La destinée de l'Erade
Bienvenue à toi, étranger !
Œuvre du hasard ou du destin, tu viens d’arriver aux portes d’un monde nouveau, celui d’Erade ; un univers aux secrets innombrables où cohabitent des cultures différentes et où la magie se lie à chaque être, dés sa naissance. Tu connaitras l’amour, l’amitié et de grands moments que tu n’oublieras jamais mais aussi de la tristesse, une noirceur dont tu ne te connaissais pas l’existence et qui sommeille pourtant en toi. Ce monde possède des horizons différents, des histoires liées entres elles et tu apprendras par la suite que rien n’arrive par hasard. Tu peux fuir ou rejoindre l’aventure mais n’oublie jamais qu’ici, chacun de tes actes changera le cours de notre histoire, celle que l’on écrit tous ensemble, la destinée de l’Erade.



 
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 L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)

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Relian Mirel

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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Sam 13 Mar - 15:20

Act 12. Opening the Box



Poussée par l'adrénaline du combat et de la prise des responsabilités, Relian savait que si il fallait entreprendre des actes ou le courage était de mise c'était le moment. C'était la principale raison pour laquelle elle avait senti l'obligation d'affronter par le fer quiconque avait encore des protestations à émettre concernant cette nouvelle place. Les gens finirent par rapidement choisir un camp et une position, bien que parfois ce ne fut pas forcément fait consciemment. Les hésitants rejoignirent les résistants, et finalement ceux qui la soutenaient se positionnèrent à ses côtés. Les positions étaient prises, les avis plus ou moins tranchés par la force des choses. Le cœur battant comme jamais, Relian vit que les rangs étaient fort heureusement majoritairement de son côté. Si elle l'avait voulu elle aurait pu juste donner l'ordre de les exécuter pour leur impudence... mais pourtant elle ne le fit pas. Les deux Linth qui avaient été envoyés chercher des preuves avaient même fini par déposer ces dernières à terre pour venir la seconder sans une étincelle d'hésitation. Pour eux elle n'était pas étonnée... c'étaient ses rares amis, mais les autres... ils lui faisaient une belle démonstration de confiance et elle n'était pas prête de l'oublier.

Les débats entre ceux qui restaient furent brefs et expéditifs, puisque les quelques uns qui s'opposaient au commandement étaient surtout des gens qui n'avaient pas pris osé faire de choix. Pour ceux-là la peur était montée bien trop vite et ils tentèrent même de fuir leur sort, seulement la mort les rattrapa inexorablement. Leurs camarades prirent d'eux-mêmes l'initiative d'exécuter leurs « ennemis », à tel point que Relian n'eut même pas à lever le petit doigt. Lorsque tout fut terminé, l'actuelle aide de camp avait une expression grave et un air sérieux. Comment pourrait-elle arborer un sourire alors qu'elle venait de mettre fin à la vie de ceux qui avaient été des camarades, peu importe leur caractère pas toujours facile? Elle était satisfaite du soutien qui lui était apporté, néanmoins l'impression générale après de pareils faits était mitigée. Il lui faudrait certainement du temps avant de digérer tout ce qui venait de se passer, même si au final elle savait que les hauts postes étaient inévitablement liés à ce genre de choix cornéliens. Ce n'était que le premier d'une très longue série et elle le savait...
Lâchant un seul soupir pour toute manifestation d'émotion, la demoiselle serrait les dents afin de ne rien laisser paraître. Il ne fallait surtout pas rester sur cet arrière goût de rébellion, il fallait bien passer à autre chose surtout que ce n'était pas cet épisode isolé qui devrait être déterminant pour la suite. Il fallait qu'elle réussisse à le faire voir comme simplement une purge nécessaire pour partir sur des bases saines qui permettraient de bâtir une prise de galon dans de bonnes conditions.

- Nettoyez moi tout ça... on a un horaire à tenir ! Dans cinq minutes je vous veux prêts à courir nos vingt kilomètres quotidiens!

Rapidement les soldats s'exécutèrent, démontrant qu'ils étaient eux moins troublés par ce qui venait de se passer qu'elle. D'un autre côté au moins les quelques minutes à venir lui seraient des plus utiles afin de se reprendre... Alors pour tuer le temps qui restait elle forma à nouveau des rangs, continuant l'inspection tout comme Caym avait l'habitude de le faire. Discutant avec les hommes en se permettant plusieurs genre de remarques, elle ne laissait rien passer. Entre la présentation qui laissait à désirer, les postures plus nonchalantes ou la présence de blessures suspectes qui n'étaient visiblement pas dues à l'entraînement, rien n'échappait à son analyse méticuleuse. Disons que de plus elle faisait toujours autant partie de ce corps d'infanterie, donc elle savait très bien où en était chacun des éléments. Elle connaissait les petites habitudes, les maladresses et les vices... Mais elle savait aussi faire preuve de raison et de l'esprit d'équipe qui était bon à solidifier les liens. Alors lorsque le terrain fut à nouveau propice à continuer la routine... elle se mit à courir en tête de peloton afin de motiver ceux qui trainaient le plus en donnant l'exemple. Mais une chose la taraudait encore malgré le fait que les choses se passent relativement bien. Où bordel était passé le major???
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Sam 20 Mar - 2:09

Faire couler le sang pour purifier un corps. Voilà une idée que le major Symanth aimait bien… Et qu’il voyait mit en application par sa fidèle aide de camp. Certes, ce n’était pas une tâche très agréable… Mais elle n’en était pas moins nécessaire. Elle avait du potentiel, énormément de potentiel… Et le futur général ne pouvait qu’apprécier la chose. Son instinct ne le trompait que rarement et encore une fois, il avait mit dans le mille. Relian avait fait plus qu’elle ne pouvait le suspecter… Et elle ferait plus encore dans un futur à la fois proche et lointain. Elle deviendrait… L’extension de sa volonté et une personne de choix pour l’assister dans ce qu’il désirait accomplir. Un jour, un jour, ce serait lui, Caym Symanth, qui commanderait toutes les armées de Rugilian. Oh, il ne serait pas roi, il n’avait aucune envie d’avoir ce rôle, ce poste… Mais commander l’armée la plus puissante des quatre royaumes… à cela il ne dirait jamais non. Un jour, un jour… Il marcherait sur cette Otian ingrate qui lui avait tout prit… Et ensuite, seulement ensuite, il aurait l’esprit tranquille… Tout un programme… Mais le major n’était pas reconnu pour sa hâte inconsidérée… Il était d’une rare patience et même ses instructeurs, ceux qui furent elfe de nature, lui avait reconnu ce trait de caractère exceptionnel pour un humain… Le major semblait en avoir à revendre, des réserves de patience… Il en avait pour deux, pour trois, pour cinq, pour dix…

Toujours était-il que pour l’heure, Caym Smanth observait avec grand intérêt ce qui se passait au dehors et s’il retardait volontairement son retour, c’était pour tester la patience de Relian. Elle serait bien forcée de s’habituer à de longues périodes sans directives spécifiques : l’une des tâches qu’elle aurait à faire serait la protection rapprochée du major… Et il pouvait rester des heures durant à fixer une carte stratégique, à faire des plans sans jamais prendre de notes ou même bouger. Caym était une formidable machine à penser et s’il n’avait pas la mémoire de Relian… Son redoutable intellect pouvait sans mal rivaliser avec les facultés mémorielles de son aide de camp. S’il y avait bien une chose pour laquelle Caym Symanth était champion… C’était bien dans l’art de garder une longueur d’avance sur ses opposants. Un talent que beaucoup enviaient… Et un talent qui avait permit de lui éviter une mort désagréable. Après tout, Caym était loin d’attirer en tout temps la sympathie : il était du genre à procéder prudemment pour atteindre ses objectifs… Et trop nombreux étaient ceux incapables de comprendre le proverbe « lentement mais sûrement ». Précipiter les choses ne pouvait mener qu’à des victoires temporaires… Et c’était une réalité que trop de gens oubliait. Les gens ordinaires oubliaient mais c’était chose impossible pour les gens… D’exception, pour un peu que l’on puisse user de ce genre de terme sans tomber dans le pompeux.

Quand il jugea avoir fait patienter suffisamment le lieutenant Mirel, Caym salua son mentor et après un court et bref ultime échange, les deux hommes se séparèrent et le major regagna la cour d’un pas tranquille, mesuré, comme s’il savait exactement ce qu’il allait trouver en revenant : des hommes en moins et les traces d’un nettoyage récent là où sang et cadavres s’étaient trouvés… Il était très difficile de surprendre le futur général… Et il adorait voir l’expression frustrée de ceux qui pensaient pouvoir se jouer de lui. On ne pouvait pas échapper si facilement aux yeux du major Caym Symanth… Et plusieurs l’apprenait à leurs dépends. C’était même, en un sens, un point d’honneur pour l’officier que de savoir le plus possible, encore plus, toujours plus, afin de toujours laisser une marge entre lui et les autres. Là où certains y verraient narcissisme et paranoïa… Il y voyait prudence et logique élémentaire. Après tout, en tant qu’officier, il devait connaître sur le bout de ses doigts chacun de ses soldats ou sous-officiers, officiers, etc.

Une fois de retour auprès de son aide de camp, le major fit une critique incendiaire face aux indécis et à ceux qui avaient prit part à la mutinerie contre Relian. Les morts ne pouvant se défendre, Caym ne se gêna pas pour en faire un exemple envers ceux qui pourraient vouloir suivre le chemin de la tombe et il termina l’ensemble par une sanction draconienne : si les soldats étaient incapables de se porter rapidement à la défense de leurs supérieurs, de faire montre de loyauté donc, ils en paieraient le prix. Seule une poignée d’entre eux fut épargnée par la punition concoctée par le major… Et il congédia la totalité des soldats avant de faire signe à son aide de camp de le suivre. L’expression de Caym était indéchiffrable… Et c’était parfaitement volontaire. Ses hommes (et ses femmes, ses subordonnés dans leur ensemble, au fond) connaissaient fort bien cette tactique visant à les rendre nerveux et à se demander ce qui allait se passer ensuite… De façon générale, ce n’était jamais un signe encourageant… Mais encore là, il s’agissait de Relian : les choses seraient peut-être différentes : qui pourrait bien savoir…

Ils firent donc chemin ensemble jusqu’au bureau du major, celui qu’il avait à la caserne. Durant la semaine, en général, il était rarement au palais, ayant à s’occuper de la formation des soldats… Mais de fin de semaine, c’était là que les jeux politiques se mettaient à l’œuvre et recevoir les gens importants dans une baraque était tout sauf indiqué… Cela ne voulait pas dire pour autant que le bureau du général en dehors du palais était miteux : spartiate à l’extrême, il n’en demeurait pas moins que la pièce était plus sécuritaire et offrait encore plus d’intimité que les quartiers du roi eux même : quand il avait fait rénover cette partie de la caserne, ses éléments les plus talentueux avaient contribué à éliminer toutes les failles auxquelles ils avaient pu penser… Et certains parlaient même d’enchantements permettant au son de ne jamais quitter l’intérieur de la pièce. Des tonnes de rumeurs circulaient sur la caserne elle-même et certains parlaient même d’une salle secrète aménagée par l’ainé de la famille Symanth… Mais bon, tout ce qui entourait Caym était sujet à la rumeur et aux suppositions les plus folles…

Refermant la porte derrière lui après avoir fait entrer Relian… Il plaqua brutalement cette dernière contre le mur avant de l’embrasser fougueusement. Certains aimaient les femmes à la beauté sculpturale, d’autre les femmes avec des attraits généreux ou encore celles offrant les plus beaux compliments… Mais pas Caym. Lui, il aimait les femmes capables de se défendre, des femmes indépendantes, fortes et fières. S’il y avait en Érade un homme moins sexiste que lui, il demandait à voir. Chose certaine, la démonstration de force de Relian ne l’avait pas laissé indifférent… Loin, très loin de là! Esquissant un sourire, il prit ensuite la parole, brisant le silence qui s’était installé...


« C’est intéressant… Il y a sur tes lèvres un goût de pouvoir que tu n’avais pas hier… Je savais que c’était un bon choix que de te prendre comme aide de camp. Tu as remis ces imbéciles à leur place… Et s’il y a quelque chose de plus désirable qu’une femme capable de se défendre sur cette terre, je ne veux pas le savoir… Chose certaine… C’était très intéressant à regarder, de cela tu peux en être certaine… Et tu sais comme il est difficile de m’impressionner… »


Dernière édition par Caym Symanth le Mer 21 Avr - 1:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Mer 21 Avr - 1:02

Act 13.Opposition



Si Relian avait été une machine au charbon, nul doute qu'en ce moment précis elle aurait certainement expulsé la fumée par les oreilles, tellement les émotions avaient défilé vite et intensément. Pour ne rien arranger si dans le domaine humain et relationnel elle était plutôt naïve, on ne pouvait pas dire autant lorsqu'il s'agissait de son métier. Perspicace et toujours alerte, elle fulminait de toute cette mascarade mise en place par Caym Symanth. D'ailleurs si au fond son côté raisonnable lui disait de lui accorder le bénéfice du doute, cette petite voix disparut bien vite à la vue de son supérieur revenant comme par hasard une fois la tourmente traversée en solitaire. Ses yeux de jade le fusillaient littéralement, et si sa bouche n'avait pas articulé un seul son depuis son retour, seul un aveugle aurait pu ignorer l'agressivité de son humeur. Aucun des soldats ne connaissait alors les terribles colères de l'officier Mirel, mais quelques jours suffiraient largement... Car si elle était une femme parfaitement efficace au détail près, elle demandait à ce que les autres fassent de même. Compréhension ne voulait pas dire laxisme et elle en était la preuve vivante!

Toutefois en ce moment ce n'étaient pas les soldats qui étaient le motif de son humeur explosive et ce malgré les récentes épreuves. C'était bien contre son actuel supérieur que se dirigeaient ses griefs. Le suivant donc à nouveau une fois que les soldats furent envoyés à leurs nouvelles tâches, Relian était raide comme un piquet. Aussitôt qu'ils entrèrent dans le bureau de la caserne, elle referma la porte derrière eux, et instantanément sa voix contenue de colère se fit entendre, révoltée mais sans que le volume habituel ne soit élevé d'une seule octave:

- Je ne comprends pas ce qui vous prend de me traiter comme une vulgaire marionnette, j'ignore ce qui vous passe par la tête pour me laisser croupir de la sorte devant le pire lorsque cela vous arrange! Qu'avez vous tenté de faire, quel était votre but? Vouliez vous me ridiculiser et me faire passer pour une idiote devant ceux qui sont aussi mes hommes désormais? Je ne suis pas l'un de vos mannequins, je ne suis pas un jouet! Si vous voulez de moi pour vous seconder, traitez moi comme un être humain et non comme un automate sans conscience ou une chienne devant donner sagement la patte! Si vous croyez que me tairai juste par peur de perdre ma place, vous vous trompez rondement!

Reprenant son souffle avec peine, la demoiselle était rouge de rage car elle ne comprenait pas ce que ce stratège avait à gagner en l'ayant abandonnée dans un moment aussi délicat. Au moins lorsqu'elle était à la même enseigne que les autres elle savait à quoi s'attendre: des heures d'exercice physique, des missions périlleuses, des litres de patience et beaucoup, beaucoup de persévérance. Mais maintenant... Il n'y avait plus de règles fixes, plus de limites claires. En ce moment elle s'en remettait à de l'improvisation totale, chose qu'elle pouvait encore accepter... mais si on rajoutait le fait qu'en plus les enjeux et le directives n'étaient pas déterminés, le tout devenait très vite agaçant. Elle n'avait pas été formée pour diriger et on ne pouvait pas vraiment dire qu'elle en ait l'ambition. Les conclusions se bousculaient dans sa tête... mais soudain elle perdit simultanément la voix et le souffle en un baiser fougueux qui lui fut arraché. Plaquée contre le mur elle avait les yeux grand ouverts, complètement écarquillés, comme pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas. Elle ne comprenait plus rien de cet homme et ne pouvait se décider à le repousser pour autant. Pourquoi était-il si... si Caym?

Plongeant une main avide dans sa chevelure corbeau, elle lui rendit passionnément son étreinte avant de finalement se reculer. La demoiselle toussota faussement tout en essayant de se reprendre, gênée de sa faiblesse l'obligeant quelque part à correspondre instinctivement. La méfiance la faisait déjà se demander si tout cela était une nouvelle manœuvre visant à la faire taire, un bref retour à la sphère intime, ou bien les deux. Comment le savoir avec quelqu'un tel que lui? Il prévoyait tout avec une telle précision de métronome que si elle ne l'avait pas côtoyé depuis si longtemps, elle se serait demandée si il n'usait pas de la sorcellerie afin de lire dans les esprits. Frustrée car sa mémoire hors du commun lui repassait des scènes de ce matin en boucle dans la tête, Relian se mordit la lèvre inférieure, comme chaque fois qu'elle était confuse.

- Un goût de pouvoir, hum? Non, juste le goût du doute et du dépit surtout! Je n'ai pas pour habitude de me lever le matin avec le sourire pour finalement tuer des gens qui hier encore étaient mes frères, et je n'ai pas l'attention que cela change! Que suis-je de plus au final, qu'ai-je en plus qu'ils n'ont pas? La volonté? Oui peut être, mais ce sont des êtres humains, ce sont des défenseurs du Rugilian! De quel droit puis-je leur ôter la vie de la sorte, sans même sourciller??

Si la manière que l'aristocrate avait de voir les choses était d'apparence trop naïve, en fait ce n'était pas le cas. Ce n'était pas la première fois qu'elle tuait, loin de là. Elle avait déjà été confrontée aux pires atrocités puisqu'à ses débuts elle avait servi en première ligne lors de plusieurs campagnes. C'était un soldat endurci psychologiquement oui, mais rien ne l'avait préparée à ce qu'elle venait de vivre. Même si elle ne regrettait pas son geste et sentait qu'elle avait pris la bonne décision, elle savait aussi que tout cela avait été soigneusement préparé et manigancé. Tuer des alliés... quoi de plus ironique et abominable? La réaction de la belle était normale étant donné son caractère, et Caym n'ignorait sûrement pas qu'ici s'exprimait ce qui était à la fois le plus grand défaut et la plus grande qualité de son amante: son humanité.
Une humanité qui n'avait rien à voir avec les caricatures de gentillesse stupide et mal placée, un excès de sensibilité quelconque qui serait une grave faille dans ce métier. Non... Simplement là où beaucoup versaient le sang par plaisir, elle le faisait uniquement par devoir. Elle n'était pas pour autant de ces utopistes qui ne juraient que par et pour la diplomatie, les voies de négociation ne conduisant qu'à des assemblées interminables n'aboutissant à rien de concret. De toute façon ce genre de méthodes ne menait à rien avec les otianais qui n'étaient pas assez fiables. Leurs paroles n'avaient aucune valeur, par conséquent les traités potentiels avaient une durée de vie très limitée. Par ailleurs Relian avait toujours du mal à poser les pieds sur terre, à réaliser sa promotion ainsi que cette proximité surprise avec le major. Combien de temps faudrait-il encore jusqu'à ce qu'elle conçoive que tout ce qui lui arrivait était réel? Touchant ses lèvres du bout des doigts, elle y sentait encore cette saveur unique.

- Je suis sûre que sadique comme vous êtes, vous prenez plaisir à ce qui se passe! Vous... vous amusez n'est-ce pas??
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Jeu 22 Avr - 2:24

« Ah lieutenant… Vous êtes une des rares femmes à être belle dans sa colère… Et malgré cela vous ne saisissez toujours pourquoi je vous ai choisit parmi tous les autres… Touchant, très touchant même que ce doute sincère qui est vôtre… Certaines réponses, toutefois, doivent être trouvées et non données. Ce sont les inconvénients du pouvoir : soyez soldats et l’on pensera pour vous. Devenez officier et chaque geste peut signifier victoire ou défaite… Toutes les décisions passent par nous et ce n’est pas un roi ou un noble qui nous dira comment penser. Ainsi va l’armée et c’est justement pour cette raison qu’il faut l’unir sous la bannière d’’un unique commandant. Une personne compétente et qui sait faire le nécessaire… »

Gardant cet air si charismatique qu’il pouvait avoir, rien ne pouvait laisser supposer en ce moment l’ambition dévorante que possédait Caym en ce qui concernait le pouvoir. Que l’on ne s’y trompe pas : le major ne désirait qu’une chose, contrôler l’armée. Disposer d’une force de frappe suffisante pour rivaliser avec les autres royaumes et ainsi enlever des mains d’individus capricieux un pouvoir dont ils se servaient fort mal. Même Sparda, son propre frère, maquait de vision… Rugilian était une puissance militaire et depuis trop longtemps, les rois avaient divisé l’armée pour mieux la contrôler… Ce qui permettait aux otianais de faire des gains significatifs lors des batailles puisque la rivalité entre certains généraux causait plus de tort que de saine compétition…

Reportant son attention sur le lieutenant Mirel, Caym commença à arpenter la pièce, songeur, ou plutôt faisant mine de réfléchir aux paroles de Relian. Acteur plus que crédible et compétent, il fallait être plus malin que lui pour se rendre compte du quand il jouait la comédie ou non. Était-ce un test? Peut-être, rien n’était jamais sûr avec le major dans les parages. Enfin… Presque toutes les choses car il était clair pour l’officier que même s’il avait réunit initialement les bonnes conditions pour que Relian soit forcée de s’affirmer sur ses troupes, il ne s’était en rien attendu à ce que tout tourne comme ce qui s’était passé. Il ne l’avouerait sans doute jamais, historie de rester dans son rôle… Mais le mécontentement était réel bien que dissimulé habilement derrière une montagne d’autres choses. Il ferait très certainement enquête… Et des têtes allaient tomber.


« Je suis bien des choses, lieutenant…Mais je ne suis pas sadique. Je ne prends aucun plaisir en la souffrance d’autrui. Je suis du genre à être… Expéditif, voyez-vous… C’est ce qui différencie le vrai professionnel du simple psychopathe. Qui plus est, pourquoi m’amuserais-je de votre infortune? Ce serait aussi grotesque que stupide. Suis-je stupide à vos yeux lieutenant? Car votre question est offensante, pour ne pas dire autre chose. De tels propos pourraient vous valoir la cour martiale...

Esquissant un sourire très Caym Symanth qui pouvait à la fois dire « je plaisante » ou alors « on se reverra en enfer », le major regarda attentivement et sans ciller sa subordonnée, attendant une quelconque réaction de sa part. Après tout, si pour passer du temps avec Relian il devait la tester de toutes les manières du monde et bien… Il le ferait sans hésiter! Et pis du reste, si elle devenait sa compagne, il fallait bien voir comment elle se débrouillerait face à son attitude si particulière. Quand on décidait de travailler si intimement avec un homme comme lui, c’était tout accepter ou rien du tout. Les changements, s’il y en avait, viendraient plus tard, bien plus tard. Ce n’était pas tant par narcissisme ou prétention mais bien par principe : celui ou celle qui se montrait incapable de plier pour mieux revenir à la charge n’était pas, à son avis, digne de son intérêt.

Il savait que Relian était plus qu’une simple femme, plus qu’une militaire, plus qu’une aristocrate… Jamais une simple femme n’aurait pu conquérir le cœur tourmenté du major… Et le fait que Relian y soit parvenu tenait soit du miracle ou alors de quelque chose d’autre que le commun des mortels appelle amour sans pouvoir le définir avec exactitude… Se rapprochant à nouveau d’elle, il la serra contre lui, suffisamment près pour qu’elle puisse sentir son parfum, Caym numéro un, le seul, l’unique… Et pour pouvoir lui murmurer à l’oreille des paroles pleines de sens.


« Allons, ma délicieuse… Un vrai militaire ne fait jamais couler le sang des innocents. Ceux qui te ta main trépassent ont forcément commit une faute qui les a conduit au fil de ton épée… Ce n’est pas tant de prendre une vie qui devrait te déranger car l’araignée que tu écrase perd également sa vie et l’herbe que tu as foulée lors de notre dernière campagne en Otian n’a pas nécessairement survécu à ton passage. Nous prenons des vies tous les jours, souvent sans nous en rendre compte…

Une vie, Relian, quelle qu’elle soit, reste une vie. La question n’est pas de savoir combien on en prend mais bien pourquoi on la prend. Une vie, c’est comme une décision : remet la en question si tu ne sais pas y répondre quand tu t’interroges sur sa pertinence. Pour te donner un exemple concret… Je pourrais sans mal te tuer ici et maintenant, prendre ta vie sans sourciller comme tu pourrais prendre la mienne avec la même facilité si tous deux nous nous étions rendus coupables de crimes impardonnables. Pourtant, nous ne le faisons pas. Pourquoi? Car la réponse à la question « devrais-je prendre sa vie » a une liste d’argument longue comme mon bras pour justifier notre droit à la vie. C’est-ce qui nous distingue de nos ennemis : tu as su garder une part de ton humanité alors que les otianais, eux, tuent sans se oser de questions ou simplement parce qu’ils le peuvent et le veulent. Ne l’oublie pas… »


Étrangement, Caym avait parlé de Relian mais pas de sa propre personne lors de sa récente explication. À cette décision il y avait une raison toute simple : Caym ÉTAIT un otianais et ce qu’il dépeignait ici était également une part de lui. Rares étaient ceux à connaître réellement ses origines mais son génie et son succès face aux troupes du royaume d’Otian ne venait très certainement pas de Rugilian… Que dirait Relian si elle savait que l’homme qui avait partagé son cœur et sa couche avec elle venait justement des terres de cet ennemi qui lui avait prit des frères d’armes par dizaines voire centaines?

Non… Caym Symanth parlait peu de lui car il connaissait trop bien la sombre essence qui sommeillait en lui. Il savait de quelles atrocités il était capable et il connaissait son passé mieux que quiconque et il ne tenait pas à ce que d’autres regardent derrière lui pour fouiller et découvrir ce qu’il tenait à garder secret et enfoui au fin fond de lui…


« Ma belle Relian, un jour, un jour quand tu auras un grade plus élevé encore, tu te rendras compte que notre travail est constitué à 95% de questions et d’états d’âmes… Car nous sommes humains et c’est cette humanité qui nous permet de ne pas devenir fous à cause des horreurs de la guerre… »
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Lun 3 Mai - 17:19

Act 14. Disposal



- Je doute que vous m'ayez désignée pour cette place si vous jugez comme vous le prétendez, que je ne suis guère plus qu'un soldat qui a besoin que l'on réfléchisse pour lui et qui de surcroit ne cherche pas les réponses à ses questions. Vous me connaissez parfaitement, et probablement encore mieux que je ne consentirai jamais à l'avouer, mais le fait est que le problème n'est pas que je doive prendre conscience qu'il me faut désormais faire des choix cornéliens... le problème est surtout que rien ne m'y a jamais préparée. Je ne suis pas une machine à la mécanique huilée qui change de programme juste en appuyant sur un bouton, et je doute que ce soit en me jetant dans le précipice que j'apprendrai à combler mes lacunes!

Ce n'était pas une liste d'accusations, ou du moins ce n'était pas que cela. Si Relian protestait si vivement à tout ce qui c'était passé et en particulier aux méthodes utilisées, c'était surtout parce que cela n'avait rien de frontal, rien de franc. Si le major lui avait annoncé à l'avance qu'il allait partir et qu'elle devrait se débrouiller en son absence, elle ne l'aurait sûrement pas aussi mal vécu. Disons aussi qu'elle était plus qu'habituée à voir ses pairs se faire prendre à chaque fois dans les toiles d'araignée savamment tissées par Caym... alors cela n'avait rien de flatteur de se faire avoir à son tour, en connaissance de cause. Cependant tout cela n'était pas l'affaire d'un égo blessé, car l'aide de camp ne s'arrêtait pas à ce genre de trivialités. Non... C'était plus profond que ça. Elle avait beau posséder un art quasi inné de se dépêtrer des pièges lancés par cet homme, cela ne voulait pas dire qu'elle assisterait sagement et sans rien dire à de pareilles péripéties. Capacité de rebondir oui peut être, ce qui n'allait pas forcément de pair avec l'acceptation résignée et silencieuse.

- Je ne parlais pas de cette souffrance là. Je sais que le genre humain tout entier n'est qu'une immense plaine de jeux pour vous. L'intelligence pointue est votre arme, et les gens qui vous entourent vos sujets d'expérimentation. Des fois j'ai l'impression que vous calquez votre plaisir de jouer à celui du major Magdala Roosen... En moins sanglant certes, mais je ne serais pas étonnée de vous voir adopter ses points de vues, jusqu'à un certain point...
Par ailleurs si vous vous offensez à la simple mise en lumière de ce qu'est la Vérité à mes yeux, alors envoyez moi donc à la cour martiale... Je n'en ai que faire. Vous savez très bien que pour moi ce que je fais en ce moment a autant d'importance et de mérite que de donner le meilleur de moi-même sur le front. Les deux causes méritent d'être défendues, et d'ailleurs elles sont étroitement liées, bien qu'on puisse ne pas le voir au premier abord. Nous savons tous les deux que si vous vouliez un second qui exécute tous vos ordres sans discuter et sans prendre la peine de se faire entendre même si cela vous plait pas, je ne serais pas ici aujourd'hui!


Certes cette femme était une inspiration car son ascension militaire était exemplaire, mais cela ne voulait pas dire que Relian la portait dans son cœur. Cette comparaison n'était pas à ses yeux une louange, bien qu'elle n'ait pas l'intention d'être insultante pour autant. Elle venait en fait d'exprimer ce qui était à ses yeux une vérité, un fait établi. Caym Symanth était un stratège et tout le monde l'avait compris. Combien de fois n'avait-elle pas sué sang et eau pour mettre en place des plans des plus farfelus? Jamais dans l'histoire entière du Rugilian un officier n'avait pensé à faire des opérations de reconnaissance détaillées, des infiltrations, des chiffrages de ressources et des cartographies de terrain dans l'optique d'établir un plan d'attaque poussé. Se rouler dans la boue et les ronces, se déguiser infiltrée en civil... tout ça elle l'avait fait et plus encore, elle s'y était pliée. C'était donc parce qu'elle était bien placée qu'elle savait estimer avec exactitude à quel point la manière de faire de ce visionnaire était parfois retorse. Parfois au fond d'elle, quelque chose lui disait qu'il calquait ses stratégies sur les styles Otianais, toujours vicieux et imprévisibles. Ça non plus ce n'était pas du tout un compliment... ce qui ne changeait rien au fait que régulièrement elle se fasse cette remarque. Seulement elle se refusait à rapprocher les deux pendant trop longtemps afin de ne pas se faire du mal, surtout étant donné le profond respect qu'elle ressentait envers Caym. Elle ne pourrait d'ailleurs jamais lui transmettre cette pensée, car elle savait au fond d'elle qu'il ne pourrait pas le comprendre...

Peu rassurée par l'attitude pour le moins ambiguë de son interlocuteur, Relian fronça les sourcils tout en se maintenant ferme et sceptique. Elle ne savait pas ce qui allait découler de cette expression mi-figue mi-raisin se son supérieur, seulement se dégonfler et faire marche arrière juste parce qu'il ne l'approuvait pas ne faisait pas partie de son caractère. Butée et digne elle refuserait de céder sur ces points là à moins d'une très bonne raison argumentée qui lui prouverait par A+B qu'elle s'était trompée. Si cette dernière ne venait pas, alors elle garderait son avis jusqu'au bout, quoi qu'il advienne. D'ailleurs elle ne le regarda pas plus longtemps, de peur que son cœur battant comme un tambour puisse ramollir ses convictions d'une manière ou d'une autre. C'était pour cela qu'elle avait horreur des sentiments, et encore plus lorsqu'ils intervenaient de près ou de loin avec le travail... Elle s'en méfiait comme de la peste otianaise, car elle ignorait totalement ses limites et sa résistance à ce genre de facteurs inconnus... Le même type de facteurs qui faisait qu'en ce moment, alors que Caym se serrait contre elle, elle ne pouvait le repousser malgré sa crainte que tout cela ne soit qu'une manœuvre pour réussir là où les mots avaient échoué.
Au début tendue à cause de cette discussion un peu enflammée, elle finit par se détendre un peu plus et lui rendre timidement son étreinte. Les mots sortirent alors à nouveau d'entre ses lèvres, dans un ton plus adouci bien qu'elle ne lâche toujours rien.


- Théoriquement nous savons bien que toutes les vies, humaines ou non, ont toutes la même valeur. Mais en pratique vous savez aussi bien que moi qu'il n'en est rien. Celui qui prétend qu'il tue un allié et un ennemi avec le même poids sur la conscience est tout simplement le plus grand menteur ou le plus grand sans coeur que l'Erade ait jamais porté. Nous sommes des soldats. Je suis un soldat. Je suis faite pour neutraliser l'ennemi, et à défaut l'anéantir. Dans mon cas je ne peux pas dire que je passe longtemps par la première étape... car la haine que je porte n'a pas de limites et vous savez bien pourquoi. Dans la mesure de mes moyens je sais que je peux faire un très grand nombre de choses dont vous pourriez en donner l'ordre... sauf tuer des frères d'armes sans remords. Même si ils ont fauté, même si j'ai toutes les raisons du monde, criminels ou incompétents ils restent des frères.

Elle savait bien au fond d'elle que ce qui c'était passé ressemblait très fort à une trahison aux allures de désertion, et par conséquent elle ne pardonnait pas à ceux qui avaient commis ces fautes inexcusables... Ce qui n'était pas pour autant un motif suffisamment puissant pour la faire agir comme elle l'avait fait sans en être hantée. Le sentiment du devoir accompli n'était pas suffisant pour faible oublier ce qui s'était passé... Cela prendrait sûrement du temps avant qu'elle puisse prendre le recul nécessaire pour pouvoir traiter ce genre de situations dramatiques avec la tête froide... La même tête froide qu'elle avait eu au moment M, et qui lui faisait défaut maintenant. Après tout comment pourrait-elle être insensible à ce qui s'était passé...? Démontrer cela devant ses hommes était tout bonnement impossible bien sûr, mais au delà de ça... il y avait une femme de chair et d'os, la partie que Caym n'avait pas su ni pu voir auparavant. Comment réagirait-il en découvrant la Relian derrière le masque de sérieux imperturbable et de professionnalisme extrême?? Noyant son visage dans le creux de son cou, Relian ne le regardait pas.

- Humpf... vous pensez sérieusement qu'avec une telle faiblesse je pourrais devenir major à mon tour? Gardons les pieds sur terre... surtout que tous les postes sont désormais pourvus avec des leaders solides...
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Mar 4 Mai - 1:00

Relian savait à la fois énormément et rien du tout. Caym n’était pas le genre d’homme à laisser le temps faire son œuvre quand il pouvait amener son grain de sel… Surtout pas quand cela jouait autant dans son intérêt. Avoir Relian à ses côtés et obtenir sa promotion seraient un autre pas vers le contrôle total des armées de Rugilian… Un agenda qu’il ne comptait en rien changer, quel qu’en soit le prix. C’était même amusant que Relian ait fait mention de sa collègue générale : elle faisait partie des gens qui le suivrait dans sa quête et qui seraient plus instruments qu’acteurs… Un plan pour chaque chose et une chose pour chaque plan, disait l’otianais… Et c’était une devise à laquelle il tenait énormément. Il y avait un monstre derrière l’homme, une sombre entité créée par la folie d’un homme, par sa douleur et sa haine… Certains pouvaient s’en douter quand on connaissait un tant soit peu l’officier pour qui faiblesse était synonyme de mort… Les réels desseins de Caym, en dehors de vouloir contrôler l’armée de Rugilian, allaient-ils vers des idéaux avec un fond de noblesse… Ou deviendrait-il un autre tyran dans un océan de cruels dictateurs? Poser la question revenait à vouloir connaître une bien terrible réponse… Une réponse pour le moins sombre voire sinistre…

Cela posait donc partiellement problème que de répondre en de beaux termes rassurants à Relian… Car Caym savait pertinemment que les événements à venir allaient libérer des places dans la haute hiérarchie. C’était qu’il avait fait ses devoirs… Et il avait une belle liste de secrets bien compromettants à utiliser contre les officiers qu’il voulait voir tomber. Rien ne valait un peu de chantage pour parvenir à ses fins… Surtout quand en vérité… Les personnes concernées étaient trop souvent des aristocrates corrompus avec leur propre agenda en tête… Et leur agenda impliquait des morts par centaines… Tout camp confondu une fois sur le champ de bataille. Caym, en brillant stratège, savait calculer le prix d’une bataille en vies humaines. Ces gens là en étaient bien incapable d’où la nécessité de les écarter de la chaîne de commandement… Et Caym ne se gênerait pas pour les faire assassiner au besoin. Il avait les effectifs pour le faire, les hommes pour s’en charger et l’audace allant avec pour en assumer l’ensemble. Relian aurait sa promotion qu’elle se fasse par les mots ou le sang… Plutôt que de l’annoncer de façon si… Crue… Caym profita du fait que Relian ne le regardait pas dans les yeux pour répondre de ce ton tranquille qui pouvait laisser présager le meilleur et le pire.


« Lieutenant… Si vous connaissiez comme moi tous les noirs secrets des officiers en poste actuellement… Vous changeriez de discours. Je peux vous assurer que ceux qui sont actuellement en poste sont loin d’être aussi compétents qu’ils veulent le faire croire. Vous qui connaissez quand même mes méthodes, vous devriez savoir que j’accorde une importance toute spéciale à la collecte d’information… »

Dit ainsi, on pouvait supposer deux choses : qu’il y aurait du changement et qu’une fois encore, Caym faisait passer l’honneur de l’armée avant le reste. Il le faisait même… À outrance selon certaines rumeurs. Enfin bon, ceux qui servaient sous Caym sortaient de ses « classes » en professionnels endurcis… Et Caym se souvenait parfaitement bien d’une recrue de petite taille qui avait fait la risée de ses compagnons… Et qui avait tenu un pont à lui seul en Otian, en terres ennemies rien de moins, en attendant que les rugilianais finissent de saboter leur extrémité de la construction. Elle avait ensuite sauté à l’eau, abandonnant une petite montagne de cadavres derrière elle… D’un autre côté, il avait déjà exécuté de sa main un de meilleurs spadassins de l’infanterie parce qu’il avait été reconnu coupable d’agression sexuelle sur une mineure… La rumeur allait bon train que les infortunés soldats faisant patrouille près de la caserne par une nuit de pleine lune ou d’orage pouvaient encore entendre les cris d’agonie du coupable… Et encore, il n’était que major… Un major suffisamment influent pour faire tomber la tête de généraux selon son bon plaisir ou par caprice… Chose qu’il n’avait jamais…

Mais bon, en même temps, il y avait quelque chose chez cet homme qui semblait endormir toutes les méfiances et calmer toutes les craintes… Ce qui posait problème dans une vie de couple car la différence entre le Caym sincère et le Caym retors était davantage dans la gestuelle physique (lire toucher) que verbale. Dans la situation actuelle, Relain pouvait clairement ressentir toute la différence car il y avait une vrai chaleur humaine émanant de Caym, non pas ce froid caractéristique ou cette tiédeur presque… Forcée… C’était l’homme derrière le génie militaire qui offrait douce caresse et réconfort à l’amour de sa vie… Et Relian aurait pu jurer que son amoureux s’était transformé en glacier quand on frappa à la porte. Tous connaissaient le degré de tolérance de Caym face au manque de respect… Notamment la désobéissance à une consigne claire : porte fermée sans garde à l’entrée : major absent ou occupé. Se séparant de Relian avec un manque d’envie évident, il ouvrit d’un coup sec, commença à aboya un commentaire assassin… Et s’interrompit à mi chemin pour éclater d’un grand rire et de faire signe à la personne d’entrer... Caym Symanth aurait-il un… Ami?

Ami non mais mentor oui : le major Vodus Vantinius, probablement la seule personne que Caym tienne en réelle estime parmi les officiers servant dans l’infanterie. Plusieurs rumeurs couraient au sujet de cet autre major car Caym était son opposé sur bien des points, à commencer par le comportement : là où le major Vantinius était capable de compassion et de pardon, Caym n’était que dureté et fermeté. La rumeur la plus folle était que Vodus aurait fait un pacte avec un démon du désert pour que tout le mal en lui soit expulsé et prenne les traits d’une seconde entité qui pourrait à son tour servir à former des soldats, alors que Rugilian traversait des temps forts sombres. Une théorie presque plausible quand on considérait l’âge respectable du major et de son lien de proximité avec Caym… Et surtout que ce dernier avait hérité de certains traits et expressions de son vénérable mentor. Si Caym était froideur, Vodus était chaleur, lui.

Présenté en bonne et due forme par l’amant de Relian, le mentor de Caym y alla de polis compliments pour la jeune femme, des compliments sincères et vrais qui vous réchauffaient le cœur. S’installant confortablement dans le bureau « secteur » du major Symanth, il commença à discuter avec les deux officiers de la situation actuelle avec Rugilian et Otian et là où Vodus parlait d’une stratégie défensive et d’une réouverture des dossiers diplomatiques, Caym soutenait que l’offensive restait la meilleure des options, surtout après avoir fait des gains frontaliers significatifs. Toutes les attentions se tournèrent ensuite vers Relian pour avoir son point de vue sur la question… Fait apporté par Caym qui la questionna d’un ton calme mais porteur d’une fureur à peine contenue. La haine du major pour les otianais était pratiquement légendaire…


« Et vous lieutenant, en toute franchise et sans censure, quelle est votre opinion sur la question? Comment considérez-vous les otianais et comment devrions-nous réagir? »
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Jeu 6 Mai - 0:16

Act 15. Embarrassement



- J'ai dit que les leaders actuels étaient solides, je n'ai pas dit que pour autant ils étaient fiables ou compétents. J'ai beau ne pas faire partie des hauts rangs de l'armée, je suis toujours amenée à croiser ces personnages que je le veuille ou non. Je n'ai pas besoin de connaitre leurs secrets pour me garder d'amour à leur égard. Ils sont suffisamment détestables d'eux-mêmes.

Bien sûr Relian mentionnait implicitement la frivolité des soirées mondaines qu'elle était plus ou moins contrainte de fréquenter à cause du statut de sa famille. Autant dire qu'elle s'en passerait bien volontiers étant donné qu'elle ne supportait pas de flâner avec indolence alors que dehors d'autres se faisaient tuer en défendant les couleurs du Rugilian. Ces fêtes jusqu'au petit matin étaient un pur concentré d'artifices, de pouvoir et de politique... Mais elles étaient aussi un excellent moyen d'entendre et de voir une multitude de choses d'ordinaire inaccessibles. Plusieurs fois déjà elle avait retiré des informations très utiles concernant des malversations ou des pactes suspects. Certes nul n'ignorait qu'une armée incorruptible relevait de l'impossible et Relian le savait mieux que quiconque, depuis son plus jeune âge. Le temps de l'utopie était bien loin...
Cependant toutes ces réflexions bien que pertinentes n'étaient pas assez distrayantes pour lui faire omettre le fait que Caym s'était habilement gardé de répondre à toutes ses remarques. Pas étonnant quand on connaissait son génie mis à contribution dans le domaine du public comme du privé, ce qui n'empêchait pas pour autant que la frustration soit bien présente. Enfer et damnation! Il n'espérait tout de même pas s'en tirer à si bon compte!

Elle allait déjà le confronter à cette somme d'esquives indésirables lorsqu'elle entendit toquer avec une consternation non dissimulable. Soupirant tout en cherchant désespérément quelque chose avec quoi s'occuper afin de détourner les soupçons du potentiel esprit lubrique du nouveau venu, Relian se redressa. Se dirigeant alors avec empressement vers la petite bibliothèque des lieux, la demoiselle s'appropria le premier ouvrage à portée, qui se trouva être un manuel de stratégie originaire d'une contrée inconnue. Par mégarde elle fit pourtant tomber deux autres livres... et ce fut précisément lorsqu'elle se pencha pour ramasser ces derniers qu'elle entendit l'arrivée du major Vantinius. Peu douée pour le mensonge ou les rôles à jouer lorsqu'il ne s'agissait pas d'une affaire d'état, l'aide de camp était bien embêtée par cette situation. Saluant tout de même vigoureusement le major pour qui elle avait un certain respect dans un garde à vous impeccable, l'aristocrate ne se détendit que lorsqu'elle en reçut l'ordre. Enfin se détendit... physiquement en tout cas. Laissant les présentations formelles être faites, elle se tint discrètement en retrait, discrète comme à son habitude. À vrai dire elle possédait toutes les bonnes manières de la cour bien qu'elle ne les aime pas... elle préférait de loin le style concis et respectueux des militaires qui au moins ne devaient pas se perdre entre les révérences et les autres courbettes. Cependant elle qui avait très tôt appris l'humilité depuis qu'elle avait intégré les épreuves de ce métier était vraiment gênée des différents compliments qui lui furent faits. Se contentant de le remercier poliment, la demoiselle triturait le bouquin qu'elle n'avait pas lâché, tout en suivant le fil de la conversation qui évidemment serait retenue au mot près. Intervenant seulement lorsque son avis était questionné, Relian essayait d'apprendre les ficelles d'un poste qu'elle n'avait pas espéré atteindre, et encore moins aussi tôt...


- À mon humble avis nous ne pouvons pas compter sur la sincérité des otianais et par conséquent nous ne devons pas nous leurrer quand à leurs intentions. Je suis persuadée que si, et c'est un énorme si, nous arrivions miraculeusement à conclure un pacte de cesser le feu il ne serait qu'un écran de fumée à une série de manœuvres de leur part afin de nous affaiblir, tôt ou tard. Nos deux royaumes s'affrontent depuis tellement longtemps qu'il est probable qu'on n'ait jamais connu de trêve, qu'elle soit durable ou temporaire. En somme bien que j'aurais aimé pouvoir encore croire naïvement à l'honnêteté de l'ennemi, je ne peux pas. Ils nous ont privé de trop de choses avec les méthodes les plus lâches pour que nous continuions de nous faire des illusions. Avec eux tout est possible. Ils pourraient essayer de faire du potentiel négociateur un prisonnier de guerre, ils pourraient profiter de ces négociations pour frapper au moment le plus opportun, ou que sais-je encore. Je ne prétends pas non plus avoir un esprit aussi vicieux que le leur pour savoir ce qu'ils pourraient faire, alors j'en suis remise à mon imagination. Je pense que nous devrions garder nos plans habituels, tout en les peaufinant sensiblement. Nous avons la force et le savoir faire, le courage et la persévérance. Il nous faudrait juste un peu plus de prudence et d'organisation, ce qui malheureusement reste notre point noir. Je pense que nous devrions les occuper par une série d'escarmouches régulières afin de les maintenir occupés, tout en frappant vite et fort en nous faufiler dans les brèches. Les otianais sont facilement impressionnables et non pas l'habitude de gérer l'effet de surprise... Il est temps que les rôles s'inversent, que pensez vous?

Son débit avait été pour le moins soutenu, à tel point qu'à la fin de sa tirade Relian en était presque essoufflée. Disons que c'était bien la première fois que son avis était demandé au sujet de tout ce qui se passait, et ce même si il risquait de ne pas avoir d'impact direct ou indirect. Quoi qu'il en soit avoir donné son opinion était le désir récurrent de beaucoup de soldats, qui trop souvent en étaient réduits à agir, exécuter et se taire. C'est donc avec fierté et soulagement qu'elle s'était exprimée, bien que dans sa démarche sincère il n'y ait aucun désir de se faire approuver. Ce qu'elle pensait ne changerait pas juste parce que deux majors n'étaient pas d'accord...
Cependant son regard oscillait de l'un à l'autre, attendant leurs verdicts sur ce qu'elle venait de dire, car après tout ce n'était pas tous les jours que l'on pouvait toucher aussi près à l'incidence des ordres donnés à tous les hommes. Intéressée et responsable, Relian commençait à peine à s'y faire, mais comme d'habitude sa capacité d'adaptation allait rapidement l'aider à s'intégrer. Debout dans une position inconfortable qui reflétait tout de même à quel point elle se trouvait à cran, la rugiliannaise réfléchissait intensément au sujet qui les préoccupait.


- J'aurais quelque chose à vous montrer, si vous me le permettez. C'est un document que je garde précieusement et dont je suis l'auteur... Une modeste carte des frontières que nous avons défendues, avec une liste du nombre d'attaques selon les endroits ou les offensives ont eu lieu, et qui rapporte aussi l'endroit d'ou l'ennemi a surgi à chacune d'entre elles. Embuscades, pièges, oppositions de moindre envergure, tout y est.

Recevant l'accord de montrer ce qu'elle avait si précisément noté à travers les divers mois de campagne, Relian se dirigea vers un coin de la pièce où elle avait déposé sa besace. Rien de bien luxueux... un sac de toile qui avait bien vécu et qui soigneusement rangé contenait l'ensemble de ses maigres possessions. On lui avait dit que désormais elle bénéficierait de ses propres quartiers alors ce matin dès l'aube elle s'était chargée de tout préparer pour ne pas perdre de temps... Fouillant dedans pour retirer l'ensemble de documents qu'elle avait mentionné, elle eut pourtant une bien macabre surprise. Deux énormes rats morts pour le moins sanguinolents et mal odorants étaient dissimulés dans ses vêtements, ce qui était sûrement une mauvaise blague de ses collègues. Comme quoi la journée commençait bel et bien en beauté...


Dernière édition par Relian Mirel le Jeu 6 Mai - 3:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Jeu 6 Mai - 1:51

C’était bien sa Relian, à toujours avoir une opinion intelligente sur tous les sujets… Oh certes, parfois elle ne rejoignait pas la sienne mais ce n’était pas une mauvaise chose non plus… Il fallait de la diversité pour faire un monde bien vivant… Dans le cas de Caym, il pensait au contraire que les négociations seraient une bonne chose pour avoir les otianais à leur propre jeu… Un régiment complet de Rugilian serait chargé de veiller à la sécurité de négociations en Otian… Et il serait alors facile de choisir des soldats d’élites et d’en placer encore plus en civils dans la foule… Mieux valait prendre des risques chez l’ennemi où même une faute causerait des dégâts… L’otianais aimait rendre la monnaie de sa pièce au royaume qui l’avait vu naître et qui lui avait apporté malheur et désolation… Il avait plusieurs idées pour infliger de profondes blessures à Otian… Et en fin psychologue qu’il était, il avait pour se faire un plan d’une rare ingéniosité : l’armée qui attaque des civils est perçue comme un monstre. Une armée n’affrontant que les soldats ennemis est un groupe de patriotes défendant leur royaume. Si Otian passait pour le boucher commettant des atrocités… Sa propre population prendrait les armes contre elle… D’où le fait que Caym ne tolérait ni vol ni pillage ni viol sur des cibles spécifiques et connues pour avoir d’importantes concentrations de population. Il n’était pas stupide, il ne pouvait TOUT empêcher… Mais il gardait les choses au minimum et à date, les résultats payaient : les massacre de soldats ennemis étaient bien présents au sein des armées de Rugilian… Mais Caym ayant plus de cerveau que les autres tiraient quand même d’importantes ficelles…

Caym aurait bien pu donner son opinion mais le brillant stratège décida de faire passer la conversation par un dialogue entre son mentor et Relian… Jusqu’à ce que cette dernière parle d’une carte qu’elle avait créée. Fronçant les sourcils, Caym se demandait si Relian le lui aurait montré un jour… Mais il la laissa faire sans poser de question ou sans montrer de réaction qui puisse trahir sa naissante curiosité.

Quand il vit la dite carte, il serra le poing droit, un tic nerveux qui signifiait invariablement que des têtes allaient tomber. Relian ne le savait peut-être pas encore, n’étant pas aide de camp depuis bien longtemps… Mais Vodus lui ne le savait que trop bien… Cependant, le major avait une excellente raison : le document présenté par Relian était plus précis et complet que ce que certains de ses espions avaient rapporté et compilé… Il faudrait faire des ajustements à ce niveau là… Et il allait faire tout un ménage, foi de Symanth! Comment se faisait-il que des gens triés sur le volet, parmi sa propre élite, soient incapables de faire un tel travail? Il faudrait que certaines personnes répondent de leurs actes… Et le plus tôt serait le mieux. Vodus, décidant de prendre un pari risqué, soit de ramener Caym sur terre et de lui faire penser à autre chose, reçut un regard acide avant que ce regard ne se fasse amusé et que Caym reporte son attention sur le présent. Son avis était demandé sur le travail du lieutenant Mirel…


« Voilà un impressionnant travail, lieutenant… Je pense que je sais déjà où ils vont frapper la prochaine fois. La mentalité otianaise est si facile à comprendre, pour un peu que l’On soit prêt à s’avilir un quelque peu pour plonger des les méandres tordus de leurs esprits malades… Je ferai prendre les mesures nécessaires pour tendre un piège à nos chers ennemis… Et ils périront plus vite encore qu’ils ne peuvent fuir devant le danger… Les lâches… Les faibles… »

Le major Vantinius fit remarquer qu’il serait alors peut-être plus sage de simplement renforcé le dit « point faible » pour dissuader les otianais… Et Caym répondit d’un ton si venimeux que « la seule mesure d’action intelligente était la répression et non la dissuasion » que tous les non Caym de la pièce reculèrent instinctivement d’un pas. Il avait une de ces auras quand il le voulait… Et même les plus endurcis pliaient devant Caym Symanth… Rien ne semblait pouvoir lui résister… Ce point sur lequel Vodus insistait, avait été la source de nombreux débats : savoir si la dissuasion était possible avec l’ennemi venu d’Otian. Caym soutenait dur comme fer que non… Mais Vodus semblait plus modéré et ces derniers temps, cela inquiétait le major Symanth. Si Vodus commençait à se ramollir, ce serait une catastrophe d’envergure colossale… Ce serait même un coup terrible pour les forces d’infanterie… Il se promit alors de le faire suivre par ses espions, juste au cas où. S’il fallait changer de disque et se montrer plus convaincant, mentor ou non, Caym le ferait sans hésiter. C’était son devoir en tant que militaire professionnel que de prendre toutes les dispositions pour que Rugilian l’emporte… Après tout, s’il fallait que l’élève se fasse mentor pour son maitre, c’était bien Caym le premier qui serait prêt à tenter l’expérience…

Une idée germant soudainement dans sa tête l’amena à s’excuser : il avait besoin de consulter un document qui se trouvait dans son bureau du palais et il devait donc aller le chercher. Sortant de son bureau de fonction en ville, il tomba nez à nez avec… Une femme. Si Relian était un tantinet jalouse, elle ne resterait pas longtemps sourde aux « mon cayminouchet d’amour » et autres mièvreries du genre. La femme en question, une créature au buste improbable et à la silhouette retouchée à coup sûr par des moyens, s’ils n’étaient pas physiques étaient assurément magiques, ressemblait plus à une prostituée de luxe ayant sur exagérée qu’à une noble d’extraction moyenne… Aussi étrange que cela puisse paraître. Caym la connaissait… Et la haïssait pratiquement avec passion. Une enquête approfondie l’avait amené à suspecter un autre lieutenant servant sous ses ordres de malversations diverses et quand il avait commencé à vraiment se pencher sur le cas, cette catin à gros seins, fiancée de l’officier, sans doute mandatée pour faire un scandale incriminant qui forcerait Caym à abandonner les charges, ne cessait de le suivre et avait tenté à une reprise, saoule ou alors droguée, il n’en était pas certain, de le violer.

On disait souvent : si le regard pouvait tuer… Caym, dans son cas, employa des paroles si assassines qu’elles auraient sans doute pu tuer sur place. Il était à bout de nerf, fatigué de ces imbécilités ridicules et il était tout sauf d’humeur pour ce genre d’enfantillage. Tonitruant le plus beau « lieutenant » jamais tonitrué en Rugilian, Caym ordonna à Relian de faire disparaître la femme de gré ou de force, en insistant sur un usage abusif et brutal de force physique si nécessaire avec ordre de mise à mort s’il y avait la moindre résistance. Si la femme en question aurait dû avoir le choc, ce fut plutôt le mentor de Caym qui l’eu et il tenta de ramener son élève à de meilleurs sentiments… Mais il était clair que quelque chose… Quoi exactement… Que quelque chose n’allait pas. Mieux valait reporter la « réunion stratégique » à plus tard… Car quand Caym avait des envies de meurtre, mieux valait le laisser seul… Moins Relian qui avait désormais la délicate tâche de « désarmer » l’explosif Caym Symanth… Même Vodus n’avait jamais osé tenter un coup pareil… Si Relian cherchait un défi digne de ce nom, elle en aurait tout un en revenant de sa nouvelle « mission », aussi courte soit-elle…
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Jeu 6 Mai - 3:37

Act 16. Defusing a bomb



Il est vrai que dans sa nouvelle condition de lieutenant, Relian était encore loin de posséder le savoir faire et l'expérience nécessaire à décrypter les différentes et volcaniques réactions de son supérieur direct. Essuyant ses mains sales sur son uniforme avant de s'approcher à nouveau, la demoiselle ne comprenait pas trop pourquoi elle ressentait dans l'air cette tension incroyable. Elle avait pourtant fait attention à ne pas trop en faire, à ne prendre la parole qu'au bon moment, à ne se mettre en avant que lorsqu'elle était sollicitée. À vrai dire pendant un instant elle avait presque cru déceler une étincelle meurtrière dans les yeux du major, avant que celui-ci ne change à nouveau brusquement de comportement. Les compliments qui suivirent la laissèrent pour le moins dubitative, surtout qu'ils avaient l'air assez contradictoires avec l'acidité d'il y a quelques instants. Elle acquiesça sobrement en guise de remerciement mais ne pipa mot... D'accord tout le monde savait que Caym était imprévisible mais de là à des réactions proches de la schizophrénie...
Tentant de ne pas se laisser démonter, la demoiselle pointa tout de même plusieurs détails qui étaient toujours inscrits sous forme d'un langage codé et abrégé qu'elle avait inventé afin que même si par mégarde on lui dérobait ces documents, ils ne puissent pas servir sans sa coopération. Heureusement d'ailleurs les imbéciles qui avaient mis les rats dans ses affaires n'avaient pas fouillé méticuleusement... mais cela devait être du au fait qu'elle ne possédait aucun objet de valeur. Poursuivant donc en expliquant dans les détails ce qui se trouvait crypté sur le papier, elle leur dit:


- Ces rapports sont détaillés et ne sont que le fruit de mon ennui pendant les longues nuits de garde. Je possède une bonne mémoire, alors à la fin de la journée lorsque les affrontements se terminaient je notais le tout consciencieusement afin que nous ne nous fassions pas prendre à deux fois aux mêmes tours. Je n'ai jamais vraiment cru que cela servirait, mais après tout si je me suis trompée je ne peux qu'en être heureuse. Par ailleurs tout cela bien que je le pense exact, n'est qu'une esquisse d'un soldat et non d'un élément formé à la tâche. C'est plus un point de repère à titre indicatif qu'autre chose, en vérité...

Expliquant modestement qu'elle préférait que toutes les données fournies soient tout de même confirmées par les rapports étendus des espions et autres informateurs, Relian parlait lentement tout en gardant les yeux sur Caym. Il semblait étrangement hors de lui, sans qu'elle se fasse vraiment une idée du pourquoi. Il venait de complimenter son travail alors ce n'était peut être pas ça qui le dérangeait... et puis cette haine effarouchée envers les otianais n'était pas habituellement exprimée aussi ouvertement, bien que personne dans l'infanterie n'ignore ce qu'il en pensait. En fait Relian ne connaissait que trop bien les terribles colères du stratège et d'ailleurs elle en avait quelques fois fait les frais. Les séances d'exercice jusqu'à l'épuisement, elle s'en souviendrait toute sa vie... et ce pour ne pas parler des sermons violents et virulents auxquels tous avaient eu droit. Enfin finalement le colérique s'absenta en laissant sa seconde parler assez longuement avec le major Vantinius, qui bien qu'expérimenté avait encore quelques concepts idéalistes qu'il défendait bec et ongles. Dommage, si il était un peu plus objectif et terre-à-terre, il serait l'un des meilleurs officiers qu'elle connaisse... Leur échange fut cordial et constructif, et sans trop qu'elle sache pourquoi, elle se dit que cet homme pourrait être une personne à retenir dans son entourage militaire. Ce n'était pas bien souvent que l'on avait autre chose que des bourrins sans cervelle ou des corrompus à peine dissimulés en face de soi...
Mais toute cette amène conversation s'effaça instantanément lorsque l'aristocrate entendit beugler son nouveau rang. Se redressant sur le champ comme si on lui avait reproché une posture nonchalante, elle s'excusa rapidement et fila comme le vent pour rejoindre son supérieur. Étant donné l'humeur très moyenne dont il avait fait preuve plus tôt, il y avait fort à parier qu'elle n'ait d'autre choix que de s'exécuter illico et sans poser de questions. Car il fallait le dire, elle était certes quelqu'un de noble et courageux, mais ne tenait pas pour autant à subir cet orage de plein fouet!

Accourant en s'attendant à voir les hommes réunis et mêlés à une émeute ou quelque chose du genre, quelle ne fut pas sa stupeur en voyant une seule et unique femme causer autant de confusion. Fronçant d'ailleurs les sourcils dès que ses prunelles croisèrent la silhouette vulgaire et indécente de cette... chose, Relian apprit qu'elle aurait le déplaisir de se charger personnellement de son cas. Quelle aubaine vraiment, devoir se débarrasser de cette poupée de porcelaine rembourrée de partout et dont les couches de maquillage gâchaient plus le visage parfait qu'elles ne le mettaient en valeur.
S'écartant donc avec ce fardeau bruyant à la voix agaçante et haut perchée, Relian n'avait encore marché que quelques mètres qu'elle en avait déjà marre de l'entendre. Un bon bâillon serait à considérer si elle ne se taisait pas très bientôt...


- Si vous n'arrêtez pas de pleurnicher comme une truie égorgée, je vais peut être me charger de mettre cette métaphore à exécution pour sauvegarder mes oreilles!

Bien sûr les paroles peu courtoises de Relian donnèrent lieu à un long laïus plaintif et une ribambelle d'insultes aussi vulgaires les unes que les autres, ce qui résulta logiquement en un soufflet bien mérité qui ne la fit pourtant pas taire. Respirant profondément pour essayer de repousser l'envie de la tuer aussi sec, elle finit par l'amener directement de l'autre côté de la cour, aux geôles, ou elle dicta aux soldats présents de lui accorder une peine de 10 jours d'emprisonnement pour harcèlement physique et moral, proxénétisme et violence à l'égard d'un officier. De quoi la boucler pendant un moment, mais surtout de la faire crier là ou elle ne serait pas forcée de l'entendre. Elle conseilla d'ailleurs aux gardes de lui mettre un bâillon si ils ne voulaient pas dans la folie avant le crépuscule... Sans s'éterniser étant donné les autres tâches qui l'attendaient et bien sûr l'envie de partir le plus loin possible de l'autre hystérique, Relian fit le chemin en sens inverse pour revenir rapidement à la caserne. Le tout avait pris dix minutes chrono en main... mais cela ne lui disait pas ce qu'elle trouverait en poussant la porte. Frappant et entrant lorsqu'elle en reçut l'autorisation, elle s'apprêta au pire. Et puis après tout elle ne pourrait pas tenter de l'apaiser de manière personnelle tant que Vantinius serait présent...

- La nuisance est neutralisée, nous n'en entendrons plus parler pendant un bon moment. Mais si vous me permettez, pourquoi êtes vous dans cet état, major?
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Ven 7 Mai - 16:00

Le major Vantinius, après avoir salué son protégé, quitta la pièce, prétextant que le devoir l’appelait ailleurs, se rappelant soudainement une réunion de l’état-major où il devait donner son opinion en tant que vétéran. Soudain, comme explication, mais pas impossible car Vodus était effectivement appelé à donner son opinion parmi les têtes de l’armée au vu de son opinion plus modéré et de ses longues années d’expérience. Laissant donc le lieutenant Mirel avec son supérieur, il reprit la route du château après avoir verrouillé la porte. De son côté, Caym prit place derrière son bureau et abattit son point avec tant de force sur son bureau que l’on put entendre quelque chose craquer. S’il s’agissait du meuble ou de son, point, on ne le saurait probablement pas car nulle expression de douleur ne passa sur le visage du major Symanth qui, après un long moment de silence ponctué par une respiration rapide et légèrement irrégulière, croisa le regard de Relian, un regard chargé de flammes pratiquement sorties de l’enfer elle-même. La conclusion à en tirer? Il était tout sauf de bonne humeur…

« L’être humain, cet animal qui pullule tout en étant en voie de disparition… C’est consternant et écœurant que de constater que l’évolution n’a pas encore fait le tri dans la marée toujours grandissante d’imbéciles qui peuplent ce monde… Si vous devez savoir, lieutenant, cette nuisance à laquelle vous faite référence est la fiancée du lieutenant Tyronius Mercius, un lieutenant servant sous mes ordre que je suspecte de malversation. Cette catin me suit donc depuis des jours en espérant me séduire et donner lieu à un scandale sexuel pour me discréditer… »

Laissant entendre un reniflement de mépris si évocateur qu’on se sentait presque mal pour l’infortunée victime du geste de Caym, il n’y avait aucun doute sur les sentiments que le major nourrissait à l’égard de ce subordonné et de ses manigances. On pouvait pratiquement sentir les ondes négatives qui gravitaient autour de Caym et son aura de colère… Le professionnalisme de ceux servant sous ses ordres était toujours un sujet sensible car pour Caym, aucun militaire digne de ce nom, encore moins servant un royaume, une bannière, n’était en droit de déroger aux règles qui faisaient un vrai professionnel de la guerre. La guerre en soi n’avait pas de règles, même si on avait le réflexe de se plier à certaines convenances, mais le militaire le vrai, le guerrier, le soldat, l’officier et même le mercenaire dans une certaine limite étaient, selon Caym, tenu d’êtres plus que des hommes et moins que des dieux. Conception particulière pour ceux qui tuaient par dizaines au minimum sur le champ de bataille au nom d’idéaux creux et qui n’étaient qu’un prétexte pour enrichir une nation… Mais là où Caym se démarquait du lot, c’était en ce qu’il tirait de ce genre d’observation. La guerre, le conflit, le combat, ces choses étaient au dessus des hommes et des bêtes. La guerre était un art et les inculte et les amateurs n’étaient pas les bienvenus dans ce monde où l’épée était le pinceau et le sang la peinture qui redessinerait le monde pour un futur incertain…

Certaines rumeurs laissaient entendre que le major aimait avoir quelque part dans son bureau une bonne bouteille, pour les coups durs et histoire de ne pas devenir complètement fou, une pratique relativement courante chez les officiers. Caym n’était pas parfait, il avait ses défauts… Et un bon verre lui tentait terriblement en ce moment. Il n’était pas alcoolique, loin de là, mais l’influence paternel avait fait son travail pour le rendre un minimum vulnérable à l’alcool. Sortant donc de son tiroir la dite bouteille, qui devait valoir une petite fortune, il tendit la mit pour la déboucher, après l’avoir posé sur son bureau… Avant de balayer le récipient de vers d’n geste rageur, envoyant cette dernière éclater en morceau contre le mur. Non, le major était de fort méchante humeur et mieux valait choisir ses mots s’il fallait absolument lui parler…

Se redressant, il fit signe à Relian de s’approcher… Et quand elle fut suffisamment près de lui, il lui attrapa la tête à deux mains pour lui donner un baiser fougueux, presque violent certes mais en rien ô loin de là, désagréable. Plus les émotions étaient intenses en Caym, mieux il faisait les choses, semblait-il… Prolongeant le baiser, il aurait laissé la femme moyenne à bout de souffle et pantelante… Mais il savait que Relian était bien plus solide que cela. Ah qu’il en avait eu besoin, de ce goût si particulier qu’il trouvait sur les lèvres de son aimé… Oh il ne fallait pas se leurrer : Caym la jouait parfois dur mais jamais il ne violenterait Relian. Il aimait trop cette femme pour même penser à faire une telle chose… Et si Relian n’avait pas encore comprit la chose, Caym lui avait ouvert son cœur car il avait besoin d’aide, de son aide. La colère était un puissant poison amenant à faire bien des choses… Et Relian en acceptant d’unir son destin à Caym était non seulement devenue sa promise mais également sa protectrice. Protectrice prenait tout son sens car elle n’était pas son garde du corps : elle devait protéger Caym non pas des dangers extérieurs mais de lui-même… Car Caym, pour un peu que la mauvaise combinaison d’éléments se fasse dans sa tête, était capable du pire…

Comme il était, selon les circonstances, capable du meilleur. Pivotant de façon à ce que ce soit Relian qui soit dos à son bureau, il la força presque à s’allonger dessus, lui offrant un nouveau baiser tout aussi passionné, cette fois-ci en ajoutant d’exquises caresses. Curieuses façon que de passer sa colère en se servant de l’amour et de la passion pour transformer en énergie positive un concentré d’énergie négative… Mais Relian n’aurait pas à s’en plaindre ni à craindre un compagnon violent qui pourrait la battre sous un accès de colère. Elle pouvait clairement lire dans le regard de son supérieur ce qu’il désirait mais que leurs uniformes respectifs empêchaient… Et elle put déceler une force certaine difficilement imaginable chez un homme : un contrôle de soi presque surhumain. Il aurait pu la prendre dans ce bureau qui constituait une sorte d’îlot tranquille dans la tourmente du monde militaire, lui faire l’amour sans même se soucier de son avis… Mais ce n’aurait pas été Caym s’il s’était laissé ainsi allé. Il avait réunit tous les bons éléments, toutes les conditions, tous les paramètres… Mais au lieu d’Agir comme la brute masculine moyenne dont le cerveau se situait dans le pantalon, il agissait en Caym Symanth, démon à forme humaine selon certain, laissant le dernier mot à une Relian qui bien que partiellement épargnée d’une partie des armes dans l’arsenal du major, était paradoxalement terriblement vulnérable à d’autres aspects de ce même arsenal. Autant une seconde Relian pouvait être le centre de toutes les attentions, une sorte d’idole vénérée par son amant… Autant la seconde suivant, comme dans cette situation précise, elle pouvait se sentir comme sa marionnette, la plaçant dans une situation où elle aurait l’odieux de la décision… Sans que cela affecte de façon négative leur couple. Caym Symanth était parfois un brillant exemple de contradiction vivante, comme si justement il agissait de la sorte pour que quiconque puisse encore moins bien lire en lui…


« Alors lieutenant… Comment comptez-vous régler le présent problème? Votre officier supérieur carbure en ce moment aux pulsions violentes dont la contre mesure efficace est la pulsion plaisante… Allez-vous substituer un volcan prêt à entrer en éruption pour un autre… Ou alors aurez-vous l’odieux de la chose soit de contenir les dégâts le plus possible? Vous savez très bien de quoi je suis capable… »
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Sam 8 Mai - 1:31

Act 17. Non sequitur


Il ne fallut pas bien longtemps à Relian pour comprendre qu'elle venait de s'engouffrer dans la gueule du loup sans protection... il suffisait de voir la vitesse avec laquelle le major Vantinius avait eu l'obligeance de se trouver quelque chose à faire. C'était soudain pour une réunion qui devait théoriquement être prévue depuis longtemps. Si il s'était agi de n'importe qui d'autre elle aurait interprété cela comme un détalage en règle, mais comme dans ce cas-ci il s'agissait d'un supérieur, elle se contenterait de le remarquer en silence et faire comme si elle ne s'en rendait pas compte. Si d'un côté elle en était satisfaite car le fait qu'elle soit en tête à tête avec Caym lui laissait une plus grande marge de manœuvre, de l'autre elle savait que cette situation pouvait être une lame à double tranchant. Rien ne lui garantissait que ce n'était pas elle qui d'une manière ou d'une autre pâtirait de tout, que ce ne serait pas elle qui servirait d'exutoire qu'elle le veuille ou non. Le tout était un complexe imbroglio dont elle ne voyait pas encore le bout... mais elle n'aurait pourtant d'autre choix que de se lancer à corps perdu dans ce qui semblait être une cause compromise. Écoutant les paroles de Caym tout en se gardant bien de dire quoi que ce soit sur le sujet, Relian enregistrait les détails afin de potentiellement s'occuper de cette garce une fois qu'elle en aurait l'opportunité. Maintenant qu'elle connaissait les raisons de son hystérie ainsi que de son grotesque accoutrement à la vulgarité sans pareille, elle se promit de lui faire connaitre de près l'enfer. Si les motivations étaient personnelles ou professionnelles? Dur à dire, sûrement qu'il y avait des deux, mais ce n'était pas comme si cela importait réellement.

Ce qui est sur c'est qu'en imaginant qu'elle ait pu se croire à l'abri du danger à venir, si elle avait pu baisser sa garde pour quelque raison que ce soit, elle aurait certainement repris du service en entendant le bruit de verre qui se brise. Rentrant instinctivement la tête dans les épaules, la lieutenant avait réagi plus parce que le bruit était désagréable que par vraie frayeur. C'était prévisible qu'un tel gâchis n'arrive si l'on avait observé un minimum les diverses traces d'instabilité du major... Raide comme un piquet alors qu'elle avait les mains posées sur le dossier de la chaise la plus proche, la demoiselle se demandait quoi faire en vérité. Peut être que le mieux demeurait encore d'attendre qu'il ait fini ce qu'il avait à dire, attendre qu'il explose afin qu'il retrouve son calme...Caym sembla décider pour elle, et l'invita à s'approcher pour on ne sait trop quelles obscures raisons. L'intuition lui dit que cela sentait encore l'imprévu... et ça ne l'empêcha pas d'avancer quand même, sans crainte. Le dévisageant parce qu'elle se demandait ce qu'il allait encore ressortir de tout cela elle soutenait son regard... et encore une fois comme un peu plus tôt dans la journée, elle fut embrassée par surprise avant d'être renversée sur le bureau. La passion pour apaiser la colère, était-ce sage? Ce baiser auquel elle correspondait de toutes ses forces avait beau être des plus exquis, le tout lui donnait l'impression d'être rentabilisée comme un objet dont on se rappelle brusquement de l'existence et l'utilité. C'était paradoxal, mitigé, profond et passionnant, comme tout chez cet homme. Il était en train de bâtir une relation entre eux qui finalement était quelque peu à son image, ce qui malgré les apparences était juste ensorcelant...


- Je vais finir par croire que c'est une habitude de me plaquer sur l'objet solide le plus proche...

L'heure n'était pourtant pas aux questions mais aux sensations, au toucher principalement. Sans crainte et avec un sourire timide sur les lèvres, la blondine attrapa son supérieur par le col et l'attira sur elle alors que l'autre bras elle envoyait valdinguer l'ensemble de ce qui se trouvait sur le bureau. Les baisers et les caresses réciproques se succédant dans un ballet si harmonieux qu'il pourrait sembler programmé étaient aussi agréables que la veille, et si maintenant ils lui semblaient plus familiers, ils mettaient tout autant le feux aux poudres en quelques instants à peine. Étrangement la Relian sobre et presque effacée était plutôt du genre à partir au quart de tour dans l'intimité... ce qui la conduit à naturellement vouloir se venger de ce plaisir en lui en provoquant tout autant. Entrelaçant ses jambes autour de sa taille comme pour mieux l'emprisonner, elle lui fit savoir qu'il ne ressortirait pas non plus indemne de ce petit jeu... Il n'était plus question qu'il la laisse ardente comme une allumette et qu'il ne se brûle pas un peu, ce ne serait pas juste!
Décidant de vivre cette situation comme celle de leur intimité et non celle de leur rang, en tout cas pour ce qui était de son for intérieur, Relian semblait avoir trouvé un semblant de solution pour ne pas se désintégrer sur place à l'idée que tout cela soit calculé. Fermer les yeux au moins pour l'instant était la seule chose à faire... Surtout que pour l'instant elle avait de toutes autres affaires en main... bien en main même. Une paire de fesses masculines en l'occurrence. Fermement décidée à ne pas céder sur tous les points non plus, Relian voulait lui montrer que malgré ce je ne sais quoi de naissant et grandissant pour lui elle n'était pas sans volonté, sans courage, sans culot... ce qui fut bien illustré par son ton de voix, mi-innocent mi-moqueur:


- Je croyais avoir déjà répondu à cette question de formalité, mon majoueur. De quoi êtes vous donc capable, dites moi?
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Sam 8 Mai - 14:01

La première remarque de sa subordonnée le fit sourire, ce qui était déjà mieux qu’un regard agacé ou courroucé. C’était un pas dans la bonne direction, ce qui ne pouvait qu’être encourageant. En fait, il y avait une raison à cela : un soldat, par nature, cherche à avoir le plus de liberté de mouvement lorsque confronté de quelque façon que ce soit. Même en amour, ce principe s’appliquait…. Pour Caym à tout le moins. Il restait un prédateur, prêt à bondir et se trouver entravé était une motivation supplémentaire pour renverser la vapeur. Le but était simplement de voir si Relian serait plus du genre à conserver cette position de mobilité réduite ou si elle montrerait crocs et griffes pour inverser les rôles. Évidemment, la notion d’un vrai combat était à exclure… Mais un peu d’exercice ne faisait jamais de tort, un peu de lutte non plus. Le dirait-il à Relian? Non. Caym préférait et de loin laisser derrière lui une ribambelle de questions que des réponses toutes cuites et données. C’était une part du personnage que de semer le mystère pour confondre ceux qui ne désiraient pas vraiment savoir…

Il fut toutefois satisfait de voir que Relian savait réagir au quart de tour et que même dans une registre d’actions et de réactions qui étaient relativement nouveaux pour elle, elle savait s’adapter rapidement et elle livrait déjà une performance des plus intéressantes. C’était vraiment la femme qu’il lui fallait, femme parfaite à ses yeux pour qui il avait un grand respect… Et les personnes que Caym respectait réellement se comptaient pratiquement sur les doigts de la main. Les gens étaient, pour Caym, des instruments et des pions à déplacer sur son échiquier. Relian mieux que quiconque devait le savoir… Mais Caym aimait transformer ces mêmes pions en cavaliers, fous, tours et reines… Ce n’était pas le manipulateur classique à la pensée unidirectionnelle. L’intellect de Caym, vicieux, froid et acéré, semblait plus proche des magouilles démoniaques que du registre humain… Et encore là, se servir de la controverse faisait partie de son style. Chose certaine, pour l’heure, ses plans se résumaient à lui et la femme qu’il aimait… Et si passer un moment intime avec Relian l’enchantait, une part de lui ne l’était pas. Caym agissait dans l’ombre certes… Mais il excellait à agir en pleine lumière sans être vu. Il aurait voulu tenter le diable, montrer qu’il était Caym Symanth et que rien ne l’empêchait d’agir à sa guise, devant tout le monde… Sans que personne ne se doute de ce qu’il faisait. C’était tout Caym, dans toute sa belle et terrible complexité…


« De quoi je suis capable? Du meilleur et du pire, lieutenant, rien de moins. Le monde est mon terrain de jeu : l’armée de Rugilian pour le moment, Rugilian au complet demain, Érade le mois prochain et le monde entier dans un an. Si ce n’était que de moi, lieutenant, ce que nous faisons ici derrière une porte close, je le ferais à la vue de tous… Sans même qu’ils ne s’en rendent compte. Telle est ma nature et mes exploits en le domaine sont nombreux… Vous le savez comme moi… »

En effet, dans une manœuvre qui avait laissé muet d’admiration l’état major entier, sans magie ni technologie de pointe, Caym avait fait d’un petit groupe de soldat un régiment entier, Causant la confusion dans les rangs otianais. Frappant de toutes parts et de nulle part, un cor de guerre répondant à un autre et des tirs de flèches venant ponctuer l’ensemble, la mobilité de la petite équipe du major avait vraiment donné l’impression qu’il il avait plus de soldats qu’il n’y en avait réellement. Le commandant otianais n’ayant pas osé tenter grand-chose, préférant attendre des renforts, c’était laissé berné par le subterfuge de Caym : les renforts otianais qui étaient entrés dans le camp fortifié étaient en fait le reste du régiment de Caym, qui avait prit en embuscade et éliminé les dits renforts… La paranoïa et la peur avaient rendu une telle stratégie réalisable… Un coup de génie qui avait été regardé de haut par des officiers supérieurs faisant aujourd’hui grise mine… Mais bon, ce n’était pas ce qui était à l’horaire… Loin de là.

Relian se montrant réceptive à son petit jeu, le « majoueur » Caym Symanth décida de provoquer à son tour. Si elle jouait avec son postérieur, il jouerait avec les attraits féminins de sa subordonnée et il avait le tour de trouver les faiblesses des autres et les exploiter. Si Caym n’avait jamais couché avec une autre femme, cela ne l’avait pas empêché de s’amuser… Et si rien n’avait jamais fini dans une chambre à coucher, il avait su s’amuser aux dépends de ces sangsues plus intéressées par son grade que sa personne. Caym étant Caym, peu lui importait le rang de la dite sangsue ou l’endroit où il se trouvait. Il se souvenait parfaitement de ses premiers mois en tant que lieutenant, quand il ridiculisait ses instructeurs par le manque évident de stratégie et de tactique, exposant divers plans et idées qui avaient plus tard été mises en application par l’actuel major… Et rien n’attise plus la curiosité de ces femmes d’officiers que les jeunes officiers au futur prometteur. La première à s’essayer, une femme dont la seule motivation était le prestige et qui se servait de son physique pour attirer ses proies, avait connu son tout premier refus aux mains du lieutenant Symanth. Ils étaient à un bal organisé par les officiers et elle s’était proposée pour être sa partenaire. Caym savait qui elle était, ce qu’elle voulait et il avait feint de ne pas savoir. Il avait enduré propos suggestifs et attouchements physiques (sa virilité avait été agressée par les mains manucurées de la vile opportuniste…) avant de décider de se venger et de la provoquer en s’en prenant à sa féminité, plus spécifiquement ce qu’elle avait sous la ceinture. Contrairement à cette vipère, Caym ne jouait pas, il suivait son plan… Et sans passer à l’acte, sans même faire plus d’efforts qu’un toucher professionnel, il avait mené la vipère à l’orgasme. Beaucoup pourraient se demander le but d’une telle manœuvre? Caym avait simplement décidé de détruire l’aura de sur confiance de cette idiote. De un, il l’avait perdre sur son propre terrain, soit stimuler le désir chez l’autre. De deux, il s’était montré meilleur séducteur qu’elle. De trois, il l’avait humilié en la menant justement à l’orgasme, devant tout le monde, sans que personne ne le voie et le pire pour cette succube en robe de bal était qu’elle était du genre à manifester bruyamment son plaisir, ce qu’elle n’avait pu faire au risque de perdre bien plus que son orgueil. De quatre, si elle venait à porter plainte, Caym aurait à coup sûr tous les arguments pour la détruire entièrement et de cinq… Elle avait trop d’orgueil mal placé et de honte pour tenter quoi que ce soit. Une leçon d’humilité en règle, une humiliation cuisante… La première d’une longue série.

Dans le cas de Relian, ce n’était pas une leçon d’humilité qu’il cherchait à lui enseigner, c’était de la provocation à l’état brut. Il la savait réceptive à son toucher… Et il essayait de voir qui des deux cèderait en premier. Caym avait un avantage déloyal : il était capable de tout, même des coups les plus traites et les plus vicieux… Surtout en amour. Pourquoi? Car c’était justement dans l’intimité que ce qui d’ordinaire avait une connotation négative se transformait en quelque chose de positif. Relian se rendrait compte bien vite, si ce n’était déjà fait, que son amant ne se pensait pas supérieur à elle dans le vécu de leur amour… Il devenait l’homme de sa vie, celui qui vivait pour lui plaire, lui faire plaisir… Et la faire grimper aux rideaux car il gardait cette particularité très Caym Symanth pour la provocation…
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L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)

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