La destinée de l'Erade
Bienvenue à toi, étranger !
Œuvre du hasard ou du destin, tu viens d’arriver aux portes d’un monde nouveau, celui d’Erade ; un univers aux secrets innombrables où cohabitent des cultures différentes et où la magie se lie à chaque être, dés sa naissance. Tu connaitras l’amour, l’amitié et de grands moments que tu n’oublieras jamais mais aussi de la tristesse, une noirceur dont tu ne te connaissais pas l’existence et qui sommeille pourtant en toi. Ce monde possède des horizons différents, des histoires liées entres elles et tu apprendras par la suite que rien n’arrive par hasard. Tu peux fuir ou rejoindre l’aventure mais n’oublie jamais qu’ici, chacun de tes actes changera le cours de notre histoire, celle que l’on écrit tous ensemble, la destinée de l’Erade.



 
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 L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)

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MessageSujet: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Sam 2 Jan - 19:24

Chaque jour où il voyait cette femme était un cruel rappel à un passé perdu et à un avenir à jamais transformé. Le major Symanth haïssait plus que tout ce genre de retournement de fer dans la plaie et à ce juste titre, il en était venu à faire montre d’une hostilité à peine déguisée face à la petite dernière entrée dans son corps d’officiers, une jeune lieutenant fraichement graduée du nom de Relian Mirel. Une copie conforme ou presque de sa sœur Luhiel. Le seul moyen de se débarrasser de cette écharde dans une blessure qui avait toutes les misères du monde à se refermer était de faire en sorte que le lieutenant Mirel échoue… Et ainsi il pourrait s’en départir et la faire affecter ailleurs. Au niveau du soutien logistique tien, là où d’ordinaire finissaient les laissés pour compte…

Le seul problème avec son plan? Relian Mirel était excessivement solide et sa détermination était aussi inflexible que sa volonté de faire ses preuves. Elle avait réussit là où des dizaines de personnes avaient échoué : elle avait impressionné le major Symanth, l’officier le plus redouté de toute l’armée de Rugillian. Il refusait de reconnaître la chose mais… Au fond de lui, une certaine forme de respect voire d’affection était en train de prendre forme de jour en jour. Chose certaine par contre, son amertume et son aigreur tenaient loin tout progrès trop rapide vers une relation où cette hostilité que Relian ne pouvait comprendre ne serait plus. Il le savait, elle avait tenté de le savoir par la bouche d’autres officiers… Et personne n’avait pu fournir de réponse autre que « Le major exige des preuves avant toute chose ». Si elle avait pensé un instant que ceux qui justement avaient fait leurs preuves entraient ensuite dans les petits papiers du major… Elle se trompait cruellement. En fait, d’autres officiers plus gradés de toute branche de l’armée confondue craignaient plus le major Symanth que les vicieux stratège d’Otian… Car le major avait un intellect encore plus aiguisé et retors qu’eux.

La tentative du jour pour se débarrasser du lieutenant : une épreuve de force et d’endurance. Le genre du truc sadique qui vous met une tonne d’humilité dans les vantards prétentieux et qui pulvérise pour des siècles la confiance des plus faibles. Caym Symanth ne cessait de dire que la branche ayant le plus de responsabilités sur ses épaules était celle de l’infanterie… Et pour illustrer la chose, il prenait sur ses propres épaules des poids excessivement lourds qu’il portait sans broncher en répétant à ses hommes que quiconque ne pouvait porter le poids de ce que l’infanterie devait fournir et endurer était indigne de servir sous ses ordres. À part le mentor de Caym, le major Vodus Vantinius, personne au sein de l’infanterie (en dehors du général) n’avait un pouvoir aussi important sur ses hommes. Le major Vantinius le faisait pour garder une équipe soudée, forte de ses membres et donc choisis pour leur capacité à travailler en équipe tandis que Caym, en bon officier tyrannique, exigeait l’excellence et plus encore. Si le lieutenant Mirel se montrait incapable de porter les charges… Ce serait l’allez simple pour une autre affectation et ce serait assurément dévastateur pour sa carrière : les paroles du major Symanth avaient plus de poids que ceux de colonels de l’Armée ou d’officiers plus vétérans… C’était à ce point dire ô combien Caym Symanth était un officier redoutable. Là où plusieurs dépendaient d’appuis politiques pour poursuivre dans leur carrière, Caym ne devait ses galons qu’à sa propre personne… Et c’était chose rare dans l’armée de Rugillian. Ce qu’il y avait de plus dérangeant encore? Caym Symanth avait un contrôle parfait sur ses troupes qui faisaient ce qu’il disait et ce quelque soit l’ordre donné, sans broncher ni poser de questions. La rumeur disait même que le roi commençait à craindre cet officier trop ambitieux et trop puissant au goût royal…

Ceci dit, pour en revenir au test, histoire de mettre encore plus de pression sur les épaules du lieutenant, Caym avait fait passer le test à tous les derniers rentrés dans ses rangs, les commentaires destructeurs devenant de plus en plus assassins à chaque échec. Il avait gardé Relian pour la fin, pour se délecter encore davantage de son échec futur et sur la totalité des derniers arrivés, moins de trente pour cent avait réussit à passer le test ultime… Et sur ce trente pour cent, une bonne partie l’avait fait de justesse… Et le major avait parlé d’une seconde vérification pour s’assurer que la chance n’avait rien à voir dans le processus. Autant dire que si quelqu’un avait dégainé son épée, il aurait pu couper la tension ambiante avec. Tous les regards allaient alternativement du lieutenant Mirel au major Symanth, ce qui offrait un contraste saisissant et pas seulement de genre : le major était dans son armure, droit, fier son armure d’une propreté impeccable tandis que comme tous les autres, le lieutenant Mirel portait la tenue standard des militaires et elle était en fort piteux état. Quand le général faisait passer des tests… Ce n’était pas fait pour les petites natures! Caym avait le tour pour renvoyer de sa division ces fils de nobles la queue entre les jambes. Contrairement à certain de ses homologues, il n’avait aucun problème avec les femmes dans l’armée, tant et aussi longtemps qu’elles faisaient leurs preuves également… Et donc si le lieutenant Mirel décidait bêtement de protester contre son sort, elle en aurait pour son argent dans le procès en cour martiale qui suivrait systématiquement. On ne contestait pas les dires du major sans en payer le prix fort…


« Bien, voyons voir qui se doit de prouver sa valeur… Lieutenant Relian Mirel. La dernière sur ma liste… Bien. Voyons voir si vous avez la force pour porter le poids demandé par des responsabilités dans l’infanterie… »

Un des « vaincus », un de ces pompeux fils de riche, décida de ne pas tenir sa langue et de protester : pourquoi les officiers et sous-officiers subissaient les mêmes tests que les soldats, pourquoi les nobles subissaient les mêmes épreuves que les roturiers et pourquoi les femmes avaient d’une part droit d’être dans l’armée et de l’autre d’avoir les mêmes tests que les autres. Un silence pesant s’abattit sur l’assemblée quand le major se leva, attrapa le contestataire par la gorge et le força à croiser son regard.

« La guerre se moque bien de ton sang, de ta classe sociale ou de ton sexe, petit morveux de fils de noble. Ici chacun fait ses preuves, endurent les mêmes épreuves parce qu’une armée, une vraie, c’est un monde où les officiers, les sous-officiers et les soldats sont aussi importants l’un que l’autre. Tu auras tout le temps d’y réfléchir… SERGENT! Rossez copieusement cet imbécile et foutez le moi au trou jusqu’à nouvel ordre… »

Ce petit problème réglé, Caym Symanth reporta son attention sur la dernière à passer le test, son regard plus froid que la glace dans lequel brillait pourtant des flammes qui semblaient à la fois dirigées face au lieutenant Mirel et au-delà… D’un signe de la main, il lui fit signe de commencer, d’aller chercher les poids et ensuite de faire le parcours du combattant sans bien pur jamais perdre ses charges. Le sang de ceux qui avaient échoué aujourd’hui maculait encore différentes étapes du parcours, rappel muet que ce n’était pas un jeu et que l’on pouvait vraiment mourir durant l’épreuve…


Dernière édition par Caym Symanth le Mer 27 Jan - 16:21, édité 1 fois
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Relian Mirel

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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Dim 3 Jan - 23:48

Chapter 1. The Beginning of a Bittersweet Tale.


Les temps passés entre les murs de la caserne ou entre les frêles murs de toile de leurs tentes étaient loin d'être d'un grand confort ou de n'importe quelle espèce de repos. En fait c'était plutôt dans une fatigue sublimée qu'elle se trouvait, ainsi propulsée dans un état d'alerte permanent, craignant qu'un ordre ne la retire de sa torpeur éreintée, ou qu'un coup ne soit nécessaire pour l'éloigner de sa persistante envie de sommeil et tranquillité. Elle avait beau se tenir droite sa tête elle menaçait de basculer, et c'était comme si elle avait trouvé une fascinante particularité au sol s'étendant sous ses pieds, car c'était bien la seule chose qu'elle regardait. Elle avait bien sûr entendu les bruits causés par les exercices de ses camarades, mais depuis qu'elle avait compris en quoi consistait cet énième défi, elle ne les regardait même plus... afin de mieux pouvoir s'adonner à ce nouveau passe temps: dormir sur place en catimini et les yeux ouverts afin de sauvegarder des forces dont elle risquait fortement d'avoir besoin. De toute façon sa récente promotion loin d'être synonyme de félicitations serait surtout associée à de nouvelles preuves à faire, et un certain degré de respect à acquérir, ce qu'elle était loin d'ignorer. À ce stade la jeune femme n'avait plus grand chose de naïf, ayant déjà connu les différents rouages du système tout en commençant à s'élever du fin fond des bleus aussi néophytes qu'inconscients et indolents. De son côté elle était plus ou moins connue comme étant la jeune sœur d'Adam Mirel, alors souvent elle avait même déjà été confrontée à toute une panoplie d'exigences des vétérans l'ayant connu, en plus bien évidemment de tous les machistes confirmés. Seuls les nobles ne se permettaient pas trop de commenter sa présence, car elle était aussi de sang bleu et les battait tous au maniement des armes, l'habituel moyen de se départager avec les moyens du bord pour ceux qui ne voulaient pas trop se faire remarquer.

Plongée à demi dans son immobilité, elle réfléchissait pourtant activement à ce qui se passait, et surtout à trouver un moyen de surpasser cet obstacle que l'officier Symanth mettait sur leurs routes. Ce n'était pas si facile, surtout qu'outre l'élevé taux d'échec, il y avait l'état physique lamentable dans lequel ils se trouvaient tous autant qu'ils étaient. Réunir des forces en tentant de prouver qu'ils valaient au cours de ce test aussi vicieux que théoriquement inutile était un dilemme de taille, et bien qu'elle sache que tout cela n'était qu'une affaire de détermination et de moteurs personnels, le tout n'en demeurait pas moins compliqué à l'exécution. Son cerveau allait à deux mille à l'heure, cherchant enfin une raison pour laquelle leur supérieur semblait avoir une aversion encore plus prononcée pour elle que pour tous les autres. Elle l'avait vu à l'œuvre suffisamment longtemps pour savoir que contrairement à ce qu'il serait d'espérer, il n'aurait pas de propos diffamatoires aussi longtemps qu'elle suivrait la cadence, mais cela n'empêchait pas qu'il la regarde avec le même respect et affection que l'on a pour un crapaud des marais même pas utile en tant qu'animal de compagnie. À travers ses prunelles sombres c'était comme si elle était dégoûtante et repoussante à un point abusif, et d'après elle bien qu'elle ne se tienne pas particulièrement en haute estime, il n'avait jamais été question de se dévaloriser à ce point... Enfin ce n'était pas non plus comme si elle s'attendait à faire la différence et être traitée d'égale à égal par lui, mais il n'était pas encore interdit d'espérer une dignité humaine reconnue...

Profitant que son ordre de passage la réservait pour la fin, elle se sentait reprendre un peu de forces bien que ce soit encore trop peu pour pouvoir vraiment être sûre de gérer pareille épreuve. Ceci dit elle sentait bien que son heure viendrait, et tenta de puiser dans les souvenirs et la révolte les forces qui lui manquaient physiquement. Le visage amical de son frère se dessina alors si nettement dans son esprit qu'elle faillit en être elle-même surprise, un peu comme à chaque fois qu'elle devait s'en servir pour ne pas baisser les bras et céder à la facilité. Fronçant alors les sourcils pour protéger ses yeux de la lumière et puis clignant des paupières plusieurs fois pour se reprendre avec les moyens du bord, elle serra alors les dents pour contrôler le stress et la pression qui pesaient déjà avant même qu'on lui dépose son fardeau, et s'avança immédiatement en entendant son nom. C'était comme si elle n'avait entendu que ce signal pour sembler fraîche et fringante, bien que la réalité soit très loin de cela. Son uniforme en témoignait en effet, car ses manches n'étaient plus qu'un ensemble imprécis de haillons, son col était totalement déchiré et son pantalon tout comme l'ensemble des vêtements était sale et mal odorant... comme si elle s'était traînée dans la boue, ce qui n'était pas si loin de la vérité de toute façon. Mais après tout quelle importance, ils n'étaient pas là pour faire preuve de zèle hygiénique tant que le but était de faire ses preuves lors des entraînements. Leur hygiène corporelle ne serait un problème que lors d'une inspection surprise, et encore... ce n'était pas le point le plus contesté dans une armée aussi dure et spartiate que celle du Rugilian. La plupart des supérieurs s'accommodait des rudiments en la matière aussi longtemps que leurs hommes étaient efficaces au combat... Cependant pour certains mettre leur fierté de côté en vertu des priorités du groupe et de la patrie était incompréhensible, tout comme en témoigna la réplique stupide et inconsciente de ce noble. Quelle perte de temps... que de gâchis de tenter de faire voir la vérité globale et universelle à quelqu'un de la sorte ! Soupirant discrètement à pareille bêtise, elle n'intervint pourtant pas. La remarque gratuite et aveugle de cet homme ne l'atteignait pas et son honneur n'avait rien à craindre aussi longtemps que des gens comme lui trouvaient plus important de s'habiller des plus belles parures que d'apprendre à tenir correctement leur arme... Et puis de toute façon Caym Symanth était passé professionnel dans l'art de remettre les gens à leur place. Pas déconcentrée d'une once, la demoiselle ignora passablement l'altercation et fut bien contente lorsque tout prit fin par la sentence irrévocable et méritée...

S'avançant donc en échangeant un bref regard avec Caym afin d'avoir son aval pour commencer, Relian se mit sur le point de départ et empoigna avec détermination la barre de bois à laquelle étaient accrochés des sacs de sable à chaque extrémité. Soufflant alors un grand coup tout en la regardant comme si elle était sa pire ennemie, elle la souleva en deux temps comme si il s'agissait d'haltères et la mit sur ses épaules. Sur le coup ses genoux flanchèrent et se plièrent brusquement comme si ils s'étaient cassés, ce qui lui fit baisser la tête et grogner de frustration avant de pousser l'effort et se relever, tête basse pour dissimuler la grimace, mais droite pour ce qui était du reste du corps. La tignasse blonde lui retomba habilement sur les yeux, juste assez pour qu'elle puisse voir le chemin sans risquer de s'ouvrir le crâne, mais assez pour ce qui lui convenait...
Jurant intérieurement en constatant qu'il y avait certainement au moins 15 kilos dans chaque sac, soit un total de trente kilos qui faisait la moitié de sa masse corporelle, Relian posa les bras le long de la barre de bois afin de trouver un certain équilibre. Il lui en faudrait afin passer la poutre qui se dressait en premier obstacle... Montant les marches de manière précaire, elle ne se débina pourtant pas et jeta un regard chargé de défi à tous les perdants se tenant non loin, pour la plupart écroulés à l'arrivée, de l'autre côté de la cour. Elle refusait tout bonnement d'être encore une laissée pour compte sur le chemin, elle s'interdisait totalement l'échec et encore moins lorsqu'il s'agissait de tenir tête à Caym Symanth concernant sa valeur. Elle leur prouverait, à lui ainsi qu'à tous les autres qu'elle était aussi bonne si ce n'est meilleure que les hommes... Sa naissance féminine était une erreur, mais ce n'est pas pour autant que cette dernière était irréparable ! À force de persistance et de volonté elle y arriverait, même si elle devait faire un collapsus nerveux en guise de trophée !


Sentant son cœur battre comme un tambour, Relian marcha prudemment sur cette maudite poutre de bois qui chancelait et grinçait à chacun de ses pas, avant de finalement courir sur les derniers mètres. La plupart pouvait penser qu'il s'agissait de confiance en elle ou bien de témérité, mais la vérité c'est juste qu'elle n'en pouvait déjà plus alors qu'elle venait de commencer, alors le meilleur moyen pour ne pas perdre l'équilibre serait d'enchaîner tout cela le plus vite possible... Commençant déjà à transpirer abondamment, elle respirait de manière saccadée et les bras en croix pour défier l'apesanteur avec arrogance. C'était ainsi sa manière de faire et de se rebeller, l'arrogance avec laquelle elle se lançait dans tous les défis, même ceux qui paraissaient comme celui-ci, perdus d'avance. Mais aucune bataille n'était déterminée à l'avance, car si l'on pensait être faible, il était toujours possible d'affaiblir son adversaire avant de tomber... Personne ne voyait ses yeux d'émeraude en ce moment, et dans un certain sens tant mieux car la rage meurtrière et impersonnelle qui y trônait aurait pu signifier la mort de la plupart de ceux se tenant sur son chemin. Poussée par une fougue vengeresse et par la fierté de vouloir se pousser à bout, Relian descendit de la poutre et tomba à genoux en descendant les marches... Mais rapidement elle se releva comme si rien ne s'était passé, car ce n'était qu'une faiblesse passagère de ses jambes trop faibles pour porter le poids de son fardeau... mais aussi et surtout celui de son esprit invincible. Traversant alors plusieurs obstacles dont les sauts réguliers pour éviter des pièges imaginaires qui lui meurtrirent les épaules et la séance de course et celle ou il fallait ramper dans un terrain difficile, elle essuya le mélange de boue et de sueur qui lui coulait sur la tempe d'un geste rageur. Finalement se dressa devant elle le plus redouté des obstacles... Une succession de deux murs à escalader d'une hauteur bien supérieure à ce qu'elle pourrait sauter. Le premier possédait une corde étendue à la verticale, le deuxième un filet aux larges maillons cordés. Déglutissant avec peine, elle réfléchissait à la meilleure manière de faire mais ne posa jamais son fardeau à terre. Si jamais elle s'accordait ce répit, son corps refuserait d'accepter à nouveau sa charge... alors elle n'avait pas le choix, il fallait qu'elle se débrouille, et très vite !

Trouvant alors une idée lumineuse, elle s'empressa de la mettre en œuvre avant que l'adrénaline lui servant de carburant ne s'éteigne sans prévenir. Soulevant alors légèrement les attaches des sacs de sable, elle déchira ce qu'il restait de ses manches afin qu'il ne lui reste que des bretelles de cuir. Passant alors la barre de bois parallèlement à ses bras tendus à travers les trous, elle avait ainsi réussi à au moins porter sa charge sans devoir user de ses mains. Nouant le tout avec le tissu supplémentaire afin d'être certaine que le tout tiendrait en place, elle commença à prier pour que son uniforme ne craque pas en déchirant sous le poids, et entama immédiatement son ascension avec la peur au ventre. Jurant en sentant ses mains brûler et le fardeau la tirer en arrière, elle s'accrocha à sa hargne en grognant encore entre dents... Par les Dieux qui avait bien pu inventer pareil circuit??? Ignorant les échardes qui rentraient encore plus profondément dans ses paumes, elle se dit qu'elle aurait du faire plus attention en rampant précédemment... mais pour l'heure il y avait plus urgent... Enjambant finalement le mur qu'elle avait déjà maudit une centaine de fois au moins, elle regarda en bas d'un œil aussi sceptique que méfiant. Un fossé plein d'eau.... Génial ! S'asseyant un instant pour ne pas tomber, elle prit une longue inspiration puis sans plus réfléchir, se lança droite comme un I, se retrouvant bien vite immergée par l'eau brunâtre et puante. Quelques secondes passèrent alors et aucun signe d'elle... Seulement une tête blonde dépassa soudainement près de l'extrémité du bassin, car elle en avait profité pour nager sous l'eau, lorsque les poids se retrouvaient plus faciles à déplacer. Respirant profondément en reprenant son souffle, elle craignit pourtant le leurre de cette méthode, car se sortir de là n'en serait que plus compliqué. Prenant pourtant sur elle, la demoiselle se hissa à bout de bras et tomba littéralement face contre terre, épuisée par ce qu'elle venait d'accomplir. Elle se sentait déjà sur un nuage cotonneux et enveloppant, dans une traitresse impression que tout était déjà fini, une lassitude profonde qui s'étendait bien au delà de la simple rupture physique. Sur le côté, l'orientation de son visage lui permit de voir la forme indistincte de son supérieur, qui visiblement suivait sa progression avec attention et zèle.


Elle ne sut trop pourquoi mais cette vision encore floue et troublée par le sang qui maculait désormais son front puisqu'elle s'était cognée lui remua les entrailles, la poussant à terminer ce qu'elle avait entamé peu importe le prix. Posant alors les paumes à plat à terre elle poussa de toutes ses forces, et au bout de la seconde tentative, parvint à se tenir – bien que chancelante – sur ses deux jambes. Encore dégoulinante, elle dégagea les cheveux de son faciès, et se dirigea avec le regard dur vers le filet qui la mènerait enfin à la fin de ce supplice. Jurant encore une fois car l'eau s'égouttant lui rendait la tâche plus ardue en plus d'alourdir encore ses vêtements, elle commença à grimper, raccrochée avec force aux cordes comme une araignée à sa toile, bien qu'elle n'en ait en rien l'aisance de mouvement en ce moment pénible. Machinalement elle finit ce qu'il lui restait à faire, un bras, une jambe, puis une autre jambe, puis l'autre bras... Cela semblait ne plus avoir de fin et surtout son allure n'avait plus rien de vif mais juste de lent et méthodique. Finalement pourtant le haut du mur se dressa devant elle, et c'est avec crainte qu'elle regarda de l'autre côté tout en sachant pertinemment que si une autre douve l'attendait, elle se noierait indignement mais ne pourrait pas s'en extirper seule. C'est donc avec soulagement qu'elle constata qu'il n'y avait qu'un tas de foin près à l'accueillir et amortir sa chute... Ce qui arriva une demi seconde après seulement, car entrevoir un repos bien mérité lui était insupportablement tentant. Tombant donc en étoile de mer, elle chuta les épaules avant le corps puisqu'elle ne s'était pas encore dépouillée des sacs qui la lestaient... Souriant doucement avec la satisfaction d'avoir fini cette épreuve, elle voyait pourtant trouble, trop affaiblie par le peu de nourriture ingurgitée ainsi que les exercices physiques successifs et impitoyables. Elle ne se plaignit pourtant pas même si elle sentait qu'elle serait totalement incapable de se relever. Elle ferma les yeux un instant, et lorsqu'elle les rouvrit légèrement en faisant un effort pour ignorer la lourdeur de ses paupières, Relian vit une ombre s'approchant...
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Lun 4 Jan - 3:30

Faisant signe à deux de ses officiers de récupérer le lieutenant Mirel, Caym fit en sorte qu’on la conduise dans ses quartiers avec ordre exprès de veiller à soigner ses blessures et de faire en sorte qu’elle reprenne des forces. Quand les officiers eurent quitté la scène avec la militaire en fort piteux état, le major Symanth aboya une série d’ordres aux « survivants », ceux qui faisaient toujours partie de son unité, ne se gênant pas pour y aller de virulents commentaires pour ceux qui avaient échoué, adressant à peine quelques félicitations à ceux qui avaient réussi l’épreuve. Il leur assura toutefois que les célébrations viendraient sous peu et que le fruit de leur dur labeur serait prochainement récompensé. Donnant le reste de la journée libre aux nouveaux membres de sa division, il alla s’entretenir avec quelques autres de ses officiers sur les résultats des nouveaux confirmés… Et il manqua de perdre son masque impassible en se rendant compte que non seulement Relian Mirel avait réussi les tests… Et qu’elle avait pulvérisé les records établis. Même si elle lui rappelait cette personne qu’il était venu à haïr si viscéralement, il ne put faire autrement que d’être impressionné par les prouesses de cette jeune femme. Il faudrait fournir certaines explications… Mais plus tard, sans doute, pas tout de suite. Il devait d’abord veiller à ce que le lieutenant survive… Car étant un militaire expérimenté, il avait bien vu que la jeune femme avait donné plus que de raison… Et que son état de santé risquait d’être précaire. Peu importait : il avait à son service d’excellent médecins militaires, moins efficaces que les mages certes mais excessivement compétents. Moins Caym avait à faire avec les autres branches de l’armée, mieux il se portait… Il avait une fierté à défendre et jamais l’infanterie ne viendrait supplier pour une aide extérieure. Caym avait beau être major, son opinion s’était répandu bien vite dans l’infanterie et même les officiers plus gradés que lui se pliaient à sa philosophie…

Faisant signe à un de ses sergents de s’approcher, il lui transmit une série d’ordres brefs concernant les événements qui suivraient dès le lendemain pour les nouveaux « acceptés », histoire de pouvoir prendre un bref congé de ses hommes et prendre un peu de temps pour lui. La dernière semaine avait été fort mouvementée et si les militaires de l’infanterie de tout grade qui venaient de passer les tests avaient trouvé leur semaine difficile, elle n’avait pas été plus simple pour le major qui avait travaillé d’arrache pied pour tout mettre en œuvre. Si les évalués avaient trouvé le test profondément difficile voire déloyal, il fallait savoir que cette vicieuse invention de la part du major avait prit des heures voire des jours à mettre en place. Faire un ensemble aussi redoutable qui incluait plusieurs exercices bien connu des évalués n’avait pas été chose simple et le major avait passé bien du temps à superviser l’ensemble… Pour ensuite le tester de façon plutôt intensive… Le parcours était faisable, de cela il en était parfaitement certain et le major l’avait fait avec une charge plus lourde encore que celle confiée à ses « mis à l’épreuve ». Plusieurs de ses sous-officiers pouvaient d’ailleurs en témoigner. Quand Caym Symanth faisait les choses, il ne les faisait jamais à moitié et jamais avec moins que ce qu’il imposait à ses soldats. Souvent plus, en fait, pour ne pas dire toujours. C’était une sorte de point d’honneur que de pouvoir faire tout ce qu’il demandait de ses hommes, une sorte de fierté personnelle que de montrer que même s’il était le plus haut gradé, il savait passer au travers des difficultés plus physiques de la vie de personnages moins gradés voire sans grade aucun. C’était également une des raisons qui faisait du major un être si redoutable : il n’avait jamais oublié le fait qu’il avait été jadis un simple soldat et que la réalité était toujours dure que l’on soit en haut comme en bas de l’échelle. Là où ses homologues se ramollissaient en se complaisant dans la sécurité de leur poste, Caym continuait à s’entraîner comme un vrai militaire et ne se donnait pas une vie plus luxueuse ou plus douce pour autant. Ses affaires du moment en ordre, il décida ensuite d’aller voir l’énigme Mirel et de prendre au minimum un vingt-quatre heure pour faire le point sur les récents événements. Après tout… À chaque nouvel accepté, il fallait toujours s’habituer aux nouveaux visages et personnalités, pour ne citer que ces choses là… Et il devrait se faire au fait que sa nouvelle lieutenant portait un physique fort similaire à celui de cette sœur qu’on l’avait conditionné à haïr… Sa dernière carte du moment était tombée avec le succès de Relian Mirel… Et à moins de se montrer vraiment injuste, il n’aurait plus de jeu avant un bon moment. Mieux valait alors mettre ses énergies ailleurs et agir de façon différente. Relian n’était pas Luhiel, après tout. Il pouvait cultiver dans cette similitude la haine vers sa sœur mais il ne pouvait ignorer la femme pour autant. Elle s’était volontairement mise en danger pour impressionner son supérieur… Et elle avait réussi avec brio, cela allait de soi. Non… Bien qu’il n’allait peut-être pas tout dire tout de suite, il pourrait à tout le moins se montrer plus... Sympathique à l’avenir. De toute manière, ayant été amenée dans le bureau de son supérieur hiérarchique, elle n’aurait d’autre choix que d’attendre son arrivée, l’intervalle étant comblé par les bons soins des médecins militaires et des vivres que le major avait demandé qu’on lui apporte pour qu’elle puisse reprendre des forces…

Faisant route donc vers ses quartiers, le major Symanth se surprit à sourire. Cette femme l’intriguait en fait. Elle était bien plus forte qu’il ne l’avait initialement supposé, sans pour autant faire montre de préjugés auprès des femmes dans l’armée, et si son frère avait encore été de ce monde, il aurait été très fier d’elle. Caym avait bien connu le frère de Relian, ce dernier ayant servit sous ses ordres avant de perdre la vie sur le champ de bataille et si tous avaient pensé que le major était sans cœur, les forces otianaises elles se souvenaient fort bien de cet officier de Rugillian qui avait prit un plaisir sadique à provoquer en duel le responsable de la mort d’Adam Mirel avant de le mutiler sans jamais porter le coup fatal avant de l’achever vicieusement après une lente agonie du pauvre militaire ennemi. Pour ajouter l’insulte à l’injure, Caym avait fait emporter le corps de l’officier et l’Avait rançonné à Otian pour une somme rondelette. Craignant pour l’âme du défunt, la famille avait payé et en plus d’avoir vengé les Mirel, Caym avait donné l’intégralité de la rançon à la famille…

Entrant dans ses quartiers, il alla s’enquérir de l’état du lieutenant avant de congédier tout ce beau monde et de prendre place à son bureau, posant un regard mi amusé et mi inquisiteur sur la forme endormie du lieutenant Mirel. Elle aurait toute une surprise au réveil… Surtout de se savoir dans l’antre de l’officier qui lui en faisait voir de toutes les couleurs et qui exigeait d’elle plus que la perfection… Chose certaine, les médecins militaires avaient fait de l’excellent travail : avec les potions de soin et tout le bataclan, Relian était comme neuve. Elle garderait peut-être une petite cicatrice quelque part, ce qui était d’ordinaire inévitable malgré tout le pouvoir des potions mais bon : le lieutenant vivait, reprenait des forces, avait gagné sa place dans les rangs de Caym et semblait enfin être entrée dans ses bonnes grâces. En regardant cette forme paisible dormir, Caym se surprit à penser à sa jeune sœur, qui était les dieux savaient où. Luhiel lui manquait, malgré la haine que l’on lui forçait à nourrir à son encontre…
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Relian Mirel

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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Lun 4 Jan - 19:24

Act 1. From Darkness to His Shadow


C'était en pleine connaissance de cause que Relian avait poussé son organisme au delà de ses limites, au delà des frontières que la raison imposait afin de préserver sa santé, et bien qu'elle n'ait pas encore longuement repris conscience après que l'épreuve soit terminée, elle savait à l'avance qu'elle ne nourrirait pas de regrets. Ce qui s'était passé allait bien au delà de la seule envie d'en mettre plein les yeux aux autres, c'était plus largement du dépassement de soi malgré des circonstances extrêmes et un accomplissement intérieur sans égal. Bien qu'elle ait été totalement épuisée et incapable de bouger un seul muscle, lorsque son corps meurtri avait atterri sur le tas de foin marquant sa victoire, la demoiselle ne s'était jamais sentie aussi réalisée et épanouie... elle avait la confirmation dans chacun de ces moments qu'elle avait bien choisi sa voie, que c'était d'ailleurs la seule à pouvoir lui convenir et lui apporter ce mélange particulier de satisfaction personnelle et également la défense de la cause patriotique. Ceci dit si elle en avait la chance elle n'aurait ébauché qu'un seul souhait: elle aurait voulu que de là où il se trouvait, son frère puisse l'avoir vue dans son succès. Cela avait été sa dernière pensée cohérente avant qu'elle ne perde définitivement connaissance.

Que le temps ait paru interminable tandis que chacune de ses cellules suppliait successivement qu'elle se laisse aller au sommeil n'était encore rien comparé à ce bien être qui l'avait envahie. Elle n'avait même pas protesté en sentant qu'on l'avait transportée on ne sait où, car elle était trop faible ne fusse que pour parler. À quoi bon de toute façon, elle n'avait pas besoin de félicitations ni de reproches, elle avait fait ce qu'on lui avait dit de faire, et tomber pour ces raisons ne lui faisait pas peur. Pourtant elle se souvenait de tout... des voix des gens qui se relayèrent à son chevet, des mains qui inspectèrent sa tête et le reste de son corps afin de vérifier qu'aucune des blessures n'empirait, et enfin la nourriture que l'on a porté à sa bouche lorsqu'elle ne pouvait pas bouger. Elle ne savait pas ce qui lui valait toutes ces attentions et ces conforts étranges, mais pour l'instant tout ce qui importait c'était de récupérer tant que l'environnement y était encore propice. Relian avait comme l'impression que quelque chose lui échappait encore mais le moment n'était pas le mieux choisi pour y réfléchir sérieusement... le sommeil la gagnait si fort qu'elle avait l'impression qu'elle ne se réveillerait plus, et bien que son corps se remette à une vitesse étonnante, elle ne savait pas ce qui en ressortirait. Cela devenait une habitude de passer quelques jours en convalescence à chaque fois qu'elle était obligée de se donner à fond, alors elle y était bien indifférente. Jamais elle ne geindrait à ce sujet, puisque ce n'étaient que les conséquences de ses choix pour le moins... irréfléchis.

La jeune soldat ne savait pas combien de temps elle avait pris pour dormir de la sorte, puisqu'elle n'avait plus de repères temporels... et ce qui l'étonnait encore le plus était qu'on la laisse faire sans l'interrompre pour venir la chercher pour les entraînements, les patrouilles et autres joyeusetés. Le sommeil fut profond mais agité, et de nombreux visages les traversèrent de manière inespérée, principalement celui de son frère qu'elle était déjà presque familiarisée à y retrouver. Pourtant un autre visage y apparût aussi de manière fugace et furtive, dans une apparition étrange qu'elle ne s'expliquait pas. Se retournant dans son lit comme dans une tentative vaine de le chasser, elle avait une expression angoissée. Ce faciès impitoyable et glacial... cette crinière corbeau... Non pas lui! Ouvrant soudainement les yeux comme si on lui avait sadiquement envoyé un seau d'eau froide au visage, Relian s'assit en se réveillant en sursaut. Le souffle court, elle se sentait bien physiquement, mais encore chamboulée par les créations de son subconscient... Elle regarda alors autour d'elle sans reconnaître la pièce dans laquelle elle se trouvait comme étant les dortoirs. Soupirant alors pour tenter de calmer son stress grimpant en flèche, elle se retourna pour inspecter le reste de cet endroit... Mais faillit littéralement tomber à la renverse. Se rattrapant in extremis sur une paume, elle se rassit effrayée mais surtout bouche bée... Qu'est-ce qu'il... Qu'est-ce qu'il foutait iciiii?!? Interdite, elle ne comprenait pas pourquoi il se trouvait au même endroit qu'elle après ce qui s'était passé, et si elle ne le jugeait pas insensible à l'état de ses troupes, elle n'aurait jamais pensé qu'il vienne lui même s'en enquérir. Pourquoi ne pas envoyer quelqu'un pour ça, hum? Elle n'était qu'un soldat de plus... C'est pourquoi de manière peu rhétorique, elle lui dit simplement:

- Vous ?!?

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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Mar 5 Jan - 16:09

« Oui moi, lieutenant. Je ne vois pas ce que cela a de bien surprenant, considérant la tournure des récents événements. Vous êtes une femme intelligente donc vous trouverez sans doute une piste de réponse à votre présence dans mon bureau… »

Répondit le major d’un ton neutre, sans animosité. On pouvait même, en se concentrant bien, entendre une pointe d’amusement dans sa voix… Quelque chose avait définitivement changé ou alors il y avait quelque chose de drôle à la situation. Peut-être était-ce le fait que les médecins militaires avaient laissé le lieutenant en dessous, son uniforme étant de toute façon dans un état lamentable et irrécupérable… Encore que ce n’était pas le genre du major que de s’amuser de choses si simples. Plusieurs disaient que Caym Symanth pensait à un autre niveau qui échappait à celui du commun des mortels, auquel cas il répondait que ce n’est pas parce que quelqu’un ne rit pas d’une blague grossière qu’il pense dans un autre plan. En définitive, il y avait fort peu de chances pour que le supérieur de Relian se moque de son manque de tenue, littéralement. Il devait y avoir autre chose et cerner ce quelque chose serait aussi simple que de tirer une flèche en vol avec une flèche plus petite après avoir tourné sur soi même une trentaine de fois et ce du haut d’une tour pendant un tremblement de terre… Autrement dit : ce ne serait pas chose facile et le major risquait fort de ne pas fournir plus d’explications…

S’installant derrière son bureau, il ne la quitta pas des yeux, observant et détaillant avec une précision chirurgicale chaque mouvement ou expression du lieutenant, étudiant son langage non verbal avec l’étoffe des experts. Passé maître dans l’art d’être une énigme vivante, il commença ensuite à faire la lecture d’un dossier et pas n’importe quel dossier : celui du lieutenant. Faire monter la tension sans annoncer son jeu. User des appréhensions de l’autre pour l’amener à craquer et exploiter une faille. Trouver le point de rupture de l’interlocuteur en face. Un jeu subtil et sadique qui pourtant payant bien souvent énormément… Et pratiquement tout le temps. Il utilisait d’ailleurs cette tactique contre les soldats fautifs ou alors face aux militaires dont il souhaitait extirper des informations… Dans le cas actuel, il voulait amener le lieutenant Mirel à parler… Mais pas dans l’instant. Pourquoi? Parce qu’il désirait prendre la parole avant…


« Relian Mirel, sœur d’Adam Mirel, Lieutenant et major de sa promotion, diplômée avec les honneurs. Vous avez choisit de servir dans l’infanterie comme votre frère alors que vous auriez pu servir dans une branche plus prestigieuse comme la cavalerie par exemple. Une des rares femmes de votre cohorte, vous ne vous êtes jamais laissée démontée pour autant et aux tests physiques, vous avez même réussit à pulvériser quelques records. Votre dossier est exemplaire et à ce jute titre vous auriez dû tomber dans les bonnes grâces de n’importe lequel des officiers qui vous prendrait à sa charge. Ce qui fut, reconnaissons le, pas le cas. Pourquoi? »

Ne fournissant pas de pistes de réponse, il continua à l’observer, posant le dossier à plat sur son bureau, la regardant tenter de formuler une hypothèse et réfléchir. Caym n’était pas sexiste, ce ne pouvait pas être cela, le major Symanth était même le moins conservateur de toute l’armée de Rugillian. Il n’y avait pas de raisons personnelles visibles dans la mesure où Caym et Relian ne s’étaient jamais vu avant l’armée et que Caym avait toujours été plus gradé qu’elle… Le champ des possibilités fondait plus vite qu’un glaçon dans un volcan et pourtant, le major semblait attendre une réponse comme si elle était évidente et s’imposait de soi… Encore un test de la part du calculateur major? Pas exactement non… Ce qui rendait la chose encore plus dérangeante. Il la regardait se débattre avec le fil de ses pensées, fil qui pourrait bien devenir une corde pour la pendre si elle tardait trop à répondre… Quand enfin Relian Mirel ouvrit la bouche pour répondre, ce fut pour être coupé aussi sec par son supérieur hiérarchique.

« Aussi stupide que cela puisse paraître, lieutenant, la faute m’incombe et prend racine dans mon propre passé avec une personne qui vous ressemblait énormément. Je ne vous demanderai pas de chercher à comprendre ou à trouver un sens à tout ceci car il n’y a aucune logique dans la haine que l’un peut imposer à un autre. Sachez simplement que les choses vont changer, progressivement, car vous avez planté avec brio le dernier clou dans le cercueil de mes ultimes réticences. Un exploit jusqu’alors jamais réalisé, félicitations. Un jour, qui sait, si vous continuez à vous maintenir au dessus du lot, vous aurez droit à toute l’histoire… Si la chose vous apparaît comme nécessaire, il va de soi. Comme le disait mon propre mentor : certaines choses se doivent de rester derrière soi si l’on veut aller de l’avant avec moins d’embûches sur sa route… »

Mine de rien, cela faisait énormément de choses à assimiler en très peu de temps pour le lieutenant Mirel. De certain on pouvait déduire que son supérieur la regarderait d’un œil plus bienveillant mais encore là… Cela ouvrait la porte à plusieurs questions et c’était là où résidait un test posé par Caym bien caché mais bien présent, pour voir si Relian Mirel avait en elle le dernier maillon pour faire une chaine parfaite, l’apothéose d’un lien entre un commandant et ses troupes. Autrement dit : Relian savait-elle prendre la parole d’elle-même, sans en avoir l’ordre et d’exposer son point de vue malgré les ennuis possibles que cela pourrait lui causer. Après tout, Caym ne ferait jamais d’un automate, aussi doué soit-il, son second officier! Ce serait aussi stupide qu’imbécile… Relian Mirel l’ignorait peut-être mais elle passait ici le test non officiel le plus ardu que quiconque ait pu passer face au major Symanth. Il n’y allait pas tant que cela de sa vie ou de sa carrière, non, mais d’un quelque chose de plus élevé encore qui, dans une certaine perspective, définirait pour l’avenir le rapport qu’elle entretiendrait avec son supérieur. Caym n’était peut-être qu’un major mais des rumeurs tenaces circulaient autour du fait qu’il ait sous ses ordres une espèce de cercle « d’élus », des officiers et des sous-officiers servant sous ses ordres qui formait une élite spéciale dans une division d’infanterie déjà placé sous le signe de la perfection, un petit groupe de militaire dont la loyauté allait au major avant d’aller au roi… Il n’y avait pas de seconde chance, de seconde admission dans ce cercle hermétiquement fermé et la trahison punie de mort…

La question demeurait de savoir si Relian réalisait la chose, si elle savait ou plutôt avait saisit dans quel sens la discussion s’en allait, si elle entrevoyait les effets de son succès sur la vue d’ensemble et si elle réalisait la valeur de ce dernier. On disait à voix basse que rien ne pouvait surprendre le major Symanth, pas même la mort et pourtant… Il semblait fort que le lieutenant Relian Mirel soit parvenu à le surprendre… Un exploit fort rare, considérant que là où certains cédaient à la panique devant l’inconnu, Caym Symanth accueillait la chose avec froideur et esprit analytique. Ses origines otianaises y étaient peut-être pour quelque chose… Mais gare à celui qui oserait y faire allusion!
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Mer 6 Jan - 20:57

Act 2. The Loyal's Ordeal


S'accrochant naturellement à ses draps comme si il s'agissait d'une bouée de sauvetage, Relian évita la catastrophe in extremis. Comme si la présence de son supérieur n'était pas suffisante, en plus elle était très loin d'être derrière la protection ne fusse que relative de son uniforme. Lançant un bref regard sous les couvertures lorsqu'il se leva, elle put constater qu'elle n'avait que des sous vêtements... Bon certes elle n'était pas à proprement parler pudique, mais ce n'est pas pour autant que l'idée d'être vue dans ce genre de non-tenue lui enchantait... surtout avec cet homme. Avec un peu de malchance il serait capable de se venger de son succès en lui balançant des commentaires désagréables sur son physique... La pire des hypothèses restait encore qu'il pense qu'elle tentait de s'en servir pour l'atteindre, ce qui en plus d'être ridicule serait impossible. Caym Symanth n'était pas le genre à se laisser attendrir ou déconcentrer par ce genre de détails...
Elle préféra plutôt essayer de reprendre son sérieux même si les circonstances n'aidaient pas, car si le voir présent était dans un sens flatteur, cela n'était pas forcément de bonne augure pour autant. Puis si elle pouvait envisager qu'il soit là avec de bonnes intentions, il était totalement impossible que ce soit innocent ou désintéressé. Quelque chose le poussait dans cette direction... même si pour l'instant elle ignorait encore quoi. Autrement ce changement subtile mais bien présent dans sa manière de l'aborder ne lui échappa pas, mais la demoiselle n'était pas prête de mettre les mains au feu ou risquer sa peau en pariant cher sur la véracité de ses impressions. Avec un Symanth on n'était jamais sûrs de rien c'était un fait... et celui là était encore bien plus calculateur que son jumeau. Impossible de s'y méprendre entre les deux de toute façon... L'un imberbe et l'autre barbu, l'un spartiate et l'autre stratège... Le vin et l'eau en somme.


Pourtant la Rugiliannaise sentait bien que dans son ton il y avait comme un brin de défi, comme une pincée de provocation laissant le suspense flotter dans l'air comme pour lentement l'entourer et l'étouffer dans sa propre curiosité. Pourtant habituée aux mystères de cet homme, elle tranchait avec la majorité des hommes sous ses ordres en donnant la nette impression que tout cela lui était indifférent. Si elle ne pouvait pas être le soldat parfait qu'il voulait, elle refusait d'être une marionnette dirigée à sa guise... Si les directives reçues n'étaient pas contestées, elles n'en étaient pas moins analysées avec minutie, et chacun des gestes du dirigeant était passé sous la loupe bien qu'elle se garde évidemment de tout commentaire pouvant précipiter sa tête sous la guillotine de ses sentences. S'asseyant donc finalement sur le lit improvisé en regardant le sol dans une expression sérieuse, bien que la seule chose que l'on puisse y lire soit qu'elle était une posture clairement défensive. Si elle s'en était bien sortie pour ce qui était des blessures pendant le test, il n'était pas sûr qu'elle s'en tire aussi facilement dans cet « entretien » promettant d'être musclé... S'asseyant en s'entourant des draps pour cacher sa poitrine, elle le dévisagea avec scepticisme. Que préparait-il? La méfiance baignait au fond de ses yeux. Bien décidée à tenir bon quoi qu'il puisse détenir dans sa manche, la Demoiselle porta une main à ses cheveux en bataille pour tenter calmement de les remettre en place. Rien de féminin dans ce geste... juste une préoccupation devenue un réflexe qu'était celui d'être toujours sous un jour respectable devant un supérieur hiérarchique. L'écoutant avec attention, elle fronça pourtant les sourcils.

L'énonciation de tous ces faits présentés sous formes de louanges ne la confortèrent pas dans l'intuition qu'il lui tendait un piège, que du contraire. D'habitude ses compliments étaient rares et très bien choisis, comme chacun de ses mots... ce qui lui laissait deviner qu'il y aurait bientôt un « mais » qui briserait la tendance en place. Sa question était tordue mais cohérente, ce qui évidemment la conduit à tenter d'y répondre. Plusieurs réponses évidentes lui vinrent à l'esprit, néanmoins elle ne les verbalisa pas, sachant parfaitement que tout ceci n'était pas anodin. Elle se demandait pour l'instant ou il voulait en venir, bien que ce ne soit pas la plus grande de ses inquiétudes pour l'instant. Si Caym Symanth était impitoyable et extrémiste, il demeurait quelqu'un de juste à ses yeux, et jamais elle ne l'avait vu avoir des mesures punitives sans raison. En général si l'un des siens était sanctionné c'était pour une bonne raison, bien que parfois elle ne prenne pas la peine de la chercher. C'était aussi ça l'armée: savoir mettre son nez dans toutes les affaires de manière discrète afin de rester au courant, mais sans jamais le faire de trop et se faire pincer.
Demeurant immobile afin de ne pas trahir les papillons qui lui dansaient au ventre, Relian fit face à Caym tout en demeurant assise, le dardant d'un regard perçant.


Dans sa position elle ne pouvait pas se lever sans être mal interprétée et tout comme l'exigeait les règlement en temps normal... mais disons que tant qu'il ne le lui exigeait pas, elle se garderait bien de son zèle habituel pour une fois. Après tout il ne se gênait pas pour tenter de profiter de sa position de force, renforcée par l'insolite situation dans laquelle elle se trouvait... Rien ne l'aurait empêché de la faire mander plus tard si ce qu'il voulait était juste discuter, ou même remettre les pendules à l'heure ! Intriguée par ce qui venait, mais assez intelligente pour le laisser poursuivre sa tirade purement rhétorique, elle ne l'interrompit pas. Pourtant après un de ses longs silences, elle prit cela comme enfin le signal qu'il lui accordait la parole. Erreur, puisqu'à nouveau il fit jouer sa domination sans lui laisser le temps de s'exprimer. D'ailleurs ce détail l'agaça passablement, mais comme d'habitude elle se réfugia dans le silence. La semi-confidence qui lui fut ainsi exposée manqua de la laisser bouche-bée, non pas tant dans la teneur de ce qui était dit mais plutôt parce qu'il avouait ses fautes comme si il s'agissait de la chose la plus naturelle du monde. Certes oui cela confirmait ce qu'elle avait senti à son sujet, la discorde semée entre eux était en effet plus profonde qu'un simple sexisme ou un jugement à la tête du client... Ainsi il avait connu une autre femme lui ressemblant qui avait laissé assez de traces douloureuses pour qu'il lui rende la vie impossible gratuitement... C'était décevant d'un côté, mais d'un autre cela expliquait pourquoi Caym Symanth n'avait pas de femme dans sa vie malgré le fait qu'il soit si bel homme. Secouant alors brièvement sa tête, elle tenta de changer l'orientation de ses pensées. Il ne fallait pas rentrer dans le champ du personnel, c'était une erreur... erreur entamée par son supérieur et non par elle, mais tout de même. C'était mieux de rester professionnel, de rester sérieux... c'était plus correct... plus sûr. Voyant enfin une ouverture pour pouvoir s'exprimer, elle décida tout de même de revenir également sur ce qui avait été dit précédemment:

- Pour répondre à vos questions précédentes et avec tout le respect que je vous dois, je dirais que je ne suis jamais tombée dans les bonnes grâces du seul supérieur que j'ai, à savoir vous. Je savais parfaitement que vous aviez contre moi des griefs allant au delà de ma prestation militaire, et je n'en connaissais pas les raisons jusqu'à maintenant... Je dois avouer que je n'en ai jamais eu cure, car jamais pareille frivolité n'affectera mes résultats ni la détermination avec laquelle je me lève le matin pour tous les entraînements et autres obligations routinières. Après peut être que cette aversion personnelle me coutera ma carrière ou l'avenir de mon ascension, mais là encore... cela m'est bien égal. Je n'ai jamais cessé ma progression à cause d'un mur me barrant la route et je ne compte pas commencer maintenant... De plus le pouvoir n'est pas ce qui me motive, et au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, je préfère l'affirmer de nouveau.
Ceci dit ne vous méprenez pas ce n'est pas parce que votre aversion ne me touche pas que je ne suis pas flattée que vous daigniez prendre la peine de me dévoiler les raisons qui vous ont poussé à me voir comme vous le faites. Si vous décidez un jour de me raconter le tout je serai toute ouïe, mais je ne doute pas que ce genre d'histoires méritera plus qu'un simple parcours du combattant... Quoi qu'il en soit ce n'est que le début et je le sais, alors faites comme il vous plaira... enfin, ce n'est pas comme si vous en feriez autrement un jour.


Se rendant compte que sa dernière remarque avait comme une teinte d'ironie insolente, elle se mordit la langue mais ne regretta quand même pas ses paroles. Si elle n'avait pas la faculté de calculer chaque virgule à l'avance, elle avait cette franchise extrême qui avait le don d'en dérouter plus d'un. Il est certain que si l'Acrimonieux jugeait qu'elle écouterait tout en bonne et sage enfant, il se trompait... Relian Mirel tenait de son frère un cran à toute épreuves, un sang froid exceptionnel ainsi qu'une grande perspicacité. Si en ce moment elle ne savait toujours pas ce que recherchait cet homme, elle ne comptait pas se laisser démonter sans lutter... telle était sa philosophie. Au moins si elle supportait les conséquences de son franc-parler, ce serait pour une bonne raison. Après tout ne disait-on pas en Rugilian que les femmes avaient la langue bien pendue...?
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Mer 6 Jan - 22:15

« Jouons cartes sur table lieutenant, voulez-vous? Je sais par certaines sources sûres que très bientôt, je serai nommé colonel et qu’à ce juste titre, je répondrai du général de l’infanterie en personne. Il va me falloir un second officier pour m’assister dans ma tâche et je veux que ce soit vous. Bien sûr, pour mieux arranger les choses, comme il y aura un poste de major de libre, vous vous proposerez et naturellement, vous aurez la promotion. Je vous veux à mes côtés, lieutenant, comme second officier. Vous avez quelque chose que les autres n’ont pas et donc je vais avoir besoin : du cran. Je sais que vous n’hésiterez pas à faire entendre votre voix quand vous trouverez que quelque chose ne fonctionne pas et ce n’est pas de vides flatteries dont j’ai besoin mais de claques derrière la tête de temps en temps pour me remettre les pieds sur terre. »

Faisant signe au lieutenant de s’approcher, il sortit d’un tiroir de son bureau un autre dossier plus épais duquel il sortit un parchemin soigneusement plié. Il le déplia précautionneusement et le plaça de façon à ce que le lieutenant Mirel puisse lire ce qui était écrit. Il s’agissait d’un schéma qui partait de la tête de l’infanterie et qui descendait jusqu’au plus obscur sous-officier. Il manquait bien sûr le nom des derniers entrés dans sa division mais cela donnait une vue d’ensemble fort claire de toute la structure de cette branche de l’armée. Il déplia un second parchemin qui incluait les modifications dont il venait de parler et le lieutenant pu voir qu’après un coup pareil… Il n’y aurait pratiquement plus rien entre Caym Symanth et le poste de général. Le dernier colonel d’infanterie ayant péri récemment, il fallait nommer un niveau colonel parmi les majors et Caym était le choix le plus logique. Comme il n’y avait qu’un colonel et donc un unique successeur advenant quelque chose au général, quiconque se retrouverait derrière Caym, tout du moins directement derrière lui se verrait catapulté également près du sommet… Et apparemment, le noyau d’officiers dont s’était entouré Caym allait constituer de nouvelles bases fort solides pour tout un remaniement au sein de cette branche de l’armée. Le calculateur et retors Acrimonieux avait semble t’il plus d’une idée en tête… Et apparemment, sécuriser les postes clés en faisait partie.

« Je savais que vous réussiriez et que vous me fourniriez les armes pour me départir de mes ultimes réticences. De fait, votre place vous était déjà réservée. Reste à savoir, lieutenant, si vous marcherez avec moi ou contre moi. Si tout se passe comme je le pressens, vous serez colonel en un temps record et moi j’aurai le grand fauteuil. Vous êtes de Rugillian, vous ne connaissez peut-être pas grand-chose à la stratégie mais moi je suis né dans le royaume que celui-ci combat. Je peux vous garantir que les conflits futurs promettent d’être particulièrement coûteux en hommes et en officiers. Des têtes vont tomber. Le roi et le conseil seront forcés de nommer ceux qui fournissent des résultats. Quand ces personnes auront eu leur promotion, ce sera ensuite le feu vert pour purger l’armée… Commencez-vous à voir ce qui se profile à l’horizon, lieutenant? Commencez-vous à voir où la chaîne des événements futurs va nous mener?

Aux documents présents sur la table, Caym ajouta des pronostics, quelques analyses, des graphiques même. Des pièces de sa méticuleuse analyse des conflits en cours et des événements récents qui lui avait servit à faire des belles projections. À moins d’être le dernier des imbéciles, n’importe qui pouvait voir que si Caym se retrouvait avec le haut poste, l’infanterie classique de Rugillian serait à jamais transformée en une force où le génie stratégique de Caym Symanth ferait des soldats professionnels capables d’user des armes de l’ennemi contre lui et de commencer subtilement une réforme de l’armée. Rugillian n’avait ni tactique ni stratégie de ce nom pour s’opposer à Otian. Avec Caym comme général, les choses ne pourraient qu’aller vers le pire pour Otian qui se retrouverait confronté avec un officier «intelligent »… Sans toutefois garantir la victoire des victoires, on pouvait supposer que le major Symanth commençait en avoir marre de défaites causées par des officiers sans vision et incapable d’avoir une vraie vue d’ensemble… Cet avenir que semblait faire miroiter Caym était à la fois excessivement tentant et terrifiant à la fois… L’infanterie était appelée à prendre en prestige et ne serait plus jamais regardée de haut par les autres branche de la grande armée de Rugillian…

« Évidemment, lieutenant, il va falloir marcher avec moi si vous tenez à avoir votre place dans tout cela. Je ne demande pas une lèche cul, je les ai en horreur. Si vous êtes ne serait-ce qu’un pour cent aussi fiable que votre défunt frère, vous avez la tête de l’emploi à coup sûr. Je vais avoir besoin de quelqu’un qui comme moi n’a pas peur de se salir les mains quel que soit son grade. Pensez-vous pouvoir faire cela? Apprendre à connaître votre supérieur après plusieurs années à subir son animosité sachant maintenant que vous êtes dans ses bonnes grâces? Ce n’est pas une question que je vais poser deux fois, lieutenant Mirel. C’est oui ou c’est non et je veux ma réponse maintenant. »

Relian n’était pas Luhiel. Relian n’avait jamais abandonné. Elle ne l’avait abandonné, elle aurait pu se simplifier la vie et demander à changer d’e division dans l’infanterie mais non. Relian Mirel avait toujours été avec Caym même si la chose c’était faite de loin. Et pour cette raison, Caym était prêt à repenser sa vision même s’il avait pratiquement un clone de cette sœur à la fois haït et aimée devant les yeux. Cependant… Il avait besoin de savoir quelque chose. Un quelque chose qu’il n’arrivait pas à formuler avec des mots. Il y avait un autre être derrière l’armure de l’Acrimonieux et cet autre homme qui portait plus de blessures que le lieutenant Mirel ne pourrait le croire possible n’avait pas de femme dans sa vie pour une raison précise : il s’en méfiait comme de la peste. N’ayant aucune attirance pour les membres du même sexe, il était donc peu étonnant que le major Symanth ait fini par devenir excessivement amer. Pourtant… Il y avait quelque chose qu’il ressentait pour CETTE femme et pas pour les autres… Et il ne savait pas comment le formuler autrement que par les gestes.

Manœuvrant de façon à se retrouver devant le lieutenant Mirel, il la regarda longuement comme s’il cherchait à voir au travers d’elle et le silence entre les deux se fit de plus en plus pesant. Le major regardait sa subordonnée comme s’il s’attendait à la voir se transformer en ce qu’elle pouvait supposer être la créature qui lui avait brisé le cœur jadis. Les secondes semblèrent devenir des heures quand soudain et sans prévenir, le général se pencha vers le lieutenant et l’embrassa d’un baiser bien difficile à décrire si ce n’était de dire que la sensation était comme voir l’arc en ciel après la pluie, voir quelque chose de très beau après quelque chose de sombre et maussade. C’était comme si l’Acrimonieux avait enlevé son masque pour laisser parler ce cœur que plus d’un militaire dans sa division croyait absent… Et si Relian savait remarquer les choses, elle verrait que ce cœur bien que terriblement endommagé continuait à battre… Et qu’au moins un de ces battements était à elle et rien qu’à elle…
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Mer 6 Jan - 23:32

Act 3. An Indecent Proposal


La manière d'aborder les choses avait été détournée et étrange, mais d'un coup et d'un seul il avait embrassé l'exact contraire en lui balançant ses plans à la figure presque avec violence même si ce n'était probablement pas son but. D'un coup tout lui semblait crument exposé, à tel point que la demoiselle se demanda tout de même un instant si il ne se foutait pas d'elle. Pourtant son expression ne laissait pas de place au doute, ce qui lui donna légèrement le vertige. C'était comme si d'un coup toutes les inhibitions du major avaient disparu, comme si les coutures avaient craqué pour laisser s'échapper toute la relative gentillesse dont il pouvait faire preuve. Mais en était-ce réellement? Peut être devenait-elle trop méfiante envers lui. Ce qui est certain c'est qu'elle ne s'attendait nullement à cette tournure... Déglutissant avec peine, elle ferma sa bouche restée largement ouverte mais avait encore du mal à atterrir. Il fallait dire qu'ils passaient tout de même d'une relation impersonnelle et distante, aigre et autoritaire... à une relation presque amicale de sa part alors qu'il semblait cette fois reconnaître ses valeurs mais en plus la vouloir comme bras droit. C'était déroutant et encore c'était peu de le dire... être méprisée la veille et estimée le lendemain ce n'était pas pour les cœurs fragiles ! Et puis s'imaginer en train de donner « des claques derrière la tête » de Caym Symanth, même métaphoriquement, c'était pour le moins cocasse... mais dur à concevoir.

Étant donné le signe qui lui fut fait Relian soupira, embêtée de ne pas pouvoir simplement s'approcher sans trop s'en faire d'un détail aussi bateau que sa tenue vestimentaire. Haussant les épaules avec légèreté, elle tira donc d'un coup sec sur les draps afin de les extirper du lit, puis les noua fermement autour d'une épaule afin d'être un minimum couverte. Le tissu blanc traînait à terre cachant à peine ses pieds nus, mais elle n'y prêtait pas vraiment attention. Le tout était de se débrouiller avec les moyens du bord après tout. Frissonnant discrètement à cause du changement de température soudain au contact des dalles froides, la lieutenant vint s'enquérir de ce que voulait lui montrer Caym. Comme il était prévisible il avait tout prévu, partant des hypothèses les plus rudimentaires pour en arriver aux plus scabreuses. Il y avait en ces parchemins des heures et des heures de travail, c'était évident... Le tout lui inspira un certain respect malgré tout, car ce n'était pas donné de faire tout cela et gérer les troupes en même temps. Autant dire qu'il n'avait pas de vie privée, ce qui allait quelque part de paire avec les conclusions concernant son manque de vie de couple. Bon certes il se pouvait qu'il en ait une malgré tout, mais alors l'heureuse élue devait être très compréhensive pour accepter ses sempiternelles absences. Toutefois elle persistait à croire que si jamais c'était le cas, cela se saurait dans les rangs... comme toujours d'ailleurs puisque il y avait beau y avoir seulement quelques femmes dans l'armée entière, les soldats étaient de vraies commères.

D'ailleurs la confiance que cet homme semblait avoir en ses capacités à en arriver là la dépassèrent. Elle avait beau être solide elle n'était pas sans failles, et puis d'un autre côté l'idée qu'il ait pu tout prévoir à l'avance et avec succès la dépassait... Relian ne voyait pas vraiment comme une bonne chose le fait de pouvoir être prévisible. Un vieux réflexe de combattante aguerrie peut être... Demeurant silencieuse, elle cherchait encore ses mots ainsi qu'un moyen de s'exprimer sans bégayer, lorsqu'il reprit de plus belle, lui expliquant l'état des choses. C'est vrai qu'elle était trop occupée quotidiennement par les préoccupations et les exigences permanentes pour vraiment penser politique... mais la vérité c'est qu'elle n'était pas externe à tout cela. Issue de la noblesse elle était qu'elle le veuille ou non toujours plus ou moins mêlée à ce qui touchait à la maison royale et plus largement, à la monarchie. Nathaniel était un roi on ne peut plus patriote sur ce point rien à y redire, mais pour ce qui était de ses méthodes, c'était une autre histoire. Tyran, cruel et sans scrupules c'étaient trois points qui résumaient en quelques sortes le portrait... Il était un conquérant prêt à tout pour écraser l'adversaire, mais également un mégalomane préoccupé par son trône et sa descendance se faisant de plus en plus rare. Le voir mort ne dérangerait pas plus que ça la lieutenant, seulement qui pourrait bien prendre sa place? Sa fille? Non sûrement pas, ce n'était qu'un enfant gâté qui n'était bon qu'à jouer les victimes et se pavaner dans une cour... Aucun sens de la diplomatie ou du maniement des troupes. Que deviendrait l'armée Rugilianne sous pareille couronne?? Absorbée par ses raisonnements, elle se gratta un peu la nuque pour revenir sur terre.

- Je ne connais peut être pas grand chose à la stratégie, mais ce n'est pas faute de ne pas m'y intéresser. J'ai toujours cherché à trouver ce qui manquait à nos armées et que les Otianais avaient en plus que nous... La réponse est simple, et pourtant la problématique ne l'est pas tant que ça. Nous ne sommes pas moins intelligents, nous sommes juste à côté de la plaque pour ce qui est des méthodes employées. Nous avons toujours cherché à prouver notre puissance en misant tout sur la force de frappe, mais c'est une erreur car les ruses de ses gueux nous prennent sans cesse à revers. Je pense que nous avons tout ce qu'il faut pour en finir avec eux, mais il s'agit de faire des réformes profondes dans les mentalités, et c'est surtout là que le bat blesse. Nous avons besoins de têtes pensantes afin de diriger les hommes et de mieux organiser nos ressources. Voilà le fond de ma pensée en ce qui concerne l'état des choses, major.

On pouvait voir à travers ses paroles certes simples mais directes qu'elle avait également envisagé ce qui se passait d'un œil critique, bien que bien sûr il ne soit pas si avisé et expérimenté que celui du stratège. Mais cela montrait que son poste n'était pas une barrière à sa réflexion, et que bien qu'elle ne vise pas les hautes sphères, elle avait un avis tranché sur la question. Peut être jugerait-il que ce sur quoi elle s'appuyait était pauvre, mais au final elle ne disposait que de peu d'éléments. Regardant les divers plans et graphiques d'une mine intéressée, elle enregistra chaque petit détail afin de s'en souvenir plus tard. Sa mémoire lui permit de tout graver dans son esprit, bien que les données soient trop nombreuses pour qu'elle puisse en faire de visu une analyse immédiate. Cependant malgré tout cela elle ne prit pas position concernant la question fatidique de l'Acrimonieux. C'était un peu à son tour de se faire mystère, surtout que selon elle cette question était idiote et totalement déplacée. Il savait très bien ce qu'il en était... elle n'était masochiste assez pour servir quelqu'un en qui elle ne croyait pas, elle était trop droite pour être dans l'armée uniquement par un choix imposé. Non... si elle était là dans la section qui connaissait le plus de pertes et qui prenait le plus de risques ce n'était pas non plus par envie de périr bêtement sur un champ de bataille, c'était purement par conviction.

- Si jamais je venais à accepter pareille responsabilité, ce ne serait pas pour cirer vos bottes, aussi charmantes soient-elles. Je suppose que vous avez déjà pas mal de bataillons qui pourraient servir à cette tâche. De toute façon quitte à me coltiner dans un rôle stupide et ingrat, autant que ce soit en chair à canon... j'y serais plus utile car au moins j'en aurais fait tomber quelques uns avant.
En parlant de tomber... je ne suis pas aussi visionnaire que vous et je ne dispose pas de tous les éléments, mais j'ai des liens avec les aristocrates et je connais leur genre. Je sais pertinemment que sous le désespoir ils s'accrocheront comme toujours à la seule chose qui tienne encore debout dans ce royaume... Inutile de dire que les fers seront à nouveau brandis... j'espère seulement que le roi n'entraînera pas une guerre civile, nous avons déjà assez à faire à l'étranger. Néanmoins je n'ai pas grand espoir car bien qu'il soit notre suzerain, son Altesse Sérénissime ne brille pas pour son intelligence.


Encore une remarque ironique et surtout qui lui coûterait sa tête si jamais elle était entendue par des oreilles malveillantes. On avait déjà vu des têtes sauter pour moins que ça dernièrement... mais elle s'en moquait, il valait mieux mourir droit et fier que de marcher ratatiné et humilié en vie. De toute façon elle avait toujours discerné dans le regard noir de l'aîné des Symanth ce petit quelque chose de rebelle, de révolté contre certaines décisions ou certaines attitudes royales. Elle même partageait ce mépris pour ce règne totalitaire, car son patriotisme était dénué de tout sens autoritaire. Bien sûr connaissant l'histoire Rugiliannaise il ne fallait pas rêver d'un roi pur et chaste, bon et célèbre pour son équité... mais rêver d'un peu de dignité n'était pas encore interdit. Relian rêvait d'un jour pouvoir être fière du pouvoir dirigeant cette contrée, de pouvoir parler élogieusement de ce dernier sans devoir rougir d'histoires de meurtre et d'inceste comme c'était le cas maintenant... Regardant Caym dans les yeux avec une audace qu'elle ne se connaissait pas, elle lui transmit sa réponse à travers ce biais. Comment pouvait-il douter de sa dévotion après tant d'années à supporter ses envies massacrantes d'écraser ses subalternes? Soupirant elle ferma les yeux un instant, se demandant ou tout ceci les mènerait. Rouvrant les yeux elle le vit soudainement plus près, ayant fait le tour de son bureau pour l'approcher. Penchant la tête sur le côté d'un air inquisiteur, elle le regarda sans trop comprendre ce qu'il lui voulait. Elle amorça un début de réponse verbale, mais en même temps se demandait si il y avait un souci, elle se disait qu'il s'agissait sûrement de sa tenue qui le dérangeait... mais ce fut toute autre chose qui l'attendit.

- Je... Ou...

Prise de court elle écarquilla les yeux sous le baiser mais fut incapable de se détourner. Bon sang à quoi jouait-il?!? Sans trop savoir de quoi il était question elle lui rendit la pareille souffle court, avec plus de douceur que de passion. Elle était totalement inexpérimentée dans le domaine, alors disons que comme premier baiser... il venait tard. N'osant pourtant pas le toucher, elle profita de cet instant qui elle le savait n'était pas fait pour durer. Ayant fermé les yeux quelques instants, elle les rouvrit finalement après quelques secondes, ne sachant pas trop quoi faire ou dire. Pourquoi ce geste, elle ne le comprenait pas et n'était même pas sûre de vouloir connaître sa signification. Était-ce encore un test étrange pour voir si elle était capable de profiter de sa condition féminine? Fronçant les sourcils bien que ses yeux dévoilent l'intensité de son trouble causé par les sensations qui lui brûlaient les veines, Relian le dévisagea. Leurs visages étaient encore proches bien qu'elle ait mis fin à ce délice, alors elle en profita pour garder une certaine proximité qui peut être lui permettrait d'avoir des réponses au delà de ce qu'il pouvait lui dire. Alors soudain un seul mot franchit ses lèvres ou trônait encore le goût de cet homme étonnant, répondant pour compléter ce qui avait été laissé inachevé tout à l'heure mais peut être bien plus également... On ne saurait dire de quoi elle parlait au juste. Le poste... ou bien ce bourgeon naissant et fragile?

- ... Oui.
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Jeu 7 Jan - 0:39

Caym avait passé le plus clair de sa vie, tout du moins, ce qui était su et établit sur sa vie, à servir dans l’armée et à faire des miracle pour le bien du plus grand nombre et s’il avait sa position aujourd’hui, il ne la devait qu’à des efforts soutenus et continus qui l’avait catapulté de simple soldat à major et malgré toute la crainte qu’il inspirait, tous au sein de sa division savait que s’il pouvait éviter des morts au sein de ses troupes, il le faisait. Oui, il faisait battre, emprisonner et exécuter les fautifs mais ses précieux soldats, ceux qui avaient comprit comment fonctionnait les choses, comme quoi cette division n’accepterait que l’élite et un comportement tout aussi exemplaire, savaient tous et chacun d’eux que le major Symanth seraient sur la ligne de front avec eux et jamais dans un bureau ou à l’arrière. Ce que Caym Symanth exigeait de ses soldats, ce n’était que moins que ce qu’il exigeait de lui. Si les soldats étaient à l’entraînement à cinq heure du matin, il y était à quatre et se maintenait en forme malgré ses obligations. Si pendant un assaut un de ses soldats se faisait blesser et qu’il avait le choix entre continuer ou lui sauver la vie en le ramenant à l’arrière, il sauvait son subalterne sans se soucier qu’il soit au bas de l’échelle hiérarchique. C’était le fait que Caym soti plus une machine qu’un homme qui terrifiait ses troupes et répandait la crainte dans son entourage, au sein des autres branches de l’armée. Caym le disait souvent à ses hommes : ma division c’est comme un jeu d’échec : le pion, bien que sacrifiable, est aussi capital que le roi.

À quoi cela menait-il, dans la situation actuelle? À une réalisation qui ne le laissa pas indifférent. Il aimait cette femme en face de lui. Pourquoi? Difficile à dire car il avait toujours ou tout du moins pour autant qu’il daigne bien l’admettre supprimé toute trace d’émotions qui ne cadraient pas dans ses fonctions militaires. La haine, la colère, la peur, le courage, l’amitié… Cela il connaissait et le vivait. L’amour? Non. Cette donnée n’entrait pas dans l’équation. Il avait toujours associé la chose à un sentiment de perte. L’amour d’un fils pour sa mère, d’un frère pour sa sœur… Par deux fois son cœur avait été trahit par l’amour et Caym l’avait classifié comme sentiment dangereux. On ne parlait pas ici de l’amour avec un grand A, non, mais de cet amour sain pour les gens qui vous sont cher… Pourtant, face à Relian… Surtout après son récent succès… Il était incapable de supprimer le sentiment. Il avait beau se dire que tôt ou tard il serait de nouveau trahit par ce faux sentiment bénéfique… Rien n’y faisait. Son cerveau refusait d’obéir, de comprendre, d’assimiler la chose… Il essayait d’aligner les mots, de fournir une explication cohérente à Relian pour ses actes… Rien n’y fit. Il parvint à balbutier quelque chose d’à peu près cohérent mais on pouvait clairement voir que le major était confus, confronté à quelque chose qui apparemment échappait complètement à son contrôle et ses analyses. Une chose que bien des gens auraient qualifié d’impossible…


« Relian je… Euh lieutenant ce n’est pas… Je ne sais… Comment dire… »

Comment expliquer la chose suivante : je vous ai embrassé sous une impulsion venue de je ne sais où suite à mes récentes confessions et à mon tout aussi récent changement d’attitude à votre encontre et, vous voyant sur un nouvel angle, j’ai senti renaitre en moi un sentiment que je croyais mort à jamais que j’ai exprimé plus ou moins involontairement sous la forme de ce baiser? Ou encore la chose tout aussi improbable venant du major : Relian, je pense que je suis tombé amoureux de vous et le fait est que tout chez vous me séduit, tant votre intellect aiguisé que ce corps robuste et vigoureux qui est votre. Même si j’ai été des plus désagréable avec vous pendant des mois, acceptez-vous toutefois d’en faire abstraction et de vous engager avec moi dans une relation amoureuse basée sur un respect mutuel de l’un et de l’autre et non pas un vulgaire besoin d’assouvir ses pulsions animales? Caym en aurait bien été incapable et la simple formulation de ces deux constats fut aussi difficile que de faire un tri exact et parfait des brins d’une meule par grandeur au millimètre près et ce sans instrument de mesure et dans le noir complet. Il ne comprenait pas comment son rempart émotionnel et sa barrière de professionnalisme avait pu laisser passer une telle chose. Pourtant…

Il n’avait même pas besoin de se le cacher : il en redemandait. Ce contact avait été trop bref et trop agréable pour qu’il en fasse bêtement abstraction. En fait, il aurait voulu faire plus, étreindre cette femme contre lui, laisser de côté masques et déguisement et être lui, pour ce qu’il en restait depuis une succession d’événements excessivement éprouvants commencés des année auparavant et dont la charge n’avait cessé de s’accumuler au fil des ans… Caym Symanth c’était toujours montré comme étant impossible à cerner pour cacher ses propres faiblesses dont le principal fait état qu’il ne se considérait pas ou plus exactement comme un être humain. Trop de choses étaient arrivées dans sa vie pour qu’il accepte de se considérer comme l’un d’entre eux. Il était peut-être un sous-type vivant en marge… Mais sans guère plus. De tous les Symanth, enfants il allait de soi, il s’était toujours considéré comme le plus irrécupérable du lot et s’il avait son poste aujourd’hui, c’était en grande parti grâce à une haine viscérale de sa propre personne…

Toute cette réflexion, entre ses paroles balbutiées et les pensées venant d’être exposées n’avait pas prit plus de quelques secondes malgré tout le labeur nécessaire pour les construire et les formuler mentalement. En fait, cela s’était passé incroyablement vite et ce même pour quelqu’un capable pratiquement de formuler une idée à la seconde. On parlait quand même de celui qui avait réussi à anéantir un bataillon ennemi entier sans perdre un seul homme avec pour seule arme véritable le terrain, son cerveau et un intellect vicieux. Ce coup là l’avait rendu célèbre quand il avait transformé un terrain plat en piège mortel. Caym Symanth avait toujours dit que le terrain était une ressource aussi précieuse que l’eau ou l’air… Et il avait admirablement bien prouvé la chose ce jour là. Mais bon, cela revenait à s’écarter du sujet principal, à savoir, le court laps de temps entre deux événements et la difficulté demandée par cet effort de réflexion. C’était hautement inhabituel pour l’officier le plus retors de tout Rugillian et cela l’apeurait en même temps que cela l’intriguait. Que devait-il dire ou faire devant un inconnu en marge d’un infini de possibilités préconçues et établies par le fin stratège? Même lui n’aurait su le dire avec exactitude et précision. Une des marques de commerce de Caym était de toujours être un pas en avant de tout tant au sein des affaires internes qu’externes… Et là il avait l’impression d’être à quinze kilomètres en arrière… Et encore, c’était peut-être un estimé trop conservateur compte tenu des circonstances. Luttant contre la confusion qui menaçait de gagner son esprit, il parvint à reprendre la parole au bout de quelques secondes additionnelles qui lui permirent un discours plus cohérent.


« Pardon je… Je voudrais bien fournir une explication à mes actes… Mais hélas, malgré tous mes efforts, je n’ai rien à suggérer et… »

Ce fut alors à son tour d’être incroyablement surprit par la personne en face de lui…
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Relian Mirel

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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Jeu 7 Jan - 1:55

Act 4. Drown in Confusion


C'est fou comme avec les bons arguments, les conversations militaires chargées de sérieux pouvaient se voir subitement balayées d'un revers de main... Cela faisait tout drôle de s'en rendre compte alors que quelques instants avant ils ne juraient tous deux que pour et par leurs rôles. Là tout d'un coup il ne s'agissait pourtant plus de faire preuve de professionnalisme, de réfléchir sur des sujets pourtant tout à fait sérieux et graves... il ne s'agissait plus que d'être un homme et une femme l'un face à l'autre, avec leurs forces et leurs faiblesses. Il était dans un sens d'ailleurs un peu réconfortant de voir qu'elle n'était pas la seule à en perdre son latin... ce qui lui donna au moins l'impression de ne pas être aussi ridicule qu'elle le pensait. Et dire qu'elle avait de nombreuses fois surpris des courtisanes en train de soupirer dans les couloirs... on pouvait en entendre de belles à condition d'être au bon moment au bon endroit. C'est vrai que les jeunes nobles n'avaient pas grand chose à faire de leurs journées à part parler de tout et n'importe quoi, alors souvent elles en venaient à discourir sur qui était le meilleur parti, ou simplement le plus beau mâle du royaume. Bien sûr les militaires déclenchaient toujours un certain fantasme à mi chemin entre le prince servant et les grâces de l'uniforme, ce qui les enchantait comme au premier jour. Il n'était d'ailleurs pas rare de les entendre parler des Symanth, qui avaient pour réputation d'être aussi intraitables que séduisants dans leur mauvais caractère. De son côté Relian en avait toujours eu conscience, mais c'est certain que c'était bien le dernier de ses soucis ou la dernière de ses priorités de les voir sous cet angle là. Elle avait toujours pensé que le fait qu'il soit jeune et charmant lui ferait le même effet que si il était vieux et rabougri comme Maximus, mais la vérité semblait être toute autre...

Se sentant idiote de ne rien trouver à dire, elle préféra tout de même ne pas prendre le risque de tout gâcher par une maladresse. Qu'il y avait-il a rajouter à ce qu'ils pouvaient bien ressentir en ce moment de toute façon? Tout d'un coup perdue et craignant de se lancer en des divagations romantiques qui n'avaient pas leur place ici, elle se crispa quelque peu mais ne recula pas encore. Se noyant dans le visage qu'elle n'avait jamais vu d'aussi près, elle sentait ce charisme puissant plus fort que jamais... Se calmant comme il lui était possible, la demoiselle se sentit encore plus petite face à lui car elle savait bien que quoi qu'il découle de ce qui se passait, plus jamais ils ne pourraient se regarder de la même manière. C'était une page qui se tournait déjà malgré eux indépendamment de la fin qui les attendait. Cruel mais réel, c'était le destin qui leur incombait... L'entendant balbutier elle sourit malgré elle, car la situation était incongrue et pourtant agréable. Le tout était de voir les choses avec philosophie car le lendemain elle aurait certainement affaire avec le même Caym glacial de toujours. Se faisant une raison, la lieutenant baissa un instant les yeux l'air pensif. Elle non plus n'avait pas d'explications à donner à ce qui se passait... mais pourquoi en trouver de toute façon? Ce n'était pas elle qui avait amorcé ce contact, ce n'était pas elle qui avait franchi les limites. Pourtant elle n'avait pas protesté, elle ne s'était pas détournée. Sans en avoir eu l'initiative ou l'envie de départ, elle avait coopéré et en venait à se demander si l'idée lui aurait un jour effleuré l'esprit. Probablement pas, car elle était totalement prisonnière de son statut en plus de la distance qu'elle lisait à travers de chacun des gestes du major. De fait même quand il était agréable il laissait toujours très clair qu'il ne voulait que personne ne l'approche... Posant l'index sur ses lèvres, elle le fit taire de manière naturelle. Elle tentait de le voir enfin comme juste un homme pour ne pas être enchaînée par leurs grades.

- Non ne dites rien. Ne me donnez pas des excuses dont nous ne voulons pas tous les deux. Je ne vous demande rien. Je ne pourrais pas, même si je le voulais.

Le voyant tentant de renchérir, Relian dodelina de la tête de manière désapprobatrice. Non il ne fallait pas... pas qu'il regrette ce qui venait de se passer. Se raccrochant à lui avec force elle se mordit la lèvre et l'étreignit par la taille en posant sa tête sur son torse. Il s'interrompit dans ce qu'il disait et elle ne sut pas si c'était une bonne ou une mauvaise chose, mais à vrai dire tant qu'il ne la repoussait pas tout irait bien. Relian savait bien qu'elle venait de prendre un grand risque car le brusquer ou se montrer trop ferme risquait de le faire fuir, mais de toute façon il ne servait à rien de se ronger les sangs... elle n'avait simplement aucune idée de comment il pourrait réagir.
Où était donc passé son attitude masculine sur l'amour, le dédain misérable de toutes ces choses de femmes, ces lubies incertaines et ces hésitations pathétiques causées par les sentiments? Où était donc passée sa résolution de ne jamais s'engager sur ce genre de pentes dangereuses ne pouvant conduire qu'à des blessures sans cure? Elle avait envie de pester, de jurer et de crier et pourtant tout ce dont elle était capable était de réprimer les tremblements qui l'agitaient tout en gardant une expression faussement calme. Le regardant dans les yeux, Relian paraissait tout d'un coup plus dure. Tout cela ne pouvait pas rester dans ce flou gaussien bien longtemps, il faudrait vraiment mettre les choses au clair. Il n'était ni tôt ni tard: c'était maintenant.


- Je ne sais pas ce que vous avez en tête, mais j'espère que vous ne comptez pas regretter. Vous êtes trop prévoyant pour prétendre que l'idée de faire ça ne vous avait jamais parcouru. Quoi qu'il en soit je veux savoir quels sont vos plans. Allez vous assumer ce que vous avez fait, ou bien vous cacher derrière les apparences, major Caym Symanth?

Sa voix pourtant douce se fit impitoyable, retentissant comme un coup de tonnerre entre les quatre murs de cette pièce. Elle ne savait pas ce qui la prenait de faire ça et pour l'instant elle ne voulait pas savoir. Seulement une chose était sûre: il lui fallait dès maintenant savoir où elle mettait les pieds, avant qu'elle ne se fourvoie totalement. Il n'était pas question de faire des exigences en lui demandant des promesses ou une déclaration... Juste s'enquérir sur le bien fondé de ce geste et le crédit qu'elle devrait y accorder. C'est certain que cela lui paraissait totalement aberrant qu'il veuille juste une histoire physique car il y avait des femmes bien plus belles et expérimentées pour ça, mais d'un autre côté l'imaginer parler d'attraction sentimentale était totalement... impossible? Soupirant elle le regarda dans les yeux, attendant une réponse qui serait de toute façon déterminante quelle qu'elle soit.
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Jeu 7 Jan - 2:41

« Je ne nies pas que la probabilité m’ait effleuré l’esprit… Sans guère plus j’en ai peur. J’ai pour prérogative de mêler le moins d’émotions possible à mon travail, ce qui donne un peu le ton… Ceci dit, je vais toujours au bout de ce que je provoque, lieutenant. Il en a toujours été ainsi et je ne compte pas me cacher pour éviter ce que j’ai provoqué. Je sais que ce que je viens de faire résulte d’un sentiment, de cela il ne fait aucun doute mais il serait mal avisé de faire comme si rien ne s’était passé. Manipuler et mentir sont des cordes à mon arc… Mais ce ne sont pas des éléments que j’utilise de façon systématique et en toute circonstance, au cas où vous en douteriez. »

Cette once de provocation dans la voix du lieutenant Mirel remit Caym sur un terrain moins glissant. Une confrontation… Ça il pouvait gérer. Un rappel à son grade donc un retour vers une défensive. Une défensive différente des autres, dans la mesure où il la faisait sans son armure émotionnelle.. Mais une défensive quand même. Caym ne manquait pas de courage, non… Simplement, il savait quand la fuite était la solution la plus sage et là où d’autres péchaient par excès de confiance et de foi en de fausses conceptions, le major Symanth pouvait transformer une retraite organisée en un piège mortel. Évidemment, dans la présente situation, il n’avait pas vraiment à utiliser de cartes dans son arsenal dans la mesure où il s’agissait d’un rapport intime entre deux personnes et non pas une question de vie ou de mort au sens propre du terme…

Se surprenant à couver du regard sa subordonnée d’un regard presque jaloux, car quand vous êtes une des rares femmes dans l’armée, vous vous faites remarquer par beaucoup de paires d’yeux, Caym se rendit bien compte que comme à l’habitude, rien n’arrivait par hasard, tout avait une fonction. Dans le cas qui le concernait, ce n’était pas tant la réalisation d’une romance pour quelqu’un mais plutôt la réalisation du à quel point il tenait à cette femme et à quel point il la voulait près de lui. Cette Luhiel qui n’était pas Luhiel venait chercher en son cœur un amour peut-être un peu moins vif et d’une nature différente mais elle venait chercher quelque chose chez le major… Et ce n’était pas à la portée du premier venu. En qualité d’officier, il en avait vu des femmes de toute extraction et de tout type, de la femme noble qui cherche à mettre un militaire dans son lit par prestige à la noble idéaliste qui vous met pratiquement son corset dans la figure pour vous attirer dans son lit en rêvant d’être la femme d’un général en armure tel un chevalier de conte… Comme il avait vue des femmes d’extraction moins noble tenter de le mettre de leur lit pour sa solde, ce genre de détails. Dans le cas de Relian, il ne percevait pas cette naïveté ni cette convoitise malsaine et c’était ce qui avait dû mener à cette réaction de sa part. Le lieutenant Mirel était différente des autres femmes et finalement, Caym fut à même de mettre le doigt directement sur ce qui venait tant le chercher chez Relian : elle n’agissait jamais en faible ou en victime. C’était une femme qui se donnait à fond et qui ne gémissait pas pour un rien. Relian faisait peut-être plus princesse guerrière avec ses origines nobles mais c’était Relian en tant que personnalité qui avait su séduire Caym. La où plusieurs trouvait une femme désirable pour son buste généreux ou ses prouesses au lit… Caym se rendit compte que ce qu’il trouvait attirant chez une femme c’était sa capacité à être indépendante, à brise r le stéréotype de femme en péril.

Tout bien considéré… Il affectionnait peut-être ce trait particulier dû au fait que pendant sa jeunesse, il avait lui-même été placé sous le signe de la faiblesse et que là où il avait dû se cacher derrière des remparts construits à la base par une haine sans borne dirigée contre lui et le monde, Relian disposait d’une force toute naturelle. Pour ce qu’il en savait par son dossier, elle était née avec. Ce qu’il avait gagné de peine et de misère en luttant pendant plus de cinq ans de sa vie, elle en avait à revendre… C’était le fait que Relian soit à la fois semblable et différente de lui, tant une version féminine de sa personne que son opposé qui avait construit les bases de cet amour, le fait que Relian puisse être comme lui et pas du tout en même temps. Il admirait cette femme pour tant de choses… Et une partie de lui, cette même part de lui qui jadis l’avait tant poussé à protégé sa sœur, ne voulait pas que cette rose forte aux épines bien pointues ne se fane prématurément. À bien y penser… En voyant en Relian un reflet de Luhiel, n’avait-il pas chercher à faire ce qu’il avait voulu faire pour sa sœur, en faire une femme forte et fière que rien ne ferait flancher? Caym Symanth, chevalier servant, entraîneur de caractère exigeant et homme de l’ombre, protecteur de la force de caractère de ces dames… Burlesque dit ainsi et pourtant… Véridique à tout le moins partiellement.


« Non lieutenant, je compte vivre pleinement cet amour que je conçois pour vous-même s’il faudra le faire avec une bonne dose de secret. Vous savez autant que moi que dans notre métier, la vie est trop courte pour être futilement gaspillée et je sais pertinemment que je regretterais sans doute jusque dans ma tombe et au-delà le choix fort sot que de refuser de faire face à ce que j’ai commencé. Voyez la chose comme vous le désirez lieutenant mais moi je ne compte pas vous en tenir rigueur si de nous deux vous décidiez de ne pas suivre cette voie que j’ai ouverte par ce baiser. »

À provocation, provocation et demie. Si Relian avait voulu sous-entendre que Caym serait incapable d’assumer son geste, c’était à son tour d’insinuer qu’avec une telle question, il doutait que Relian ait le cran de suivre la voie qu’il venait de tracer. Ce n’était pas une provocation faite pour blesser, loin de là. C’était une provocation à la Caym, minutieusement calculée que ses plus proches officiers considéraient avec un sourire en coin. Il ne tenait pas à blesser cette femme, il tenait à l’aimer… Avec un peu de retard et une légère maladresse, il lui rendit son étreinte avec une douceur que jamais Relian n’aurait pu lui suspecter. Passant une main délicatement sur le visage de la lieutenant, il lui adressa un sourire à la Caym, un de ces rares sourires où il avait l’air de le faire avec cynisme mais qui en fait trahissait un amusement contenu et une dose de bons sentiments. Maintenant, à savoir si Relian irait en son sens, il s’en interrogeait un peu… Après tout, si Caym était capable de récupérer n’importe quelle situation pour un peu que son cerveau trouve une parcelle de repère connu, peut-être que Relian elle aurait davantage de difficulté à se faire une idée. Ceci dit, une part de lui lui soufflait que si Relian avait posé la question, alors elle était prête à suivre en son sens… Il y alla ensuite d’un constat qui aurait pu passer pour une nouvelle provocation… Mais qui était en fait un acte de bonne foi.

« Ceci étant dit, Relian, je propose de faire montre de la véracité de mes propos par un second baiser. Aussi curieux que cela puisse paraître, un être humain moyen peut mentir par les mots sans le moindre problème… Et se faire trahir de bout en bout par son langage non verbal et corporel. Si vous doutez de mes paroles… Venez donc chercher les preuves de vérité que je suis en mesure de fournir… Et cela me permettra de voir également dans quel mesure vous interprétez les récents événements… »
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Jeu 14 Jan - 22:28

Act 5. Breaking The Limits



Il n'y avait même pas d'insinuations dans ce qu'elle disait car bien qu'elle joue les fortes têtes sachant toujours où elle mettait les pieds, la vérité c'est qu'avec cet homme le danger guettait dès que l'on pensait avoir prévu son prochain coup. Baisser sa garde signifierait s'exposer et c'était la dernière chose qu'elle voulait, alors tant bien que mal et tant que son cœur battant le lui permettrait, Relian resterait sur la défensive. D'un autre côté si ils s'adonnaient à un étrange petit jeu de chat et de la souris, il n'en demeurait pas moins sûr que la lieutenant ignorait tout de ce qui allait dans la tête et dans le cœur de cet homme. Elle savait qu'il était comme une épée à double tranchant, à la fois attirante mais dangereuse, emplie d'irrégularités qui loin de l'enlaidir, faisaient sa singularité. C'est certain que la nature et les intentions encore inconnues de Caym étaient la pierre angulaire de ce qui se passait, mais ce n'était pas le seul élément. Que voulait la Rugiliannaise de son côté? Elle même peinait à le dire au juste. Tout était encore trop flou sous l'analyse poussée de ses mirettes de jade.

- J'ai toujours pour habitude de douter de ce que j'ignore... L'ignorance est fourbe et meurtrière alors je m'en écarte tant que cela reste possible.

Ne comprenant pas la nature du regard qui lui faisait face, elle pencha la tête de côté avec un air intrigué, mais ne vit pas l'utilité de l'interroger sur un sujet qui le rendrait certainement plus distant. Ainsi munie de ses précautions, elle le guettait du coin de l'oeil, se demandant ce qui allait advenir ensuite. Ils avaient beau se croiser régulièrement depuis des années, il demeurait une énigme pour elle, et en dehors de l'environnement militaire, elle n'avait aucune idée de comment il se comportait. Tentant de se tenir droite et digne bien qu'au final elle avait l'air tout ce qu'il y avait de plus passe partout, outre peut être sa tenue qui vue de l'extérieur ressemblait plus à une étrange tunique hellénique, la demoiselle était loin de se sentir sûre d'elle. Le charme était un mot inadapté à son dictionnaire, et il est même fort probable qu'elle ait pu coller un pain au premier insolent qui le lui aurait tout bonnement suggéré de près ou de loin. Pourtant voilà où ils en étaient... à se regarder sans trop savoir quoi dire tous les deux, bien qu'au fond elle ne puisse même pas dire que ce court silence la dérange. Juste être là avait déjà ses points positifs, bien que ce soit difficile de vraiment expliquer pourquoi. Les idées qui lui traversaient l'esprit étaient certainement moins véhémentes et structurées que celle de son interlocuteur, peut être parce qu'elle était trop happée par des sensations comme le doute ou l'insécurité... la méfiance ou la curiosité.

La curiosité... défaut tout féminin qu'elle abhorrait en temps normal, mais qu'elle devait bien s'avouer ressentir en ce moment. Et encore, dire qu'elle était curieuse c'était user d'un bel euphémisme. Elle était rongée, bouffée par ces questions qui allaient et venaient sans cesse, dans un ballet improvisé et confus qui la laissait sans souffle. Trop farouche dans ce qui concernait les choses des sentiments, Relian préférait ne pas trop se poser de questions en ce moment, car se faire des idées n'était pas dans son planning. Autant essayer de le faire parler tant que possible afin qu'il lui soit mieux compréhensible le pourquoi de cet ensemble de décisions et actions bizarres pour ne pas dire contradictoires. Les explications manquaient mais ne tardèrent pourtant pas... sauf qu'à leur perception Relian faillit manquer d'air. C'était à la fois très explicite et plutôt abstrait, mais les mots employés avaient tendance à la faire fuir. Qu'arrivait-il au major pour parler... d'... « amour » ?!? Quelle animal possédant une piqûre à effets hallucinogènes avait bien pu s'occuper de son cas?
En même temps elle était partiellement fautive puisqu'elle avait voulu le lancer sur le sujet... seulement elle n'aurait jamais cru qu'il se montrerait si loquace et catégorique. C'était dur de savoir ce qu'il voulait vraiment, puisque outre la discrétion qui de toute façon était son image de marque, le reste lui apparaissait bien complexe. Dépourvue de mots et dépouillée des limites qu'elle s'était toujours fixées plus que solidement, la lieutenant flanchait pour ce qui était de sa résolution presque masculine à se détourner de ces choses là. Tout semblait trop obscur et elle ne savait pas ce qu'elle pourrait offrir, ni même si elle pouvait correspondre à ce qu'il recherchait ne fusse qu'en partie... Répondant un peu prise de court, elle tenta d'être le plus honnête possible.


- Je... Je ne sais pas si votre décision est la plus sage. Je ne connais absolument rien à ces choses là et je suis très loin de savoir ce que je devrais faire, ce qu'il faudrait faire... Je ne sais même pas quelle est cette voie dont vous parlez. Je sais que je peux paraître idiote comme ça, mais je préfère assumer mes lacunes que de donner une fausse impression. Pourtant je pense que vous savez bien que je ne vous mens pas...

Oui elle se trouvait pitoyable... mais la vérité c'est que lors de la première provocation elle avait été prise d'une envie impulsive de le pousser plus loin sans pour autant croire qu'il mordrait à l'hameçon. Voilà donc ce qu'on appelait plus communément du bluff... C'était moche de s'être laissée surprendre de la sorte, mais il fallait dire qu'à ce jeu là Caym partait avec – c'était le cas de le dire – toutes les cartes en main. Sentant son corps trouver asile entre les deux bras forts qui avaient si souvent été l'instrument de mille morts, Relian cligna plusieurs fois des paupières, comme pour essayer de reposer les pieds sur terre. Ce nuage sur lequel elle flottait était bien beau, la vue était jolie et la sensation de plénitude cotonneuse était agréable, mais la chute serait dure à ce train là... Toutefois pour l'instant il n'y avait rien à faire, ce sourire lui ôtait tous les mots de la bouche, qui restait d'ailleurs entrouverte d'indécision.

- Je n'interprète rien du tout, je ne sais pas où je suis ni ou je vais... mais je ne pense pas que cela ait d'importance. Et vous... Caym... Que voulez-vous?

Néanmoins si les mots sortaient de sa bouche dans sa tête tout se faisait étriqué et emmêlé, en des nœuds inextricables qu'elle n'avait ni le temps ni le courage de défaire... Sa raison s'embourbait et faiblissait mollement pour échouer à se faire entendre. Pourquoi ne pas se laisser aller pour une fois à la folie et à l'imprévu? Laisser sa vie aux jours méthodiquement organisés au millimètre devenir un chaos d'inconnu en devenir pourrait être bénéfique au delà d'être suicidaire qui sait... De plus entendre son prénom prononcé pour la première fois de cette façon la fit presque chanceler d'incrédulité. Mais la fièvre prenait le pas sur le reste, l'impulsivité hédoniste et traîtresse effaçait le scepticisme... la militaire se mit alors sur la pointe des pieds pour essayer de compenser la différence de taille et se soutenant aux épaules de son compagnon, déposa ses lèvres sur les siennes avec la fougue de la témérité. Lui tombant à demi dessus à cause de sa position inconfortable, elle posa une main sur sa nuque pour mieux savourer ce fruit lui paraissant aussi défendu qu'appétissant.

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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Ven 15 Jan - 2:53

Intéressant… Décidément le lieutenant Mirel était plein de surprise. Il ne ‘était pas attendu, initialement, à ce qu’elle réagisse de la sorte. En fait, il s’était même attendu à ce qu’elle reste sur une solide défensive, sa méfiance… Naturelle, dirons-nous, prenant le dessus sur ses sentiments. Quelle agréable surprise que d’avoir eu tort sur ce point… Le major Symanth en fut à proprement parler ravi. Oh il fallait bien l’avouer, ce petit bout de femme avait plus en elle que bien des gens et c’était ce qui faisait en partie son charme : elle était de ceux qui jamais ne déposait les armes de peur d’une attaque mais qui une fois dépouillés de leur protection s’avèrent être de véritables trésors… Manifestement, il ne s’était pas trompé en plaçant sa confiance et bien plus en cet être pour le moins spécial qui servait sous ses ordres… Et il ne comptait pas perdre de si tôt un trésor aussi précieux, grand mal lui en ferait, autrement… La vie était fort courte et bien trop cruelle pour se passer du peu de bonnes choses qu’elle pouvait apporter…

N’étant pas magicien et étant à peu près sûr que Relian n’en était pas une non plus, il resta par conséquent surprit par ce temps qui semblait s’étirer voire se figer comme pour leur permettre à lui et au lieutenant de profiter pleinement du moment… Mais il ne serait pas celui qui irait s’en plaindre, ah ça non. S’il s’agissait là d’un échappatoire, aussi mince soit-il, à une routine qui commençait à peser fort lourd sur ses épaules… Il en profiterait pleinement, tant et aussi longtemps que cela se fasse avec cette femme qu’il avait apprit à aimer au fur et à mesure qu’il se débarrassait des douloureuses pensées que sa ressemblance avec une autre femme amenait en lui… Que voulez-vous : personne n’est parfait et jamais Caym Symanth n’irait se prétendre comme tel… Ce n’était ni son genre ni dans son intérêt. Se draper de mystère était une bien meilleure défensive. Parlant de draper… Il défit « l’attache » qui maintenait en place le vêtement de fortune du lieutenant, savourant certes baisers et caresses mais il était désireux d’Avoir un contact plus physique, parcourir d’un toucher délicat et respectueux ce corps fort, fier et assurément féminin qui était celui du lieutenant Mirel. Que l’on n’aille pas penser à lui attribuer quelque arrière pensée à la teneur fort peu noble : cela aurait été se bercer de viles illusions. En fait, dans l’instant, Caym en était à un point similaire à Relian : il improvisait, tentant de trouver une once de certitude dans la nouveauté de cette situation. De là à dire qu’il comptait se rendre au bout de toutes les étapes qui ultimement menait à ce type de relation si privée et particulière… Il y avait quand même une énorme marge. Non, tout ce qu’il comptait faire c’était de profiter du moment, d’offrir le peu d’amour et de tendresse qui subsistait en lui à cette femme. Rien de moins, de cela on ne pourrait lui faire changer d’avis. Il n’allait pas faire montre de moins de sentiment qu’il n’en ressentait pour cette femme qui dans un futur proche serait appelée à partager plus à fond sa vie certes en tant que second officier mais également en tant qu’élue de son cœur…

Si pour beaucoup la différence de taille aurait pu être un obstacle, le major Symanth savait pertinemment qu’il trouverait une solution à se problème. En étant assis tous les deux par exemple. Cela corrigerait une partie du problème. Dans le pratico pratique du moment, il pouvait se pencher légèrement. Ce serait certes moins confortable pour lui mais il n’alla pas non plus forcer Relian à constamment se mettre sur la pointe des pieds pour pouvoir l’embrasser quand même! C’eut été de bien mauvais goût et il ne comptait pas faire subir pareille offense à cette femme. Cette merveilleuse femme avec qui il s’était fort mal comporté pendant trop longtemps, incapable de passer par-dessus la propre noirceur de ses tourments… Une faiblesse qu’il ne se pardonnerait jamais.

Il se surprit également à s’étonner du fait que Relian soit enclin à lui pardonner. Pourquoi? Car lui était bien incapable ou peu apte à faire une telle chose. C’était bien bête mais c’était ainsi. Caym n’avait jamais eu pour prérogative de faire montre de bons sentiments quand il pouvait obtenir l’excellence de ses hommes par une attitude impitoyable. Comme sa vie avait presque toujours tourné autour de l’armée, il était presque normal que cet état de fait ait fini par déteindre sur son comportement général. Pour ce qu’il en savait, il y avait chez Relian un comportement similaire qui ne la prédisposait pas non plus au pardon… Sûrement une particularité de ce que l’on appelait l’amour ici bas… Mais était-ce au fond bien nécessaire d’avoir une réponse à toutes les questions, à toutes les interrogations? Si certaines choses se devaient de rester cacher, d’autres devaient rester sans réponses pour conserver leur magie…


« Ce que je veux Relian c’est passer le reste de mes jours avec vous à mes côtés. Je veux prendre le risque de m’engager sur le chemin de l’amour avec vous quitte à tout perdre, je me refuse à vivre plus longtemps sans la douceur d’une femme et je me refuse encore davantage à vous laisser seule ici bas. Je suis peut-être en train de faire une erreur mais ce n’est pas comme cela que mon cœur voit les choses. Et cette fois ci je tiens à l’écouter. Je ne laisserai pas passer la chance d’une vie.

Je veux me lever le matin et savoir que près de moi se trouve la femme de ma vie. Je veux pouvoir apprécier toute votre personne tant de corps que d’esprit et m’émerveiller devant vous pour ce que vous êtes et non pour ce que l’on vous perçoit. Je veux pouvoir me regarder dans le miroir en me disant que la vie vaut la peine d’être vécu car j’ai quelqu’un pour la vivre, quelqu’un pour y donner un sens et une saveur. Je veux que cette personne ce soit vous Relian et rien que vous. Aucune autre femme ne pourra rêver d’obtenir cette place qui vous est dédiée dans mon cœur.

Je ne veux plus vivre par haine de ma personne et de ma haine des autres, je veux vivre pour aimer également. Pour expérimenter, pour un moment aussi bref soit-il, la vie sans une noirceur intégrale. Je veux être là pour panser vos blessures tant physiques que mentales et profiter de votre présence. Est-ce trop demander que de vouloir un peu de bonheur? Est-ce exagérer que de chercher à vouloir redéfinir un sens à son existence? Vous le savez comme moi belle Relian que dans notre métier la vie est courte. Ce serait pire que l’enfer et la mort que de finir mon existence sans avoir pu vivre ne serait-ce que pour le plus bref des moments tout cet amour que j’ai pour vous. Je voudrais me noyer dans ces deux perles de jade que sont vos yeux, faire de votre odeur et de la douceur de vos lèvres ma drogue et m’enivrer de chacun des gestes affectueux que vous poserez pour moi… Voilà ce que je veux Relian, voilà ce que je désire ardemment. »


Caym se demanda s’il avait déjà été aussi honnête envers quelqu’un qui n’était pas de sa famille. En dehors de Sparda et de Luhiel, Caym s’était fort peu souvent confié à ses parents. Sa mère, entre autre… Même quand tout allait mal, il lui disait que tout allait bien. Et il savait que cela avait dû la peiner de voir son fils se refermer autant sur lui-même, se donner des airs forts pour palier à une faiblesse passée qui n’Avait pas été sienne par sa faute…
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Sam 23 Jan - 21:45

Act 6. An Uninvited Passion



Relian ne pouvait pas réfléchir. Les sens embourbés et les jambes chancelantes, les sens cotonneux et les mots qui se bousculaient sans franchir la barrière de ses lippes charnues... Non elle ne pouvait pas réfléchir, elle ne... voulait pas réfléchir non plus. Ce n'était pas le moment et si de toute façon pour l'instant les choses se passaient vite, trop vite, elle n'en avait rien à faire. Si tout cela n'était qu'un rêve destiné à prendre fin au réveil, autant qu'elle en profite tant qu'elle en avait la chance. Mais à vrai dire même ses songes les plus fantaisistes n'auraient pu retranscrire ce qui la traversait, même ses lubies les plus imaginatives et farfelues n'auraient pu la porter aussi loin qu'elle se trouvait en ce moment. Le fond lointain de sa raison essayait de se faire entendre mais était complètement ignoré par la belle qui ne demandait qu'à voir ou toute cette immense surprise l'amènerait. Elle ne pourrait pas savoir où elle mettait les pieds avant de s'avancer un minimum. C'est pourquoi elle profitait de cette proximité qui lui paraissait en simultané si inattendue et si naturelle. Dans sa mémoire sur-developée il n'y avait pas registre d'un quelconque souvenir pouvant être comparé de près ou de loin à ce qui se passait, elle fut toutefois violemment réveillée de sa rêverie par un geste de son supérieur.

Lorsqu'il défit l'attache qui lui donnait un semblant d'accoutrement digne, ou qui en tout cas était le rempart maintenant faiblement son côté pudique, Relian recula son visage. Elle n'eut pas un seul geste de recul mais ses joues devinrent écarlates. Ce n'était pas vraiment qu'elle soit sainte nitouche car elle était habituée à s'encombrer très peu de ce genre de détails, mais la proximité avec un homme était toute nouvelle et de ce fait, peu rassurante. Portant les mains instinctivement sur son abdomen, elle demeura interdite... Elle avait pour toute toilette des ligaments qui compressaient sa poitrine afin de la faire paraître moins rebondie et un semblant de sous vêtements de piètre qualité... ce qui serait ridicule aux yeux du Général, elle en était sûre. Comme si son comportement ne l'était pas assez à lui tout seul. Jurant intérieurement, elle se mordit la lèvre inférieure. Le suivant pourtant sans rechigner autant parce qu'elle se demandait si il allait lui répondre que parce qu'elle ne voyait pas d'autre attitude adéquate, elle l'accompagna tout en s'asseyant, l'estomac noué.

Les réponses vinrent peu après, bien plus volubiles et explicites qu'elle n'aurait pu l'espérer. Le discours ne fut pas interrompu et c'était à peine si elle osait respirer, car ces paroles suscitaient autant un grand plaisir qu'une énorme peur. Une colossale et implacable peur qui se levait en son sein comme les premiers tourments d'une tempête... qui menaçait de tout emporter sur son passage. Le regardant dans les yeux elle sentit bien l'ampleur de sa sincérité, ce qui ne fut pas somme toute totalement positif. Si il pensait ce qu'il disait cela voudrait dire qu'il était sérieux et qu'il ne se fichait pas d'elle, qu'il ne se moquait pas ni n'essayait de lui faire une blague de mauvais goût ou un autre test tordu. Non ce n'était juste pas possible, car cette expression qu'il avait n'avait rien à voir avec son habituel rictus de satisfaction lorsqu'il avait une proie de choix entre ses filets. Se retrouvant à nouveau la bouche à demi ouverte dans une pose qui ne pouvait que refléter son incrédulité, Relian cherchait désespérément quelque chose à dire. Les choses étaient bien subites et si elle sentait ce petit quelque chose la touchant lorsqu'elle était non loin, elle n'avait jamais conçu une seule seconde d'être plus pour Caym Symanth qu'un soldat efficace et valeureux. Arriver à appréhender les choses sous ce nouveau point de vue lui prendrait pas mal de temps, surtout que les histoires d'amour étaient jusque là totalement absentes de sa vie. Accepter ce qu'il lui offrait demanderait pas mal d'efforts sur elle-même et ce serait loin d'être aisé, mais quelque part sans trop qu'elle s'explique pourquoi ou comment, elle savait ce qu'il lui restait à faire... et ce n'était sûrement pas baisser les bras.

- Je ne sais pas ce que je peux faire, quels mots je peux trouver pour répondre un tant soit peu à la hauteur de ce que je viens d'entendre. Mais je pense que je ne dois rien vous apprendre en vous disant que je n'ai jamais eu de compagnon, je suppose que mon dossier en témoigne et que votre esprit ne doit pas l'avoir oublié. C'est pourquoi je ne pourrai m'exprimer avec tant de rhétorique sur de pareilles choses. Je suis... assez complexe dans ce domaine je crois. C'est d'ailleurs sûrement pour ça que les choses m'apparaissent si compliquées... Je ne parviens pas à fonctionner avec ma raison dans ce domaine et je n'en ai pas l'habitude. C'est probablement pour ça que je m'en suis toujours écartée, en plus évidemment de l'éducation et la formation stricte que j'ai reçue.

La dernière phrase n'était plus qu'un murmure, comme si elle se parlait à elle-même, comme si elle essayait de lui exposer son point de vue en pensant tout haut. La suite de ses paroles fut un peu ambigüe, car on ne saurait dire si elle parlait professionnellement, sentimentalement,... ou bien les deux, ce qui était probable.

- Je ne sais pas si je pourrai combler vos attentes, car je sais bien que seule la perfection peut aller à quelqu'un comme vous. Je ne peux promettre vainement ni me risquer à donner ma parole sur des choses que je ne suis pas sûre de pouvoir offrir, mais tout ce dont je suis capable... tout ce que j'ai dans le ventre je le donnerai et ça je pense que vous le savez déjà. Je n'ai pas par habitude de faire les choses à moitié... Mais le fait est que ma maladresse risque de me jouer des tours et je ne sais pas si vous avez ce temps à m'accorder...

Ses mirettes resplendissant en des joyaux vivants le dévisagèrent alors qu'elle se faisait une place près de lui sans oser trop de gestes affectueux. C'était presque... contre nature pour un soldat aussi féminin soit-il de se comporter avec naturel et décontraction, sans parler de ces manières masculines qu'elle n'avait pas l'habitude de combattre. Il fallait bien dire que c'était bien la première fois de sa vie que quelque chose, ou plutôt quelqu'un arrivait à lui donner une raison valable pour provoquer un tel changement...


Dernière édition par Relian Mirel le Sam 20 Fév - 17:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Dim 24 Jan - 17:42

« Dans ce genre de relation Relian, il n’y a pas vraiment d’expertise je dirais. Je suis passé maître dans l’art de la manipulation, de la tromperie et du mensonge, ce qui normalement devrait me permettre de comprendre ce qui régis précisément ce genre de relations… Mais je suis aussi profane et néophyte que vous. Si ma raison dicte mes paroles, c’est l’instinct qui dicte mes gestes. Est-ce là ce que les gens font, ce que ceux qui maîtrise cette forme d’art qu’est l’amour, je ne sais pas. Est-ce là ce que la norme attend des amoureux? Je l’ignore. Est-ce là ce que le commun des mortels a comme gestuelle quand il parle d’amour? Je ne saurais dire. Tout ce que je peux dire c’est que j’ose espérer que vous saurez pardonner une éventuelle maladresse de ma part. J’exige peut-être la perfection de mes soldats mais c’est uniquement pour combler une lacune personnelle soit ma propre imperfection. En amour, je suis loin de vous demander une telle chose Relian… Ce serait fou et ce serait stupide. »

Pour le major… Cette relation qu’il commençait à entretenir avec Relian était une toute autre affaire que ce qu’il faisait dans la vie de tous les jours. Il n’y avait pas de notion de perfection ou d’excellence, il n’y avait même pas de critères précis : Caym ignorait totalement dans quoi il s’embarquait, il aurait donc été stupide d’exiger quoi que ce soit dont il ne saurait juger… Qui plus était, il y avait de fortes chances qu’il soit tôt ou tard celui qui ferait une erreur alors… Non, il refusait d’être l’instigateur d’une future mésentente, ce n’était pas dans sa nature que de causer volontairement le chaos dans sa propre existence. Chez les autres, sans gêne aucune mais chez lui? Jamais. Parlant de gêne… Il ne comprenait pas la réaction de Relian qui tentait de se couvrir. Pourquoi ne pouvait-il pas se délecter de l’apparence de cette femme qu’il aimait? Ne se rendait-elle pas compte du pouvoir et de l’emprise qu’elle avait sur lui? Il avait beau être son officier supérieur, il se rendait compte seulement maintenant du pouvoir que la femme pouvait avoir sur l’homme… Et plutôt que de lutter contre ce dernier, habitué comme il était à résister à toute forme de contrôle et en détournant à son avantage tout système de règles, il préféra se laisser gagner par ce pouvoir. Relian pouvait bien faire de lui ce qu’elle désirait, il n’y voyait pas d’objection valable. Ah, l’amour…

Toujours fut-il qu’il déposa un baiser sur le front de la jeune femme, pour la rassurer, un sourire bienfaisant sur le visage, le regard brillant d’un amusement à peine contenu. Rien de méchant, évidemment… Mais ce que Relian formulait comme inquiétude… Il l’éprouvait aussi. Ce que Relian semblait mettre de l’avant comme point, il les avait pensé également. Comment avait-il pu être idiot au point de laisser une vieille rancœur contre une autre femme se mettre entre eux deux, entre lui et le lieutenant Mirel? C’est avec ce questionnement en tête qu’il reprit la parole.


« Pourquoi tenter de vous cacher, lieutenant? Vous êtes une femme ravissante qui à elle seule fait pâlir bien d’autres issues de la haute noblesse et de la haute bourgeoisie. Pourquoi tenter de cacher ce qui fait de vous ce que vous êtes, ce qui vous défini comme femme, ce qui vous rend si parfaite? Oh je ne suis qu’un homme mais également un fervent amateur d’art et il n’est de plus belle merveille de la nature, à mes yeux, que vous. Nous partageons un point commun vous et moi : nos cœurs sont difficilement accessibles. Cependant, je vous donne volontiers les clés du mien. Je ne suis qu’un homme, Relian, avec son nombre effarant de faiblesses… Mais je suis également amoureux. M’ôterez-vous ce privilège que de vous admirer dans les vêtements que vous a offert la nature? Laisserez-vous cet homme tourmenté par maintes horreur trouver un réconfort dans la pureté et la perfection de votre être? Je ne suis qu’un homme, Relian, mais je vous homme plus que l’amour de tous ces hommes réunis. J’en ai assez de la solitude et de la caresse traitresse d’une fausse promesse d’obtenir mieux en gravissant les échelons de la hiérarchie. Je veux continuer cette ascension avec votre personne à mes côtés. Je veux me lever le matin en sachant que l’être aimé est là, tout prêt, me soutenant avec ferveur dans le chemin traitre de la vie. Je veux que lorsque je périrai sur le champ de bataille, mes dernières pensées n’aillent pas à un simple roi ou à une patrie qui n’est pas la mienne. Je veux léguer ces pensées à l’être aimé. »

Le major prit les mains du lieutenant dans les siennes, se tournant pour lui faire face, son regard de nouveau ancré dans les joyaux reluisants qu’étaient les yeux de cette femme tant aimée… N’importe qui connaissant Caym Symanth aurait dit la scène impossible. En fait non. Il y avait eu deux autres personnes qui avaient vu le cœur de Caym en dehors de la noirceur de son âme torturée : une mère désormais morte et une sœur il ne savait où, reniée par son propre père et détestée par ses deux frères… Mais là n’était pas la question du moment. Le moment était au discours amoureux, le moment était à l’amour et le monde pouvait bien se détruire que Caym y aurait été indifférent.

« Relian, vous êtes comme l’océan de mon Otian natale, vous êtes comme le désert de notre royaume, vous êtes le point commun à toutes les merveilles du monde à mes yeux. Je ne veux pas de ces femmes faciles qui gloussent et ouvrent leur décolleté dans l’espoir vain de vous attirer dans leur lit, je ne veux pas de ces hypocrites aux noms importants mais qui ne vous veulent que pour votre position sociale. Vous êtes une perle rare, Relian, une femme capable de survivre à la tyrannie d’un monde d’homme, une femme forte et fière et qui serait capable de tenir tête même à une tête de mule comme moi. Une femme qui n’a pas peur de se faire entendre et de donner son opinion. On admiration va tant à votre corps qu’à votre esprit car cet esprit est le parfait reflet de votre paraître : vous êtes si vraie que votre beauté est pareillement époustouflante tant dans l’être que le paraître. C’est une chose dont jamais je ne pourrai hélas jamais me vanter… Vous êtes si parfaite à mes yeux Relian que si je voulais reproduire de mes mains votre silhouette, je reviendrais à faire des applaudissements enthousiastes. Vous avez tant de valeur à mes yeux qu’aucun titre ne pourra jamais me séduire suffisamment pour me détourner de vous… Je vous aime Relian, hier, aujourd’hui, demain… Dans cette vie et dans la suivante! »

Voilà, c’était dit. Tout avait été dit. La confession d’amour dans toute sa splendeur. Le témoignage de foi dans son intégralité. Une pensée plus complexe encore résumée avec le plus de fidélité possible. Tout cela pour mener à quoi? À faire réaliser à Relian que Caym s’était ouvert à elle comme s’il avait été un livre et que si elle le voulait, elle pourrait le détruire sans le moindre mal dans l’instant. Elle pouvait soit en faire le plus heureux des hommes et être sienne comme il serait sien soit s’en servir pour arriver à ses fins ou se venger de ces années de traitements infernaux et lui infliger une blessure dont jamais il ne se relèverait. En ce moment, Relian était déesses et maîtresse de Caym Symanth… Une position de pouvoir ue bien des gens aurait tué pour obtenir…
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Mer 27 Jan - 1:46

Act 7. Pouring Rain



Si sur le champ de bataille Relian était adroite et sûre d'elle sans verser dans la vanité, dans le champ personnel les choses étaient un peu différentes. Il n'était pas question de se lancer la tête la première dans quelque chose d'aussi important à ses yeux sans même savoir où elle mettait les pieds. Bien sûr la fantaisie avait sa place, mais le suicide et les pulsions masochistes n'étaient pas encore au goût du jour! C'était un fait, outre les rapports tendus qu'ils entretenaient depuis une paire d'années maintenant, la lieutenant faisait confiance à cet homme... elle avait tôt appris à reconnaître sa valeur autant militaire qu'humaine, ce qui lui permettait de mieux comprendre ses réactions et voir un soupçon de bon côtés derrière le masque de froideur et de sarcasme. Oui il était froid avec ses subalternes, oui il était exigeant pour ne pas dire intraitable, mais à côté de ça il y avait trop peu de gens se souciant autant de ceux qui le secondaient de près ou de loin. N'importe qui ayant un peu de valeur à ses yeux et prouvant sa loyauté était sujet d'un minimum d'égards...
Cependant ici il n'était pas question de leurs comportements en uniforme, mais de quelque chose de bien distinct. Soupirant un grand coup, elle digéra petit à petit les paroles gentilles et quelque peu heu... romantiques du Major. Romantique... Dieux même ce mot seul suffisait à provoquer ses émois. Comment imaginer qu'elle aurait un jour entendu pareilles choses? Dans le meilleur des cas elle aurait imaginé qu'il le lui dise avec sarcasme pour se moquer d'elle et la ridiculiser, mais il n'en était rien. Chaque seconde derrière l'autre lui prouvait que tout était sincère et réel... Un baiser sur son front scella alors pour de bon ses doutes, si tant est qu'il en restait. De fait que ce soit par habitude aveugle de le suivre ou pas, elle sentait... ou plutôt elle savait qu'il était urgent de s'adapter à la situation.


- Peut être que c'est mon intellect qui n'est pas assez entrainé à suivre le votre, mais j'ai du mal à entrevoir les choses d'une manière aussi désinvolte... comme si... tout était simple. Aurais-je simplement une tendance à tout complexifier? Ce n'est pas exclu mais je doute qu'il s'agisse de cela.

La sincérité prit alors le dessus de manière déroutante, dans une explication qui dévoilait de sa personne. Certes c'était rare de la voir parler de la sorte, mais c'était aussi un certain gage de confiance qu'elle lui donnait et qui elle l'espérait, serait jugé à sa juste valeur. Beaucoup de ses collègues avaient tenté vainement de l'approcher, soit par intérêt de quelqu'un d'aussi talentueux et bien placé, soit par envies de séduction, et plus rarement sincèrement... mais aucun n'avait réussi. Et pour cause, Relian était plutôt du genre à fuir les contacts. C'était quelqu'un qui se faisait respecter et apprécier sans jamais se donner, bien que cela relève de ses choix... Alors ce qu'elle disait entre ses murs n'était pas destiné à la base à être dit tout haut. Le rouge teintait pourtant ses joues, qui jamais auparavant n'avaient pris cette teinte, même pendant les quelques compliments de ses supérieurs.

- Je n'ai toujours été depuis la fin de l'enfance qu'un garçon raté... et puis plus tard avec l'entrée dans l'armée, un Soldat. Rien ne m'a jamais habituée ni donné une seule raison d'aimer ou d'accepter ma condition féminine. Je n'ai pas honte de moi mais je n'en suis pas fière pour autant. Mon corps est mon instrument de travail au même titre que ma lance ou mon bouclier, rien de plus et rien de moins. De plus comme vous vous doutez, me pavaner à demi nue devant un bataillon ne fait pas partie de mes lubies... alors n'y voyez pas de pudeur excessive ou de vergogne non assumée.
Je suis une... femme étrange je le crains. Je... Je ne sais quoi vous dire, car répondre par la négative serait un mensonge précipité, et l'affirmative une imprudente envie pressée. Par ailleurs je ne suis pas non plus une fervente oratrice, car mes dons en la matière ne sont que bien piètres. De toute façon tous les mots sonnent faux et faibles face à ce que je viens d'entendre... Tout ce pourquoi je suis douée, c'est le maniement des armes quelles qu'elles soient... Et bien peu de plus en réalité. En outre, je ne peux empêcher de me demander par quel ironique destin vous avez jeté votre dévolu sur moi. Je me demande... quand avez vous su ce qu'il en était?


C'était de la curiosité que l'on aurait pu qualifier de « féminine », mais ce n'était pas vraiment le genre de mièvreries crasses qui étaient le propre des potiches bourgeoises. Non rien à voir avec cela, c'était quelque chose de différent... une envie de comprendre comment quelque chose d'aussi étonnamment merveilleux pouvait lui arriver sans qu'elle puisse même le soupçonner. Ses mains furent alors enveloppées de celles du jeune homme... paraissant soudainement plus petites bien qu'elles soient bien calleuses et abîmées. Le discours enflammé de l'Acrimonieux était beau et simple à la fois, ce qui permit même à Relian d'oublier la comparaison toujours peu flatteuse avec Otian, qui était toujours associée à la traîtrise fourbe et à tout ce qui était abject, malgré la réputation de contrées magnifiques qui étaient les siennes. Disons que l'atmosphère s'y prêtait et que l'affection faisant parler sa magie, la lieutenant ne releva pas. Non on ne pouvait pas briser un moment pareil avec ce qui n'étaient au fond que des frivolités... ce serait un pur blasphème. Toujours un peu bouche bée, elle cilla plusieurs fois pour tenter de s'extirper à cette douce et enivrante euphorie qui menaçait prendre le contrôle de chacun de ses membres engourdis par le froid. Il fallait dire qu'un simple drap n'était pas une grand protection contre les courants d'air, bien qu'évidemment l'idée de se plaindre ne l'effleure même pas. Serrant les mains de l'Otianais un peu plus fort, elle sourit simplement en réponse.

Cn sourire simple et différent, béat et comblé... comme il n'en avait sûrement jamais vu sur ses lèvres. La dernière des Mirel était trop taciturne et sérieuse pour sourire facilement, alors voir cette expression sur son visage relevait presque du miracle... ou en tout cas de l'exception, cela c'était certain. Les yeux brillants même si les mots lui manquaient, elle se sentait pousser des ailes alors qu'une émotion qu'elle ne connaissait pas semblait bouillonner en son sein, telle la lave d'un volcan reclus trop longtemps dans l'inconnu. L'espace d'un instant son faciès s'illumina et pris les teintes jeunes et féériques qu'elle avait sans cesse lorsqu'elle s'entraînait avec son grand frère, appliquée et heureuse. Mais cette fois elle ne voulait pas demeurer en reste, prisonnière de son peu de manières et son côté peu expressif. Le regardant alors droit dans les yeux, elle prit la parole en susurrant tout bas comme si elle avait peur que les murs jaloux ne gardent pour eux les secrets qui se contaient en cet instant unique.

- Je ne sais pas si je pourrai en définitive exprimer la moitié du quart de ce qui ma va dans la tête et le cœur, car les mots se bousculent sans axe ni ordre. Toutefois je vais essayer, car je ne peux me taire face à tout cela. Alors voilà... Caym Symanth, j'ignore ce qui vous a pris de me dire tout cela, ni même ce qui vous a poussé à ressentir ce que vous me dites. Mais quel que soit le Dieu ou la bonne étoile qui en soit le responsable, je suppose que je devrais le remercier. Je ne sais quelle tirade peut bien équivaloir la tourmente joyeuse qui est allumée en moi, mais sachez que si c'est le fruit d'un sortilège étrange, il marche correctement et même plus que ça. Je ne sais ce qui me prend, je ne sais ce qui m'anime... Je ne peux parler de sentiments, je ne peux dire si je les éprouve ou non puisque je ne sais pas en quoi tout cela consiste. Dans ma mémoire je n'ai rien gravé de tel, rien à quoi me raccrocher ni même un point de repère sur lequel prendre exemple. Le fait est que même si j'ignore ce qu'est l'Amour, même si je ne sais même pas ce qu'est la proximité entre un homme et une femme... même si j'ignore ce qu'est un mariage heureux ou une relation épanouie... je... Je vous le dis, non je vous le demande... Apprenez le moi !

Si cette demande pressante était juste la cause directe de l'euphorie, ou pas il était dur de le savoir, mais ce qui est certain c'est que Relian n'était pas une fillette sortant de l'adolescence en mal d'amour et d'histoires aussi rocambolesques que princières. Non c'était juste une femme qui venait de recevoir en l'espace de quinze minutes un présent plus grand qu'elle n'aurait espéré recevoir durant tous les anniversaires de son existence réunis. C'était plus qu'elle n'aurait pu imaginer ou concevoir... et quelque part au fond d'elle, elle savait que si jamais l'un de ses homologues lui avaient dit ses mêmes paroles, si l'un d'eux avait essayé de lui offrir son étreinte chaude et bienveillante, elle l'aurait repoussé tout aussi sec avec un air désolé et distant. Non... c'était l'effet Caym Symanth qui faisait cela... qui brouillait ses sens et accrochait solidement ce sourire idiot à ses lippes ! Soupirant alors lourdement avec un peu de peur qu'il la trouve ridicule, elle perdit la tête... et l'attira par le col et lui vola un baiser fugace qui avait la tendre saveur d'une promesse muette. Ses mains froides glissèrent alors vers son sternum tandis qu'elle se jeta sur lui en un beau placage, car bien qu'elle ignore pourquoi l'envie de toucher sa peau et respirer son parfum la prenaient au cœur. Pourtant rien ne portait à croire qu'elle avait des secondes intentions... pas de désir physique implicite... juste une certaine envie de le toucher en bravant mille fois l'interdit qui l'avait autrefois entravée, et qui désormais lui montrait la lueur d'un espoir fou que l'idylle prenne des contours de quotidien.


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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Mer 27 Jan - 2:55

Si simple… Cela aurait été si simple… D’abuser de la belle Relian, d’être un véritable salaud et un monstre, de se jouer d’elle par ses sentiments comme on utilise une marionnette… Caym aurait même pu la prendre, enfoncer sa lance conquérante sur les terres inexplorées des contrées secrètes de Relian, de profiter de la manière la plus abjecte du concours de circonstances… Il aurait pu le faire, il avait ce pouvoir. C’eut même été très… Caym Symanth. Le manipulateur, le fourbe, le calculateur, celui qui vous caressait le visage d’un gant de velours pour vous arracher le cœur de sa poigne d’acier… Caym s’était toujours vu comme une sorte de monstre, depuis que des années auparavant il en était venu à concevoir une haine sans borne pour tout ce qui vivait… Oh bien sûr, il savait canaliser ses pulsions de meurtre, la redoutable énergie derrière cet homme qui dirigeait plus de soldat d’élites que de fantassins réguliers… Il aurait tellement pu détruire Relian Mirel, faire de cette première expérience amoureuse une première expérience sexuelle qui aurait probablement poussé la pauvre femme jusqu’au suicide devant un acte aussi infâme… Mais il n’en fit rien. Caym Symanth, l’Acrimonieux, celui dont la parole était loi et qui avait tellement ses hommes à sa botte qu’ils l’écoutaient lui avant d’écouter le roi, eut un rare, très rare moment d’humanité.

Pour une des rares fois dans sa vie… Il n’avait pas envie de laisser dans son sillage mort et destruction comme il le faisait sur le champ de bataille ou du sang et des larmes comme il le faisait en entraînant les recrues. Il voulait laisser des larmes… Mais des larmes de bonheur. Il ne voulait pas détruire, il voulait construire. Il voulait être l’architecte d’une relation indestructible entre lui et la lieutenant. Oh il était de notoriété publique que Caym Symanth était un fruit défendu qui tentait beaucoup mais qui était trop intelligent pour faire montre de faiblesse et dépasser l’étape de simples préliminaires… Les rumeurs à son sujet avaient fait le tour du palais… Il avait mit hors de leurs vêtements les femmes les plus glaciales, il avait mit à ses pieds les plus farouches et les plus fortes du lot, il avait été celui devant qui rien ne résiste… Mais aucune d’elle n’avait eu ni sa couche ni son amour. Caym Symanth n’avait que faire des nobles et des bourgeoises. Il ne respectait que ceux qui savaient obtenir son respect. Et pour l’heure… Toutes ces ravissantes créatures n’étaient plus. Il n’y avait que Relian Mirel qui le chevauchait, emportée par un amour et des sensations qu’elle n’avait jamais ressenties. Oh bien sûr, en cherchant bien, sans doute Caym aurait pu trouver une femme plus belle encore, un meilleur trophée… Mais il ne voulait pas faire de Relian son trophée. Il voulait faire de Relian sa compagne. La seule femme en ce monde qui partagerait sa couche. Oh bien sûr, Caym Symanth étant en tout point lui-même, il ne cesserait pas de s’amuser, de jouer et de se jouer des autres femmes… Mais Relian serait la seule, et elle s’en rendrait vite compte, à réellement avoir son cœur…

Il se laissa faire, non pas parce qu’il était un vil profiteur mais parce qu’il savait qu’interrompre Relian dans sa gestuelle aurait été aussi sacrilège que si elle l’avait coupé pendant qu’il parlait. Il la laissa faire, se laissa faire et attendit, au fond, que Relian termine l’ensemble par un autre doux baiser. Sans dire mot et toujours tout sourire, le major Symanth se redressa, repoussant fermement Relian pour la faire s’asseoir, lui adressa un clin d’œil et… Commença à déboutonner son uniforme. Caym, torse nu? S’il avait mit des femmes hors de leur vêtement, l’inverse n’était pas vrai. Même à l’entrainement, le major ne se séparait pas de son uniforme… On disait à voix basse que personne ne savait à quoi ressemblait le major sans ses vêtements et qu’il ait un vêtement plus léger en dessous pour les fois où il devait se laver… Et les rumeurs les plus folles avaient commencé à courir sur l’officier qui aimait se nimber de mystère. Laissant tomber le vêtement, il dévoila à la vue de la jeune femme un torse de statue de jadis, ces statues dont le torse est finement ciselé sans tomber dans la sur musculature… Il était d’une beauté à couper le souffle, le Cam, pour le commun des mortels… Et toute cette beauté se trouvait cachée par un uniforme qu’il n’enlevait jamais. Ce poitrail musclé et sculpté était désormais à Relian qui voyait là bien plus, énormément plus que bien des femmes… Et apparemment, le major était prêt à retirer également le bas du dit uniforme. Cependant… Ses mains délaissèrent sa ceinture pour venir explorer le corps de Relian et retirer ce soutien-gorge improvisé, histoire de libérer les gloires féminines cachées derrière. Disons qu’il ne fut pas déçu du spectacle… Et qu’il fit virer Relian à l’écarlate en lui donnant une chose tout aussi rare que le reste : un hochement de tête approbateur. Dans ce cas ci, cela voulait clairement dire que Relian était plus qu’à son goût. Ce signe de tête était utilisé par le major pour exprimer la perfection ou tout du moins, la chose s’en rapprochant le plus. Il connaissait des femmes qui aurait poussé un petit cri avant de perdre connaissance devant ce simple geste… Mais Relian était plus forte que cela, n’est-ce pas? Après tout, le major Symanth n’était pas tombé amoureux d’une simple femme…

Cependant… Regarder ne lui suffisait pas. Il tâta le buste de la jeune femme, le soupesa et s’adonna à un examen minutieux et approfondi de son buste. Cependant, ce n’aurait pu être Caym Symanth si ce toucher n’avait pas eu une double fonction : Faire montre d’un sans gêne était exclu de la chose mais montrer son appréciation était une des deux choses l’autre… Ah l’autre, Caym et son toucher magique… Chaque geste était pensé, mesuré, calculé chez le major Symanth et de la façon dont il promena sa main lors de son exploration tactile du buste de la belle, ce fut comme si c’était lui qui avait conçu Relian. Il avait exactement où faire contact pour faire naitre en elle des frissons de pur plaisir et de désir brut… Quoi? Qu’est-ce que cela avait de surprenant? La manipulation, c’était le domaine d’expertise de Caym. Physique, mentale ou autre, quel que soit son moyen d’expression, il pouvait plier les esprits à sa volonté, bien que dans le présent cas, il cherchait juste à faire découvrir de nouvelles sensations à la belle Relian qui répondit en lui griffant légèrement le torse… La belle tigresse, la militaire la plus déterminée et la plus courageuse de la dernière promotion pouvait bien faire ses griffes sur Caym Symanth… Car il était sien comme désormais, elle était sienne. Si un autre homme osait toucher à Relian… Il lui couperait les parties génitales avant de les lui faire manger! Quoi que… Lui de son côté continuerait à jouer. Mais c’était tout Caym Symanth que de suivre une telle ligne de pensée : fais ce que je dis et non ce que je fais…

Au final, ce fut autour du major de se retrouver à plaquer la lieutenant sur cette espèce de divan. Son regard ancré dans le sien, il n’eut pas besoin de dire un seul mot pour qu’elle sache ce qu’il avait derrière la tête. Le langage du corps était un instrument capital à maîtriser quand on se faisait soldat… Et c’était encore plus vrai quand se tenait en face de vous Caym Symanth. Son langage à lui disait clairement « je te veux »… Mais c’eut été mal connaître Caym Symanth que de le croire suffisamment homme pour brûler des étapes. Oh non… Avant d’arriver à une finale éventuelle… Il allait transporter Relian sur un nuage si haut qu’elle ne pourrait même pas voir le sol!
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Mer 27 Jan - 15:07

Act 8. At Low Heat


À condition de prendre la peine d'observer attentivement ce qui se passait, on pouvait aisément constater que Relian comme Caym avaient abandonné toute protection l'un face à l'autre. C'était la fin des armures, la tombée des masques... Tous les deux pourraient potentiellement profiter des informations compromettantes dont ils disposaient ainsi que des côtés plus vulnérables adverses, dont la plupart des gens n'auraient même pas imaginé l'existence. Hypothétiquement oui ils pourraient, mais en réalité les choses étaient bien différentes, fort heureusement. Si le semi vol plané de la lieutenant avait visiblement été une donnée non calculée par le cerveau prévoyant du stratège étant donné l'expression surprise qu'il avait eue l'espace d'un instant, il n'avait pourtant pas mis longtemps avant de rebondir et se remettre sur ses pattes.
D'un certain côté la demoiselle était étonnée qu'il ne dise rien, ne réponde même pas à ses questions diverses ou encore à sa demande honteuse et osée, mais à vrai dire elle ne sut pas non plus que dire lorsqu'elle le vit soudainement la repousser et rompre le contact physique. Se sentant un peu refoulée, elle se redressa en le regardant d'un air inquisiteur lorsqu'elle vit le clin d'oeil en sa direction. Qu'est-ce que cela voulait dire? Une provocation, une simple manière de la faire reculer ou de lui dire de ne pas céder à ses ardeurs, ou...? Elle s'interrompit à nouveau dans cette autre flopée d'hypothèses plus ou moins pertinentes qui lui effleuraient l'esprit lorsqu'elle assista à un spectacle... Merveilleusement inattendu. Intriguée elle avait eu les sourcils froncés dans une mine dubitative, se demandant si il avait déjà changé d'avis à son encontre. Ses yeux le suivirent pourtant au millimètre près, et la déglutition sembla terriblement difficile lorsque ses mirettes avides furent ébahies par la vision alléchante qui lui fut offerte.


- Hum ?

Ce n'était qu'un murmure indistinct témoignant de sa confusion, bien que ce ne soit pas très... philosophique. Mais comment le pourrait-elle? Sans oser bouger, elle regardait avec quelle lenteur langoureuse Caym défaisait les boutons de son uniforme, exposant à son regard son corps aussi peu vu que magnifiquement parfait. C'était une vue à couper le souffle, littéralement... et elle avait beau avoir vu beaucoup de torses de sa vie, qu'ils soient morts, vifs, blessés ou agonisants, jamais elle n'avait vu une chose pareille. Il avait la beauté classique des statues antiques et plus encore! C'était si étrange de se retrouver dans cette situation aussi cocasse qu'improbable que s'en devenait intimidant. Interdite mais sans trop s'expliquer les papillons qui lui dansaient au ventre, Relian se vit soudainement à nouveau contre lui. Elle ne saurait dire qui s'était approché et de toute façon cela avait au final bien peu d'importance tant que le résultat était là... Souriant doucement de ces retrouvailles sans pour autant chercher activement à aller plus loin, elle laissa ses mains glisser de la nuque du major jusqu'à ses épaules larges, comme pour se familiariser avec cette anatomie masculine lui étant si inconnue jusque là. Pourtant malgré sa maladresse elle ne se débrouillait pas trop mal... Et ses mains malmenées par le travail dur et assidu se faisaient aussi suaves que celles d'une fée. Demeurant contre lui dans une étreinte à ses yeux platonique, elle se tenait joue contre joue, noyant le nez dans les longs cheveux corbeau.

En cet instant de communion toutes les paroles paraitraient superflues alors elle préféra se taire en jouissant du moment présent, toujours animée au fond par une peur de tout voir disparaître sans qu'elle puisse l'empêcher. Tout ce qui se passait ressemblait à un rêve trop beau pour être vrai, ce qui nécessiterait sûrement d'un temps d'adaptation afin qu'elle se fasse à l'idée. C'était comme si soudainement elle était une femme enfant, forte et irréductible dans ses convictions personnelles, mais fragile et inexpérimentée dans le terrain du relationnel. Doux paradoxe qu'elle n'essayait pas de dissimuler, d'autant plus qu'il était trop évident pour qu'elle y parvienne de toute façon. Retenant sa respiration elle n'osait trop regarder Caym dans les yeux pendant son exploration timide... mais lorsqu'à son tour elle fut dépouillée d'un vêtement, elle rougit violemment. Déjà qu'à la base elle n'était pas extrêmement couverte... cette nudité finit par la faire trembler, autant de froid que d'appréhension. Sa poitrine ronde et pleine fut libérée du joug compressant des bandages, ce qui la faisait apparaître plus volumineuse que l'on pourrait le soupçonner sans pour autant tomber dans l'excès. « Cela devrait être assez pour s'ajuster à la taille de ses mains », ce fut la réflexion qu'elle se fit, et qui l'aurait fait rougir encore davantage si cela avait été possible. Heureusement ce n'était pas le cas, ce qui au moins passa inaperçu pour cette fois. S'empêchant in extremis de se cacher aux yeux de cet homme elle serra néanmoins les bras contre son tronc avec force, se mordant la lèvre afin de ne pas céder au trac. Un hochement silencieux de la part de son compagnon la conforta quelque peu même si elle ne savait pas quoi lui répondre, mais bien vite les mains qui vinrent la toucher lui firent oublier ce genre de « détails ».

Retenant visiblement sa respiration la demoiselle ne savait pas où se mettre ou quoi faire puisque la vague de sensations qui l'envahit fut déboussolante. On ne saurait dire si c'était juste l'effet du plaisir ou bien si son bien être était tel qu'elle en oubliait de respirer, mais le fait est que si l'on avait demandé à la militaire, elle aurait répondu sans hésiter qu'il s'agissait d'un peu des trois. Un petit soupir s'échappa dans l'air ambiant, chargé d'une magie ambigüe. Les yeux grands ouverts pour ne rien rater de l'expression de cet homme bien qu'elle sache qu'elle s'exposait à son analyse par là-même, la Féale frissonna sous son toucher alors qu'un peu par réflexe elle cherchait à lui rendre désespérément ce qu'elle ressentait. Ses mains voyageaient donc dans le dos nu qui était au dessus d'elle, alors que sans le vouloir une caresse plus intense l'amena à griffer légèrement le torse de son Amé. Gênée, elle balbutia pourtant des excuses, ne comprenant pas trop pourquoi elle avait fait un geste pareil. Tentant alors de se faire pardonner avec les moyens du bord, elle releva un peu la tête et déposa une série de petits bisous à l'endroit de la « blessure », ce qui revenait à implicitement et involontairement stimuler les pectoraux sensibles du major. Le plus innocemment du monde elle s'y attela pendant plusieurs secondes, les yeux rayonnants d'une nouvelle lumière intense. Le désir? Oui peut être, sûrement même. Cependant elle ne pouvait que trancher avec les femmes désinvoltes et volatiles qui mesuraient chaque geste. C'était peut être justement là sa richesse... exceller dans les domaines inconnus un peu par seconde nature...
Sentant agréablement le poids du corps musclé de son supérieur, elle ne pensait plus du tout à toutes les circonstances bizarres ou au qu'en dira-t-on... De toute façon il n'y avait pas à réfléchir, le mal était fait et si jamais tout cela devait finir en queue de poisson ou pire, en massacre de sentiments, elle devrait certainement quitter l'armée du Rugilian en même temps que le seul moteur de sa vie... car après ce qui se passait elle ne pourrait pas regarder à nouveau Caym Symanth si les choses tournaient mal. Essayant de se détourner de ses idées sombres qui ne feraient que lui bouffer le bonheur jusqu'à le réduire en miettes, Relian traça des arabesques imaginaires sur les côtes et les abdominaux de l'Acrimonieux... C'était comme si ce corps qu'elle n'avait jamais touché auparavant avait sur elle un effet dévastateur: un mélange d'un aimant surpuissant et d'une méthode de lavage de cerveau...



Dernière édition par Relian Mirel le Sam 20 Fév - 17:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Mer 27 Jan - 15:59

Caym avait toujours été L’homme de toutes les situations, tout du moins, c’était l’image qu’on avait de lui depuis qu’il avait mit le pied en sol rugilianais. Rien n,était à sa hauteur, il était un dieu au milieu d’insectes et il commandait à sa division avec une efficacité si redoutable qu’on murmurait à mi voix que dans certains village d’Otian, son simple nom faisait faire des cauchemars aux enfants. Toujours avec une longueur d’avance sur les autres, toujours avec une idée nouvelle et audacieuse, il semblait bien impossible de le prendre par surprise… Le désarmer semblait improbable… Et passer ses défenses relevait de l’utopie. Jusqu’à Relian Mirel.

Relian Mirel… La seule femme dans cette vie et dans la suivante qui avait réussi à faire tomber complètement ses défenses mais pas totalement le masque. Relian Mirel, la seule femme au monde pouvant détruire Caym de façon totale et complète, sa sœur perdue étant aux yeux du major un amer souvenir à oublier. Relian Mirel… Pratiquement une copie conforme de cette sœur haït mais également le plus beau des trésors du major… Si Relian avait l’impression de rêver, il en était de même pour Caym Symanth. Se fiant peu à ses sens, trop habitué à la tromperie, il se laissa toutefois guider par son toucher. Si quelqu’un avait un jour plus touché ce corps que lui, il ne pouvait s’agir que de la lieutenant elle-même. Si cette merveilleuse femme faisait de l’art avec pour seul instrument ses doigts sur le corps de son amant, Caym lui s’adonna à une véritable symphonie sur le corps de sa belle, ses doigts se mouvant avec l’expertise d’un virtuose, faisant naitre des frissons chez Relian, des frissons dont la nature était variée. Si seulement Relian savait combien de femmes de Rugilian auraient tué pour avoir sa place… Elle aurait sans doute possédé le plus intense des orgueils. Que Caym se laisse toucher en plus, lui qui avait déjà brisé le poignet d’un officier qui lui avait prit l’épaule pour le retenir relevait du miracle et cette proximité de corps à elle seule aurait fait tomber en pamoison bien des femmes… Caym n’était pas le plus beau des hommes et encore moins des mâles et jamais il n’avait cherché à affirmer le contraire. Cependant, cette connaissance si poussée de sa propre personne, ce quelque chose d’indéfinissable que le rendait si… Caym Symanth… Lui donnait des allures de dieu, une prestance divine. C’était comme si son aurait criait « regardez moi, je suis Caym Symanth, un être de qualités et de défauts et qui les assumes parfaitement » et « prosternez-vous devant moi, vous qui ne savez pas vous accepter comme vous êtes… » en même temps… Il donnait pratiquement envie de se soumettre à sa volonté…

Toutefois… Relian n’était pas sans sa propre aura. Caym voyait souvent des choses chez les autres qu’ils suspectaient à peine et chez Relian, il y avait cette aura qui disait « je suis Relian Mirel, aime moi ou déteste moi mais je resterai moi » et « je suis une forteresse imprenable… amis si jamais quelqu’un réussissait l’impossible, alors je serais toute à lui », le reflet, au fond, de ce qu’avait traversé cette femme dans la vie. Caym avait percé les défenses de Relian et il avait sous les yeux ce cœur battant la chamade, éperdu, amoureux… Et il aurait pu l’arracher cruellement et le dévorer sous les yeux de cette femme mais il ne le fit pas. Pour la première fois dans sa vie, une personne rendait Caym sans défenses et sans moyens. Il était à se point amoureux de Relian et les flammes du désir se mirent à brûler dans ses yeux, alimentés par une jalousie infinie. Non, Caym ne considérait pas Relian comme un vulgaire trophée que l’on montre aux autres mâles en disant « voici mon esclave, voici mon objet », loin, très loin de là même… Au contraire, il tenait tant à cette femme qu’il refusait qu’on cherche à la lui voler. Caym était un homme posé et réfléchi, calme et froid… Mais tous savaient de quoi il était capable quand on dépassait ses limites. Relian n’aurait pas un chevalier servant, un preux et blanc chevalier. Elle aurait un tueur sans la moindre pitié qui éliminerait tous ceux qui chercherait à nuire à cette femme qu’il aimait. Curieusement… Relian ne pouvait ignorer cet état de fait. Elle connaissait son supérieur, elle savait que pour lui, aucun moyen n’était trop extrême. Pourquoi alors avoir dit oui à un être si dangereux, pourquoi ne pas avoir usé de son pouvoir sur lui pour en faire son instrument? L’amour, l’amour, toujours l’amour, à la fois doux et cruel… Rien de plus, rien de moins. Regardant droit dans les yeux la lieutenant, il murmura quelque chose, un quelque chose venu du cœur et si vrai et pur que ce fut comme si on entendait une note voilée et flutée, se prolongeant en un vibrato qui allait en s’affadissant, rappelant un crépuscule d’été…


« Relian, douce et lumineuse Relian, vous êtes cet astre qui illumine les ténèbres de mon existence… Voilà pourquoi vous et pas une autre… »

Caym était un expert en stratégie et en tactique mais dans les arcanes de l’amour… Il n’y avait pas de cela. Il se retrouvait donc à suivre son plus fidèle allié, son instinct. Guidé par ce dernier, il embrassa respectueusement le buste généreux de la femme se trouvant sous lui et ce fut comme si les lèvres du major s’étaient fait pourvoyeurs de sensations venues du paradis. Un baiser qui partait du sein de Relian pour se rendre jusqu’à son cœur… Et qui y resterait pour croitre et prodiguer plus d’amour encore. Où Caym allait-il chercher cette douceur et cette pureté de sentiments? Il ne le savait pas lui-même. Et il s’en moquait totalement et complètement.

Se séparant de Relian comme à regret et secouant la tête pour la dissuader de le retenir, cela donna l’impression un moment à la jeune femme que le rêve était terminé et il put lire détresse et désespoir dans son regard. Cependant, le regard apaisant que lui rendit le major mit fin à ses doutes els plus affreux et ce dernier se leva, se débarrassant des dernières pièces de vêtements qu’il portait, révélant des jambes toutes aussi sculptées et le reste de son corps parfait. Avec une lenteur mesurée, calculée et faites de façon à faire brûler de curiosité et de désir Relian, il se retrouva en sous-vêtement, laissant deviner les contours tout aussi définis et parfaitement sculptés de sa masculinité et de sa virilité… Et finalement, même cette pièce de tissus fut retirée. Caym Symanth, major de l’infanterie de Rugilian, se tenait complètement nu devant cette femme qu’il aimait. On disait que Caym Symanth avec son aura et son charisme naturel pouvait faire s’évanouir une femme et ces mêmes femmes qui lui tournait autour et qui rêvait d’avoir le privilège qu’avait actuellement Relian seraient bien mortes toutes autant qu’elles étaient devant tant de perfection. Encore une fois, c’était une perfection toute Caym Symanth, une perfection s’exprimant par une totale acceptation de soi et cette absence de questionnement idiot qui hantait tant d’hommes concernant leur physique… Tout leur physique. Offrant une superbe vue à Relian, tournant sur lui-même pour lui présenter toutes les faces de son anatomie, on ne pouvait se méprendre sur le message : je suis à toi d’esprit, de cœur et de corps… Rien de moins. Ce que Caym aurait pu dire par des paroles envoûtantes, il venait de l’exprimer sans prononcer un mot.

La question qui se posait désormais : comment allait réagir Relian, que ferait-elle de ce présent et… Serait-elle prête à s’offrir de la sorte au major? Son ultime porte de sortie était là, sa dernière chance de reculer était là. Si Relian s’offrait à Caym en retirant elle aussi sa dernière pièce de vêtements… Les dieux eux-mêmes ne pourraient plus les séparer l’un de l’autre et personne ne pourrait voler à Relian le cœur du major…
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Relian Mirel

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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Sam 30 Jan - 4:32

Act 9. He Ate My Heart


Depuis le début de cet affrontement qui avait avait commencé avec cette épreuve physique, Relian n'avait fait qu'en traverser d'autres bien que leur nature soit différente. D'abord un test physique, un autre verbal et maintenant celui-ci. Comment pourrait-on le qualifier? Un test de personnalité, un test moral? Elle ne savait pas mais ce qui est certain c'est qu'elle était bien consciente que chacun de ses gestes, chacune des respirations qui s'enchaînaient avaient leur importance, et que peu importe l'évolution des choses, ce qui était certain c'est que ce qui se passait était déterminant. Il était question quelque part de voir si ils pouvaient être compatibles, si jamais ils pourraient vraiment mettre en œuvre une coopération allant au delà du simple sens de l'obligation hiérarchique. S'était comme une tentative d'emboiter deux formes géométriques... Ou bien tenter de concilier deux éléments chimiques qui pouvaient à tout moment exploser ou se rejeter. On pouvait parler d'alchimie avec une relative cohérence, car bien qu'ils se respectent mutuellement, il y avait certaines choses qui demandaient un certain ajustement plus compliqué que ceux que l'on pouvait obtenir grâce à des consensus vocaux.

Son étreinte tout ce qu'il y a de plus tendre était la plus grande preuve que bien qu'elle ne sache pas où elle mettait les pieds elle était prête à prendre des risques pour cet homme en qui elle avait toujours su maintenir confiance malgré ses comportements les plus extrêmes et parfois les surprises désagréables. Si tant est qu'il pouvait avoir un doute initialement, maintenant il pouvait ressentir quelque chose d'inexplicable par les mots, un ensemble de choses qu'elle ne pourrait lui dire même si elle l'avait voulu. C'était toujours cette double lame qui la caractérisait, un mélange équilibré de force et de vulnérabilité se ressentant dans tous les gestes qu'elle ébauchait au quotidien dans le domaine du privé... Il y avait une vraie affection et peut être un ensemble de choses qu'elle ne pouvait nommer, mais ce qui était certain c'est que si de nombreux seconds pouvaient épauler Caym aveuglément, aucun d'eux ne pourrait lui offrir ce qu'elle lui donnait silencieusement. C'était toute sa personne qui était pour ainsi dire pleinement à découvert en se présentant sans armes devant un bataillon adverse... Par ailleurs si la demoiselle n'était pas naïve et savait que tôt ou tard leur proximité conduirait à moult réjouissances récréatives, l'appréhension naissait pour grandir toujours plus en son sein. La peur de l'inconnu, de décevoir, du ridicule... un cocktail explosif qui lui dilacérait les veines petit à petit comme un mortel poison.

En digne Cléopatre elle avait volontairement embrassé la morsure de l'aspic, mais commençait à se demander si elle n'avait par là fini par signer son arrêt de mort. D'ailleurs trop prise dans les sensations merveilleuses qui la parcouraient, le plaisir de toucher cette peau divinement suave et les quelques murmures de fond de ses pensées résonnant faiblement en écho dans sa boite crânienne, elle s'y perdait. Mais comment pourrait-elle se maintenir froide et insensible lorsque les mains qui la touchaient lui donnaient l'impression de marcher encore et encore dans les déserts implacables du Rugilian? Comment expliquer à quel point il faisait d'elle un ardent volcan et qu'il était en même temps le seul oasis capable de l'abreuver? Se sentant soudainement presque incapable d'aligner deux phrases grammaticalement correctes ou même se souvenir de quelles obligations militaires il lui restait à faire aujourd'hui, Relian lui répondit faiblement tandis que ses mains continuaient leur voyage à travers le corps masculin:

- Je ne veux pas qu'il y en ait d'autre.

Simple net et précis, ce qui résumait assez bien sa position et son avis sur la question... Mais ce qui en même temps trahissait également l'ampleur de son trouble face à ce qui se passait. Il fallait dire que tout cela était complètement nouveau pour elle... et cela n'en rendait que tout plus intense encore. Caym aurait l'honneur d'être le premier à l'approcher d'aussi près, au sens propre comme au figuré. Aucun homme ne l'avait jamais vue sous ce jour ni en cette (non-)tenue, pas plus qu'aucun n'avait jamais osé ni eu la permission de la toucher de la sorte. Pourquoi le major alors qu'il avait pourtant les capacités de la réduire à néant elle ne saurait le dire, mais... ne disait-on pas que le cœur a des raisons que la raison ignore?
La raison? En ce moment la lieutenant avait oublié jusqu'à la signification de ce mot. Les lippes serpentines qui se posèrent sur sa poitrine la firent se mordre la lèvre inférieure tandis que son corps gagnant vie gigota lascivement, s'arc-boutant sensuellement sans qu'elle en soit consciente. C'était... comme si son bon sens et ses actions s'étaient complètement brouillés pour ne plus du tout agir ensemble. Ce qu'elle ressentait était magique et avait au moins le don de l'enhardir copieusement. Sa menotte glissa alors vers la croupe de son partenaire, dans une caresse osée qui promettait de n'être que l'éclaireuse d'une légion entière. Disons que si théoriquement elle était une femme réservée qui n'osait pas trop s'embarquer dans des situations périlleuses dans le domaine humain, elle était et demeurait une furie dans l'âme. Non bien sûr il n'était pas question de violence ni même d'agressivité, mais il ne fallait pas non plus lui demander de rester passive et contemplative... ondulant légèrement sous lui pour que leurs corps semi-nus se retrouvent par vagues sybarites, elle griffa légèrement ses omoplates. Elle ignorait le pourquoi du comment de ce qui arrivait, mais il semblait que certains automatismes soient inscrits dans les gênes, lui apprenant de manière presque innée l'art de l'Amour.


Néanmoins encore une séparation l'angoissa à nouveau, puisque Caym se leva sans prévenir en la laissant là, allongée et submergée par ses peurs. Le réflexe de le retenir lui passa par la tête, mais un sursaut de dignité ainsi qu'un signe de tête lui firent comprendre que ce n'était pas la peine. Pourtant même si ses lèvres demeuraient closes et scellées, en elle tout semblait à nouveau se faner, avec ma même vitesse déconcertante avec laquelle tout avait pris vie lorsque ils étaient proches. Fermant les yeux un instant, Relian se redressa sur son séant et croisa les bras devant la poitrine comme pour se protéger du froid... ou de la solitude pesante causée par la privation de cet homme. Tout semblait déjà n'être qu'affres désolants quand elle ouvrit à nouveau les paupières et retrouve une toute autre vue. Une fois encore il avait voulu se dévoiler et peut être lui faciliter la tâche en ôtant ses vêtements, ce qui représentait autant un plaisir des rétines qu'une affreuse montée de peurs qui avait failli la bouffer. C'était comme si il se plaisait à mieux lui montre l'abîme pour finalement l'en détourner... Qu'il s'en rende compte ou non l'exposer à sa vue c'était sadique... une vue sadique et terriblement, complètement et infiniment excitante.
Déglutissant avec peine, Relian ne cachait pas une certaine fascination à contempler de manière éhontée ce qu'elle voyait, bien qu'elle ait encore l'impression qu'elle avait le cœur sur la main, battant et fragile. Enchantée avec ce qu'elle voyait, elle préféra faire une toute autre remarque, laissant le soin à son expression charmée et ses yeux chargés d'émotions profondes le conforter sur tout le reste:


- Je vois que vous avez une habitude assez théâtrale de me plonger dans l'agonie toutes les cinq minutes... mais je ne suis pas sûre que mon cœur tiendra le coup à ce rythme là...

C'était peut être candide d'exposer les choses en ces termes, mais la vérité y était poignante. Disons aussi que devant lui elle avait de moins en moins de honte à parler de ce qu'elle ressentait, même si évidemment il n'était pas encore question d'aborder vraiment directement ses sentiments florissants. Se redressant alors à son tour en s'approchant de lui, elle lui fit face de manière presque défiante... bien qu'en réalité elle soit loin d'être aussi sereine qu'elle ne le montrait. Disons que dans le doute elle préférait s'accrocher à la seule chose fiable à ses yeux: Caym. Si il se déshabillait sans complexes c'est certainement que c'était la seule chose correcte à faire... alors comme si il s'agissait d'une procédure régulière, elle se dépouilla également de son dernier semblant de vêtement avec un sourire gêné.
Brûlant simplement de le retrouver contre elle afin de retrouver le seul élément capable de la réconforter dans les peurs fantasmagoriques qui la hantaient, Relian le regarda intensément et passa les bras autour de sa nuque pour l'étreindre d'aussi près qu'il lui était possible. Le souffle court et la tension montant en flèche, elle lui vola alors un baiser à lui couper le souffle, tandis qu'elle se rendait compte un peu trop tard que leurs intimités s'en voyaient collées l'une à l'autre. Pourtant sur son visage rien n'était visible, la demoiselle résorbant les questions... De fait rien ne laissait à croire qu'elle en était si peu expérimentée, sauf peut être le fait qu'elle tremblait de la tête aux pieds.


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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Sam 30 Jan - 5:24

Deux militaires, deux officiers, collés l’un à l’autre et ne désirant pas se séparer. Deux amoureux vivant le début d’un amour qui s’annonçait fort et durable. Deux êtres avec leurs forces et leurs faiblesses unis par un curieux coup du destin… Et même si l’un et l’autre aurait pu simplement verser dans le piège traitre des simples pulsions, chacun fit le choix judicieux de se fier à l’instant et pas au premier signe envoyé par le cerveau. Plusieurs des collègues du major auraient crié au scandale, soutenant que dans une telle situation, prendre l’avantage rapide et décisif était la clé… Mais en maitre stratège malgré son commandement relativement important, Caym avait vite comprit qu’en amour, la précipitation ne donnait bien souvent que des résultats catastrophiques. C’était pourquoi il n’allait pas trop vite : comment Relian pourrait-elle s’adapter s’il brûlait des étapes que lui-même ne comprenait pas entièrement? L’officier ne mettait pas de logique dans ses actes pour ce genre de cas car son meilleur conseiller dans cette situation restait cet instinct auquel il se fiait : certaines choses étaient innées… Et les dieux seuls savaient ô combien Caym avait en horreur ceux qui préférait se montrer trop gourmand et qui gâchait ce qui devrait être un moment magique en allant trop vite…

Par exemple, dans la première situation : ils étaient collés l’un à l’autre, sans le moindre vêtement, deux zones fort intimes de leur anatomie se touchant. Il aurait pu, théoriquement, la prendre ainsi et avoir une relation très intime sans même se poser des questions ou avoir l’aval de Relian. En profita t’il pour s’exécuter? Aucunement. En fait, s’il ne put supprimer la réaction physique normale allant avec la chose, il put toutefois rester maître de lui. Il préféra, pour le moment, continuer mots doux et caresses plutôt que de se montrer trop entreprenant et ruiner à jamais la magie de ce moment unique. Sur bien des points, Caym Symanth était un salopard de premier ordre… Mais sur le plan plus personnel et sentimental, il était plus gentleman. Si quelque chose devait se passer, si des barrières avaient à sauter, ce ne serait pas lui mais elle qui mènerait les opérations. En trop d’occasions, car le major avait d’excellentes oreilles, il avait entendu parler de ces hommes trop arrogants et imbus d’eux même et de leur virilité ruiner le premier amour ou la première fois d’une femme… Terrorisé, littéralement, à l’idée de commettre une telle infamie, il préférait rester en terrain connu et ne pas prendre de risques inutiles…

Cela ne voulait pas dire qu’il ne serait pas un minimum entreprenant : il pouvait faire vivre à Relian d’incroyables sensations sans avoir à passer par l’acte de chair. Ayant plus d’un tour dans son sac, le major, voyant que l’autre officier frissonnait, entreprit de lui donner de douces et langoureuses caresses dont l’effet put être comparé à un quarante degrés en plein mois de juin. Caym, comme il l’avait démontré précédemment, savait quelles pressions faire, quel geste esquisser pour tirer le meilleur d’un corps, pour faire ressentir les plus exquises sensations. Il était de notoriété publique que le général était hostile à la torture comme première forme de collecte d’informations… Mais cela ne l’avait pas empêché d’apprendre l’art de la torture qui commençait par une connaissance exemplaire du corps humain. Caym s’était fait pour l’occasion tortionnaire et bourreau… Mais uniquement du cœur de sa subordonnée. Si Relian lui disait qu’elle avait déjà ressentis plus exquises sensations, c’était qu’elle se mentirait et lui mentirait… Pour un officier de sa trempe et de sa réputation, il était d’une rare douceur et il était si… Désarmant, voilà le mot qui convenait mieux pour définir l’effet que produisait en ce moment la major Symanth. Il était comme un engin de siège détruisant les défenses ennemies : rien ne semblait pouvoir lui résister…Et surtout pas Relian qui était tombée dans ses filets. Sauf que cette fois, le filet de Caym servait à garer auprès de lui la femme qu’il aimait, non la garder prisonnière… C’eut été grotesque.

Ils furent de nouveau sur le divan, enlacés et amoureux. En fait, Relian se trouva à être sur lui car il l’attira à elle et la garda collée contre lui. Relian était donc protégée par les bras forts du major, sa tête reposant contre son torse finement musclé et si les nuages du paradis pouvait offrir sensation plus agréable à la lieutenant, Caym était bien prêt à relever le défi! C’était peut-être difficile à percevoir mais Caym tentait de laisser en Relian une empreinte, sa marque, de façon à ce que lorsqu’elle serait loin de lui, elle pourrait quand même en sentir le fantôme de ses douces caresses. Car oui, quand le travail reprendrait, il faudrait préserver les apparences, non pas pour la réputation de Caym Symanth… Mais pour éviter un sort funeste au lieutenant Mirel qui pourrait alors devenir la proie d’ennemis de Caym. En gardant profil bas et en vivant leur amour en secret, cela ne ferait que rendre plus agréable leurs retrouvailles : passer la journée ensemble sans pouvoir se toucher, se donner un baiser ou un regard trop tendre… Ce serait là toute une épreuve pour le major mais il acceptait courageusement de s’y soumettre. Pour cette femme, le temps serait à la fois une éternité et un court laps de temps… Il saurait puiser en lui les forces nécessaires et suffisamment de souvenir pour survivre au fait qu’il soit séparé de sa belle… Mais pas éternellement.

Sans trop s’en rendre compte et comme mues de leur propre volonté, les mains de Caym commencèrent à caresser Relian, explorant son corps et prodiguant mille attentions. Il existait des choses que l’on ne pouvait expliquer nécessairement et cet acte en faisait partie. D’un autre côté, à quoi bon déchiffrer les arcanes de l’amour quand l’ignorance de ces dernières enlevait bien des soucis? Ignorer quelque chose veut dire ne pas s’en faire… Et bien que Caym soit toujours désireux d’en apprendre plus, s’il pouvait éviter de se remplir la tête de tourments additionnels, il saisirait l’occasion volontiers. Qui plus était, l’ignorance ne tuait pas : on peut savoir énormément mais jamais tout savoir… Et puis bon, ce n’était rien de surnaturel, seulement un homme explorant le corps de la femme qu’il aimait! Ah mais quelle exploration… On aurait pu croire que chaque toucher était plus magique que le précédent et si un jour il y avait un temps pour les regrets, il n’y en aurait aucun, pour le major tout du moins, de relatif à cet amour pour le lieutenant Relian Mirel. Le jeu de séduction continuerait face aux autres femmes car ainsi était fait Caym Symnath, grand provocateur devant l’éternel… Mais seule sa promise aurait le droit à ses attentions toutes spéciales. Il n’y avait de place dans le cœur de Caym que pour une seule compagne… Et même s’il pourrait peut-être trouver mieux ailleurs, il n’aurait échangé pour rien au monde Relian. Pour quoi d’ailleurs? Une femme avec des seins plus gros? Des fesses plus rebondies? Une femme sortie tout droit de ses fantasmes? Foutaise! Caym vivait dans le monde réel et se moquait éperdument de ne pas vivre ses rêves ou tout du moins, ceux qui lui apparaissaient comme communs, en un sens à ceux des êtres. Ne vivaient que les rêves de Caym Symnath Caym Symanth… Et vivre un fantasme n’était pas dans sa liste. Relian était bien mieux que la plus réaliste de toutes ses fantaisies et, à la différence de toutes ces femmes plus parfaites, fictives ou bien présentes en ce monde qu’il pourrait trouver, Relian avait un avantage indéniable : elle était réelle, c’était une bonne personne et son amour était vrai. À quoi servait-il d’avoir la plus belle femme du monde dans son lit quand l’amour n’était pas au rendez-vous?
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Jeu 11 Fév - 19:03

Act 10. Sweet Burglary



Relian connaissait les victoires, les frustrations et les défaites... mais ce coup-ci elle devait bien s'avouer captive des filets inextricables que lui avait lancé Caym. Que pouvait-elle tenter pour chasser cette envie de le connaître toujours davantage, sous tous les angles et dans toutes les situations? Pas grand chose et de toute façon elle n'avait plus envie de lutter contre ce qui l'enflammait. C'est pour mieux se donner courage et ne pas se dégonfler qu'elle se donnait corps et âme c'était le cas de le dire. Il ne fallait surtout pas qu'elle regarde en arrière en ayant des regrets, ce serait certainement la pire des choses qui puisse lui arriver. C'est pourquoi à travers chacun de ses gestes et de ses expressions douces et peu assurées on pouvait lire une témérité naissante et persistante qui comme en situation de danger, l'écartait de l'abandon sans autre forme de procès. Son expression était un peu déconcertée et il était normal étant donné le caractère nouveau de ce qui se passait,... mais ce n'était plus suffisant pour l'en détourner.

Ses mains enlacèrent la nuque masculine pour se maintenir près de lui tout comme pour s'assurer qu'elle ne se verrait pas tomber bêtement à cause de ses jambes chancelantes. Pourtant si son inexpérience ne la poussait pas à prendre des risques non calculés, elle avait tout de même envie d'explorer ce nouveau terrain de jeu qu'était l'Amour. Leurs corps ainsi entrelacés, la lieutenant sentait l'adrénaline et le pouvoir du désir imposer sa loi pour évincer ses inhibitions habituelles. Si c'était dans l'instinct qu'elle puisait les gestes et les attitudes adaptés, son corps généreux de formes serpentant contre celui de cet homme surprenant. Mais rapidement elle se laissa guider par lui et se retrouva à nouveau dans une proximité les unissant plus que jamais... Bien que cela ne lui paraisse pas assez. Non, jamais assez. Il était comme une source au milieu du désert de la vie, une source dont elle n'avait même pas cru à l'existence jusqu'à ce qu'elle se présente à ses yeux de manière si évidente, si irréfutable.

Profitant alors de cette accalmie paradisiaque qui lui était offerte entre les bras du major, elle commença elle même à laisser ses mains se gagner d'une vie propre. Elles migraient sur le corps du major comme un sculpteur qui en crée les formes, appréciant les courbes et le corps glabre et parfait, comme pour quelque part mieux se l'approprier. Peut être se découvrait elle là un nouveau talent inné? Souriant un peu malicieuse, elle prit le temps de totalement s'atteler à cette tâche si plaisante, avec le même perfectionnisme qu'elle avait en toute occasion. Elle était loin d'être maîtresse dans le domaine selon elle mais avec le temps elle apprendrait... oui elle apprendrait de lui et avec lui. Essoufflée et les yeux transportant monts et merveilles, Relian tentait de son mieux pour l'emporter avec elle dans cette spirale de plaisir qu'il avait su lui apporter. Elle ne voulait pas forcément que tout s'arrête ou qu'elle soit la seule à profiter de ce qui se passait. Caym découvrait une nouvelle facette de cette jeune femme... la générosité qui la rendait capable de tout donner à son détriment.

Le regardant un instant dans les yeux alors que leurs visages étaient à quelques millimètres les séparant du baiser, Relian l'observa, se voyant reflétée dans ces prunelles d'ordinaire impitoyables. Cette journée serait à marquer d'une pierre blanche, elle serait la première d'une longue série d'échanges d'Amour qui ne faisaient que commencer. Lui souriant maintenant qu'elle semblait avoir trouvé un peu plus facilement sa place, elle lui murmura à son oreille dans un mélange de provocation et de prononciation de ce qui était la suite logique de ce qui naissait entre eux:

- Cette nuit je suis votre.


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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Jeu 11 Fév - 20:13

Relian avait en effet tenu parole… Et la nuit avait été plus que magique. Au petit matin, à l’heure où les soldats se lèvent pour le premier entraînement de la journée, Caym émergea d’un sommeil tranquille après une nuit agitée et passionnée. Il n’avait pas aussi bien dormi depuis des années… Et il se sentait enfin parfaitement reposé. Il sentit la femme blottit contre lui remuer et sortir tranquillement du sommeil et tous deux échangèrent à nouveau un baiser. Vinrent ensuite les caresses et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, les deux protagonistes étaient repartis pour un moment des plus intimes. Pendant que certains suaient sang et eau, le lieutenant et le major eu étaient occupés à un autre « travail » et on ne les verrait émerger du bureau de Caym que dans les environs de huit heures du matin. Peu commun que de voir le major se pointer si tard pour les inspections… Mais personne n’osait passer de commentaires, histoire de garder son grade ou sa tête. Le major Caym Symanth tolérait fort mal les critiques qui n’étaient pas constructives… Et de fait, les rumeurs et les ragots étaient à éviter. Relian s’était avérée « bonne élève » car ce second moment intime avait été particulièrement passionné, plus encore que la veille… Et ce n’était pas Caym qui s’en plaindrait. Mais bon, ce genre de détails nous écarte de notre sujet principal…

Quand le dit major se présenta pour l’inspection de neuf heure trente, il était accompagné du lieutenant Mirel qui se tenait un pas en retrait, à sa droite. La place de l’aide de camp, du conseiller de l’officier supérieur. Les vétérans de la division de Caym se contentèrent de hocher gravement la tête, approuvant la décision de leur supérieur tandis que les petits nouveaux regardaient la pair avec une nervosité évidente. Quand Caym commença à arpenter les rangs, ce fut pour être suivi de près par son nouvel aide de camp et quand il arriva au bout de la rangée, Caym fit un geste qui allait devenir le cauchemar de dizaines de cohortes et régiments : il tendit la main et le lieutenant Mirel y déposa un dossier. C’était pourtant quelque chose de relativement anodin. Pourtant, cette petite routine allait condamner à mort des dizaines de soldats (et quelques officiers et sous-officiers) au fil des ans… Cette paire là serait vite redoutée dans toute l’armée…

Au terme de son inspection, le major fit quelque chose qui suscita un concert d’exclamations de surprise de la part des officiers vétérans : Caym Symanth demandait à quelqu’un d’autre de faire valoir son opinion sur une question donnée… Alors que jamais le major ne demandait l’avis de qui que ce soit à moins de se retrouver à établir des plans… Si plusieurs avaient regardé Relian avec un certain cynisme, là ils la regardaient avec un mélange d’admiration et de crainte… Car nul n’était suffisamment imbécile pour ne pas comprendre que maintenant, la voix du lieutenant Mirel avait pratiquement autant de poids que celle du major Symanth… Ce qui n’était pas nécessairement rassurant…


« Dites moi lieutenant… Quel est vote avis sur le soldat Faric Astien? Des performances exceptionnelles à l’entraînement… Mais également plusieurs notes concernant des bagarres avec ses collègues et même… Assaut sur un civil durant une permission… J’ai ma petite idée sur la question… Mais autant considérer un avis extérieur, ce sera plus… Impartial et moins biaisé, n’est-ce pas? »

Drogues de combat. C’était évident. En fait, Caym faisait son numéro, en ce moment. Remettant le dossier à Relian avec une lenteur délibérée, comme s’il était pensif, il prenait le risque de faire confiance à Relian pour entrer dans la danse. Ce jeu aussi deviendrait « légendaire » : une idée derrière la tête cachée derrière une observation dite impartiale… Il n’avait pas discuté de ce genre de choses avec Relian, il lui faisait suffisamment confiance pour savoir improviser au bon moment et suivre le mouvement… Caym était un grand sadique sur ce genre de chose : il aimait faire mariner dans leur jus de peur les fautifs… Et le soldat Faric Astien était en train de transpirer abondamment… Signe indéniable de culpabilité…

Ce soldat là, s’il était reconnu fautif, y laisserait sa vie. Caym était impitoyable sur ce genre de choses. Il était profondément hostile aux drogues de combat, étant de ceux qui étaient plus que convaincu qu’un bon soldat doit ses aptitudes à sa personne seule. Pour Caym, armures, armes et équipements n’étaient qu’un prolongement naturel du bon soldat… Tandis que les drogues de combat n’étaient que l’apanage des faibles, à son sens. Si Relian regardait le visage des vétérans, elle verrait cette même haine qui était dissimulée derrière le regard impassible du major. Caym avait cette faculté de « déteindre » sur ses subordonnés et leur faire voir sa vision et leur faire adopter ses idées… Une des raisons pour laquelle ceux qui formaient un noyau autour de Caym fonctionnaient comme une machine bien huilée et non pas comme une discordante symphonie. Relian finirait par porter les « marques » de son supérieur hiérarchique, tôt ou tard… Et cela pourrait sans doute se voir très bientôt, avec le verdict du lieutenant sur le soldat fautif… Un test informel pour la jeune femme…

Comme par enchantement, un messager s’approcha de la paire, appelant Caym pour une affaire urgente demandant sa présence. Ce que Relian ignorait, c’était que Caym avait minutieusement préparé ce test informel : en donnant le plein commandement à Relian, pendant un temps, elle devrait faire certes ses preuves auprès de Caym… Mais également du reste de ses hommes. Elle se retrouverait donc à décider si le soldat fautif serait exécuté ou non… Et Caym savait que l’autre était sur les drogues en ce moment et qu’il attaquerait très certainement Relian. Non pas que Caym eu voulu que Relian soit blessée : il savait que quand Relian aurait triomphé d’un soldat devenu temporairement pratiquement un super soldat, elle aurait sa division dans sa poche : admiration, respect et… Crainte… Qui plus était, ce serait un excellent préambule pour un projet spécial qu’avait le major en tête. Un projet qui allait changer la face de l’appareil militaire rugilianais et probablement même l’appareil militaire de tous les royaumes…

Caym Symanth, grand planificateur et grand manipulateur devant l’éternel… C’était donc sans surprise qu’il avait en tête un avenir glorieux pour Relian. Lorsqu’il serait général de l’infanterie, Relian deviendrait colonel, resterait son aide de camp… Et elle serait en charge de sa garde rapprochée. Et pas n’importe quelle garde rapprochée. Elle serait entièrement composée de femmes. Pourquoi? Parce que Caym était loin d’être misogyne et que cette nouvelle élite allait montrer une fois pour toute la compétence des femmes dans l’armée. Ultimement, il pourrait recruter plus de soldats, avoir une branche plus grosse encore au sein de l’armée… Et l’infanterie rugilianaise à elle seule pourrait dominer toute l’armée du royaume avec une force mixte qui rendrait obsolètes et déclassés les structures et les principes qui avaient permit la création d’armées de mâles qui manquaient de volonté et qui se retrouvaient avec bien du mal à abattre une femme. Ces mêmes femmes, elles, n’auraient pas ce genre de scrupules…


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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Sam 20 Fév - 17:26

Act 11. Genesis


Lorsqu'elle s'était levée ce matin après maintes réjouissances auprès de Caym qui avait su la réveiller pour ainsi dire en douceur, Relian se sentait plus femme que jamais. Bien que d'habitude elle refoule sa condition le plus loin possible afin de ne garder que cette efficacité stable qui était sa marque de fabrique, ce matin les choses étaient différentes. Cela pouvait aussi se lire dans ses yeux, car une détermination sans bornes pouvait s'y lire. Aucun signe de victoire ou de satisfaction alors que pourtant elle avait décroché une place au soleil en tant qu'aide de camp, mais la raison en était très simple. La lieutenant voyait tout cela simplement comme une responsabilité supplémentaire plutôt que comme un privilège lui donnant l'occasion de piétiner ses concurrents directs. Ainsi était-elle faite: d'honneur et de sérieux en toutes circonstances, là où d'autres auraient baissé leur garde et se seraient permis de se reposer sur leurs lauriers. Ce fut donc une Relian propre et à l'aspect impeccable qui se présenta ce matin là, bien que quelques bleus se voyaient encore suite à la dernière séance d'entraînement. Lorsqu'ils parvinrent tous les deux à l'inspection quotidienne, la demoiselle avait la tête haute et les regardait avec dignité, remarquant dans leurs regards qu'ils comprirent immédiatement qu'elle avait eu une promotion. Heureusement également le major n'était point du tout de ceux qui cherchaient l'approbation de ses hommes ni même de ceux qui permettaient à ces derniers de chahuter ou contester. C'était une des première règles de survie dans ces rangs... Ce qui arrangeait bien Relian qui savait qu'une prochaine épreuve l'attendait: gagner le respect et l'autorité sur tous ces arrogants qui rechigneraient à obéir à une femme, aussi douée soit-elle.

Se forçant à faire bloc avec Caym afin de ne pas être exclue de ses habitudes qu'elle se devait de connaître le plus rapidement possible, elle fouilla dans sa mémoire pour avoir accès à toute la panoplie de comportements qu'elle lui connaissait déjà. Une partie lui revint alors distinctement, mais à vrai dire elle se rendit compte qu'auparavant elle était plus centrée sur elle même et la consistance de son travail que sur son supérieur. Normal quand l'on avait autant sué pour en arriver là où elle se tenait aujourd'hui... Désormais il fallait changer et s'adapter, ce qui n'était en rien chose aisée loin de là. Pourtant c'était le seul moyen d'obtenir des résultats concrets, ce qui allait l'obliger à s'y plier. Après tout elle n'allait sûrement pas s'arrêter maintenant, en si bon chemin dans sa carrière!
Suivant donc son amant lors de l'inspection elle était résolue à devenir comme son ombre, toujours dans son sillage dans une discrète présence... mais les souvenirs de la veille lui faisaient revivre toutes les sensations magnifiques qui l'avaient enflammée. Comme quoi la mémoire d'un éléphant n'était pas toujours une bonne chose à porter! Légèrement distraite, elle sursauta lorsque la main de l'Acrimonieux se tendit, mais rapidement elle comprit ce qu'il voulait. Déposant donc les dossiers dans sa main avec promptitude, elle secoua un peu la tête pour se reprendre. Fort heureusement les soldats avaient leur attention braquée sur le jugement de Caym qui allait leur tomber sur la tête comme un couperet et ne s'aperçurent de rien... ce qui lui permit de souffler un petit peu et de se reprendre illico. Ce fut donc ainsi qu'au moment ou elle fut interrogée sur un de ses anciens collègues elle était déjà plus lucide et plus attentive que jamais... Mais pourtant la situation dans laquelle Relian se retrouvait était loin d'être agréable ou confortable. Elle savait bien qu'au travail Caym ne lui ferait pas de cadeaux malgré sa promotion, qu'il serait probablement encore plus intransigeant qu'avant, ce qui était somme toute normal. Il faudrait qu'elle gagne sa confiance, et le fait qu'il lui demande son avis était flatteur malgré tout.

Serrant les dents d'avance car elle était pour le moins tendue même si elle tentait de ne pas le laisser voir, Relian regarda le soldat Astien dans les yeux, avec la même franchise qu'à l'époque où elle se trouvait de l'autre côté du rideau, à ses côtés. Réputée pour sa frontalité lorsqu'elle trimait dans les rangs, elle n'allait pas changer et le laissait bien clair dans son attitude. Parlant alors distinctement et assez fort pour que tout le monde puisse l'entendre, elle ne haussait pas le ton de voix, mais juste son volume.

- Effet secondaire de drogues qui assoient leur influence.

C'était un verdict dur, carré, lapidaire. Un peu comme le diagnostic qui annonce à un cancéreux que ses jours sont comptés. Bien sûr que l'aristocrate était consciente que ses mots seraient aussi la confirmation de ce qu'il craignait déjà, comme en témoignait sa sueur excessive. Bien sûr que ce rôle ne la ravissait pas, loin de là... Mais pouvait-elle vraiment y déroger? Non, impossible. Cette place était ingrate mais c'était la sienne et tout comme avant, ce ne serait pas du tout une partie de plaisir. D'autre part elle connaissait assez bien cet élément qui était selon elle un maillon faible de la chaîne à cause de sa fragilité psychologique. Si en somme ses performances sans aide de drogue étaient respectables, il était de ceux qui finissait toujours par craquer sous la pression, qui voulait impressionner toujours plus quitte à recourir à des moyens vils et bas. Il avait souvent balancé ses collègues pour des broutilles pour se faire bien voir, il était allé même jusqu'à les mettre volontairement en position difficile, et tout cela avait été impuni jusque là. Loin d'en faire une razzia personnelle, il était tout de même temps que justice soit faite... car cette affaire de dopage n'était qu'une goutte de l'océan des fautes de cet homme. La plupart ne serait jamais mentionnée dans un rapport car c'étaient des vilénies d'ordre humain et non militaire... mais pas mal de choses restaient gravées dans la tête de la Féale.
Armée de froideur et d'un profond respect pour le code, c'était une Relian plus dure qui voyait le jour, mais elle y était bien obligée car au plus haut serait son poste, au plus elle devrait faire abstraction de ses sentiments, aussi bons soit-ils. Il fallait demeurer objective et dans ce cas-ci la pioche n'était pas trop mauvaise, vu qu'elle n'appréciait franchement pas Faric Astien... Mais elle savait pertinemment qu'un jour elle aurait peut-être un ancien compagnon à sa place sur le banc des accusés. Recevant finalement le dossier en retour, la demoiselle le garda contre sa poitrine afin de ne pas le laisser tomber par mégarde. Les mains lui en tremblaient de nervosité... et ce n'était pas peu dire car ce n'était pas du tout fréquent chez elle, mais en même temps qui ne le serait pas à sa place?

L'aide de camp c'était alors retournée vers Caym, non pour avoir son approbation mais juste pour fixer son visage et se donner du courage. C'était avec les tripes que Relian avait toujours agi et c'est aussi pourquoi elle vivait les choses aussi intensément. Il y avait peu de demi mesure dans son comportement, peu de place pour le doute. Cependant un changement aussi brusque dans ses responsabilités n'était pas facile à porter. Hier elle se chargeait de ses propres performances, de la survie du groupe et accessoirement du bien être de ses pairs... et aujourd'hui on lui donnait en quelques sortes ce qui ressemblait drôlement à un pouvoir de vie et de mort sur eux.
Cela la laissa encore plus en désarroi lorsqu'un message vint appeler Caym pour une affaire qu'elle ne connaissait pas. Mais étant donné le caractère vague de cette dernière, le moment où elle survenait lui disait qu'il y avait de fortes chances pour que tout cela ne soit qu'une manigance. En effet quel genre de problème pouvait bien nécessiter la présence d'un major lui même? C'était trop bizarre. Quoi qu'il en soit que ce soit vrai ou non n'y changeait pas grand chose... Caym disparut ainsi de la circulation, et un brouhaha des hommes se leva tout aussi sec.
Dur de savoir ce qu'ils se disaient au juste et de toute façon elle n'en avait rien à cirer, ce qui est certain c'est que le test auquel elle s'était attendue venait en cet instant même, et qu'il ne fallait pas qu'elle lâche prise. Une série d'idées plus saugrenues les unes que les autres la traversèrent, ce qui la conduisit à même remettre en cause la sincérité du major lors de la nuit de la veille. Non ça elle ne le pouvait pas... Elle se trompait peut être rondement, mais elle ne pouvait pas douter d'une chose pareille. Soupirant pour calmer la tension qui montait et risquait de la dévorer, elle mit de côté les affaires personnelles de manière définitive. Il fallait reprendre le dessus prestement... immédiatement même. Hurlant alors d'une voix féminine et rauque mais qui en disait long sur ses capacités à commander, elle en fit sursauter tous les soldats qui ne s'y attendaient pas:

- Silence !!!!

Interdits, ils se turent effectivement... que ce soit par surprise ou bien par obéissance, ce dont elle doutait. Une infinité de paires d'yeux la dévisageait ouvertement d'incrédulité, attendant le faux pas de sa part qui la précipiteraient dans la déchéance de son poste aussi frais. La plupart des hommes ne la connaissait que de par ses capacités à exercer et non personnellement, ce qui au moins en dissuadait une paire de vouloir la défier. Il fallait dire que jusqu'à aujourd'hui elle était invaincue en duel singulier, et elle en avait pourtant fait un certain nombre. Il y avait toujours de gros machos pétulants qui voulaient lui prouver leur supériorité, mais jusqu'à aujourd'hui aucun n'y était parvenu. Poursuivant donc son ordre jusqu'au bout de la manière qui lui semblait la plus proche de celle de Caym, la rugillianaise se maintenait ferme:

- Comme nous le savons tous ce genre d'entorses au règlement vaut bien la peine capitale. Soit donc, soldats Jidor Linth et Shelia Linth... Allez dans les dortoirs et fouillez les affaires de votre compère, ramenez moi les ultimes preuves de sa culpabilité et plus vite que ça!

Le silence c'était installé à nouveau dans les rangs, et les deux envoyés s'en furent en courant en direction de leur nouvelle mission. Relian n'avait pas choisi à l'aveuglette, car les deux choisis étaient de confiance à ses yeux. Il s'agissait d'un homme et une femme, frère et sœur de leur état qui faisaient partie des quelques seuls à avoir un tant soit peu approché la Féale efficacement. Ils avaient également connu l'aîné des Mirel, son frère,... et en avaient été des amis proches. C'est donc tout naturellement qu'ils avaient promis à ce dernier sur son lit de mort qu'ils protégeraient sa cadette, ce qu'ils s'efforçaient de faire de leur mieux. Ce qui est certain c'est qu'au moins avec eux la jeune femme était certaine d'avoir des appuis certains qui ne la laisseraient pas tomber, et qui en plus étaient d'une objectivité à toute épreuve. Mais les faits allaient prendre une toute autre tournure...
Soudain, enflammé par le départ de Caym et y voyant une porte de sortie à son sort, le soldat Astien s'avança pour sortir des rangs et s'entretint pendant quelques instants avec Relian. Le ton monta pourtant assez vite, et il en vint aux insultes... qui immédiatement lui valurent un coup de poing en plein visage. Jamais elle n'avait permis le moindre manque de respect de ses semblables, et ce n'était clairement pas maintenant que cela allait commencer. Remonté, le toxicomane chargea afin de se défaire de toute la source personnifiée de ses problèmes... mais l'accueil fut rude. Quelques bribes de phrases furent audibles, alors que le peloton entier assistait à tout, suspendu à ce spectacle affligeant.

- Combien de nuits as-tu dormi avec le major pour que tu prennes cette place qui ne t'était pas destinée, catin??
- Certainement pas autant que tu n'as pris de drogues. De plus tu manques de respect à un supérieur... tu aggraves ton cas et te fiches éperdument de l'offense faite à tes frères d'armes! Quel ingrat tu fais, puisque tu ne te laisses pas la chance d'espérer prouver ton innocence! Ose dégainer et tu mourras ici de mon fer vu que tu y tiens tant !

Relian avait déjà la main posée sur Longinus, prête à en découdre, ce qui elle n'en doutait pas devrait finir par arriver. Cet homme était incontrôlable et de toute façon seule la mort pouvait l'attendre. Il n'était pas questions qu'elle laisse une pareille souillure entacher les rangs... Un combat assez bref s'en suivit, car même si Astien avait plus de force et d'agressivité grâce aux effets dopants, il était également bien plus lent dans ses déplacements et ses réflexes. Il tenta l'assaut à deux reprises mais fut aisément repoussé, alors qu'agile et solide la demoiselle maniait sa lance avec aisance. Longinus sifflait presque dans l'air, bougeant juste assez pour ne pas gaspiller bêtement de l'énergie. Elle ne faisait que défendre pour l'instant, mais ce n'était pas pour autant que la Féale comptait prolonger cet affrontement. Alors quand le renégat fonça à nouveau comme un taureau enragé, elle faucha l'un de ses pieds avec le manche de son arme, et fit un pas de côté pour le laisser s'empaler sur la longue lame de cette dernière qui le cueillit avec une précision chirurgicale. Plein coeur.
Le temps que la demoiselle retire Longinus il avait déjà rendu son dernier souffle... Tandis que les deux Linth un peu abasourdis revenaient juste à temps pour assister à la triste scène. Les mains chargées de preuves irréfutables, ils avaient la bouche ouverte et un air mélancolique... plus de résignation que de vrai étonnement. De fait pour tous ceux qui avaient côtoyé Astien au quotidien il n'y avait rien de surprenant à cette issue, bien qu'elle soit toujours aussi peu agréable à l'œil. Déposant donc tous ces objets compromettants à terre, ils reprirent leurs places dans les lignes... laissant une Relian même pas essoufflée reprendre la parole de manière autoritaire. C'était comme si elle avait donné des ordres toute sa vie... alors qu'en fait c'était bien la première fois qu'elle s'y prêtait.

- Bien, Astien est une affaire classée. Que quelqu'un dégage ce cadavre de ma vue! Mais avant... Faisons un autre ménage de printemps... autant purger le tout d'un coup qu'on n'en parle plus! Que ceux ou celles qui contestent ma place se manifestent maintenant si ils en ont le cran !!
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MessageSujet: Re: L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)   Dim 21 Fév - 3:49

« Je vous l’avais dit major Vantinius. Cette jeune lieutenant est bien plus qu’une simple officier sortie de l’académie. Elle ira loin… Et à mes côtés, cela ne peut que nous amener du bon à tous les deux. Je lui prédis un bel avenir… Quand je serai général, elle fera la parfaite colonel pour me seconder… »

Le major Vodus Vantinius, grand vétéran, héros de la nation et mentor de Caym Symanth, laissa échapper un éclat de rire, reconnaissant bien là la confiance et la foi inébranlable du futur général. Ayant lui-même refusé le poste, il avait préféré proposer Caym pour la charge, se disant qu’un sang neuf et prometteur comme le sien ne pourrait que faire du bien à l’armée. Le vénérable officier en avait vu passer des militaires… Et il trouva que les prédictions de Caym étaient en effet fort justes. Relian Mirel avait beaucoup de potentiel et un talent certain et si elle était forcée de travailler plus qu’un officier masculin pour s’affirmer, elle serait née pour la grandeur et la gloire… Fronçant les sourcils en cherchant dans un coin de sa mémoire pourquoi le nom de famille lui disait quelque chose, il demanda à Caym si Relian était la première de sa famille à servir dans l’armée. Caym répondit par la négative, lui faisant un bref résumé de qui avait été le frère de Relian et de son triste sort, auquel cas Vodus répondit que c’était un bon sang qui avait coulé dans les veines du frère et de la sœur…

Les deux officiers regardèrent avec grand intérêt la suite, regardant Relian se charger du cas du soldat, se demandant comment elle s’y prendrait. Il y avait plus d’un moyen de jouer avec sa proie avant de lui porter le coup fatal… Et apparemment Relian n’avait pas ce petit goût que Caym possédait pour les jeux sadiques. S’il s’était agit de lui, il aurait fait mariner dans son jus cet imbécile et il l’aurait tellement fait stressé que le cœur de l’autre aurait lâché. Caym n’avait ni scrupules ni pitié pour les maillons faibles de sa division… Et tous savaient de quoi le major était capable… Chose certaine, elle semblait avoir fait acte de mimétisme, empruntant certains traits à Caym dans sa manière d’agir, tout en restant elle-même. Relian devait avoir un intellect particulièrement aiguisé : rares étaient ceux appelés à servir d’aide de camp qui se souvenaient que ce n’était pas eux qui imposaient un modèle… Mais bien leur officier de commandement. Elle avait su voir la ligne entre ce qui était nécessaire et ce qui était plus flexible, ce qui ne put que plaire au major Symanth. Le sourire froid qui se dessina sur son visage ne passa pas inaperçu aux yeux de son mentor qui commenta sur le fait que Caym semblait encore une fois avoir fait montre de son talent inné à trouver les perles rares et les trésors qui se trouvaient cachés dans la masse de militaires servant dans l’infanterie rugilianaise…


« Allons estimé mentor… Vous me connaissez mieux que cela. Vous êtes parfaitement au courant de mes ambitions et ce n’était pas en mettant un autre mâle dans les échelons supérieurs de notre armée que j’aurais fait avancer ma cause. Regardez-la… Elle est parfaite! Forte, fière, loyale, intègre… Elle est encore mieux que ce que j’aurais pu espérer sur le papier. Une fois mes propres démons surmontés… Le reste fut relativement simple pour l’approcher et lui faire voir ma vision des choses. »

L’interrogation du major Vodus Vantinius vint à peu près en même temps que les accusations du soldat fautif qu’ils regardaient depuis un balcon du palais, au même titre que Relian et compagnie. Du balcon de Caym, pour être exact… On était effectivement en droit de se demander si la récente promotion de Relian était uniquement dû à son talent ou à ce que l’on appelait communément du travail de dessous de bureau… Non pas qu’il eut douté de son protégé, loin de là. En fait, ce que Vodus se demandait, et la chose était parfaitement légitime, c’était si Caym saurait faire le nécessaire si on venait à se servir de Relian contre lui. Il se doutait bien que Relian avait partagé la couche du major Symanth… Et il savait également que Caym n’était pas du genre à donner des promotions d’oreiller… Caym se contenta d’adresser à son mentor un clin d’œil qui lui donna toutes les réponses dont il avait besoin. Certains disaient que l’amour changeait les gens… Mais Caym Symanth resterait Caym Symanth. Avoir une compagne ne l’empêcherait pas d’avoir sa longueur d’avance sur le reste du monde… Et à deux, cela promettait de faire toute une paire de brillants cerveaux. Le major Vantinius se surprit à arborer un sourire froid puisque d’ordinaire, il était l’incarnation même de la figure paternelle dans l’armée… Mais bon, Caym était contagieux dans son cynisme, sa froideur et sa vision précise du monde et Vodus avait apprit à voir les choses de la même façon que son protégé sans oublier sa propre façon de concevoir les choses.

Il ne l’avait jamais dit à Caym mais il y avait chez le jeune officier une maturité et une froide logique que le vétéran n’avait pas, comme si sur certains points, Caym avait déjà trop vu et trop expérimenté… C’était à un point tel qu’il était arrivé à Vodus de se demander si son protégé avait gardé certains détails de son passé pour lui… Le major Vantinius allait poser une question quand Caym lui intima le silence d’un geste, lui montrant ce qui se passait dans la cour. Tous deux avait vu Relian tuer le soldat fautif depuis leur point d’observation… Mais apparemment, la jeune lieutenant n’était pas au bout de ses peines car voilà que sortaient des rangs au moins douze adversaires pour l’affronter… Vodus fit alors part de sa pensée à Cam, comme quoi ce dernier devait mettre un terme à cette affaire avant que tout ne tourne mal… Mais CAym secoua négativement la tête avant de prendre la parole.


« Non ô sage et avisé Vodus… Pensez-y… Si je sors mettre un terme à cette affaire, on pensera que je cherche à protéger Relian et mon intervention jouera contre elle. Les soldats la respecteront encore moins et ils se ligueront contre elle. Oui, le lieutenant Mirel est actuellement dans une délicate situation… Mais rappelez-vous ce que je vous ai dit un jour : la vie vous lance des épreuves à la figure et celui qui y survit en ressort plus fort. Un jour, mon mentor, je vous raconterai ce qui m’est arrivé pour me pousser à voir les choses de cette façon… Et vous comprendrez tout… Qui plus est… Ce n’est pas parce que certains lui tiennent tête que cela ne va pas en inspirer d’autres à se comporter en vrais soldats plutôt qu’en vulgaires spectateurs… »

Comme pour confirmer les dires du major, une demi-dizaine de soldats, dont les deux envoyés par Relian pour aller chercher des preuves, se détachèrent des rrangs pour aller prêter main forte à la lieutenant. Ce fut alors comme si un signal avait été donné car ceux qui étaient contre Relian sans avoir eu le courage de se manifester se portèrent à la défense de la douzaine renégat et d’autres encore se rangèrent du côté de Relian tant et si bien qu’il ne resta même pas un soldat neutre. Sur bien des questions, et Caym l’avait bien fait savoir, il y avait du noir, du blanc et pas la moindre trace de gris… Caym avait toujours dit à ses soldats de savoir rester vrais face à leurs convictions… Et Relian Mirel voyait aujourd’hui pourquoi Caym avait ajouté que même les lâches, quand ils avaient la bonne motivation, montraient les dents pour une cause…
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L'Acrimonieux et la Féale (Topic flashback) (PV Relian Mirel) (NC -18 ans)

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