même pas fait voir ses tripes. C'était doux, joyeux, presque envoûtant. Il fallait dire que ce n'était pas tous les jours que l'on commémorait pareille victoire, une première d'une longue série à venir et qui était une journée à marquer d'une pierre blanche. Que de projets, que d'envies que d'excès... que de plaisir. Ses prunelles aux couleurs toujours changeantes étaient d'un doré brillant, de l'or en fusion lorsqu'enfin son ouïe acérée la fit se tourner vers la porte qui s'ouvrit de manière assez brusque. Aucune panique ne l'étreignit, surtout qu'une seule personne ce serait permis une telle liberté. Levant à peine le regard, An' dévisagea Vilvan qui devait tout de même avoir une bonne raison de faire irruption de la sorte. Personne ne dérangeait la Déesse en plein loisir sans une bonne excuse...

- Tiens tiens, mon bon Vilvan... Quel bon vent t'amène? On dirait bien que tu as de la compagnie.

Façon implicite de lui demander son rapport et puis la raison pour laquelle il lui ramenait cette espèce de débris humain attaché à une laisse. Qu'avait-il de si particulier pour qu'il soit maintenu en vie et amené devant elle?? Tapotant le manche de la dague pour l'enfoncer encore un peu plus dans le cœur de ce pauvre magicien blond étendu sur la table, Anethra soupira et finit par s'approcher quelque peu de son garde du corps. Son heaume était quelque part dans un coin de la pièce et sa chevelure voletait libre, accompagnant le mouvement hypnotique de ses hanches. Tout dans cette femme respirait la séduction et le danger... Sensation enivrante et parfumée qui souvent endormait à elle seule la méfiance des personnes lui faisant face, hommes comme femmes. D'ailleurs à ses yeux aucune importance... la luxure ne pouvait se limiter par ces frontières idiotes. Lorgnant donc d'une moue dédaigneuse ce prisonnier sans intérêt pour ce qui était de son apparence, elle attendait de savoir ce qui en était de sa teneur en informations.
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Sam 6 Mar - 1:24

« Le capitaine de garde local. Il a refusé de se soumettre à votre grandeur. Il ne vit que pour que vous le châtiiez, déesse. »

Court, bref, expéditif… L’être en armure est avare de paroles. À moins d’en recevoir l’ordre direct, le garde du corps de la déesse ne fait que ce qu’il se doit de faire pour la gloire de sa maîtresse. S’il dispose d’une volonté propre? Assurément. Si elle ne le garde pas bien en laisse, le garde noir tues sans discrimination tous ceux qui osent ne serait-ce que murmurer contre la déesse. Celui qui donne la mort fait couler le sang et la rumeur veut que le plancher de la salle qu’il utilise pour mener interrogatoires et séances de tortures reste rouge pour l’éternité… À ces paroles brèves et qui pourrait soulever des points d’interrogations, la déesse des elfes de la pénombre sait que le prisonnier amené par son fidèle et dévoué garde du corps est un cadavre ambulant, maintenu en vie uniquement par les puissantes drogues dont fait usage le colosse en armure quand il juge que la reine de tous les elfes de la pénombre se doit de voir qui lui a fait offense… D’ordinaire, il se contente d’amener une petite boîte contenant les restes broyés et pulvérisés de ceux qui ont l’infortune de finir entre ses mains…

L’inesthétique protecteur de la déesse se contente ensuite d’attendre. Il ne se relève pas. Il ne regarde pas la déesse et il ne bouge pas. On dirait une statue et c’est à se demander s’il respire encore. Lorsque sa maîtresse s’avance, le prisonnier commet un affront que le garde noir, malgré toute sa dévotion et son désir de servir, d’obéir, ne pet laisser passer : le prisonnier ose lever la main contre la déesse, un geste de défi et de désespoir perpétré par quelqu’un qui se sait de toute façon perdu. Sans dire un mot, sans faire un son et avant même que la souveraine ne puisse faire quelque chose, Vilvan a réagit, d’instinct, motivé par la colère face à cet outrage : la chef des gardes noirs se retrouve à avoir entre ses mains le bras du prisonnier et le prisonnier lui se retrouve manchot. Non content de lui avoir infliger une douleur tout bonnement insupportable… Vilvan s’emploie maintenant à battre le prisonnier avec son propre bras et il est clair qu’il voit rouge…

Nul n’ignore ce qui arrive à celui qui s’attire le courroux du protecteur de la déesse. Cela se termine invariablement par la mort de l’autre. Cela ne se termine jamais par un acte miséricordieux car cet elfe là ne connaît ni pitié ni remords. Le concept lui échappe et malgré plusieurs tentatives de la déesse pour lui inculquer cette notion (car oui, la déesse peut se montrer miséricordieuse dans son extrême générosité), il ne semble pas en mesure de pouvoir traiter l’information adéquatement. Ce qu’on ne lui apprend pas, il ne le comprend pas. Pour Vilvan, tout se règle par les armes, quelles que soient les armes. La diplomatie lui est étrangère et il a bien du mal à comprendre pourquoi la déesse ne le laisse pas faire ce qui doit se faire en son nom et pour son bien. Dans son zèle fanatique, Vilvan ne pet concevoir autre chose que ce pourquoi il sert : défendre la bannière de la reine… Reine qui se trouve d’ailleurs à être la seule à pouvoir contrôler complètement l’elfe de la pénombre. D’un simple ordre, Vilvan redevient pratiquement statue et le prisonnier, malgré les drogues qui parcourent son système, n’en a plus pour longtemps. Vilvan ne lui a fait aucun cadeau… Et si la déesse avait un quelque chose à se reprocher, ce serait d’ordonner AVANT à Vilvan de ne rien faire… Car s’il avait tué le prisonnier, quel aurait été le but de le conduire devant la déesse, après tout… Vilvan Ertis : un des rares « projets » incomplets de la déesse, un monument de travail à lui seul, le parfait produit d’une lignée née pour servir et uniquement servir…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Sam 6 Mar - 1:59

- Dis moi pourquoi tu me l'as amené... j'imagine que ce n'est tout de même pas pour m'aider à refaire la décoration tristounette et trop classique des lieux. Qu'a-t-il dit? As-tu pu retirer de lui des informations intéressantes?

Elle en était curieuse, plus parce qu'après tout les jeux de pouvoir dans la région étaient un ensemble de données à garder en ligne de mire que par réel intérêt. Un jour elle pourrait sûrement se payer le luxe d'ignorer totalement ce que ses opposants programmaient pour la destituer de sa place, mais ce jour n'était pas encore venu. Pour l'instant chaque victoire se construisait en tout premier dans sa tête bien faite, puis après et après seulement sur le champ de bataille ou ses guerriers ne laissaient pas la moindre chance à l'ennemi. La suprématie des elfes de la pénombre s'étendrait chaque jour d'avantage, et d'ici à ce qu'elle ne chasse les parias de ce royaume, ce n'était qu'une question de temps. Anethra avait ouï dire qu'un immortel avait voulu également prendre sa place dans l'équation, mais depuis quelques temps maintenant ses espions lui avaient assuré qu'on n'en avait plus de nouvelles. Tant mieux... Son absence était un atout supplémentaire.

Se baissant un instant pour se mettre à la hauteur du moribond, elle avait laissé libre cours à la colère de Vilvan. Il n'y avait pas de raisons que lui aussi ne trouve pas un certain réconfort amusant à exercer ce pourquoi il vivait... Après tout il avait tout de même de la valeur à ses yeux. Et si bien sûr son garde du corps serait capable de couper la langue à n'importe quel médisant, la Déesse ne supportait pas non plus que l'on remette en cause ses choix. Il lui était déjà arrivé de devoir clore le bec d'un impudent qui avait questionné le bien fondé de la place du Garde Noir... et il avait disparu mystérieusement pour apparaître finalement en morceaux, placardés sur les murs de l'immense mansion de sa famille. Peu avaient su pourquoi mais ce nombre fut suffisant à marquer les mémoires. Le message passa et depuis plus personne n'osait piper mot... du moins en sa présence. Mais qu'importe, de toute façon tout se savait, surtout pour ceux qui étaient obligés de graviter autour d'elle afin d'espérer un peu de reconnaissance dans l'histoire, de butin pour survivre et de gloire pour leurs clans.


- Vilvan je m'ennuie...

Déclaration d'apparence sans importance qui pourtant était capable de mettre une cour entière en panique. Lorsque la Déesse s'ennuyait elle avait recours à des moyens extrêmes pour y pallier, et souvent c'était le servant le plus proche qui y passait... Oeuvrer pour elle était risqué et tous le savaient, car si un jour on pouvait être recouvert d'honneurs, le lendemain on pouvait se retrouver six pieds sous terre pour des paroles malheureuses ou tout simplement si quelqu'un de meilleur faisait son apparition. Les jaloux étaient légion et les envieux aussi... mais quelque part les voir s'entre-déchirer comme des chiens enragés avait le don d'amuser Anethra qui par dessus tout cherchait à s'entourer uniquement de l'élite. Si quelqu'un venait à mourir pour être remplacé, alors ce n'était que justice... la loi du plus fort primait. C'était de cette façon qu'elle avait renversé des elfes plus âgés qu'elle, les écrasant de sa puissance sublime et de sa ruse affutée. Continuant donc sa phrase, elle s'assit finalement sur le rebord de la table, une main soutenant son menton.

- Dis moi ce que tu as fait en mon absence dans les moindres détails... dis moi ce que tu as fait à ce bienheureux inconnu. Fais moi aussi état de la ville et des bâtiments exploitables. Rassure moi, vous avez bien fait comme je l'ai dit, autant de massacres martiaux que vous le voulez mais tout en préservant les esclaves potentiels ainsi que les bâtisses? Je sais bien que nous pouvons édifier notre propre ville, mais je n'ai pas de temps à perdre et il y a fort à parier que les Airianais essayeront de nous reprendre Gladilan. Tout à l'heure tu feras mander la garde et les disposeras équitablement sur les différentes portes. Maintiens la moitié de nos forces sur les frontières. Oh et regarde moi quand tu me parles.

Comme une enfant capricieuse, la Millénaire s'amusait comme elle pouvait... caressant subtilement une cuisse du magicien nu sur la table, maintenu conscient et les yeux grand ouverts de peur grâce au pouvoir cryogénique de sa dague. Tremblant de peur il oscillait évidemment entre l'angoisse de l'issue incertaine qui l'attendait, et l'excitation inévitable de ce toucher empli de maîtrise... Les siècles et siècles de savoir faire étaient coupables d'un plaisir extrême que sa pauvre chair humaine ne pouvait que témoigner vigoureusement. D'ailleurs malgré la température très basse de ses organes internes, il transpirait abondamment, regardant Anethra complètement paniqué tout en se demandant si c'était ça mourir.
S'adressant donc à sa marionette qui n'osait depuis longtemps piper mot, la Suzeraine sourit de ses dents blanches.


- Ne t'en fais pas mon mignon, bientôt tout s'arrêtera et tu connaîtras le repos......... ou peut être pas.
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Sam 6 Mar - 2:33

« Exécuter vos ordres fut ma priorité, déesse. Nous avons passé la ville au peigne fin, bâtiment par bâtiment. Ceux qui ont résisté sont morts, le reste a été rassemblé pour examen et les plus faibles ont été tués. À part quelques portes défoncées… Nous n’avons pas fait beaucoup de dégâts. Je ne parle que pour la garde noire, bien sûr… Et de la mission que votre magnificence nous a confiée. »

Il y avait dans ce rapport expéditif un indice évident sur… Le manque de scrupule de certains soldats servant sous les ordres de la déesse. Les dragonniers, en fait, pour ne pas les nommer… Encore une fois. Les grondements d’un tremblement de terre auraient sans doute été plus faciles à comprendre. Voix aussi dure et carrée que le reste de son être, celle du garde noire avait en plus la fâcheuse tendance d’être parfaitement monotone… Et le dialecte des elfes de la pénombre était « musical », la même note toujours tenue avait de quoi brouiller les pistes et la compréhension. Même dans ses plus grandes colères… La voix de Vilvan ne variait pas ne serait que d’un octave… Ce qui en aurait fait rager plus d’un. On aurait vraiment dit une enveloppe vide, une marionnette au service de la reine… Comme si toute notion d’identité n’existait pas chez le colosse en armure. C’était comme un gros chien, loyal, fidèle, qui se laisse caresser sans broncher par sa maitresse mais qui montre les dents à tous ceux qui essaient de faire de même…

Parler… C’était une chose que Vilvan faisait rarement. En faire, produire des sons avec sa bouche était tout aussi rare. Point de rires, de soupirs, de cris de douleur, de joie ou de jouissance… Cette bouche ne semblait servir qu’à manger, boire et mordre (oui, mordre, une façon de porter une attaque comme une autre) et non pas à véhiculer une quelconque expression… En fait, il aurait probablement été plus simple pour Anethra de communiquer par signes, comme le fond les soldats sur le champ de bataille. De cette façon, il aurait été très certainement plus communicatif…


« Cependant, cet homme s’est opposé. Il a remit en doute votre divine volonté. Il a donc été punit en conséquence et… Il a révélé des choses intéressantes sous la torture. Quelqu’un en Airian savait que nous viendrions… Et à fait retirer le gros de la garnison et des ressources jugées précieuses. Quelqu’un a voulu nous faire croire que nous avions remporter une victoire… Alors qu’on nous a fait… Cadeau de cette ville… Nous avons également trouvé ceci… J’ignore de quoi il s’agit exactement. »

Fouillant dans une sorte de compartiment de son armure, le garde noir en extirpa une sorte de pièce gravée d’un symbole. Il ne s’agissait pas là d’un vulgaire symbole… Mais bien d’une sorte de carte de visite : les symboles d’Airian y figuraient … Ainsi que l’emblème d’une famille de la haute noblesse, apparemment la personne avec le bras suffisamment long pour avoir pu faire ce qui avait été fait soit avoir laissé Gladilan à la merci des troupes de la déesse… Évidemment, s’il avait été plus versé dans les intrigues de la politique et ses arcanes, Vilvan aurait pu dire immédiatement de quoi il retournait. Cependant… La pièce n’étant pas une arme, il aurait été bien incapable de dire de quoi il s’agissait si ce n’était un trésor potentiel à ajouter aux coffres de sa souveraine. Si Anethra écoutait les bruits de couloir de son entourage de profiteurs et d’hypocrites… Elle saurait sans nul doute qui si le questionnement, les ennuis et les imprévus avaient eu forme physique… Son garde du corps se serait fait une joie que de les réduire en pièces une bonne fois pour toute…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Sam 6 Mar - 3:19

Acquiesçant pour approuver les mesures prises par ses subordonnés, Anethra réfléchissait tout de même à l'ensemble de la situation. C'est bien parce que tout cela lui avait semblé trop facile que déjà la Déesse se préoccupait d'autre chose que les réjouissances suite à cette victoire. Il n'était pas question de baisser sa garde et commettre des fautes stupides, car bien que les choses se déroulent comme prévu, il y avait fort à parier que tout ne puisse changer d'un moment à l'autre. C'étaient les aléas de la guerre, où l'imprévu était le pain quotidien. Il fallait trouver un juste milieu entre la tentation de tout prévoir et celle de réagir simplement à ce qui se passait. Trouver un moyen terme entre la passivité et la prévisibilité. Mais son empire n'avait jamais été ni l'un ni l'autre. Trop longtemps confinés dans la vie de nomades à défaut d'avoir un territoire vraiment fixe, les elfes avaient siégé pendant une longue période dans les contrées inhospitalières jugées finalement trop banales aux yeux de la reine. À quoi bon tenter de se battre pour ce qui n'avait pas de valeur? Ces contrées étaient infertiles, trop bondées de races sous douées et trop enclines aux querelles de voisinage sans réel enjeu. Autant tout de suite s'attaquer à ce qui en méritait la peine!

Et pourtant... pourtant depuis le début elle avait su que quelque chose clochait. Cette victoire n'était que stratégique mais ne comportait pas vraiment de gloire guerrière. Trop peu d'opposition, trop peu de rébellion. Les habitants n'avaient visiblement pas bougé ni migré ailleurs, mais pour ce qui était des forces en place, elles étaient anormalement peu nombreuses, surtout pour une grande ville comme celle-ci. C'est pourquoi sa frustration allait grandissante et sa rage également. Elle était certaine qu'aucun des elfes de la pénombre étant au courant de cette opération de grande envergure n'aurait ouvert sa grande bouche pour confier pareilles informations à l'ennemi et pourtant quelque chose la titillait. C'était comme si depuis le début les Airianais lui avaient fait concession de ce territoire en espérant qu'elle s'en contente, qu'elle se berce d'illusions idiotes et ne devienne vulnérable. C'était bien mal la connaître. Battant violemment du poing sur la table, elle en fit sursauter le malheureux poignardé... et manqua de fissurer le meuble. Ses yeux virèrent alors au rouge ardent, tandis qu'elle comprenait d'après l'objet montré par Vilvan que tout ceci n'était qu'une pièce théâtrale bien mal orchestrée.


- Enfer et Damnation !!! Il est hors de question qu'ils pensent sacrifier un pion pour menacer plus fort encore, je ne le permettrai pas! J'aurai ces misérables jusqu'au dernier ! Achève ce qu'il reste de cet homme, fais en ce qu'il te plaira une fois que vous serez hors de ma vue... Mais en attendant j'ai besoin que tu passes quelques messages pour moi car si je sors de cette pièce je tuerai la moitié de nos hommes et par les temps qui courent je ne peux pas faire de gaspillages. Je veux que les éclaireurs dragonniers survolent les cieux Airianais. Je sais qu'ils ne possèdent pas de forces ailées. Dis leur de rester hors de vue et hors de portée... Je veux de la discrétion pour une fois.

On ne plaisantait pas avec la reine et encore moins lorsqu'il s'agissait d'annoncer de mauvaises nouvelles... Et bien qu'il s'en sorte plutôt bien, le magicien tremblait si fort qu'on dirait qu'il était en train de convulser. Un soupir exaspéré de la Déesse le contraignait pourtant au silence, ce qui n'était pas plus mal si il voulait encore espérer garder la vie sauve. Bien sûr la manœuvre airianaise était loin d'être déterminante, et les effectifs dont ils disposaient n'avaient pas de quoi menacer la légion affamée de sang des elfes qui eux avaient un entraînement draconien. On pourrait presque dire que tous naissaient armés, et en tout cas avec des capacités innées pour le combat...

- Tous les soldats ont ordre d'éliminer tout airianais à vue, sauf si il s'agit d'un diplomate ou si ils sont mêlés à une mission d'infiltration. Si vous rencontrez un négociateur vous me l'amènerez vivant et en étant de parler distinctement. Par ailleurs j'ai changé d'avis. Sortons dehors je veux voir de mes yeux ce que font les hommes.

La Déesse tapa brièvement dans ses mains pour appeler les servantes, qui rapidement reçurent plusieurs directives très claires. Celle d'une part de maintenir en vie cet esclave sur la table en faisant appel aux guérisseurs si il le fallait, et d'autre part celle de lui préparer sa chambre royale dans les meilleures conditions. Literie empruntée à son hôte, tapisseries formidablement disposées, tentures invitantes, parfums orientaux... le tout évidemment avec de quoi manger à disposition. Anethra espérait ne pas en avoir pour longtemps, mais au fond elle préssentait que ce ne serait pas exactement comme cela que ça se passerait. Haussant les épaules d'un geste semi indifférent, elle extirpa la dague de son fourreau de chair sans douceur, puis tendit la main ou vint se déposer Verdoth, comme si il était mu par sa propre volonté.

- Cette maison couronnée tente de se foutre de moi, mais je ne le tolérerai pas. Je les exterminerai jusqu'au dernier et je les dépouillerai de tout ce qui leur est cher... à commencer par les autres villes environnantes. Qu'un seul régiment quitte Gladilan par jour afin de conquérir un par un les villages de la région. Faites des tournantes afin que les hommes ne soient pas fatigués. Je veux qu'au moins un garde noir de votre choix supervise les opérations. Dans deux semaines nous devrons être maîtres de points stratégiques. Ensuite notre prochaine cible sera la forêt des Innommés. Là bas il y a encore quelques reste des forces de ce clown pittoresque... Thanos Anémonius. Je veux qu'une fois que la première mission sera achevée, on s'empare des installations militaires et de tous les camps dans la forêt. Ce sera un très bon avant poste et bien sûr cette superficie est le hangar idéal pour nos dragons.

C'était un peu comme si elle se parlait à elle même, bien qu'elle cherche tout de même à mettre Vilvan au courant de ce qui se tramait. Autrement il ne pourrait pas assurer le relais et sa sécurité efficacement... surtout qu'il n'était pas vraiment du genre à lui demander des informations. Mais le fait était là... les amusements qu'elle pouvait avoir en ce moment étaient éphémères et cela la contrariait énormément, bien que ce soit toujours moins perturbant que les plans étranges des Airianais. Le tout était de savoir quand est ce que ces derniers essayeraient de se venger et reprendre leurs biens...

- Emmène moi dehors et fais moi un chemin, je n'aime pas piétiner des déchets. Oh et montre moi les responsables du boucan que j'ai entendu lors de l'arrivée sur la ville... je vais m'occuper personnellement de leur cas.
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Sam 6 Mar - 15:16

Sans dire un mot, en bon soldat, l’imposante silhouette en armure s’éclipsa, trainant son prisonnier et malgré le fait que la porte soit fermée, la reine des elfes de la pénombre pu entendre sans mal le son caractéristique que fait une tête quand on l’arrache à mains nues du reste d’un corps… Le garde du corps revint ensuite aux côtés de sa maîtresse, prêt à l’escorter là où elle désirerait aller. Le plus remarquable avec Vilvan c’était qu’on pouvait le comparer davantage à un mécanisme bien huilé ou à une bonne lame qu’à un être de chair et de sang : fidèle, loyal, ne laissant jamais tomber… Et surtout, « sacrifiable ». Plusieurs se demandaient pourquoi la reine s’encombrait de ce monstre hideux qui semblait être un affront à sa divine beauté et à sa vive intelligence… Mais ces mêmes personnes oubliaient une chose : Vilvan Ertis vivait pour servir, non pour flagorner et espérer monter les échelons de la hiérarchie. En fait, il aurait pu commander les armées de la reine, elle lui avait déjà proposé le poste… Et il avait refusé, préférant rester aux côtés d’Anethra en bon Ertis qui se respecte.

Suivant comme une ombre la déesse, le garde noir s’arrêta un moment, communiquant par signes avec les gardes affectés à surveiller l’entrée du palais temporaire d’Anethra. La gestuelle était rapide et si la reine était du genre à faire des caprices, elle pourrait faire montre de jalousie : Vilvan eut un échange considérablement plus long avec ses hommes qu’il n’en avait eu avec la reine… À croire que la parole, pour Vilvan, était chose... Étrangère. Chose certaine, il écoutait tout et retenait tout. Il pouvait citer des choses que sa maîtresse lui avait dit des siècles plus tôt sans le moindre problème. Il pouvait répéter des phrases entendues dans d’autres langues qui s’il ne les comprenait pas, il pouvait les reproduire sans la moindre difficulté. Il était un allié de taille (dans tous les sens du terme) pour la déesse… Et il se contentait parfaitement de son rôle d’instrument.

Il écouta donc tout ce que sa maîtresse avait à dire, la regarda faire ce qu’elle avait à faire… Et il ne lui restait plus qu’à lui amener les coupables et lui faire visiter les points stratégiques ou d’importance de la ville. Une promenade de santé, en quelque sorte. Promenade silencieuse qui fut brisé par une voix… Et aussi étonnant que cela puisse paraître, il s’agissait de celle du garde noir. Vilvan Ertis parlant de sa propre initiative? C’était à marquer dans les annales… C’était inédit, exceptionnel…


« Déesse… Il faudrait réformer la garde noire. La retirer des champs de bataille. La garder près de vous. Ne la faire servir que vos intérêts. Protéger la noblesse est une perte de temps. Ils sont traitres et retors. Votre protection devrait être notre priorité. L’instrument que je suis crains pour votre sécurité… »

Il y avait beaucoup de choses à tirer de ces paroles : de un, le ton était considérablement moins dur, carré ou monotone que d’habitude. C’était comme si Vilvan avait cherché à véhiculer, sans grand succès, une émotion. De deux, il avait parlé sans demander la permission, ce qui dénotait l’importance de la chose à ses yeux. De trois… Il usait d’un terme qui mettait la déesse en colère. Il référait à sa personne comme à un instrument, un objet. Une conception que la déesse ne tolérait pas, venant de son plus loyal et fidèle collaborateur. Oh elle savait que c’était là le produit de son éducation en tant que garde noir, que c’était même là toute l’essence de sa loyauté sans borne. Ce que Vilvan peinait à comprendre, c’était qu’il puisse avoir une valeur aux yeux de sa souveraine… Une conception des choses qu’elle n’avait jamais encore tenté de lui expliquer ou de lui faire comprendre…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mar 9 Mar - 3:08

Oh quel doux son berçait ses orillons... Un craquement qui symbolisait encore un mort basculant dans le néant pour le bien être de la Déesse. Que demander de plus alors que l'on était gâté de ce genre de présent? Anethra sourit doucement, griffant le torse du magicien jusqu'au sang comme pour mieux lui dire au revoir. Une trace qui lui arracha un grognement de douleur, car ses ongles s'étaient fichés dans la chair comme des lames tranchantes. Le sang n'avait pas tardé à perler dans des effluves caractéristiques qui la fascinaient toujours comme au premier jour. C'était incroyable comme quelques gouttelettes de ce liquide précieux l'avaient toujours enivrée davantage qu'un vin ou qu'une drogue... elles lui provoquaient toujours des élans poétiques et affamés la rendant capable du meilleur comme du pire. Enfin en laissant cet ultime cadeau afin que son nouvel esclave se souvienne d'elle jusqu'au retour, elle s'en fut après avoir laissé le temps à Vilvan de faire joujou comme il le souhaitait. Le tout était pour elle de ne pas devoir s'infliger la vue impie d'un cadavre exposé à vue et tué de manière sommaire. À ses yeux c'était comme du gâchis, une perte inestimable que d'en finir avec une vie de manière trop expéditrice. Chaque meurtre devait être lent et langoureux, comme une danse mortelle entraînant inévitablement la chute.

Suivant donc l'immense garde du corps, la millénaire était d'humeur plutôt favorable... chose rare. Mais pourtant tous savaient que l'humeur de leur reine éternelle était tout sauf stable. Éruptive et volcanique, elle était au quotidien comme une bombe à retardement dont on ne pouvait jamais prévoir le vrai décompte. Un coup elle pulvérisait quiconque se dressait sur son chemin, un autre elle était capable de jouer un jeu de séduction avec les hommes l'entourant qui demeurait assez agréable dans les sens conventionnels du terme pour les elfes. Il arrivait même qu'elle épargne certains hommes après ses petits jeux... ce qui était assez exceptionnel. Cependant un rumeur courrait que n'importe quel homme ayant connu la Déesse un jour ne pourrait jamais plus attenter à sa vie ou son bien être par n'importe quel biais. Et on pouvait dire que les esclaves lui vouant un culte semblable au syndrome de Stockholm étaient nombreux.

Assistant à l'échange gestuel de Vilvan, la reine ne broncha pas. Il fallait dire qu'elle avait l'habitude de ce genre de méthodes de communication de sa part, tout comme elle était toujours aussi frustrée de le voir aussi mutique. Autant qu'il soit muet peut être qu'elle aurait trouvé tout ça plus « normal ». Mais bon disons que son efficacité n'avait pas de concurrence, et c'était le plus important lorsque l'on occupait un poste comme le sien. En attendant elle se plaisait à toujours compliquer un peu la tâche au Garde Noir, comme si elle testait ses capacités et son sang froid, son dévouement à son égard lui permettant de tout supporter. Mais en fait c'était aussi parce qu'elle s'ennuyait et fuyait la monotonie comme la peste. En ce moment elle se tenait tout juste derrière lui, se dissimulant volontairement derrière sa carrure pour juste pencher la tête sur le côté pour observer les soldats auxquels il s'adressait. Espiègle, elle s'amusait à se laisser voir volontairement afin de les faire stresser lorsqu'ils apercevaient sa longue chevelure argentée. Comme un enfant oui... mais avec des effets très différents. En effet les subordonnés en question étaient mi-médusés mi-effrayés, sans trop savoir ce qui se préparait. D'ailleurs elle s'en amusa particulièrement et s'approcha d'un des présents, se tenant juste face à lui, le visage à quelques centimètres du sien. Immobile pendant plusieurs secondes, elle sembla lire dans son âme alors que lui tremblait de la tête aux pieds.


- Bouh!

C'était un murmure calme mais rapide qui sortit d'entre ses lèvres, faisant l'elfe sursauter comme si il venait de frôler la faucheuse. Sa réaction déclencha un nouveau rictus de fierté, tandis qu'Anethra semblait de son côté assez impassible. Une main délicate vint alors se poser sur la gorge de ce soldat manière caressante pour finalement l'agripper fermement et sans pitié. Devenant rapidement rouge puis d'une autre couleur tendant vers le violacé, il perdait déjà son souffle lorsque finalement elle le laissa tranquille en lâchant subitement prise. Tombant à genoux il se tenait encore le cou en n'osant même pas la regarder. Il avait trop peur qu'elle termine ce qu'elle avait commencé... Mais les raisons de son acte furent énoncées de manière frappante.

- Si tu n'es pas fichu de contrôler ta peur, tu mourras dès demain sur le champ de bataille... et je préfère encore t'offrir l'honneur de mourir de mes mains que de laisser des déchets Airianais faire tomber une tête des miens. Tâche de retrouver le moteur de la haine qui te conduira à la gloire... ou je serai moins clémente la prochaine fois.

Décidant donc de s'écarter d'un air indifférent, elle marcha sur le soldat au sol qui se trouvait sur son chemin. « Malencontreusement » elle marcha sur sa jambe, perforant cette dernière de son talon aiguille. Un hurlement se fit entendre dans ce couloir et fit écho d'une manière macabre qui la ravit. Au final cet imbécile n'avait tout de même pas cru qu'il s'en tirerait uniquement avec un blâme et la gorge portant les traces de sa main divine ! Aucune erreur n'était tolérée, le pêché le plus grave était celui de blasphème envers sa personne, et la nonchalance en faisait partie. Déjà il avait beaucoup de chance de s'en être tiré avec une si petite blessure... Enfin, c'était ni plus ni moins que le pain quotidien. Haussant les épaules elle rejoignit Vilvan et l'écouta dans ce qui semblait de sa bouche un discours digne des plus grands orateurs. Comme quoi...

- Je me sens en sécurité avec toi seul pour gardien... je n'ai pas besoin de ces incapables qui bourdonnent à mes oreilles comme d'insupportables insectes. Je n'ai pas confiance en eux et leur savoir faire n'est aucunement comparable au tien. En plus ce n'est ni discret ni utile de s'encombrer d'une garde entière alors que la ville est notre. Si jamais nous allons en expédition je prendrai en compte ta remarque, mais en attendant je ne veux que toi à ce poste. Pour ce qui est de gérer les gardes noirs je te laisse faire, mais j'aimerais que tu en gardes quelques uns de ton choix pour superviser les autres factions. Après tout ils sont de loin les plus disciplinés. Tu es trop touchant que de t'inquiéter pour mon bien être, dommage que ce ne soit pas par affection mon tendre Vilvilain.

Elle sourit légèrement tout en prononçant ses mots qui semblaient chargés de regrets. Voilà quelque chose qui devrait le laisser suspendu à ses lèvres, et le faire réfléchir. Pourquoi avait-elle dit une chose pareille c'était une bonne question... mais les mystères des profondeurs divines étaient parmi les plus compliqués à cerner. De plus ce surnom récurrent était une fusion de son prénom que personne d'autre n'aurait jamais pu se permettre sans mourir sur le champ... mais que voulez-vous... ce sont les privilèges du rang! Pourtant dans sa bouche il n'avait rien de hautain ou péjoratif, c'était un qualificatif désignant plus ses actions que son physique duquel elle faisait presque abstraction.

- Oh et cesse de te désigner comme un instrument. Tu n'es pas une fourchette ou un outil de jardinage. Tu es mon épée, mon fer de lance... mon bouclier surtout. Désormais tu te désigneras comme mon protecteur uniquement, compris? Bon... tu me les montres ces nouveaux domaines?

Le regardant en battant des cils d'une manière qui lui était bien propre, elle se demanda un instant combien de mâles jadis fiers s'étaient prosternés à ses pieds une fois qu'elle avait usé de ces yeux là... Mais avec ce compatriote les choses étaient différentes. Flirter avec lui c'était comme... comme essayer d'apprendre l'elfique à une pierre...
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mar 9 Mar - 20:47

Là où la déesse était capable de pardon, Vilvan, lui, en était incapable. Ce garde noir allait mourir… Et à peine la reine s’était-elle remise en marche qu’il se laissait distancer de trois pas, signalant à l’autre garde de s’assurer que le maillon faible soit promptement exécuté. La garde noire était une élite, SON élite… et il ne laisserait personne entacher une réputation parfaite qu’il avait mit des siècles à bâtir. Il avait travaillé des années durant pour offrir à Anethra une garde personnelle digne de ce nom qui avait encore moins peur que les autres soldats servant dans son armée de se salir les mains. Le colosse en armure avait été d’une efficacité redoutable car rares étaient ceux qui pourraient rivaliser avec les gardes noirs. C’était son projet, sa fierté… Et il prenait comme le pire des affronts le fait que l’un de ses hommes manque à ses devoirs. Si un de ses gardes était incapable de se contrôler lui, comment espérait-il contrôler quoi que ce soit? Non… Il n’y avait pas de secondes chances dans le monde de Vilvan Ertis…

La promenade se poursuivant et la déesse se prononçant sur la question… Fit figer sur place l’imposant garde noir. Il s’arrêta d’un bloc comme si on venait de le paralyser et si derrière son casque on distinguait peu de choses, Anethra savait sans le moindre doute que Vilvan était confus. La confusion… De voir son initiative pour préserver la reine rejetée. La confusion… De découvrir ô combien cette dernière tenait à lui. La confusion… De voir des années d’entraînement remises en doute par la déesse. Jamais un Ertis ne s’était considéré comme autre chose qu’un instrument au service de la déesse. Jamais. Et pourtant… Cette dernière semblait dire autrement. Elle remettait en question des millénaires de certitude. Même s’il l’avait voulu… Le balafré n’aurait su répondre ou dire quoi que ce soit. Avare de mots comme il était, son silence parlait plus qu’un grand orateur… Et son silence en disait long. Très long. Très très très long…

Mais il était Vilvan Ertis. S’il fut immobile pendant un bon trois secondes, il reprit son chemin, toujours en escortant la reine, sans dire quoi que ce soit, conduisant sa maîtresse vers les dragonniers fautifs. Comme dans toutes choses, Vilvan savait où il allait, ce qu’il faisait et son pas était pratiquement mécanique bien que déterminé. Même s’il ne parlait pas, la déesse devait bien se douter qu’il réfléchissait. Ou tout du moins… Faisait ce qui s’en rapprochait le plus chez le colosse en armure. Dénué d’une réelle volonté propre, basant ses désirs et ses envies selon ce que la déesse voulait ou exigeait, Vilan pensait en un sens pour la déesse. Sur certains points, sur certaines questions, Vilvan se considérait comme sa simple extension, comme sa voix ou son bras armé, un instrument utilisé pour mettre à genoux les ennemis de la reine et protéger cette dernière. Dans l’instant, il se demandait comment devenir plus efficace encore… Pour mieux servir, évidemment.

La paire finit par arriver devant les dragonniers fautifs qui regardèrent d’un air mauvais le garde noir. Il y avait deux raisons à cela : d’une part, le protecteur de la reine était systématiquement mal vu car il était toujours (ou presque) avec la reine… Jusque dans sa chambre à coucher, même lors de certains ébats. Monstrueux d’apparence comme il était, les elfes de la pénombre plus beaux le méprisaient car il pouvait profiter en permanence de la beauté de la déesse. La seconde raison, temporaire celle là… C’était qu’Anethra semblait avoir décidé de faire comme si son garde du corps était son amant du moment, se collant donc à lui de façon à provoquer. Vilvan savait une chose par contre, connaissant cette tactique : cela voulait simplement dire qu’elle restait près de ceux qui avaient sa confiance… Un signal clair et net pour ceux s’y connaissant pour dire que la tempête arrivait… Et qu’elle serait particulièrement terrible.
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Ven 12 Mar - 18:31

Anethra encline au pardon? Non... ni dans cette vie ni dans l'autre évidemment. Mais c'était tellement plus amusant de le laisser croire. C'était plus facile de ne pas devoir se préoccuper de ce genre de remontage de bretelles soi-même, et en plus c'était bien plus valorisant pour ses subalternes de croire que les initiatives venaient d'eux. Connaissant le côté impitoyable de Vilvan, il était de plus facile de prévoir qu'il allait vouloir terminer de ses mains ce qu'elle avait débuté. C'était mieux comme ça de toute façon, chacun à sa place, chacun avec un rôle bien précis... Elle le juge et lui le bourreau.
Après tout il fallait bien trouver un moyen de meubler l'éternité qui devenait bien longue lorsque l'on avait deux millénaires. Au début tout était magnifique, on se réjouissait naïvement de faire partie d'une race qui n'était pas destinée à mourir de vieillesse... mais puis les siècles passaient, apportant leur lot d'expérience et d'amertume, cette même amertume qui risquait de les entraîner vers le fond à n'importe quel instant. Mais la Déesse n'était pas n'importe qui, et si l'ennui venait frapper à sa porte, elle s'empressait de le chasser vigoureusement... Peu importe le prix.

Si en apparence elle avait l'air d'une reine futile, attachée uniquement au paraître et au luxe, la vérité était largement plus complexe. Le tout était pour elle de jouer des conclusions hâtives de son entourage, de se complaire dans les faux semblants qui malgré leur ridicule au moins faisaient passer le temps. Puis dans le pire des cas elle pouvait toujours se faire plaisir en éliminant chacune des personnes qui commençait à trop lui pomper son air. C'étaient les facilités de la hiérarchie, des privilèges certains qui avaient tout de même été décrochés à force de temps investi et de beaucoup, beaucoup de travail.
Par ailleurs ravie d'avoir atteint son but en déclenchant le questionnement chez son garde du corps lui décrocha un nouveau sourire. C'était amusant d'avoir vu ce qui ressemblait presque à une expression sur son visage! Bon niveau expressivité ce n'était pas encore ça, mais cela faisait longtemps qu'Anethra avait laissé tomber l'idée de le faire afficher un semblant de sourire.

Mais en attendant il n'était pas interdit de le mettre dans l'embarras, lui comme tous les autres hommes servant sous ses ordres. Provocatrice et sulfureuse comme à son habitude, l'elfe aux cheveux d'argent s'approcha de son fidèle serviteur avant de se tenir tout contre son torse. Étrangement si Vilvan était tout en muscles et en puissance, la reine éternelle elle était tout en courbes et en séduction. Bien peu d'hommes pouvaient résister à ce corps sculptural et savamment entretenu... On disait même que pour garder sa jeunesse et sa beauté elle se baignait dans des reposantes bassines de sang de vierge. Légende ou vérité? Va savoir...
Mais l'heure n'était pas aux suppositions, elle était plutôt aux contrôles d'efficacité, aux comptes rendus qui détermineraient comme à la fin de chaque mission, ce qui avait été bien fait ou non. Aucun doute possible, ses plans d'attaque étaient dignes des plus grands joueurs d'échecs, il n'y avait aucune faille car tout était toujours minutieusement préparé. Par contre en ce qui concernait l'exécution les choses se compliquaient toujours davantage. Il fallait dire qu'Anethra aimait verser dans le culot, dans l'audace, dans le risque. Un brin d'arrogance peut être, mais rien n'était laissé au hasard. Si elle en attendait autant des siens c'était tout simplement parce qu'elle savait que c'était largement à leur portée... Et puis de toute façon on ne visait pas la lune pour se contenter des nuages!


- Bon vous me dites qui a été responsable de tout le boucan que j'ai entendu lors de l'investie de Gladilan, ou je dois tous vous faire exécuter pour délier les langues? Ce serait bien dommage de perdre notre temps de la sorte, vous ne trouvez pas mon cher?

Elle s'adressait clairement au seul garde noir présent, tout en levant les yeux pour compenser leur différence de taille. De fait la Déesse avait beau être grande pour une femme, elle était tout de même très loin d'égaler le colosse... Prenant garde à ne pas se blesser sur les formes piquantes de l'armure, elle passa tout de même une main sur son poitrail. Une idée saugrenue effleurait son esprit, et bien entendu elle n'allait pas attendre ou se faire prier pour la mettre à exécution. Faisant appel à ses pouvoirs elle appela légèrement à elle le sang de Vilvan, pas assez pour lui faire vraiment mal, mais juste assez pour que ce soit susceptible de procurer un petit plaisir vicieux et malsain. C'était ainsi le doux mélange qu'elle adorait maîtriser et mélanger... atteindre le seuil de la douleur pour en pousser le plaisir au paroxysme. Là ce n'était qu'une petite taquinerie si on comparait cela à l'étendue de ses capacités, mais elle brûlait d'envie de voir le résultat sur lui... lui qui était toujours trop sérieux et tiré à quatre épingles. Bien entendu elle gardait toute discrétion puisque son pouvoir était invisible... Les hommes verraient peut être son aura de puissance augmenter quelque peu, mais rien de bien grave, surtout que cela pouvait être associé à la colère qui viendrait probablement suite à leur rapport... Son ton fut glacial et autoritaire, leur rappelant tout de même qu'elle n'aimait pas attendre.

- Bon vous me dites ce qui s'est passé ou je demande un résumé à l'inspection des armées?

Quelle inspection? C'était la plus grande question surtout qu'elle n'en avait jamais parlé. Se pouvait-il qu'elle ait vraiment engagé une surveillance interne ou n'était-ce que du bluff?
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Ven 12 Mar - 23:23

Bien que stoïque, seul un imperceptible soupir fut décelable de la part du garde noir. Les jeux de la déesse le dérangeait parfois mais il n’avait aucun droit de s’y opposer, encore moins de critiquer ouvertement. Il se contenta par conséquent d’endurer, sachant très bien que sous peu il ne serait plus la cible des humeurs de la reine. En fait, ce n’était pas tant qu’il était vraiment ennuyé par le comportement de la souveraine. Il ne comprenait simplement pas pourquoi il devrait avoir un intérêt pour l’amusement à ses yeux. Elle devait savoir mieux que quiconque qu’il était fait pour tuer, pas pour servir de bouffon… Oh bien sûr, si elle lui ordonnait quoi que ce soit, il s’exécuterait. Cependant, il ne voyait pas trop bien en quoi ce genre de comportement serait productif au royaume : dans sa tête à lui… Tout se voyait en termes de rendement et d’efficacité. Comment mieux servir la couronne, comment faire plus de morts chez l’ennemi, remporter plus de batailles, protéger de façon toujours plus efficace la reine…

Il fut tiré de sa seconde de réflexion par un bruit qui lui déplut énormément. Celui d’une arbalète que l’on charge. C’était qu’il avait les oreilles fines le Vilvan… Résultats d’une vie passée à être entraîné, modelé, sculpté voire dressé pour la guerre… Et les réflexes ne tardèrent pas à prendre le dessus. Il n’eut qu’une fraction de seconde pour se saisir d’Anethra par les épaules et de pivoter, de façon à se placer entre elle et le carreau, carreau qui rebondit sans dommage contre son armure. N’ayant pas à portée de main sa fidèle hallebarde, il décida de faire avec les moyen du bord soit ses points. Engageant le combat avec le premier assaillant qu’il désarma sans trop de difficulté, il retourna l’arme de ce dernier contre lui. Désormais armé, il fut plus apte à défendre la déesse contre un nouvel assaillant. Apparemment, ces dragonniers là travaillaient pour la dissidence… Et leur comportement fort peu professionnel n’avait été qu’une diversion pour faire venir la déesse et l’assassiner. Si Vilvan s’en sortait bien, jusqu’à date, c’était parce qu’il était plus doué que ses adversaires. Cependant… Ces derniers ne semblaient pas souffrir de ses coups, ce qui laissait supposer qu’ils avaient sacrifié leur toucher pour une immunité à la douleur donc un combat plus facile en des termes classiques… Mais plus compliqué sur le fait que s’il en blessait un, cela ne réduirait pas son ardeur au combat. Quant aux bêtes… Où étaient-elles?! Où étaient les dragons de ces dragonniers? De cela il n’en avait pas la moindre idée. Ce qu’il savait pour sûr, c’était qu’il avait une mission à accomplir et une déesse à protéger. Son second adversaire avait à peine finit de rendre l’âme que l’arbalétrier quittait son perchoir pour l’affrontement plus directe… Et l’arme enchanté qu’il portait ne semblait rien présager de bon. Plus désagréable encore fut le fait que même si la lame ne pouvait entamer l’armure de Vilvan, l’enchantement de feu, lui, brûlait sa chair comme s’il n’avait rien porté du tout. Vilvan détestait ce genre de tactiques de lâches…. Le monde devint rouge…

Et quand il reprit ses couleurs, il y avait plusieurs cadavres gisant autour de lui. Morts pour la plupart, il y en aurait au mieux un agonisant dans le lot. La déesse était intacte, sans même une goutte de sang ennemi… Il avait bien fait son travail. Lui? Son armure était intacte mais l’arme enchantée avait laissé de vilaines brûlures en divers endroits de son corps. Ou tout du moins, quelque chose qui semblait brûler et qui sans doute nécessiterait un contre enchantement ou un quelque chose du genre pour le stopper. C’était un peu comme un acide rongeant sa chair… Mais en plus désagréable. Rien qui ne le ferait réellement bronché… Mais quand il se tourna vers sa protégée, même s’il ne manifesta aucune émotion, elle pouvait pratiquement ressentir l’atroce douleur que subissait stoïquement son plus dévoué protecteur.


« Je crois que nos ennemis immédiats ne sont pas les airianais, altesse. Ils semblent plus enclin à la négociation. Cela pourrait avoir rapport avec les renégats qui viennent d’attenter à votre vie…

L’impassible Vilvan avait parlé. Quelques phrases qui auraient pu être un long discours. Quelques phrases qui sans le démontrer de façon visible faisait état de son inquiétude pour le bien être de la déesse. Et il y avait… Une trace d’émotion. Là, petite mais bien présente… De la colère. Mais vers qui et pour qui était-elle dirigée?
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Sam 13 Mar - 2:03

Pourquoi Vilvan constituait-il un amusement particulièrement tentant à ses yeux? Voyons n'était-ce pas évident? C'était l'appel de la luxure, l'envie de ridiculiser son protecteur, la nature même de son âme pervertie et malsaine... L'avantage de l'interdit, la tentation de faire jaser. Oh l'aviez vous vraiment cru? Non il ne s'agit de rien de tout cela, loin de là. Mais quel intérêt de connaître les raisons qui poussaient une divinité à agir dans tel ou tel sens? Aucune importance... ce qui comptait c'était d'obéir voilà tout. Puis c'étaient les sensations qui étaient à l'honneur en ce moment, cette sensation agréable de choquer les regards qui se portaient sur elle. C'était amusant de sentir cette fascinante odeur de sang et de mort qui émanait de Vilvan. C'était étrangement enivrant, attirant malgré son physique finalement ingrat. Mais leur proximité n'en fut pas vraiment interrompue par les événements, juste... changée. Dans un mouvement assez brusque elle fut déportée en un demi tour, ce qui lui arracha un haussement de sourcils qui en disait long. Instinctivement elle sut que quelque chose se passait puisque jamais le garde noir n'aurait pris une pareille initiative à moins d'une excellente raison. Il n'était pas du genre à la toucher d'habitude...

En effet rapidement les esprits s'enflammèrent et les corps immobiles quelques secondes auparavant se mirent en mouvement pour mieux s'affronter. Les dragonniers... bonne force de frappe qui d'habitude était investie des missions délicates, mais qui malheureusement n'était pas totalement fiable. Tous ces êtres tous au moins privés d'un sens savaient ce qu'était le sacrifice, mais trop souvent ils voulaient toujours plus d'attention, toujours plus d'honneurs, toujours plus d'or. Des privilèges qui n'avaient pas encore été mérités à ses yeux, et qui ne le seraient certainement pas plus après cet incident. Une razzia allait être menée et les dragonniers connaîtraient une purge sans précédents. Les Tourmenteurs allaient se faire un plaisir de mener l'enquête, et au moins pour eux la Déesse était certaine qu'il n'y aurait pas d'entourloupe. Tout ça pour une raison très simple... leur chef était à ses pieds, sans aucun doute possible.
Pourtant sur le moment son initiative fut aussi brutale que celle de Vilvan, notamment parce que malgré sa protection elle ne tolérait pas que l'on la juge comme quelqu'un de faible. Le sang coulé par ses soins était si nombreux qu'il aurait pu teindre les cascades d'Otian en rouge, et qui plus cette attaque de lâche n'était pas du tout dans le genre des mœurs qu'elle inculquait à son peuple depuis si longtemps. Sur tous les points c'était un affront qu'elle n'admettrait pas, ce qui la poussait à également se charger de plusieurs hommes, dont celui qui avait tiré le premier. Pour le reste elle ne se salirait évidemment pas les mains... mais là il s'agissait de l'honneur, il s'agissait de montrer l'exemple. Grâce à son pouvoir la main qui tenait l'arbalète explosa littéralement, le sang qui y circulait bouillant d'une telle façon que la douleur en devenait inhumaine. Qu'il le sente ou non il ne pourrait jamais plus se battre... car aucune médecine n'était assez puissante pour guérir de telles blessures. Ensuite sa tête prit la même direction que son bras, ce qui ne lui apporta même pas le plaisir habituel. Ces hommes n'étaient pas des leurs... ce n'étaient que des sous-elfes, pire que des bêtes... des choses.


- Même mes esclaves les plus primitifs ont plus d'honneur que vous. Pauvres petites objets inutiles.

En colère elle aussi, Anethra mesurait encore mal l'étendue de ce qui venait de se passer. Ce qui était le plus insultant était qu'on la pense touchable par des stratagèmes d'aussi bas niveau, des attaques aussi fourbes et stupides... Comme si quelques soldats étaient nécessaires pour en venir à bout d'elle... Risible. Pourtant l'idée qu'une fois de plus Vilvan s'était interposé lui paraissait simultanément bonne et mauvaise. Bonne parce que bien sûr il avait mené sa mission à bien une fois de plus, mais mauvaise parce qu'elle en avait assez de devoir sans cesse prendre mille précautions alors qu'elle pourrait très bien les occire un par un à petits feux. De plus l'idée qu'il se soit fait blesser dans l'opération à cause d'une série imprévisible d'événements l'irritait au plus haut point. On ne blessait pas impunément ses serviteurs. Et oui... aussi puissante et redoutable soit la déesse, elle était quelque peu attachée à ses rares proches. Parler d'Amour n'aurait pas vraiment de sens... mais un attachement, une affection particulière oui c'est certain. Mais le plus surprenant était sans doute de se dire qu'en général d'une manière ou d'une autre ces petits jouets le lui rendaient bien.

- Laisse le nettoyage aux servants et les jugements à Kouran. Je suis sûre qu'il sera ravi de faire justice lui même en mon nom. Qui plus est les traques sont la partie qu'il préfère et qu'il exerce avec une notable efficacité. Nous nous allons rentrer dans mes quartiers, je n'ai pas envie de m'exposer plus longtemps à la vue de ses gueux. Leur donner ma vue pour dernière image serait un présent bien trop généreux.

Elle s'était à nouveau approchée de lui, prenant garde de ne pas se tâcher du sang des dragonniers si fraîchement abattus. Ensuite en usant de ses pouvoirs de soeur noire, elle retint le sang de Vilvan afin qu'il n'ait aucune hémorragie. De fait les plaies étaient ouvertes mais aucune goutte rubis ne s'en écoula. Sortant également sa dague de sa ceinture, elle entailla délicatement la peau dans les différentes zones afin de geler les blessures, afin de l'anesthésier. Au moins il pourrait marcher normalement jusqu'à ce qu'il puisse être soigné...
Ils discuteraient de la potentielle origine de cet attentat plus tard, là il y avait plus pressant. Il fallait qu'ils prennent soin de ces blessures avant qu'elles n'empirent, mais la Déesse ne pouvait pas l'annoncer dans ces termes là devant lui. Cela ne faisait pas de mal de préserver sa fierté, surtout qu'il avait une fois de plus vaillamment combattu pour la sauvegarder. Lui prenant donc la main sans trop donner d'explications quant à la raison de son geste, elle l'entraina à nouveau dans les couloirs sans se soucier des regards médusés des gardes la voyant revenir si vite. Ils n'osèrent pourtant piper mot... et lorsque la Déesse donna l'ordre d'aller faire un nettoyage de l'altercation récente, une partie d'entre eux s'organisa et se rendit illico presto sur place. Faisant alors rentrer Vilvan dans ceux qui seraient désormais ses appartements, Anethra ferma la porte et s'assura que personne d'autre que ses esclaves n'était sur place. Indiquant alors une chaise à son garde du corps elle lui intima de s'asseoir et fit mander les médecins royaux. Râlant quelque peu elle s'installa tout près de lui, ignorant le lit à baldaquin largement invitant tout comme les corbeilles de fruits et autres mets légers qui l'attendaient.


- Je ne suis pas la plus douée pour soigner, mais je suis sûre que les soigneurs pourront te guérir en un temps record... Autrement je les épinglerai au mur pour refaire la décoration. Maintenant concernant ce qui s'est passé je ne sais pas,... Les Airianais ne sont pas stupides j'ai eu le temps de le comprendre bien assez vite, et je parierai même que l'autorité est sur le point de se stabiliser. Mais je ne comprends pas le pourquoi de cette attaque... Ce n'est pas la première fois c'est certain mais tout indique qu'ils ne sont pas un groupe isolé. Il y a une tête pensant derrière tout ça, et je me demande bien que cela peut être. D'autre part quelque chose m'intrigue...

Elle le regarda droit dans les yeux, visiblement toujours irritée mais gardant la tête froide. Il lui fallait garder les yeux ouverts pour ne rien rater, et puis exploiter chaque faille et chaque indice laissé par celui qui était responsable de cette tentative d'assassinat. Mais une chose la taraudait personnellement, au delà de ce qui venait de se passer:

- Pourquoi es-tu autant en colère? Tu as pourtant réussi ta mission avec brio et j'en suis satisfaite...
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Sam 13 Mar - 16:51

Le colosse en armure resta silencieux, muet même, ne disant mot. On aurait pu prendre cela pour de la désobéissance… Mais ce n’était pas cela. Peu habitué pour ne pas dire pas habitué à s’exprimer au regard de ses émotions, Vilvan ne savait pas quoi dire. Il savait pourquoi il était furieux, ce qui amenait la chose sur un autre type de considérations que les simples sentiments. Cependant, elle ne le questionnait pas sur les raisons « pratiques » de la chose… Ce qui le faisait hésiter sur la façon à adopter pour répondre. Non, décidément, le balafré n’était pas doué pour la parole… Ce n’était pas pour cela d’ailleurs qu’il servait la déesse. Les secondes s’écoulèrent, devenant minutes, le garde noir ne répondant pas. Toutefois, Anethra pouvait sans mal deviner que son protecteur cherchait à formuler un type de discours qu’il n’avait jusqu’alors jamais tenu. Une première… Qui fut vite gâchée par l’arrivée des médecins royaux. Médecins royaux qui d’ailleurs le remirent immédiatement sur la défensive, ce qui revenait à dire que le mince progrès qu’il venait de faire devrait être reprit dans son ensemble. Dommage… Car pour une fois, Anethra aurait pu entendre l’elfe de la pénombre derrière le garde du corps…

Revenons en donc aux médecins… Qui ne purent même pas s’approcher du garde noir. De un, Vilvan ne se laissait approcher par personne et de deux, de par son conditionnement, passer entre les mains des médecins, c’était presque aussi pire que la mort. C’était un déshonneur et une honte, une souillure à son nom et à son rang. C’était quelque chose que la souveraine des elfes de la pénombre ignorait peut-être ou alors il se pouvait que ce soit encore un test. Peu importait à Vilvan : aucun de ces hommes ne poserait ses mains sur lui. Évidemment, il y eu des mots, des ordres, des injures et des menaces… Mais Vilvan ne broncha pas. La douleur qu’il ressentait était un bien petit prix pour sauvegarder son nom et son honneur. Il préférait encore la souffrance à la honte. Qui plus était, étant de retour dans les quartiers de la reine, où il avait laissé sa fidèle hallebarde, il était armé et prêt à se défendre. Il était hors de question de se laisser toucher par ces elfes retors qui avaient choisis de fuir le combat pour soigner des blessures, de renier l’honneur guerrier pour jouer à ceux qui se donnaient droit de vie et de mort sur leurs patients… Et jamais Vilvan ne deviendrait un patient.

La reine n’eut pas vraiment le choix que de congédier les guérisseurs. À moins d’ordonner à Vilvan de se laisser soigner, elle savait que son protecteur ne se laisserait pas approcher. Anethra Helbaine ne forçant jamais ou pratiquement jamais son plus fidèle serviteur à faire quelque chose contre son gré, c’était donc un choix logique. Les médecins partis, Vilvan s’approcha de la reine… Et pour la première fois en des siècles d’existence, la brute fit montre d’une émotion. D’abord hésitant, il prit délicatement dans ses bras la déesse, dans une douce étreinte qu’elle n’aurait jamais pu supposer du colosse. Une étreinte protectrice et rassurante qui disait plus que tous les mots du monde. Il était furieux parce que ce n’était pas un incident isolé. Il était furieux car son instinct lui disait qu’il y avait un danger trop proche de la reine à son goût. Il était furieux contre lui-même de n’avoir su trouver sans les tourmenteurs la tête dirigeante. Et plus que tout, il était furieux contre lui-même de s’être laissé blesser en combat. D’avoir fait montre de faiblesse (même si ce n’était aucunement le cas) devant la déesse…


« Je suis furieux, déesse, car deux millénaires d’existence n’ont pas été suffisant pour que je sois le parfait bouclier pour vous. Je suis furieux car des nôtres osent s’opposer à vous. Je suis furieux parce que j’ai fais montre de faiblesse. Je suis sorti sans mon arme et j’ai été blessé. Je vous ai imposé un combat que vous n’auriez pas dû avoir à mener. Vous êtes une déesse et moi un simple elfe de la pénombre : à ce juste titre, vous ne devriez pas à avoir à vous salir les mains. »
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mer 17 Mar - 0:43

Vivre au quotidien avec quelqu'un d'aussi imprévisible et capricieux que la Déesse était loin d'être une chose aisée, et mieux que personne son entourage le plus proche le savait. Si dans le domaine de la communication Vilvan laissait à désirer, on pouvait dire qu'en tout cas pour ce qui était de la patience et le respect à son égard, il fallait saluer ses qualités. Comme d'habitude il n'avait pas osé protester à ses différents ordres, et avait fini par se laisser faire... ou presque. Si il avait accepté sans mal de la laisser calmer sa douleur par les biais du bord, il n'avait pas pour autant consenti à laisser les médecins royaux se charger de lui. Peu étonnant, mais il avait fallu qu'elle essaye. Finissant par hausser les épaules, résignée à ce qu'il en fasse à sa guise, Anethra décida de ne pas le forcer à faire quelque chose dont il n'avait pas envie. Honneur qu'elle lui faisait, car d'habitude elle s'encombrait bien peu de savoir quelle était la volonté de ses employés. Mais il n'était pas n'importe quel d'entre eux... Et c'était par de petits gestes comme celui-là qu'elle le lui faisait savoir.

La Reine avait bien conscience que cet être qu'elle voulait découvrir s'était à nouveau terré derrière le masque de l'indifférence, mais le fait est que profiter de ses blessures pour l'amener où elle voulait serait trop facile. De plus ils risquaient d'être interrompus en pleine discussion par les hommes venant voir ce qui était la cause de ce bruit. Autant prendre des précautions en se mettant plus à l'abri et en retentant sa chance. Une fois dans ses appartements auxquels elle n'avait presque pas prêté attention, elle congédia les soigneurs d'un geste rapide de la main, et attendit qu'ils sortent pour fermer la porte derrière eux. Au passage elle remarqua que cette chambre gigantesque était perchée en haut d'une tour qui dominait aisément les hauteurs de la ville. Parfait pour un poste défensif et avec une vue agréable en prime... Cependant tout cela n'était pas sa priorité du moment, surtout lorsqu'elle pouvait enfin endécouvrir un peu plus sur son gardien. Ce n'était pas tous les jours!

Arpentant un peu la pièce pour mieux la découvrir, elle semblait vaguer ça et là comme un bateau à la dérive, mais comme toujours elle donnait la paradoxale impression de toujours savoir ce qu'elle faisait. C'était comme si elle avait le contrôle sur absolument tout ce qui se passait dans sa vie jusqu'au moindre détail... pour peu on aurait presque pu croire que les tentatives d'assassinat étaient elles aussi prévues depuis longtemps afin d'être désarmées. Un mélange de fragilité apparente et de force certaine qui en attirait plus d'un dans sa toile vengeresse. Pourtant si elle marchait de la sorte c'était aussi parce qu'elle ne savait pas trop comment s'y prendre avec ce colosse. La moindre petite erreur rendrait ses efforts inutiles, et c'était bien la dernière chose dont elle avait envie. Progresser de quelques coudées à peine avec lui était très laborieux.
Finissant donc par s'arrêter au milieu de la pièce pour lui faire face elle examinait des yeux le résultat de ses « premiers soins » sur les plaies lorsque le regard du garde noir la fit s'arrêter. C'était comme si il se posait des questions sur ce qu'il pouvait faire et ne pas faire... Quand soudain l'étreinte la prit par surprise. N'ébauchant aucune résistance malgré l'étonnement sincère face à ce qui se passait, la Belle avait la taille d'une petite poupée dans les bras du guerrier. Son corps frêle était chaud et parfumé, loin de la barbarie militaire des soldats. C'était une sorcière et la Mère des sœurs noires, mais après tout elle demeurait aussi une dirigeante... Posant une main amicale sur son épaule tout en lui rendant sobrement son étreinte, Anethra sourit légèrement et lui répondit en le regardant de ses yeux ayant tourné à un rouge ardent:


- Ne le sois pas. Deux millénaires c'est encore peu par rapport à l'éternité qui nous attend et tu as encore tout le temps de me montrer, de te montrer que tu es bien le bouclier auquel tu aspires. Tu es le meilleur pour me servir, le seul de confiance, le seul qui comprenne vraiment l'importance de ma cause. Tous les autres ne sont que des clowns ne méritant pas un seul de mes regards condescendants, et je ne veux que toi à la place qui est tienne. Ma satisfaction de ton travail ne te suffit-elle pas?
Concernant ce combat... je n'ai rien comme tu peux le voir, et en plus je suis toujours aussi propre. Par ailleurs il faut que tu fasses quelque chose pour tes blessures. Les soins que j'ai utilisé éviteront la détérioration de leur état, mais ils ne seront pas assez efficaces pour t'aider réellement.


C'était non pas une manière de lui rappeler qu'il s'était fait toucher, mais simplement une manière de le rassurer en lui parlant d'un domaine qu'il maîtrisait parfaitement. Elle n'était pas sans savoir que Vilvan était malgré tout quelqu'un de méthodique et appliqué quand il s'agissait de prendre soin de lui même et de cet organisme qui était selon lui un outil, une extension de ce qu'il pouvait faire pour sauvegarder sa protégée. Se reculant alors un instant pour le contempler dans les yeux, la Déesse fit quelques pas vers son lit et se dépouilla de son poitrail de mythril qu'elle posa dans un coin. Désormais dans une tenue légère et opalescente qui laissait deviner ses formes sans les montrer, elle s'assit finalement sur son lit ou déjà deux de ses plus beaux esclaves s'approchaient. Une très belle femme à la peau hâlée, aux cheveux de jais et à la démarche de sirène, et d'un autre côté un jeune homme typé oriental, qui était une belle acquisition datant d'il y a quelques semaines. Deux des éphémères jouets qui lui passaient entre les mains et dont l'existence était sans cesse suspendue à un fil, encore plus que n'importe laquelle de ses propriétés. Cependant ces deux là étaient aussi parmi les plus fidèles, deux des proies qui lui tournaient sans cesse autour en quête d'attention. Au fond les retrouver c'était un peu comme retrouver son chat ou son chien... Même si le genre de compagnie et de services rendus était bien différent.
Caressant une mèche ébène de sa jolie servante, Anethra dit assez distraitement vers le garde du corps:


- Dis moi... Pourquoi occupes tu cette place? Qu'est ce qui te plait le plus dans ce que tu fais? Aurais-tu des désirs particuliers, des objectifs personnels en dehors évidemment de ton dévouement envers moi?
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mer 17 Mar - 1:40

Bien qu’il ne le manifesta en rien, Vilvan appréciait énormément les bons commentaires de la déesse. Cependant… Comment le lui dire sans l’offenser que la seule personne autoriser à le soigner serait la déesse seule, que lui laissait la nature et le temps faire leur œuvre pour guérir maux et blessures? C’était un pari dangereux que de se donner des soins minimaux et de ne pas s’en préoccuper davantage (Vilvan, après avoir manqué de perdre un œil lorsqu’il avait reçu la balafre qui lui barrait le visage, avait quand même continué à servir avec pour seuls soins ou traitement un bandage lui couvrant une partie de la tête mais laissant un espace pour l’œil, bandage qui s’était vite retrouvé imbibé de sang…) mais il fonctionnait ainsi… Et il fonctionnerait toujours ainsi. Prendre le temps de se soigner était contre productif : il fallait faire le nécessaire pour tenir debout et c’était tout. Pas de repos, pas de convalescence… Un bandage rapide et c’était bien tout. On disait que celui qui donne la mort flirtait avec cette dernière… Car sous l’armure, c’était un corps couvert de blessures et de cicatrices que l’on trouvait et n’importe quel expert médical se demanderait ce qui tenait l’elfe de la pénombre en un morceau… Alors qu’il devrait au mieux être agonisant et au pire mort… Une énigme, ce Vilvan : on disait que sa loyauté seule et son désir de servir la déesse le maintenaient en vie plus que la nourriture, la boisson, l’air ou même le sommeil…

Ceci dit, tel était le sujet d’un autre récit car dans l’instant, il y avait plus pressant que de parler du colosse en armure : la reine avait parlé et elle l’avait interrogé. Encore une fois, le garde noir resta longuement silencieux avant de répondre en une phrase. Une seule phrase qui répondait à la fois à toute la question dans toutes ses sous interrogations… Tout en ne répondant pas de façon personnelle.


« Nindol zhah ussta elamshin. Tel est mon destin, déesse. »

Cela n’avait l’air de rien mais cette phrase seule c’était un pan entier de la vie de Vilvan qui venait de se dévoiler à Anethra. Pourquoi occupait-il cette place? Car tel était son destin, tout tracé avant même sa conception, avant même sa venue au monde, comme lui-même destinait son éventuelle descendance à servir la déesse avec la même dévotion. Qu’est-ce qui lui plaisait dans ce qu’il faisait, dans son travail? Tout, car c’était son métier, ce qu’il faisait depuis sa plus tendre enfance. Rien, car on l’avait conditionné à faire ce travail et à aimer faire ce dernier. Il n’y avait ni choix ni opinion dans la chose. S’il avait des désirs particuliers? Des objectifs personnels en dehors de son dévouement envers la déesse? Oui, avoir une descendance qui servirait la déesse à son tour. Non car avoir des enfants, pour un Ertis, cela ne servait qu’à poursuivre la tradition. C’était un devoir, non un désir ou une option. Anehtra en avait apprit plus en quelques secondes et en une phrase sur son garde du corps qu’en deux millénaires! Malheureusement…

Le constat n’était pas très réjouissant. Si elle avait encore des doutes, la chose n’était plus possible. Ce n’était pas un elfe de la pénombre qui la servait. C’était un chien de garde que l’on avait dressé. C’était un bouclier et une épée que l’on avait forgé pour la protéger. C’était un pion à déplacer sur un échiquier, une marionnette à faire danser et un objet animé, comme un esclave mais en mieux encore… Oui, Vilvan était loyauté, fidélité et dévotion. Mais uniquement de par sa formation, son entrainement, son conditionnement, son dressage. Mais… Était-il vraiment une cause perdu? Une sorte de pantin, une enveloppe vide? Peut-être pas. Cette étreinte qu’il lui avait donnée… Le simple pantin, lui, ne l’aurait pas fait. Se pourrait-il que Vilvan puisse être plus qu’un objet animé, si tel était le bon plaisir de la déesse? Se pourrait-il qu’il soit « récupérable »? Anethra pourrait-elle en faire plus qu’un garde du corps sans âme? Son champion, peut-être?
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Jeu 18 Mar - 1:45

On pourrait croire que les compliments qu'elle lui faisaient étaient encore une démarche manipulatrice visant à lui remonter le moral et l'encourager afin qu'il persévère, mais en fait ce n'était pas aussi simpliste. Bien sûr qu'en partie c'était son but, mais d'un autre côté elle pensait bien chacun des mots prononcés. Elle n'avait pas grand chose à gagner à lui faire croire ce qui n'était pas de toute façon. Et puis bien que Vilvan soit du genre bourru et téméraire, il n'en était pas stupide pour autant. Le sous estimer serait une erreur... et d'une certaine façon la déesse l'appréciait suffisamment pour ne pas en arriver là.
Elle le laissa réfléchir à sa guise tandis que ses deux esclaves s'empressaient autour d'elle, se concurrençant presque pour savoir lequel pourrait se tenir le plus près, lequel aurait son attention et ses caresses. Ils étaient ouvertement en compétition l'un avec l'autre, et c'était exactement pour cela qu'elle s'amusait à les faire se confronter sans cesse. Peut être qu'un jour l'un d'eux perdrait la tête et tuerait l'autre... et ce jour là malgré la perte d'un de ses biens, elle aurait réussi un autre pari: celui de les convertir à la mentalité des elfes de la pénombre. Machiavélique et terriblement subtile à la fois, comme l'entièreté de son comportement aux multiples mystères.

La demoiselle drapée de soieries frottait son visage contre sa cuisse comme un chaton avare d'amour tandis que le jeune homme lui se pressait déjà dans son dos pour masser ses épaules délicates avec des huiles parfumées. Ils étaient jeunes et esthétiquement parfaits, comme des boutons de rose fraîchement éclos qui risquaient de connaître la déchéance à tout instant. Mais justement, c'était à ce moment de maturité, lors de ce paroxysme précédant le déclin qu'ils étaient le plus beaux... Caressant de ses doigts le visage de Mina, elle écouta l'explication de son garde du corps, se rendant compte que ce n'en était pas vraiment une. Aucun étonnement là encore, mais un peu de déception procurée par la curiosité non assouvie. Sa remarque voulait tout dire et rien dire à la fois, tout cela étant bien caractéristique de « The Vilvan ». Réfléchissant à ce qu'elle pourrait lui dire afin de lui expliquer sa façon de penser sans pour autant bousculer sans remède ses convictions, la déesse pesait prudemment ses mots. L'opération était délicate...


- Bien sûr, je n'ignore pas que ton existence elle même n'était qu'un prélude, une préparation à ce qui devait être mon essor, celui là même qui n'est encore qu'à ses débuts. Je n'ignore évidemment pas que tu avais, as et auras un rôle et une présence nécessaires à mes yeux. Justement, je pense qu'ils devraient être plus prépondérants à l'avenir. Qu'en dis-tu? Serais-tu heureux d'être investi de nouvelles tâches, Vilvan?

Son prénom était prononcé de manière chantante, avec un accent et un ton qui ne pouvait être que sien. Qui pourrait jouer de la sorte avec une voix rauque se faisant si invitante et séductrice de manière naturelle? Le faire parler n'était pas tâche aisée, mais c'était aussi la seule manière de comprendre ce qui allait dans sa tête. Enfin étrangement c'était pas si dur de comprendre exactement, mais trouver un moyen de lui inculquer une vraie autonomie était bien plus compliqué. À vrai dire pour l'instant c'était encore un casse tête. Toutefois rien n'était impossible pour la Déesse et l'énigme Ertis ne serait pas une exception. Souriant légèrement tandis que ses prunelles améthyste couvaient ses deux jouets du moment, la reine profitait de ce massage aux senteurs paradisiaques.

- Pourquoi refuses-tu de te consacrer à toi de temps en temps? Il y a bien des choses à faire en plus d'astiquer ta lame et d'entretenir ton corps non? Je vais poser la question autrement. Jusqu'à quel point essayes-tu de me protéger, jusqu'où irais tu pour me faire plaisir?

Bougeant à peine aux divers baisers passionnés et légèrement hésitants que déposait Kilik sur sa nuque, Anethra réfléchissait toujours à cette conversation. D'un autre côté autant et si ce n'est plus que jamais Vilvan l'intéressait. Probablement parce qu'elle n'avait jamais vraiment eu le temps ou l'occasion de se pencher plus précisément sur son cas. Il fallait dire après tout que la gloire qu'elle avait conquise ne s'était pas faite en un jour... et réussir à réunifier son peuple sous une même bannière malgré les forces dispersées des différents seigneurs uniquement préoccupés par leurs patrimoines et leurs richesses ce n'était pas un but qui laisse beaucoup de temps pour les « relations humaines »... ou du moins quelque chose qui y ressemblait.
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Jeu 18 Mar - 2:51

« Ce qui vous rend heureuse, déesse, me rend heureux. Si me confier de nouvelles tâches vous plaît, cela me plaira également. Si cela vous enchante, cela m’enchanteras également. Nul n’est en droit de désapprouver votre divine volonté. Moi le premier, je me ferai un devoir d’éliminer toute personne osant s’opposer à vous. Je ne compte donc pas aller à contre courant. »

Clair, net précis et typiquement Vilvan Ertis. Totalement dénué de personnalité mais teinté d’un désir aveugle d’obéir, de servir. Il était ce pourquoi on l’avait entrainé et sortir du moule, ne serait-ce que quelques instants, était plus difficile encore pour lui que n’importe quelle tâche que l’on pourrait lui confier. Nul besoin d’être un fin psychologue pour s’en rendre compte… Il suffisait de savoir ouvrir les yeux et de regarder les bonnes choses… Le simple fait de regarder Anethra dans les yeux… Il lui fallait faire des efforts incroyables, titanesques, simplement pour faire un geste pourtant simple… Les désirs de la reine et ce que sa formation lui avait inculqué entraient parfois en conflit… Et alors dans la tête de l’elfe noir, c’était comme tenter de rester accroché fermement à un débris en pleine tempête…

Il était intéressant de noter à quel point, mentalement, Vilvan était fragile : un corps pratiquement indestructible, une force défiant l’imaginable, une habilité et une affinité avec les armes rivalisant avec les meilleurs et pourtant… Il était dénué de toute volonté propre, d’esprit d’initiative… Une machine à tuer qui ne savait pas faire grand-chose en dehors de son travail… Et c’était dit presque sans exagération. De fait, il ne comprit pas trop bien le questionnement de la reine : il irait jusqu’où la déesse voudrait qu’il aille pour lui faire plaisir, pour la protéger… Rien de moins…


« Je ne comprends pas la question… Je suis prêt à faire, dire et agir de la façon qu’il faudra, sans limites ni hésitations pour vous faire plaisir. Si ma mort pouvait vous servir, je sacrifierais ma vie sans hésiter. Si pour vous sauvegarder je devais perdre un membre ou même mes facultés, ce serait un sacrifice insignifiant pour votre gloire. Pour vous, ô déesse, je suis prêt à tout, même à faire ce… Genre de choses. »

Pointant du doigt les deux serviteurs qui y allaient de caresses et de baisers, il était clair que Vilvan faisait référence aux relations sexuelles. Lui-même puceau, il avait tout sacrifié pour servir la déesse et d’ailleurs, les nobles prenaient un malin plaisir à se moquer de lui : un puceau de 2,5 millénaires, cela ne courrait pas les rues… Que Vilvan dise une telle chose pouvait paraître anodin… Mais il n’en était rien, loin de là même. Jamais Vilvan n’avait évoqué, jusqu’à date, la possibilité de faire autre chose que de servir la déesse. Cela pouvait vouloir dire deux choses : la première, un semblant de personnalité se formait chez le garde noir, une idée intéressante bien qu’erronée… Ou alors, dans son fanatisme, Vilvan en était venu à penser que s’il pouvait minimiser les gens s’approchant de sa protégée, il éviterait ainsi des tentatives d’assassinat… C’était une manière de dire qu’il était prêt à être protecteur, servant, esclave, amant, bref, tout ce dont la reine aurait besoin pour être satisfaite. En retirerait-il un plaisir personnelle, une satisfaction quelconque? Il était fort probable que la réponse soit négative : après tout, il était un inférieur, il n’était ni égal ni supérieur à la déesse. De quel droit pourrait-il se sentir enorgueillit par ce qu’il faisait ou accomplissait pour la déesse? Chose certaine, si Anethra avait ne serait qu’une parcelle de fibre sensible, elle ne pourrait qu’être émue par cet elfe de la pénombre qui avait plus de dévotion dans son petit doigt que tous les nobles de la cour de la déesse…


Dernière édition par Vilvan Ertis le Lun 22 Mar - 21:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Lun 22 Mar - 17:45

Les réponses de Vilvan n'avaient vraiment rien de surprenant malgré leur dévouée conviction. Quelque part ce n'était pas étonnant et c'était même un bon signe de voir que certains de ses protecteurs pensaient de manière aussi basique... mais chez lui cela était assez perturbant, assez frustrant. Si tout cela n'était qu'un caprice de plus elle n'aurait su le dire, mais le fait est qu'elle avait un peu envie qu'il réfléchisse par lui même et pour lui même, sans évidemment pour autant négliger son devoir ou questionner son autorité. Après tout il était l'un des seuls qui n'avait pas non plus de raisons de contester ses ordres, car il n'avait pas de raison d'avoir de rancune particulière. Depuis le départ elle n'avait pas eu de raisons de l'humilier ou de le rappeler à l'ordre, il avait toujours été incroyablement efficace, finissant par monter les échelons au fur et à mesure des siècles et des massacres. Que demander de plus? Un peu d'autonomie serait la bienvenue.

- Je sais pertinemment que tu ne comptes pas tout d'un coup changer radicalement d'attitude et je ne désire pas que cela arrive dans l'absolu. Cependant tu sais combien ma quête de perfection est intense, et je tente donc de bien m'entourer de façon à sublimer encore davantage ma propre valeur.

Prétentieuse? Non, juste réaliste. Il fallait que ceux qui l'entouraient soient à la hauteur de sa grandeur, autrement ils pourraient ruiner les efforts d'un siècle avec une simple broutille. Construire une renommée ce n'était pas quelque chose accessible à tout le monde... et personne ne pourrait apprendre à cette reine du peuple les ficelles du métier. Oui c'était un fait qu'elle ne faisait pas encore l'unanimité parmi les siens, mais elle faisait déjà une large majorité qui ne cessait de s'étendre. Même si la fierté elfe de la pénombre voilait les mots, tous savaient qu'ils attendaient un vrai dirigeant de sa trempe depuis trop longtemps maintenant. Tout le monde n'avait pas son sens de la stratégie et son intelligence visionnaire... cette même qualité qui lui avait permis d'aisément perturber Vilvan avec quelques mots seulement.

- Tu sais bien que ta mort serait loin de me ravir, peu importent les circonstances. Te sauvegarder est ta seconde priorité après ma sécurité...

Mais la fin de la tirade du garde noir l'amusa énormément malgré tout, peut être parce qu'elle ne s'attendait pas à ce qu'il aborde ce thème avec tant de... quel pourrait être le mot? Pragmatisme, sûrement. Les apparences étaient trompeuses car malgré ce que l'on pourrait en penser, la Déesse n'avait pas en ligne de mire d'attaquer ce sujet là. Pas avec lui pour des raisons simples... elle n'avait jamais voulu se risquer à le faire perdre des facultés guerrières du colosse au profit de son amusement personnel. Toutefois l'amour du risque était l'un de ses talons d'Achille et elle le reconnaissait bien volontiers. Pour rester cloîtrée dans des bâtisses protégées, surveillées et guettées à toute heure du jour ou de la nuit il lui fallait trouver un moyen de s'évader autrement, de chasser l'oisiveté, de combler l'ennui. Alors les esclaves étaient souvent choisis pour porte de sortie, le temps de trouver quelque chose de plus original.
Ces derniers le lui rendaient bien de toute façon et pour la plupart elle n'aurait jamais entendu une seule plainte sortir d'entre leurs lèvres, non par frayeur mais bien par idolâtrie... Ce qui rendait la remarque de son protecteur d'autant plus comique. Pourtant elle demeura relativement sérieuse pour ne pas le vexer en lui portant à croire à tort qu'elle se moquait de lui. Non ce n'était pas ça du tout en définitive...


- Mais non voyons... je n'aurais jamais osé t'infliger pareil supplice mon pauvre...

Un peu d'ironie certes, mais seulement à moitié. Anethra savait bien qu'il ne se préoccupait pas de connaître une myriade de femmes, et d'un certain côté ce n'était pas plus mal. La lubricité des elfes n'était plus à prouver, et leur intérêt très prononcé pour les plaisirs de la chair était quelques fois pour le moins blasant. Avec cet homme c'était différent, et elle savait que si il faisait une pareille supposition ce n'était en aucun cas pour essayer vraiment de l'attirer dans sa couche. Pour lui on pourrait presque croire qu'il s'agissait de plus grand sacrifice potentiel, juste après sa vie... Alors pour scruter sa réaction avec une plus grande exactitude et une plus grande fidélité, la demoiselle compléta sa phrase pour lui poser encore une question visant à le faire parler:

- Je suis cruelle, personne entre ses murs ou sur ce continent entier ne pourrait le nier en ayant toujours toute sa tête... Mais me juges tu aussi sans pitié pour te demander une pareille immensité? Penses-tu que je pourrais être aussi dure avec toi tout en ignorant les services que tu rends?

Les effluves parfumées s'échappaient de sa peau massée, semblant s'étendre dans toute la pièce pour mieux chatouiller les narines les plus sensibles. Ce n'était pas une senteur agressive mais plutôt une sensation enveloppante de pénétrer dans un autre univers, bercé de féérie ou de contes des mille et une nuits... Mina s'impatientait à ses côtés, semblant demander de l'attention de ses yeux suppliants. Elle avait même été jusqu'à attirer doucement la main de la déesse sur sa nuque et ses cheveux pour quérir en silence des gestes d'affection... Tel était le désespoir de la courtisane qui pourrait être tuée sur le champ pour l'impudence de son initiative dans le cas ou la reine était de mauvaise humeur. Peut être qu'elle avait développé une sorte de sixième sens pour ressentir le danger à l'avance qui sait, mais le fait est qu'en ce moment Anethra était distraite avec une toute autre chose, ce qui la rendait plutôt facile à vivre... du moins le temps que ça durerait.
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mar 23 Mar - 22:28

« Vous le pourriez sans mal, votre majesté. Et vous vous devriez de le faire. Une souveraine de votre importance ne peut se laisser aveugler par ce qui a été fait dans un passé derrière soi donc révolu. Le danger est devant, il vient du futur. Il peut surgir du passé, certes, mais au final, il ne viendra à vous que dans le présent. Si vous regardez derrière, vous vous baserez sur des inexactitudes qui ne sont plus. Oui, je vous ai rendu bien des services… Mais si je venais à devenir un traitre, pourquoi m’épargneriez-vous si j’attentais à votre vie? Si je venais à fauter, comment pourrais-je avoir l’arrogance d’espérer votre pardon? Vous êtes notre déesse : c’est à nous, vos sujets, de tenter d’être parfaits et non pas à vous d’exiger moins de nous.

Je ne suis que votre garde du corps, majesté. Je ne suis ni philosophe ni savant et ma logique s’arrête aux arts du combat. Vous devez survivre, quels que soit les sacrifices. Tôt ou tard, je deviendrai un obstacle à votre grandeur. À ce moment là, quoi que j’ai pu faire pour vous, ce sera à vous de vous débarrasser de moi pour assurer votre hégémonie. J’ai l’outrecuidance de vous demander une unique chose par contre : accordez moi une mort digne, par la armes. Points de magie ou de coups en traitres : une mort de guerrier, rien de plus, rien de moins. Je ne pourrais demander meilleure mort. »


Le garde noir avait répondu sans une seconde d’hésitation cette fois, avec une véhémence que la déesse lui suspectait peut-être mais n’avait sans doute jamais vraiment vu. Il était clair que pion ou non, conditionnement ou pas, Vilvan pensait ce qu’il disait : il était loin d’être aussi stupide qu’on le disait et s’il avait un but plus grand encore que de simplement servir et protéger, c’était de rendre Anethra plus forte encore. La protéger ne faisait que retarder l’inévitable soit le moment où Vilvan deviendrait obstacle et que la reine devrait faire le nécessaire et l’écarter définitivement du chemin.. Les paroles du garde noir semblèrent avoir déstabilisé la déesse et quand les serviteurs cherchèrent à avoir son attention, Vilvan leur lança un regard si meurtrier qu’ils allèrent se réfugier, littéralement, dans un coin de la pièce en tremblant. Quand le garde noir reprit la parole, il y avait plus de douleur dans son temps qu’Anethra l’avait pu voir manifester en plusieurs siècles d’existence… Et elle seule savait ô combien Vilvan avait enduré pour elle, pour la préserver! Son corps en portait d’ailleurs les traces…

« Vous atteindrez le sommet de votre gloire en marchand sur mon cadavre, votre grâce. Il n’y a de place que pour une seule et unique personne tout là haut… Et se tenir dans l’ombre serait quand même occuper la même place que vous sur le podium. À ce moment là, il n’en tiendra qu’à vous de décider de vous rappeler de moi en bien ou en mal… Bien que vous soyez au dessus de ces notions sommes toute arbitraires. Le mot de la fin, altesse? Acceptez ce présent : quand le moment sera venu de frapper, je préfèrerais que ce soit avec ceci. Cette lame m’a été plus que fidèle… »

Vilvan ayant l’habitude de « camper » devant la porte de la déesse quand elle ne le voulait pas directement dans ses quartiers, il trainait donc ses maigres possessions partout où il allait. Fouillant dans ses affaires, il ramena sa « dague », dague pour le colosse sans doute mais qui était plus du genre glaive ou autre arme à une main de « petite taille »… Une arme fidèle qui lui avait servit depuis ses tous débuts… C’était comme… Offrir une partie de son être à la déesse. Il eut été difficile à Vilvan de lui offrir un présent ayant une valeur plus grande encore à ses yeux… Exception faite peut-être de sa fidèle armure ou de sa hallebarde…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Sam 27 Mar - 15:15

- Bien sûr que je pourrais, peut être même le devrais-je, mais je n'en ai pas envie ni besoin pour l'instant et cette raison est amplement suffisante. Pour ce qui est de ta requête ne t'inquiète pas je saurai m'en rappeler.

Son argumentaire était bref et concis c'est un fait, mais en même temps elle n'avait pas besoin de se justifier auprès de qui que ce soit... c'était l'avantage d'être reine. Pas besoin de donner d'explications dans ce régime totalitaire qui était le sien, pas besoin de chercher d'excuses ou de détours. Il suffisait de donner un ordre ferme et attendre que les choses se fassent immédiatement selon ses désirs... sans oublier d'appliquer toutes les sanctions nécessaires à ceux qui s'aventuraient à sortir des sentiers battus.
Sanctions qu'Anethra n'avait jamais du appliquer à Vilvan, qui jusqu'au jour d'aujourd'hui s'en était toujours tiré avec tout au plus un remontage de bretelles en bonne et due forme. Il fallait dire qu'outre quelques petits détails parfois répréhensibles dans ses méthodes très expéditives, il n'y avait pas grand chose à déplorer dans tout son travail... Pour le reste on ne pouvait pas vraiment dire que la déesse soit d'une grande mansuétude envers qui que ce soit, alors si exploit il y avait, il ne le devait qu'à lui même.

Cependant lorsqu'une expression plus meurtrière du garde noir effraya ses petits jouets comme si ils avaient croisé la faucheuse elle même, la main délicate d'Anethra resta suspendue en l'air tandis qu'elle allait caresser le visage de Mina. Son faciès ne trahit pourtant aucune émotion, et si on tentait de deviner ce qui se passait dans sa tête, peut être pourrait on imaginer un peu de contrariété d'être interrompue dans une de ses activités récurrentes. C'est vrai qu'étrangement si la dernière des Helbaine cherchait souvent de nouveaux loisirs, elle n'aimait pas particulièrement que l'on la détourne de ses quelques habitudes. Décidant tout de même de jouer d'un peu d'ironie dans un but toujours ouvertement provocateur, elle murmura vers son protecteur:


- C'est pour mieux profiter de ma divine présence que tu les a fait fuir de la sorte, mon cher?

Demeurant assise tout en croisant ses longues jambes d'un air séducteur, l'Éternelle souriait légèrement tout en balançant nonchalamment ses pieds. Un brin d'indolence qui semblait montrer une femme dénuée de toute inquiétude concernant la menace pesant sur son existence... ce qui n'était pas si loin de la vérité. En fait sans pour autant sous estimer le danger, Anethra n'oubliait pas les prédictions dérivant de longues analyses. Ceci dit la part des choses était faite et tout ce danger aussi éminent soit-il ne serait jamais suffisant pour la faire arrêter ses projets ou la faire abdiquer de faire ce dont elle avait envie. C'était le travail de ses gardes de la protéger malgré les circonstances pas toujours favorables, voilà tout! Une mentalité qui devait certainement donner pas mal de migraines à ces derniers, Vilvan en tête de liste...

- Marcher sur ton cadavre? Probable, mais pas tout de suite. Je n'ai personne pour exercer aussi bien que tu le fais, et de plus si jamais je te frôle de mes semelles à l'heure actuelle, ce sera pour de toutes autres raisons...

Son ton était pour le moins ambigu et bien entendu tout cela était calculé. Elle aimait énormément jouer avec les nerfs comme la réflexion de ses pairs, que se soit offensif ou juste par amusement. Et dans ce cas précis, elle avait envie de jouir de la petite brèche laissée par le colosse. Qui savait ou tout cela les mènerait? Sans doute personne, mais il fallait bien qu'elle puisse assouvir sa curiosité dévorante. Se levant finalement pour faire quelques pas, la déesse effleura les tapisseries magnifiques suspendues aux murs, puis observa paresseusement quelques œuvres d'art décorant cette magnifique chambre. Si le palais n'était pas assez grand pour abriter toute sa cour, au moins ces appartements étaient assez grands et luxueux pour l'accueillir, ce n'était pas si mal. Soupirant alors lorsqu'elle entendit Vilvan reprendre une réplique étonnamment longue, elle lui fit face tout en posant ses prunelles rougissantes sur son visage. Recevant donc son présent avec un sérieux frisant avec la solennité, Anethra prit la « dague » dans ses mains et la regarda avec respect. Elle n'était pas sans savoir l'importance de ce geste, surtout que ce n'était d'ordinaire pas le genre du guerrier. Jolie manufacture, esthétiquement remarquable et surtout symboliquement forte. Touchant donc les mains de son serviteur de manière faussement involontaire, elle prolongea le contact assez de temps pour tenter de le laisser pensif. Ensuite seulement elle recueillit l'arme qu'elle ne déposa nulle part pour l'instant. Elle n'était pas trop lourde, et étant donnée sa taille elle ferait sûrement une bonne épée courte. Ce serait une belle relique à rajouter à sa déjà grande liste... mais qui sait, peut être qu'elle trouverait sa place parmi son armement régulier?

- C'est... magnifique. Je suis ravie de ton présent et j'en prendrai soin sois en sûr. Mais dis moi, raconte moi son histoire, dis moi si tu lui as donné un nom. Après tout une arme c'est un peu comme un compagnon... J'ai besoin de faire sa connaissance en bonne et due forme. Merci mon Vilvan.

C'était une démarche qui visait à le faire parler, mais pas seulement. Son intérêt pour tout cela était bien sincère, car autrement elle ne se forcerait jamais à être assaillie d'informations inutiles. D'un autre côté il n'était pas interdit de vouloir faire deux pierres d'un coup... et puis après tout rien n'était interdit pour une Divinité. Amusée par la tournure des choses et surtout avide d'une autre occupation que celle d'attendre que ses esclaves daignent reprendre un peu de courage ou obéissent à son rappel, Anethra s'approcha lentement de Vilvan et se mettant sur la pointe des pieds, déposa un tendre baiser sur sa joue. Les yeux rieurs elle avait un côté enfantin, un air de sale gosse qui vient encore de faire un sale tour... Mais son corps lui n'avait rien de comparable à celui d'un bambin, que du contraire. Mais le garde noir s'en rendrait-il compte, ou pourrait-il l'ignorer?
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Dim 28 Mar - 15:23

Vilvan Ertis, un monument à lui seul de dévotion. Il était si dévoué, si loyal et si zélé que ce qui faisait des mâles une proie idéale pour le sexe féminin semblait avoir complètement disparu de sa personne. N’importe quel autre elfe de la pénombre aurait finit par craquer et l’instinct reproducteur aurait fini par prendre le dessus… Mais Anethra Helbaine aurait pu être complètement nue et s’asseoir sur les genoux du colosse qu’il serait resté de marbre. On est professionnel ou on ne l’est pas… Et la déesse seule savait à quel point son garde du corps pouvait manquer… D’humanisme? Non, la chose était normale, Vilvan n’étant pas humain mais elfe. Quel serait alors l’équivalent ou un concept suffisamment proche? Il manquait de vie, en un sens. Sourire, rire, prendre du bon temps, avoir des loisirs… C’était des choses que le garde noir ne se permettait pas et la reine des elfes de la pénombre pouvait pratiquement dire avec exactitude où se trouvait à chaque seconde de chaque jour son fidèle garde du corps… Il n’y avait aucun moyen de lui faire exprimer une émotion autre que celles qui étaient plus noires et attendues d’une personne dans son genre : colère, haine, froideur, mépris, désir de vengeance… Jamais rien de bon ou de chaud, plus proche de la vie que de la mort. Il y avait eu en de rares occasions de la tiédeur, quelque chose prouvant à Anethra qu’il y avait quelque chose derrière l’armure… Mais ne disait-on pas qu’il y avait exception à toutes les règles? Vilvan, aussi surprenant que cela puisse paraître, n’y faisait pas exception. Pour la première fois en plus de deux millénaires, Anethra allait voir un fragment de ce que Vilvan aurait pu être s’il n’avait pas été conditionné pour servir de pantin, de marionnette et d’instrument à la gloire de la déesse…

Amenant la reine s’asseoir sur le lit, il prit place à ses côtés, posant l’arme sur les genoux de sa maitresse et se lançant dans un récit aux propensions épiques. Comme toutes les armes, celle que Vilvan offrait à Anethra avait la sienne et si l’arme n’avait rien d’épique ou de légendaire, si elle n’était pas l’héritage d’un lointain ancêtre dans la lignée des Ertis… Si elle n’était que l’arme d’un simple garde du corps… Cela ne voulait pas dire que son histoire ne pouvait être grandiose. Elle avait commencé des années auparavant comme simple insigne de la famille Ertis, un porte bonheur que possédait Vilvan depuis son ton premier jour en ce monde (une grande stèle avec les armoiries de la famille, une sorte de garantie d’appartenance à cette puissante famille) avant de devenir au fil des ans le bouclier d’entraînement du guerrier puis quand il fut devenu trop petit, fut forgé dans la forge qui avait vu naitre toutes les armes de la lignée, de la légendaire hallebarde de Ranvor Ertis ou du bouclier de Neladren Ertis qui était une arme en soit, sans oublier le pectoral de Aunafae Ertis, une des rares elfes de la pénombre a avoir servit dans la garde noire, une guerrière si redoutable qu’on disait qu’elle hantait encore l’endroit où elle avait mené son dernier combat avec la garde placée sous son commandement…

Cette lame avait ensuite suivit Vilvan dans tous ses combats, de son affrontement titanesque contre le vétéran malarian à la campagne de Kona où à lui seul Vilvan avait tenu un pont jusqu’à l’arrivé des renforts, bataille où la garde noir s’en était sortit avec plus de projectile et de métal dans le corps que de chair, selon la rumeur, sans oublier la campagne de Kandai où Vilvan avait chargé seul dans un repaire d’elfes de la pénombre renégats qui aviaent préféré faire exploser l’endroit et où l’on avait vu ressortir le dit garde noir de sous les décombres, là où tous ou presque l’avaient cru mort… Cette arme était légendaire pour Vilvan, du fait de tout ce qu’elle avait fait pour elle… Et maintenant il confiait sa plus fidèle alliée à sa souveraine.

Jamais Vilvan n’avait parlé aussi longtemps ou avec autant de sentiments et de passion dans sa vie. Pas de mémoire d’elfe de la pénombre à tout le moins. Cela ne pouvait vouloir dire qu’une chose : si cette arme n’était ni magique ni la plus puissante qui soit… Anethra avait sur ses genoux une partie intégrante de Vilvan, le prolongement de son bras, une partie de son être, de son âme, de son cœur… Oh cela ne vaudrait jamais une arme magique ou encore un de ces artefacts de légende… Mais pour Vilvan, c’était tout comme, à ses yeux. Restait à voir comment la reine réagirait maintenant qu’elle avait plus de détails qu’elle n’aurait pu espéré en avoir…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mar 6 Avr - 22:43

Cette espèce de fermeture permanente et inconsciente à tout ce qui faisait partie du plaisir sous toutes ses formes chez le Gardien était à la fois amusant et extrêmement frustrant. Il n'y avait pas un seul homme à avoir pu ignorer indéfiniment son charisme et ses charmes. Il était aussi évident qu'elle pourrait avoir tout ce qu'elle souhaitait et plus encore en le lui demandant explicitement, en lui en donnant l'ordre... mais cela aurait été bien trop facile, bien trop dénué de sens. La déesse n'était pas du genre à se contenter d'une demi victoire, d'un succès partiel ou par procuration. Elle était la preuve que vouloir quelque chose avec détermination ne voulait pas dire utiliser tous les moyens pour ça. Presque tous oui, mais pas tous... Pas lorsqu'il s'agissait de quelqu'un qui suscitait son intérêt.

Acceptant donc de rester ces quelques instants en sa compagnie pour l'écouter conter tous les exploits et toutes les morts en rapport avec ce récent cadeau, Anethra demeura assise sur le lit. Attentive et vaguement amusée par cette soudaine augmentation du débit de paroles de son garde du corps. À vrai dire elle ne l'avait jamais vu aussi loquace en plus d'un millénaire de services. Et contrairement à toutes les idées erronées que l'on pouvait se faire, il avait même un certain don pour captiver un auditoire. Pour peu qu'il ait raconté l'histoire de cette arme à une assemblée un minimum intelligente, il aurait réussi indiscutablement à les emporter dans les forts souvenirs qu'il évoquait.
La Déesse laissa Vilvan parler autant qu'il en avait envie, sans l'interrompre ni donner signe de lassitude. Elle savait que le moindre signe en ce sens le conduirait à se rétracter, et qui plus est elle n'avait aucune raison de se plaindre de cet effort inattendu. Visiblement elle avait bien fait de le lancer sur ce sujet qui lui tenait tant à cœur, et qui en plus était dans le domaine de sa maîtrise. Réjouie de voir que pour l'instant la situation évoluait en son sens, elle décida de continuer de le faire parler. Ou tout du moins d'essayer...


- Je suis bien entendu très contente que quelqu'un d'aussi pragmatique que toi prenne la peine de penser à ma personne, cependant je ne peux qu'en être intriguée. Dis moi mon cher, pour quelle raison as-tu voulu m'offrir un présent qui t'es aussi cher?

C'était un geste qui était symbolique évidemment, mais qui par conséquent dépassait le cadre professionnel et froid qu'il s'imposait d'habitude. Anethra pouvait difficilement envisager que tout cela ne soit que le reflet de son envie de démontrer sa dévotion. Certes elle imaginait très mal prononcer le mot « affection » associé à cet elfe là, mais d'un autre côté elle avait presque cru déceler un certain lien envers elle, en dehors de l'idolatrie. Qui sait si ce n'était pas justement ce qu'elle recherchait. Quelque part si elle arrivait enfin à le faire sortir de ses chemins tous faits, il serait plus proche et plus vivant encore. C'était bien cela qui était déplorable chez lui... il était un soldat parfait, voire trop parfait, toutefois il lui manquait une étincelle d'humanité qui ferait toute la différence. Peut être qu'elle ferait de lui un homme moins efficace, mais la curiosité poussait la suzeraine à prendre le risque. Le tout n'était au final que comme une équation chimique assez complexe. En changeant un seul élément on changeait le tout de manière irréversible, ce qui conduisait à certaines pertes... mais aussi à des gains sans précédents. Gardant l'épée courte sur ses jambes, elle posa familièrement une main sur une cuisse de Vilvan, bien que cela n'ait pas vraiment de connotation érotique. En fait tout en le faisant parler elle s'était approchée pour observer les blessures en catimini. La laisserait-il s'occuper de tout cela à la place des médecins??

- J'aimerais bien que tu m'expliques une série de choses, j'ai conscience que mes questions te déplaisent, mais je veux savoir quoi qu'il en soit. Que suis-je à tes yeux? Non je ne veux pas que tu me répètes ce que je sais déjà, je ne veux pas que tu me dises que je suis ta reine et ta Déesse toute puissante. Ça je le sais, je le vis... j'ai suffisamment de glaces et de discernement pour avoir un regard objectif sur ma personne. Non, ce que je veux est plus profond. J'aimerais savoir une chose sur laquelle tu ne t'es probablement jamais penché. J'aimerais que tu me dises ce que je représente pour toi en tant que personne. Oublie la très proéminente part de soldat qu'il y a en toi, et répond moi en tant que toi, Vilvan Ertis, elfe de la pénombre de son état, libre de préjugés et d'idées pré-reçues. Qu'est-ce que je représente en tant que femme?
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mer 7 Avr - 0:05

C’en était fait du garde noir sur ce coup. Il ne savait, ne pouvait répondre ni à la première, ni à la deuxième « tirade » d’Anethra. Pas en abandonnant sa vision de soldat. C’était ce qu’il était. Un instrument. Les instruments ne pensent pas pour eux ou en dehors de leurs fonctions. Ils sont, servent et c’était bien tout. Il ne pouvait rien concevoir en dehors de ce qu’il était et avait apprit à être… Et à ce juste titre, il demeura figé sur place, devenant raide comme une barre de fer. Le corps restait sur place mais l’esprit lui n’avait pas suivit. Il était réfugié quelque part, là-haut et ne voulait plus redescendre, enfermé derrière les dogmes qui régissaient Vilvan. Il s’était transformé en statue ou presque… Et n’eut été de sa respiration régulière, il aurait tout aussi bien pu être mort sur place. Des combats, Vilvan en avait mené toute sa vie… Mais celui qu’il menait en ce moment devait bien être le plus difficile de tous. Dans sa tête, des mots défilaient : honneur, devoir, protéger, servir, des bribes de questions posées par sa maîtresse… Le tout mutant, se transformant en un tourbillon qui ne pouvait que créer plus de confusion encore à l’intérieur de ce crâne… Et dans un fracas d’armure et un bruit métallique distinct, Vilvan s’écrasa au sol. Cette suractivité cérébrale venait de lui faire perdre connaissance. Les soldats, après tout, ne sont pas fait pour réfléchir…

Son passage dans l’inconscience ne fut pas moins mouvementé. Là où l’irréel, l’onirique et la mémoire se côtoie, c’était tout un délire qui se passait sous le casque du garde noir. Des souvenirs qui remontaient à la surface. De vieux rêves se rappelant à sa mémoire. Une hallucination impliquant la déesse, prenant ombrage de son comportement et le déclarant indigne d’elle. Il était dans une belle détresse psychologique celui là. Tout n’était que chaos et entropie et le professionnel tentait de répondre à un ordre directe que violait ses primes directives, celles par qui vivent tous les gardes noirs… Si Anethra avait volontairement causé cet état, il y avait de quoi se demander pourquoi. Dans le cas contraire... Elle pourrait sans aucun doute faire une note mentale des limites dans lesquelles elle pouvait interagir avec son garde du corps sans qu’il ne tombe de nouveau dans un tel état… Si Vilvan était un bon élément, il avait dans sa perfection sa principale faille : l’instrument n’avait rien ou pratiquement rien conservé du produit de base qu’il avait jadis été. Le processus était probablement irréversible… À moins d’essayer des choses plus simples. Une approche plus physique peut-être? Après tout, c’était une des premières formes de langages que Vilvan avait apprit : des coups pour une faute, par exemple, ou le langage des signes, par la suite. Même s’il n’était pas un érudit, Vilvan pouvait lire dans le non verbal des gens mieux que quiconque. Le langage corporel était une chose que Vilvan décryptait constamment pour mieux protéger sa maîtresse… Anethra pourrait donc utiliser de l’arsenal de Vilvan pour lui permettre d’obtenir ce qu’elle voulait… Ce qui était une idée comme une autre, après tout.

Combien de temps se passa t’il avant que Vilvan ne reprenne connaissance? Difficile à dire pour le garde qui était désormais désorienté et confus. C’était bien la première fois qu’une telle chose lui arrivait… Et en 2500 ans, ce n’était pas peu dire! De nouveau en alerte, il se redressa brusquement, cherchant du regard sa reine, déjà revenu en mode de garde du corps, cherchant un ennemi qu’il ne trouverait pas. Soulagé de repérer Anethra, il se détendit un quelque peu mais n’osa pas trop demander ce qui s’était passé. Après tout… Ce n’était pas son travail de questionner sa patronne, c’était en fait même… L’inverse. C’était elle qui questionnait, qui ordonnait, qui prenait le gros des décisions. Lui? Il n’était que l’extension de sa volonté, rien de plus…
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mer 7 Avr - 17:10

Si d'habitude sur le visage de la déesse il n'y avait qu'un mince éventail d'émotions relativement récurrentes comme l'ironie, le sadisme et la colère, à ce moment là ce fut très différent. Face à cette perte de connaissance inattendue elle ne put qu'exprimer le choc et la stupéfaction, bien qu'aucun son ne sorte d'entre ses lèvres closes. Le plus étrange était qu'elle ignorait si ce malaise était du à un état de faiblesse, au surplus de questions ou bien les deux... La vérité c'était qu'Anethra était inquiète de voir Vilvan flancher de la sorte, car depuis tout le temps qu'il la servait, jamais ce n'était arrivé. À croire qu'en ce moment c'était la mode des grandes premières. D'abord un discours, et maintenant ça... Peut être au final en avait-elle trop demandé.

Fort heureusement les tapis de sa nouvelle chambre étaient épais et avaient bien amorti le poids conséquent du garde noir. La Suzeraine n'avait pas jugé bon de tenter de le rattraper puisqu'au final elle n'aurait pas eu le temps de réaction assez rapide, et d'autre part parce qu'elle aurait certainement cédé sous la charge, ce qui donnerait lieu à une acrobatie qui risquerait de lui faire mal. Le regardant une bonne seconde sans savoir que faire, elle finit par user de ses pouvoirs pour le faire léviter et l'allonger dans son lit. De manière immédiate elle s'adressa alors aux esclaves, dans un ton d'urgence qui ne laissait pas place à la moindre hésitation ou erreur.


- Va me chercher du matériel nécessaire au traitement de ses blessures !
- Dois-je mander les médecins, maîtresse?
- J'ai dit que je voulais de quoi le soigner, pas une escorte de clowns !
- Bien, tout de suite.


Dans un remuement de froufrous Mina disparut pour revenir peu de temps après, déçue de l'évolution des événements qui n'allaient pas dans son sens, mais qui demeurait obéissante malgré tout. Cette dernière lui tendit alors un plateau d'argent ou siégeaient toutes sortes d'ustensile de médecine, de pommades et autres onguents, puis mis le tout à disposition d'Anethra avant de se retirer. Profitant donc de l'état de Vilvan elle prit toutes les décisions pour lui sans se poser de questions. Au moins dans les circonstances actuelles elle avait l'avantage de pouvoir se passer de son opinion pour ce qu'elle lui faisait... Soignant de ses petites mains les plaies encore vilaines à regarder, elle garda ses dernières toujours à basse température pour lui éviter la douleur. Mais tout cela n'était que la partie visible de l'iceberg, car si les zones visibles étaient blessées, les zones sous son poitrail devaient l'être encore davantage. Grimaçant parce qu'elle n'aimait pas le voir dans cet état, la demoiselle le retourna doucement pour défaire les sangles de son armure qu'elle retira en prenant garde de lui faire le moins mal possible.
La suite ne fut qu'une suite de traitements pointilleux visant à le remettre sur pied. Tout d'abord elle lui fit boire une potion lui rendant une grande partie de son énergie, ensuite elle appliqua des pommades sur chaque muscle endolori et finalement elle couvrit le tout d'un pansement afin que le tout ne s'infecte pas. La tâche fut uniquement exécutée par elle et chaque produit et objet fut examiné avec attention, avec un tel zèle qu'on pourrait croire qu'elle avait elle aussi basculé dans la paranoïa. Disons que ce n'était pas totalement vrai ni totalement faux... Elle faisait chaque geste comme elle pensait que Vilvan l'aurait fait si il le pouvait. Elle avait évité la présence et la coopération des médecins et n'avait laissé personne s'approcher de lui. Même les servants avaient senti qu'il n'était pas bon d'approcher en ce moment, sous peine d'encourir le risque de repartir avec un membre en moins.

Posant une main froide sur son front, Anethra vérifiait sa température car elle craignait qu'il ne contracte de la fièvre à cause des nombreuses brûlures. Oui elle savait qu'il s'en remettrait de toute façon, mais si elle prenait soin de lui elle était persuadée qu'ils gagneraient du temps, le garde du corps n'osant jamais refuser l'attention qu'elle lui offrait. Il pouvait jouer les enfants méfiants avec des inconnus, ou des médecins royaux, mais pas avec elle... surtout qu'au fond il n'avait pas de raisons d'être à cran en sa présence. Ce fut quand elle auscultait son pouls en passant sa paume sur son cou qu'il se réveilla enfin, apparemment un peu sonné. Murmurant de sa voix chantante, elle se découvrait un côté qu'elle ne connaissait pas.


- Chht... Je sais que tu meurs d'envie de te lever et reprendre les armes, mais fais moi plaisir et reste tranquille pendant au moins quelques heures. Rien ne presse et je ne cours aucun danger ici. Je veux que tu profites du confort de mon nouveau lit, c'est un ordre. D'ailleurs je vais commander aux cuisiniers tes plats préférés afin que tu reprennes des forces.

Aussitôt dit aussitôt fait et une quinzaine de minutes plus tard un bataillon de nourriture et de boissons diverses leur furent servis, après avoir été évidemment goutés par des pauvres malheureux dont le rôle était de mourir à sa place dans le cas ou une substance douteuse y était ajoutée. Des plats fumants et plus délicieux les uns que les autres furent disposés à proximité afin qu'ils puissent se servir aisément, mais Anethra ne fit pas la moindre allusion au travail d'infirmière qu'elle venait de faire. Inutile de le mettre mal à l'aise et/ou de le faire culpabiliser de ce qui venait d'arriver, de toute façon elle n'avait rien à y gagner, surtout que tout cela compromettrait inévitablement les efforts qu'elle avait fait pour rentrer dans la carapace du colosse. Évitant les récriminations sous toutes leurs formes potentielles, elle se contenta de parler de manière on ne peut plus normale.

- Je suis contente de voir que tu vas mieux. Tu as faim j'espère? Il y a de quoi manger pour une légion entière !
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MessageSujet: Re: La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)   Mer 7 Avr - 20:16

Il aurait sans doute été attendu de Vilvan qu’il remercie sa souveraine ou qu’il tente de contester avec plus ou moins de volonté le fait qu’elle le fasse se reposer. Cependant, c’eut été mal connaître Vilvan… Qui agissait par chronologie, en un sens, dans ses directives. Il y en avait une qui par contre restait, pour le moment, incomplète. Il mit donc de côtés les actuelle directives de la déesse en se mettant en position assise, plutôt que de rester couché et quand il prit la parole, ce ne fut pas pour commenter sur les récente paroles de sa reine…

« Je ne sais pas comment répondre à votre question, excellence. En dehors du soldat, en dehors du professionnel… Je ne suis rien. Si je ne suis sans ma fonction, comment pourrais-je alors vous considérer autrement que comme je vous vois en ce moment? Je voudrais fournir une réponse… Mais je ne sais pas quoi dire et malgré tous mes efforts, je ne peux rien y faire… Vous m’en verrez navré. »

Il était évident que le garde noir était en train de retourner dans sa carapace et qu’il était un peu moins enclin à parler désormais… Vilvan n’était pas stupide et il avait des yeux : il savait qu’il avait été une source d’ennuis pour sa reine et il ne se le pardonnait pas. Il détestait devenir un poids pour sa souveraine et de son avis personnel, c’était une faute impardonnable. Il était donc hors de question de se reposer et encore moins de manger. Quand il porta une attention plus grande à tous les plats qui avaient été amené pour lui, c’en fut trop pour le garde noir qui, enragé après sa propre personne se leva d’un trait, ramassa armure, armes et équipement et après avoir assuré à la déesse, dans un mélange de langage des signes et de la langue des elfes de la pénombre, preuve de son état émotionnel instable, qu’il enverrait des gardes additionnels pour s’occuper d’elle, il quitta les appartements d’Anethra pour se diriger à grands pas vers ses propres quartiers. C’était une première : la reine connaissait le tempérament explosif de son garde du corps… Et elle savait comment il tolérait l’échec. Se pourrait-il alors que le garde noir envisage de mettre un terme à sa propre existence, pour une faute qui n’était pas la sienne? Difficile à dire. Chose certaine, pour qu’il lui fasse affecter des gardes additionnels, c’était qu’il ne comptait pas revenir de si tôt : ce privilège, un des rares que possédait Vilvan, n’était utilisé que lorsqu’il avait à s’absenter longuement du chevet de sa reine, généralement pour mener à terme telle ou telle mission qu’elle lui confiait.

Ce n’était pas bon signe, loin de là même. Si la déesse des elfes de la pénombre avait lu un minimum le dossier de son plus dévoué protecteur, elle savait comment Vilvan face à la faiblesse. L’entrainement, encore plus, toujours plus. D’une part, c’était une bonne nouvelle, il ne comptait pas mettre fin à ses jours… Mais mourir d’épuisement n’était pas à exclure. Qui plus était, dans son état actuel, tant physique que psychologique, exiger autant de soi n’était peut-être pas la meilleure des idées : la déesse savait ô combien son garde du corps pouvait exiger de sa propre personne… Et la notion de précaution n’entrait jamais en ligne de compte. La déesse passait toujours avant sa propre sécurité…

Le garde noir donc avait quitté les appartements de la reine pour ses quartiers et il était évident que même si la reine avait tenté une approche de maître, quelque chose chez le garde noir empêchait la fluidité des échanges. Quelque chose dans sa formation, quelque chose dans les enseignements qu’il avait reçu faisait en sorte qu’il semblait impossible pour Vilvan de voir plus loin que sa fonction… Et tenter de trouver au milieu des dogmes les fragments éparses d’un elfe de la pénombre qui n’avait jamais vraiment exister ne serait pas chose aisée… Trouver simplement le mâle avec ses instincts et tout promettait d’être toute une épreuve…
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La reine est la loi: la loi est sacrée (PV Anethra Helbaine) (Nc-18) (Terminé)

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