La destinée de l'Erade
Bienvenue à toi, étranger !
Œuvre du hasard ou du destin, tu viens d’arriver aux portes d’un monde nouveau, celui d’Erade ; un univers aux secrets innombrables où cohabitent des cultures différentes et où la magie se lie à chaque être, dés sa naissance. Tu connaitras l’amour, l’amitié et de grands moments que tu n’oublieras jamais mais aussi de la tristesse, une noirceur dont tu ne te connaissais pas l’existence et qui sommeille pourtant en toi. Ce monde possède des horizons différents, des histoires liées entres elles et tu apprendras par la suite que rien n’arrive par hasard. Tu peux fuir ou rejoindre l’aventure mais n’oublie jamais qu’ici, chacun de tes actes changera le cours de notre histoire, celle que l’on écrit tous ensemble, la destinée de l’Erade.



 
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 L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]

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Achnadile d'Orient

Achnadile d'Orient

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MessageSujet: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Lun 7 Déc - 0:50

La mer était calme ce matin là, l'eau était bien claire et le soleil qui était proche de son zénith se réfléchissait sans mal sur celle-ci, comme si la plupart des nuages avaient pris congés ce jour-là. Il n'y avait pas âme qui vive dans les environs, les marins Eradiens semblaient être parti beaucoup plus loin que d'habitude pour pêcher, et les pirates devaient savourer leur journée de repos dans l'une de leurs nombreuses cachettes dans les criques. Pourtant, un navire étranger avançait inexorablement vers sa destination. Ce vaisseau venant d'un autre continent était construit différemment, il ne disposait pas de mats et de voiles en son centre, mais deux voiles magiques situées à l'arrière du bâtiment le faisaient mouvoir même lorsqu'il n'y avait pas un poil de vent. Ainsi il continua son avancé, poussé par ses gigantesques ailes d'oiseaux, il perturbait le repos de l'océan en créant une multitude de vagues. À l'intérieur du vaisseau, les marins s'activaient, courant sur le pont dans tout les sens, se préparant bientôt à accoster au port.

Au milieu de ce petit chaos, un seul homme semblait paisible, il se déplaçait lentement au milieu de ses hommes, les deux épées accrochées à ses hanches se balançant légèrement à chacun de ses pas, une légère brise faisait voler ses mèches de jais. Il termina sa courte route à la proue du bateau, scrutant de ses sombres iris verdoyantes la cité des milles flots qui se dessinait au fur et à mesure à l'horizon. Il croisa les bras et afficha un visage figé dans la glace, il ne savait plus vraiment la raison de sa visite en Otian. Pour échapper aux assassins de sa patrie ? Pour rendre hommage à son cousin Azure ? Pour quitter le confort de son domaine en Orient ? Pour avoir une réponse sur son existence en tant que chimère ? Il y avait un peu de tout cela à la fois. Il ne restait plus que sa cousine Naïla là-bas, notre prince pensait que sa venue allait lui remonter quelque peu le moral. L'Erade, il n'avait jamais vraiment visité cette contrée, c'était un autre univers pour lui, plus dangereux mais aussi beaucoup plus excitant. L'Orient, son futur royaume était beaucoup trop tranquille pour lui, il se plaisait à vivre dans le drame et à Otian il pensait être servi.

Les cris d'un marin indiquant leur prochaine arrivée tira Achnadile de ses songes, il sentit alors la présence de son garde du corps juste derrière lui, Virgile. Cet humain ne le lâchait jamais, il n'était pas un mauvais bougre vu qu'il n'était pas doué de la parole, mais le prince le trouvait parfois un peu trop collant. Il faut dire que sa nourrice mesurait deux mètres de haut pour plus d'une centaine de kilos de muscles. Son visage était le tableau de nombreuses balafres, ce qui le rendait intimidant, et notre ancien soldat ne sortait jamais sans son fidèle marteau de guerre à deux mains. La chimère était venu également avec une escorte de cinq soldats qui faisaient plus office de représentant de son pays que de protection. Le capitaine de ce vaisseau qui appartenait à son père était un nain bavard ayant un léger penchant pour la bouteille mais dirigeant ses hommes d'une main de fer. Heureusement ils étaient arrivé à bon port, le bâtiment d'Orient s'approcha lentement du ponton principal, réduisant considérablement sa vitesse grâce aux deux gigantesques voiles bleutées. Une fois qu'il fut immobilisé, l'ancre fut lâché dans le port, quelques marins dont Virgile sautèrent sur le pont en bois pour attacher l'embarcation à celui-ci. Achnadile suivit le mouvement en sautant avec agilité sur le sol Eradien, ses bottes noires retombant avec fracas sur les planches en bois mouillées, portant son regard sur la cité sous l'autorité du palais d'Otian. Il n'y avait aucun comité de bienvenue pour l'accueillir, après tout il n'avait pas prévenu de sa visite malgré l'invitation de l'ancienne reine. Seul deux soldats aussi gras que débile eurent la mauvaise idée d'importuner le prince d'Orient.


"Hé ! Vous savez que vous n'avez pas le droit d'accoster comme ça en Otian, il vous faut une autorisation du château avant. Vous allez devoir être obligé de remonter à bord. Veuillez décliner votre identité messieurs !"

Agacé par le ton de ce petit fantassin, la chimère ne put résister à l'envie de le rabaisser un peu, s'approchant d'un air nonchalant vers l'humain, Achnadile arrêta son visage à quelques centimètres du sien, le toisant de son regard assassin.

"Écoute-moi bien mon gros, j'ai l'impression que tu ne sais pas à qui tu t'adresses. Je suis le prince Achnadile d'Orient. Tu ferais mieux d'aller prévenir le château de ma visite au lieu de me bloquer la route."


Devenant aussi rouge qu'un homard, le garde n'eut pas le temps de s'excuser car la chimère le bouscula d'un violent coup d'épaule pour passer. Sans plus attendre, les deux gardes se hâtèrent de prévenir la noblesse d'Otian de la venue de ce cousin mal luné. Alors que le jeune guerrier partait tranquillement en direction du marché pour visiter le royaume de ses cousins, le capitaine nain fit signe à Virgile de le suivre, lui annonçant que le marché pouvait être un véritable coupe gorge pour ceux qui ne faisaient pas attention. La chimère avait voyagé pendant plusieurs jours et elle avait ce besoin de se dégourdir les jambes et de tout découvrir d'Erade. Ainsi, il fut attiré bien vite par les odeurs d'épices mélangé à l'odeur du poisson frais, ses yeux furent en pleine contemplation devant des bijoux aux milles éclats provenant de différentes parties d'Erade. C'est son ouïe qui fut le plus agressé dans ce brouhaha perpétuel, mais pourtant il n'avait pas hâte de se mélanger aux nobles du palais, il voulait en apprendre plus du peuple, développer ses connaissances historiques de cette ville.

Il y avait énormément de monde au cours de cette matinée, des mères accompagnée de leurs enfants faisant leurs courses, des petits voleurs allégeant les plus riches villageois de leurs pièces d'ors, les soldats effectuant leur ronde en pestant et les marchands hurlant pour qu'on s'approche de leurs stands. Bref, le prince était parfaitement invisible dans la foule au vu de ses vêtements, il arborait sa veste couleur émeraude et son manteau de la même teinte, seule ses deux épées courtes à moitié visible laissaient penser qu'il faisait parti de la noblesse. Marchant seul au centre de la place et étant entouré de plusieurs étales, ses dernières semaines au contact des assassins l'avaient rendu beaucoup plus méfiant. Ainsi, il sentait la présence de Virgile qui le surveillait du coin de l'oeil mais étrangement il se sentait épié par quelqu'un d'autre...


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Luhiel Symanth

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MessageSujet: Re: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Lun 7 Déc - 2:27

L'Otian. Royaume béni et semblant tellement éperdu de beauté... Les cascades millénaires et interminables chutant encore et encore dans un bruit de fond qui était reconnaissable entre mille pour la Malarian aux sens décuplés. Ce vague murmure toujours présent partout dans la cité lui berçait le cœur, et retournant ainsi dans ce qui était son royaume, elle se sentait envahie d'émotions contradictoires. Cela faisait si longtemps qu'elle n'était plus venue... 10 ans... 15 ans peut être. Que cela paraissait long pour quelqu'un qui avait chéri cette terre alors qu'elle n'était encore qu'une enfant. Les yeux perdus dans le vague, elle contemplait les flots s'étendant à perte de vue comme une couverture saphir recouvrant la mer de sa tendre chaleur. Cette vue lui était précieuse il est vrai, et en bonne épicurienne elle s'en remplissait les mirettes de peur que demain ne l'écarte déjà de ce somptueux mais humble plaisir. Assise sur tout en haut d'une grande pile de caisses abandonnées là par les pêcheurs, elle ne se faisait pas trop remarquer car au fond elle connaissait très bien le fonctionnement et les mœurs de ce royaume qui était le sien.

Combien de fois n'avait-elle pas sillonné les détours des ruelles à l'insu de son père pour venir contempler les bateaux à ce même endroit? Des centaines de fois sans doute... Car c'était encore la seule échappatoire qu'elle avait à son cruel quotidien... Rêver d'autres lendemains, le plus loin possible. Seule l'essence onirique lui avait permis de tenir, avant que les autorités Malariannes ne viennent la chercher pour qu'elle accomplisse son destin dans les lointaines contrées d'Amilian. Que tout cela semblait remonter maintenant... Après les sept longues années de formation ainsi que la dernière paire sombrement teintée d'amertume et de regret. Aussi bleues et profondes que l'océan, les prunelles de la blondine parcouraient l'horizon, alors que les mouettes becquetaient parfois la surface de l'eau en quête de poisson ayant été déchargé par les pêcheurs. D'ailleurs en guettant les arrivées, elle aperçut un drôle d'engin s'approchant à encore pas mal de lieues marines. Sa vue surhumaine lui avait permis de distinguer de très loin et pourtant elle haussait un sourcil d'un air dubitatif. Quelle sorte d'embarcation étrange était-ce? Craignant que sa vue ne la trompe, elle se leva donc pour se mettre debout sur les caisses empilées chancelant dangereusement. Restant immobile afin de ne pas tomber jusqu'à ce que cette carcasse de bois n'arrive, elle finit tout de même par reprendre sa prudence. Ouh la ça bougeait...! Et se casser la figure juste à l'arrivée de ce qui étaient certainement des étrangers n'était pas la meilleure chose à faire...

Demeurant sur son perchoir faute de mieux, Luhiel regardait la scène à la fois curieuse et interloquée. Les soldats protégeant l'entrée du port étaient vraiment intraitables pour qui ne les connaissait pas, étant donné que leur responsabilité n'était pas moindre. Otian était un royaume influent qui ne cessait d'être tourmenté par des rafales politiques ébranlant les fondations de la monarchie. Oui elle s'en fichait pas mal puisqu'elle n'avait aucun lien avec les rois et n'en servait aucun... De plus c'était l'avantage d'être Malarian... au moins elle ne devait de comptes à aucun des quatre royaumes, ce qui lui garantissait une autonomie certaine, une indépendance et une liberté totales... bien que ce ne soit pas aussi simple qu'en théorie. Ses frères d'armes étaient maintenant mal vus partout, sauf peut être ici en Otian ou leurs exploits anciens faute d'être loués, demeuraient reconnus. Ils n'étaient pas encore chassés et persécutés ici... mais pour combien de temps encore?

Observant l'altercation entre un homme fort bien fagoté et protégé et l'un des gardes, son expression devint neutre mais intriguée. Un prince d'Orient? Leur histoire était enfouie dans sa mémoire quelque part, puisqu'en tant que fervente passionnée d'histoire, elle aimait à savoir le plus possible sur tous les éléments d'Erade comme d'ailleurs. Cependant son nom lui était inconnu... souvenirs défaillants ou simple usurpation dur à dire, mais étant donné son escorte et la technologie navale il était fort possible qu'il dise vrai.

Décidant alors de le suivre, comme mue par son instinct n'ayant presque rien à envier aux animaux, Luhiel se laissa doucement tomber sans bruit avant de contourner les entrepôts de manière discrète et suivre ce prince étrange à une distance de sécurité d'au moins 30 mètres... cependant les choses se compliquèrent lorsqu'il se dirigea vers le marché. La foule était compacte et se pressait un peu partout sur cette grande place jalonnée d'étalages aux produits divers. Des fruits et légumes frais étaient la grande majorité, mais il y avait aussi pas mal de marchandises exotiques, de poteries et autres créations artisanales. Ne voulant pas attirer l'attention ou paraître suspecte alors qu'en fait seul le désir d'en savoir plus la poussait en avant, Luhiel contourna la place qu'elle connaissait comme sa poche afin de passer aux côtés de l'aristocrate. Son corps protégé par son armure était dissimulé par une cape légère et de couleur ébène, ce qui même de cette façon cachait bien mal ses formes généreuses. Finalement son épée colossale était suspendue à son dos, étant donné qu'elle était trop volumineuse et longue pour être portée à la ceinture. Ses yeux de lynx ne quittaient pas le prince, et sa curiosité commençait à sérieusement la démanger.

Qu'était-il venu faire d'aussi loin? Il ne s'agissait sûrement pas d'une coïncidence elle n'était pas assez naïve pour le croire... Peut être qu'il était venu essayer de conquérir une place dans les hautes sphères maintenant que toutes sortes de rumeurs circulaient au sujet de leur suzerain ainsi que pour les habituelles guerres de succession... Il fallait qu'elle s'en enquière d'une manière ou d'une autre... car ce genre d'informations seraient nécessaires aux Malarians... La Justice se devait d'être rendue ! Continuant alors son chemin, elle décida d'improviser... Ils allaient bientôt se croiser... Trois... deux... un... Sbam ! Elle choqua en plein contre son torse sans vraie violence, mais avec un petit heurt de la passante distraite... ce qui la fit se retrouver assez rougissante dans les bras d'un étranger. Merde... C'était pas censé paraître aussi compromettant...Balbutiant des excuses polies sans pour autant déjà se dégager car la foule tassée ne la laissait pas reculer, elle baissa la tête mais le regardait dans les yeux avec un peu de confusion et un brin d'admiration.

- Oh... je vous présente mes excuses, je suis vraiment maladroite...
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Achnadile d'Orient

Achnadile d'Orient

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MessageSujet: Re: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Lun 7 Déc - 15:17

C'était agaçant pour lui d'avoir cette étrange impression d'être suivi, son instinct bestiale le mettait en garde contre une menace, sa peau pâle et imberbe frissonnait et ses yeux de marbre bougeaient lentement dans tout les sens. Dans sa jeunesse, Achnadile était quelqu'un d'insouciant et de naïf mais au vu des derniers évènements, avec cette succession d'assassin désireux de mettre un terme à sa vie, son sang le mettait chaque jour en alerte, n'ayant plus aucun répit et devenant même paranoïaque avec le temps. Pourtant, il aimait jouer avec le feu, relever des défis et s'amuser au dépend de la mort, il était enfin libre de parcourir le monde seul. Prisonnier depuis tant d'années dans cette cage en or, le loup qui sommeillait en lui ne rêvait que de forêts à pertes de vue et de monts insurmontables, mais l'homme lui avait surtout des vues sur le trône d'Otian. Oui, il commençait à se plaire ici et il se disait qu'il n'était finalement pas prêt de partir, sachant pertinemment que la palais familiale allait l'accueillir avec bonté, l'enterrement de son cousin étant prévu dans quelques jours, il avait hâte de revoir sa cousine mais surtout de rencontrer les connaissances d'Azure. Ces personnes si il s'en servait bien, le prince pensait s'en faire des alliés de poids, après tout il n'y a pas de petit profit.

Plongé dans ses pensées, rêvant déjà de choses qui le dépassaient en réalité, notre homme continuait doucement sa route, jetant quelques coups d'oeil aux produits proposés sur les étalages, se faufilant avec une grâce féline à travers les passants. Alors qu'un marchand d'arme l'interpela pour lui vendre une vieille épée rouillée à prix d'or, tournant négligemment la tête vers son interlocuteur, il fut soudainement bousculé par une jeune femme. Achnadile ne brillait pas par ses muscles proéminent vu sa minceur de demi-elfe, mais pourtant il ne recula pas d'un pas vu le léger heurt, en réalité la guerrière n'avait pas non plus chercher à le renverser par terre. Il fut surpris sur le moment à cause de cette collision, mais son expression froide reprit vite le dessus et il écouta sans sourciller les excuses balbutiantes de sa nouvelle rencontre. Il ne se doutait pas un instant que c'était elle qui l'épiait depuis le début, pour lui il s'agissait juste d'une inconnue un peu trop pressée. Tournant une demi seconde sa tête vers Virgile qui avait réagi au loin en posant sa main sur son arme colossale, il lui fit comprendre d'un regard qu'il contrôlait la situation.

Reposant ses yeux d'émeraude sur cette étrangère qu'il tenait dans les bras, en effet les passants s'était à l'instant multiplié et les deux jeunes gens se retrouvaient ainsi collé l'un à l'autre "de force" au milieu du marché. Même si c'était impolie, il l'a détailla du regard pendant quelques secondes, sa vision perçante remarqua ce qui ressemblait à une claymore derrière son épaule, il constata également à la vue mais aussi au touché qu'elle portait une armure sous sa cape sombre. Au vu de sa jeunesse apparente, il pensait qu'elle était une aventurière novice ou une garde d'Otian, mais en réalité elle était bien plus puissante que cela. Légèrement embarrassé par cette situation, le prince se contrôla pour ne pas rougir, il devait s'avouer pourtant qu'elle était doué d'un certain charme. Sa chevelure blonde comme l'or, ses yeux bleus presque enfantin qu'elle portait sur lui et sa silhouette délicieuse qui était compressé contre la sienne. Notre chimère oublia à cet instant tout ces tracas et il espérait secrètement que la foule allait rester encore quelques temps aussi dense. Décidant toutefois de réagir aux excuses de Luhiel, il s'adressa à elle d'une voix grave mais avec une touche d'humour, il se permit même de décrocher un léger sourire en coin.


"Il n'y a pas de mal... Mais je dois avouer que je ne m'attendais pas vraiment à être accueilli de la sorte en Otian. Je me présente, je suis Achnadile d'Orient. À qui ai-je l'honneur ?"


Pourquoi avait-il avoué son nom à une parfaite inconnue ? C'était parfaitement irresponsable pour un regard extérieur mais pourtant il savait très bien ce qu'il faisait, comme si il avait la situation en main. En Orient il avait plus d'une fois fait face à des femmes assassins aussi séduisantes que mortelles, mais pourtant il s'en était toujours sorti de justesse. La chimère savait pertinemment qu'il n'avait pas une tueuse en face de lui, ça se voyait dans ses yeux, il ne la connaissait pourtant pas mais il savait qu'il n'avait rien à craindre. Écoutant attentivement ce qu'elle disait, il leva alors les yeux au ciel et passa d'une vitesse fulgurante sa main gauche derrière son dos. Il tira alors le bras d'un enfant qui poussa un léger gémissement en voyant son membre se faire soulever en l'air. Il s'agissait d'un petit voleur d'une dizaine d'année, tenant la bourse du prince fermement dans sa petite menotte. Tournant un visage presque blasé vers le petit minois couvert de suie de ce morveux. Achnadile s'exprima toutefois d'une voix extrêmement posé.

"J'aurais préféré que tu me demandes un peu d'argent au lieu de me voler, petit. Maintenant file !"

Il lui relâcha le bras d'un geste vif et le petit roublard ne demanda pas son reste en quittant la place avec la bourse gonflée du prince. Il ne savait pas pourquoi il lui avait donné tout son or, il se convainquait lui même que ce n'était pas par gentillesse, juste par flemmardise de rattacher sa bourse à sa ceinture. Le jeune noble avait également prouvé cette vitesse d'action peu commune à celle qu'il tenait toujours dans les bras. Achnadile ne voulait pas passer pour un être bon et dévoué envers les autres, il n'était pas non plus foncièrement mauvais, mais cette nature solitaire lui avait forgé un caractère propre et parfois piquant. Observant l'enfant tourné au coin d'un étale, il étira ses lèvres minces en pensant que ce gosse qui n'avait jamais eu de chance dans la vie allait manger comme un roi ce soir. Oui, le prince d'Orient était différent des nobles vantards et imbus de leur personne qu'il côtoyait tout les jours, c'était un esprit libre qui ne rendait de compte à personne, étant tout simplement lui même. Remarquant soudain que la foule s'était séparé depuis quelques minutes déjà, il se recula de la malarian d'un air confus sans toutefois s'excuser, il faut dire que ce n'était pas son genre. Replongeant ses iris verdoyantes et sauvages dans les lacs azurées de sa rencontre percutante, il lui proposa alors.

"J'ai encore un peu de temps avant de me rendre au palais, je ne connais pas bien la ville, peut-être pourriez-vous m'accompagner et me faire visiter les lieux si cela vous tente ?"


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Luhiel Symanth

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MessageSujet: Re: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Mar 8 Déc - 11:26

Si c'était un vrai plaisir de retrouver la familière sensation de déambuler parmi les ruelles de la cité, on pouvait dire que malheureusement elle était atteinte d'une déformation professionnelle l'obligeant à fureter un peu partout pour se maintenir au courant de tout et n'importe quoi. Les Malarians étaient trop mis en dangers par les malheureuses circonstances politiques diverses pour qu'elle se permette de ne pas suivre une piste prometteuse lorsqu'elle se pointait juste sous son nez. D'ordinaire discrète et réservée, la demoiselle était pourtant contrainte de jouer le jeu si elle ne voulait pas bêtement être percée à jour. Ses intentions étaient malgré tout pacifistes alors pourquoi pas tenter le coup? Aucune raison.

Laissant ses cheveux tressés resplendir sous les quelques rayons du soleil en ce début de printemps plutôt clément, Luhiel avait des airs de valkyrie au minois angélique et mystérieux à la fois. Bien sûr oui la plupart l'aurait qualifiée de jolie jeune femme, mais la majorité l'aurait sûrement pensée trop raffinée dans son physique comme dans ses manières pour être guerrière. Quelque chose de noble se dégageait d'elle, d'intemporel et de paradoxalement distant à la fois même si on n'aurait su dire de quoi il s'agissait au juste. Peut être que les ravages du temps et du chagrin avaient érodé la gentillesse dont elle faisait preuve autrefois, ou peut être encore qu'il n'avait jamais été perdu...
Le fait est que pour l'instant elle était dans les bras d'un inconnu, ou en tout cas bien plus proche qu'elle ne devrait... bien que la foule ne lui laisse pas vraiment l'occasion de battre en retraite dans une position moins embarrassante. Foutue habitude de mener une vie chaste et loin des hommes depuis la mort de Syl... Rosissante, elle se montrait pourtant digne et ne baissa plus les yeux lorsqu'il sembla la dévisager. Elle ne savait pas pour l'instant si il s'agissait d'un intérêt machiste ou juste de curiosité masculine, mais le fait est qu'elle ne faiblirait pas. Prince ou pas elle avait sa fierté et la défendrait bec et ongles car il ne lui restait plus grand chose d'autre... sans pour autant le défier, la Malarian lui tint tête d'une silencieuse et légère insolence.

Mais malgré tout, force était de constater qu'il n'était pas vilain loin de là, et vu de très près il avait encore plus cette classe et ce panache qu'elle lui avait accordé à première vue. Pour ce qui était du reste il avait quelque chose d'aristocrate mais rebelle, comme un esprit libre et/ou libertin... Ce n'était pas plus mal si au moins il n'était pas encore un de ces coincés juste préoccupé par sa coupe ou la propreté irréprochable de ses habits. Mais il ne pouvait pas être si méchant si il avait préféré explorer le marché plébéien plutôt que de se ruer vers les quartiers royaux du château... regardant un moment dans la direction du garde du corps qui le couvait du regard, elle soupira. Une de ses mains blanches était posée sur le torse du prince, puisqu'elle n'avait pas le choix... c'était soit ça, soit tomber lamentablement... et à choisir elle préférait éviter. Lui répondant donc de sa voix douce et chantante, elle lui dit:

- Je suis désolée si l'accueil était un peu trop brutal ce n'était guère mon intention. D'Orient? Oh... heu et bien c'est un honneur. Moi je me nomme Luhiel Symanth, humble citoyenne d'Otian. Soyez le bienvenu en nos terres dans ce cas...

Voyant alors un petit enfant s'approcher dans le dos de son interlocuteur, elle voulut lui faire un signe discret de la tête afin de le prévenir, mais visiblement il n'en avait guère besoin. Attrapant le petit chapardeur par le bras, il finit pourtant par le laisser partir, avec son argent en plus. Interloquée, Luhiel demeura silencieuse mais pantoise, étonnée par ce qui venait de se passer. C'était trop rare de voir un sang bleu faire preuve d'autant de mansuétude, et encore davantage lorsqu'il s'agissait de se faire dépouiller de ses biens. Ne pouvant s'empêcher de sourire timidement comme pour acquiescer de manière approbatrice, la jeune femme venait de se rendre compte qu'il avait marqué un point en sa faveur. Au moins il n'était pas matérialiste, et qu'il soit ou non venu avec des plans malveillants pour le trône, c'était toujours une qualité à garder en mémoire... En plus d'une vitesse peu négligeable. Notant ce détail au cas ou les choses tournaient mal, ce qu'elle ne souhaitait pas, la blondine fut surprise par la proposition de cet homme. Que recherchait-il exactement?

- Je pourrais effectivement vous servir de guide si c'est ce que vous désirez... Mais ne serait-ce pas imprudent de votre part de faire confiance à une étrangère mon bon prince? Les ruelles près du port peuvent être de dangereux dédales pour qui ne les connaît pas. Remarque on dit que c'est dans les endroits les plus reclus que l'on découvre les trésors les plus insoupçonnés et les plus précieux...

Cela sonnait à la fois comme une mise en garde pour tester sa réaction et comme un élan poétique et lyrique qui pouvait tout vouloir dire et rien à la fois. Un mystère planait autour de cette donzelle séraphique qui était encore loin d'avoir livré tous ses secrets... Toutefois il y avait fort à parier que cet homme aux prunelles aussi émeraude que les forêts profondes avait également pas mal d'histoires bien gardées... qu'elle comptait bien découvrir.
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Achnadile d'Orient

Achnadile d'Orient

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MessageSujet: Re: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Mer 9 Déc - 1:06

Luhiel Symanth... Un nom délicieux porté par une si ravissante femme. Oui, le prince commençait à être sous le charme de cette parfaite inconnue, cette douceur qu'elle dégageait avec sincérité ou non le touchait. Mais ne vous mèprenez pas, Achnadile n'est pas du genre à être un homme éperdument amoureux, la solitude a toujours été son amante et il est du genre à garder certaines réserves avec autrui. De plus notre chimère a un passé assez tourmenté avec les femmes, connaissant l'art de la galanterie, ce séducteur était du genre à terminé dans un lit avec une tueuse qui était à l'origine censé le supprimer. Promis à une princesse demeurant dans un royaume voisin, le roi d'Orient souhaite ainsi réunifier les deux royaumes en conflit grâce à ce mariage arrangé. Mais le jeune loup trouve que sa future épouse manque cruellement de jugeote et de caractère, la raison de son voyage imprévu en Otian est également dû à cette fuite prématuré. Actuellement son esprit est torturé entre ses responsabilités royales et cette perpétuelle envie de liberté sauvage, s'engager à vie sentimentalement ne fait donc pas partie de ses projets.

Contrairement aux autres aristocrates qui ne voient que le bout de leur nez, Achnadile est quand à lui un individu ouvert d'esprit. Même si il ne se considère pas comme étant quelqu'un d'altruiste, il est bien au courant de la misère du peuple et il s'est toujours demandé pourquoi il avait vu le jour au sein de la noblesse. La chimère a toutefois développé des connaissances intellectuelles et martiales en Orient, il est donc apte à survivre lors d'un combat mais surtout il n'est pas dupe face aux tromperies de son interlocutrice. En effet, la malarian a beau plutôt bien se débrouiller pour tromper le prince, celui-ci est resté dubitatif sur le faite qu'elle soit une humble citoyenne d'Otian. Si les femmes du peuple étaient toutes aussi armé jusqu'aux dents qu'elle, l'armée serait alors inutile. Il ne releva toutefois pas ce point et décida de se laisser prendre au jeu, Achnadile voulait à la fois se montrer vulnérable mais également se jouer d'elle. Écoutant attentivement les mots de la valkyrie, il l'invita d'un geste distingué à la manière des grands gentlemans à le suivre dans les dédales du marché. Commençant ainsi leur marche vers une destination qu'il ne connaissait pas, il étira les lèvres face au conseil de prudence que lui prodigua la jeune femme. Circulant avec grâce tout en remuant ses solides épaules à chacun de ses pas, le jeune homme lui répondit avec courtoisie.

"Vous savez mademoiselle, j'ai beau payer de nombreux hommes pour veiller à ma sécurité, je sais me défendre tout seul. De plus, si vous comptiez me supprimer, je pense que vous l'auriez déjà fait depuis longtemps. Et puis, maintenant que je connais votre nom, nous ne sommes plus vraiment des étrangers. Pour ce qui est de la dangerosité de ce lieu, je pense être bien protégé grâce à cette incroyable lame que vous portez."

Franc et direct, c'est ce qui le caractérisait parfaitement. Il n'allait jamais par quatre chemin avec les gens, même la noblesse en prenait pour son garde, bien souvent victime de ses remarques acerbes. Ce qu'il aimait par dessus tout, c'était qu'on lui tienne tête, et la façon dont Luhiel lui soutenait le regard était un vrai régal. Elle n'avait pas froid aux yeux et la chimère savait à qui il avait à faire en la fixant, généralement les gens de sa patrie s'écrasaient en le croisant à cause de son statut, mais il considérait cela plutôt comme un fardeau. Durant leur marche, le prince sentait la présence de son garde du corps à quelques mètres, malgré ses deux mètres de haut et son poids lourd, le bougre se débrouillait plutôt bien pour passer inaperçu. Virgile était un ancien soldat au service du père d'Achnadile, blessé sérieusement à la guerre, il avait eu la charge de veiller et d'entraîner au combat le jeune homme par la suite. Mais en réalité, il servait plus de confident du fait de son handicap, étant muet il ne pouvait pas ainsi divulguer les secrets de son maitre. À cet instant, le garde suspectait intensément la malarian, il connaissait les faiblesses du jeune homme, et les femmes en faisaient partie. Achnadile n'avait jamais porté la main sur une demoiselle, il s'était toujours débrouillé pour éviter le conflit, sachant pertinemment qu'il existe des femmes plus puissantes que des hommes dans le monde.

Continuant leur ballade dans le port, le futur roi d'Orient en prenait plein les yeux, n'ayant jamais eu l'occasion de se promener parmi son peuple en Orient, ici il n'était personne et c'était un peu comme une libération. Des ses yeux perçants, il contemplait chaque sujet Eradiens vivre dans l'insouciance et dans leur éternel routine, le jeune homme n'avait pas spécialement peur de ceux qui lui en voulaient, mais cette constante méfiance rendait son malêtre encore plus atroce. Alors que les deux guerriers marchaient côte à côte, ils s'arrêtèrent devant une scène peu banale. En effet, ils aperçurent un chien errant aux poils sombres et hérissés séparer la foule en deux à cause de ses grognements terrorisants, les civils épouvantés reculaient de peur de se faire mordre par ce monstre. Lorsqu'il arriva face à la chimère, il lui montra les crocs avec une lueur de défi dans le regard, restant impassible face à ce cabot, il se passa alors une chose étrange dans les yeux de l'aristocrate. Le loup qui sommeillait en lui et qui avait la trempe d'un chef de meute réagissait face aux aboiements bestiales du chien, ainsi le sang magique qui circulait en lui se concentra dans ses iris pour les rendre encore plus clair que d'habitude. Le temps s'écoula alors et les deux animaux ne bougeaient pas d'un centimètre, soudain le chien se calma et devint d'un coup plus doux, s'approchant d'Achnadile avec prudence il se laissa caresser sans problème par celui-ci. S'agenouillant devant cet animal anciennement hargneux, le prince fixa la jeune femme avec un léger sourire, il avait un contact facile avec les bêtes du fait de son statut de chimère, il lui montra ainsi indirectement ses pouvoirs. Se relevant par la suite en faisant craquer ses genoux, à la hauteur de Luhiel, il s'adressa à elle d'un air simple, comme si ce qu'il venait de faire semblait naturel.

"Dites-moi Luhiel, quelles sont ces fameux trésors insoupçonnés et mystérieux que vous vouliez me montrer ? J'espère qu'ils existent. Pardonnez-moi de paraitre si familier, mais je voulais savoir également à quoi vous occupiez vos journées en Otian ? C'est surtout cette lame que vous portez qui m'intrigue, êtes-vous une mercenaire au service du château ?"

Sa curiosité maladive ne pouvait l'empêcher de poser cette série de question, même si être seul était un véritable plaisir pour lui, à contrario il aimait également tout savoir des personnes qu'il rencontrait. C'était instinctif, Achnadile était du genre à savoir tout de ses amis mais également de ses ennemies. Il savait très bien que la question de sa venue à Erade allait tomber, il comptait lui délivrer quelques détails mais rien de ses vues sur la couronne. Ainsi, ils se livraient chacun au jeu du chat et de la souris, un combat communicatif dans le but de tout savoir de l'autre, un bras de fer verbale que l'homme comptait bien remporter...
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Luhiel Symanth

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MessageSujet: Re: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Mar 15 Déc - 17:41



Farouche et sauvageonne sur les bords, Luhiel n'était pas vraiment le prototype de femme qui usait de ses charmes pour avancer, et de fait elle n'en usait qu'en cas de vie ou de mort... Alors se jeter volontairement dans les bras de quelqu'un ne faisait absolument pas partie de ses hobbies préférés. Pourtant... sa maladresse était légendaire, au moins autant que le fil de son épée ne l'était en terres oubliées, et il fallait toujours qu'elle lui joue des tours en la mettant dans les situations les plus cocasses et les plus embarrassantes. Difficile à gérer quand parfois elle recherchait la crédibilité... mais dans ce cas-ci ce n'était pas plus mal... elle n'était après tout ici qu'à titre de citoyenne et non en mission. Cependant l'arrivée d'un prince d'Orient n'était pas à prendre à la légère, ce qui laissait présager encore un imbroglio d'intrigues royales intestines, dont les souverains du royaume avaient les ficelles. En Otian c'était toujours la même histoire... faux semblants, apparences, manipulations, rumeurs, renversements, trahisons... Peut être bien que c'était aussi l'apanage de toutes les cours, mais ce qui est certain c'est que du peu qu'elle en savait, celle-ci regorgeait de coups en douce... comme un véritable nid de couleuvres sur lequel semblait flotter ce palais.

Il est certain que ce royaume était le plus beau qu'il lui ait été donné de visiter, et pas uniquement parce que c'était de là qu'elle était originaire, mais en tout cas il n'y faisait plus bon vivre pour elle, ce qui avait motivé son départ en formation pour ne plus jamais y remettre les pieds.
Par ailleurs, Luhiel ne doutait pas qu'il s'interroge concernant sa carrure de guerrière confirmée et/ou les raisons de sa permanence en cet endroit, mais après tout elle était libre de circuler ou bon lui semblait... Et peu encline à répondre aux questions, aussi princières soient-elles, comme elle l'était il devrait passer par des approches plus directes pour obtenir des réponses, tout en risquant d'essuyer un silence pour toute explication. Quoi de plus normal que d'être extrêmement prudent par les temps qui couraient? Même la noblesse de sang n'était plus une valeur sûre, c'était même progressivement devenu tout le contraire. Il ne manquait plut maintenant qu'à espérer que ce vice n'ait pas encore gangrené les royaumes d'Orient... Lui répondant d'un ton amical sans pour autant se laisser aller à la familiarité, elle lui dit:

- Je suis très loin de me méprendre sur vos qualités potentielles, mon Prince. Je dis seulement que le danger rôde et qu'il serait sot de l'ignorer ou de le sous-estimer... Otian est un royaume dont la beauté n'a d'égale que sa fourberie. Ma lame est protectrice il est vrai mais ne vous leurrez pas, elle ne ramène pas à la vie, malheureusement.

Aussi sincère que le paraissait son interlocuteur, Luhiel avait pourtant la voix teintée de regret sur les dernières paroles. Difficile de totalement oublier les pertes même dans les conversations les plus banales... bien que son faciès soit resté le même, comme à son habitude. La froideur et le mystère étaient ses armes, ses atouts modestes mais qui bien dosés pouvaient suffire dans pas mal de situations aussi diverses que gênantes. Digne sans être orgueilleuse la blondine avait mis un point d'honneur à ne jamais s'abaisser devant les gens théoriquement supérieurs hiérarchiquement. Le respect de conquérait à ses yeux par les actes et non par les mots qui pouvaient être habilement retors selon la volonté de l'orateur. Non... il lui en fallait plus, bien plus. Ne servant aucun roi ni aucune patrie en particulier, elle était le paladin de celui qui la réclamait... une espèce de mercenaire pour les démunis si l'on veut, bien qu'elle n'aime pas ce cliché de serveur angélique qui ne lui collait pas à la peau. C'était trop subtile pour être appréhendé par un quelconque concept de toute façon...

Suivant le Prince d'Orient dans les routes pavées du port, elle regardait les étendues marines s'étendant à perte de vue dans le regard avec pas mal de rêverie distillée dans ses prunelles saphir. Que dire... La vue était époustouflante et rien ne pouvait l'éclipser, rien si ce n'est peut être la présence de cet homme à ses côtés, ce qui lui exigeait de garder un minimum les pieds sur terre. Les otianais flânaient paresseusement le long des rues agitées, négociant les marchandises de ci de là, ou bien se baladant juste en profitant de la magnificence de leurs terres qui berçait chaudement leurs aspirations dans les flots. Prenant alors les devants, Luhiel bifurqua vers la gauche pour se diriger vers les dédales de petites rues se croisant et se perdant comme les méandres étranges d'un fleuve rebelle. C'était peut être ça en fait, souvent elle s'était demandée pourquoi les architectes avaient dessiné une disposition aussi bizarre des bâtisses... mais en fait elle se rendait compte que comme tout le reste, ce n'était qu'un amas de cours d'eau se joignant et se séparant sans cesse dans un surprenant concerto. Fort heureusement même si quelques enseignes avaient changé, les lieux demeuraient les mêmes, ce qui lui permettait de se repérer sans mal. Pourtant... quelque chose attira son regard au loin avec pas mal d'avance. Sa vue acérée lui permit de distinguer une foule compacte qui s'agglutinait sans trop qu'elle comprenne pourquoi... Renâclant des narines elle huma l'air et rapidement obtint sa réponse. Cela sentait l'animal... Une odeur proche de celles des loups qu'elle avait si bien connu dans sa jeunesse... Mais étant donné qu'il n'y avait pas encore de cris de panique, il devait s'agir d'autre chose bien que cela soit proche. Pressant donc le pas pour s'assurer de ses propres yeux de ce qu'il se passait, elle s'arrêta pourtant avec prudence, interposant sa main pour qu'Achnadile s'arrête également. Pourtant il ignora royalement sa mise en garde et tout en s'avançant, il sembla établir un étrange contact avec l'animal.

Fronçant les sourcils, Luhiel voulait intervenir mais avait été devancée, alors elle observa sagement et sans interrompre afin de ne pas compromettre cette espèce de négociation qui avait lieu. Cela sentait la magie à plein nez, et bien qu'elle ne puisse pas trop être certaine de ce qui se passait, cela coïncidait pas mal avec ce qu'elle avait connu avec Polgara. Était-il lui aussi un de ces êtres pouvant approcher les animaux d'aussi près? D'accord Luhiel aussi pouvait presque parler aux animaux, mais elle s'était différent. Finalement elle vit les deux mâles faire connaissance et se toucher de manière amicale, comme si ils se connaissaient depuis longtemps. Suspect, mais intéressant... Cela lui donnait une petite idée de ce qu'il était capable de faire, ce qui n'était pas plus mal. Fort heureusement, elle préférait se faire discrète de son côté... Car même si théoriquement en Orient les Malarians n'étaient pas connus par autre chose que leurs exploits passés, il restait l'hypothèse qu'Achnadile connaisse les dernières rumeurs peu flatteuses. Se faire condamner à mort de manière aussi soudaine et injuste aurait été très bête, mais cependant possible. Effleurant alors doucement la tête du chien après avoir émis un léger claquement de langue qui le fit approcher comme si il avait dressé, Luhiel sourit à son tour. Les canidés elle les connaissait plus que bien... et avait appris à les dompter depuis petite lors des longues escapades avec son tyran de père. Se relevant finalement en flattant les flancs de la bête errante, elle répondit au tac au tac:

- Vous verrez mon Prince... il ne sert à rien de les convoiter trop vite, cela ternirait leur éclat. Bien sûr qu'ils existent, je ne fais pas de promesses vaines... Le tout est juste de savoir si vous les jugerez aussi précieux que moi, voilà tout. Mes journées en Otian? Oh malheureusement je ne reste pas... Je suis juste de passage... probablement le mal du pays. Cela faisait plus d'une décennie que je n'avais pas foulé ces quais et j'avoue que la vue de l'océan et son écume spumeuse tout comme le bruit des cascades m'avait manqué.
Non je ne suis pas au service d'Otian, pas plus qu'au service d'aucun autre royaume. Je sauvegarde des valeurs plus grandes, des idéaux plus modestes et plus lointains à la fois. Et vous quelles affaires vous amènent en ces lointaines contrées? Oui je sais bien que vous ne me répondrez pas, cependant on ne perd rien à essayer...


Sa réponse était vraie et intrigante à la fois, ce qui était tout à fait volontaire. Il ne fallait pas livrer entièrement son jeu, surtout qu'elle n'y gagnerait strictement rien en attendant de savoir si le prince savait qui étaient les Malarians ainsi que leurs buts... Autant de sauvegarder juste au cas où, c'était la seule chose raisonnable à faire. Toutefois l'idée de lui montrer ce qu'elle considérait comme les trésors de cette cité flottante était délicat... elle voulait en savoir plus, elle avait besoin de voir ce qu'il valait et ce à quoi il était prêt. Le tester restait une option tentante, surtout qu'elle ne mourrait pas d'envie de se perdre dans les prunelles émeraude... Le prenant alors soudainement par la main elle l'entraîna en courant comme un cheval fou à travers les ruelles étroites et bondées d'otianais qui fréquentaient les tavernes abondantes dans ce quartier. Bousculant un noble sans le moindre remords, elle était très loin d'avoir la vitesse fulgurante du damoiseau mais se défendait par une endurance à toute épreuve. Ses longues jambes filaient comme si elle était devenu un cheval fou, et sa tassette émettait un léger bruit métallique en une plainte discrète. Retrouvant son côté sauvageon et indomptable, elle s'amusait à laisser parler ses impulsions, comme lorsqu'elle était petite et sillonnait en courant les différents chemins qui se montraient comme une plaine de jeux gigantesque.

Ses cheveux blonds fouettèrent le visage masculin dans une caresse involontaire mais elle n'y prêtait pas attention... elle ne faisait qu'un avec cet air doux mais froid qui lui gelait déjà les poumons. Lâchant alors la main du prince elle échangea un regard amusé et de défi, avant de s'engager prestement dans le premier virage qu'elle avait trouvé. Oui elle jouait à une espèce de course tacite, un petit jeu étrange qui était sorti tout droit des confins de son imagination... Ce n'était même pas son but de distancer ses gardes du corps... mais après tout il pouvait les retrouver dès qu'il le voulait... le tout était de savoir si il était aussi impertinent et libre qu'il en donnait l'air... Sa vitesse étant respectable bien que tout à fait humaine, elle avait toutefois quelque chose de félin, de féminin dans la manière de se déplacer... et elle avait l'avantage de connaître le terrain comme sa poche. Souriant bêtement, elle essaya de le semer avant de se planquer dans l'ombre d'une colonnade. Est ce qu'il pousserait le vice jusqu'à la chercher?? S'arrêtant sans un seul bruit, elle soutint sa respiration, alors que l'excitation procurée par l'adrénaline lui donnait l'impression que son cœur allait exploser...
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Achnadile d'Orient

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MessageSujet: Re: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Lun 21 Déc - 19:34

L'homme avait également remarqué une certaine amertume dans la voix de la malarian lorsqu'elle parla de son épée, elle avait pourtant réussi à sauver les apparences en restant neutre. Le jeune aristocrate avait légèrement tourné les yeux vers son interlocutrice, s'interrogeant sur son passé qui avait l'air plutôt tumultueux. Sans même lui dire, cela se voyait qu'elle avait de l'expérience, qu'elle était à même de se défendre mais surtout qu'elle en avait vu de toutes les couleurs. En Erade, la vie ne semblait pas simple, et avec la mort d'Azure, les choses n'allaient certainement pas s'arranger au vu de l'avancée inexorable du mal. Pourtant Achnadile comptait faire parler de lui sur ce nouveau continent, en bien ou en mal il comptait jouer un rôle coute que coute qui changerait certainement une partie du visage d'Erade. Des ambitions prétentieuses qui le dépassaient amplement mais au moins il ne manquait pas de but dans la vie. Ce qu'il ne savait pas toutefois et ce qu'il n'avait pas prévu, c'était que plus il allait s'éloigner de la cour et du pouvoir, plus il allait devenir un homme meilleur. De retour à cette petite ballade improvisée, la jeune femme l'emmena dans un dédale de rues et de passages étroits qui ne lui inspiraient pas confiance, il resta cependant de marbre tout en avançant, mais le faite qu'il soit menacé chaque jour par des meurtriers le rendait trop précautionneux, même si paradoxalement le loup qui était en lui aimait cette partie de chasse. Parfois la proie pouvait même se transformer en prédateur...

Lui qui comptait l'impressionner avec l'épisode du chien fut abasourdi de constater qu'elle le dépassait sans utiliser la moindre magie. Un sourire s'exprima sur son visage pour répondre à celui de la guerrière qui s'amusait à caresser l'animal, elle était douée de plusieurs ressources et il trouvait cela très intéressant. Achnadile écouta sagement les paroles de la jeune femme, voyant du coin de l'oeil le chien errant repartir calmement, tout en pensant avidement aux trésors qu'elle souhaitait lui faire découvrir. Bien sur, il n'était pas assez naïf et cupide pour penser à de l'or ou à des diamants, mais ne serait-ce qu'enregistrer dans sa mémoire un paysage insolite serait satisfaisant pour lui. Contrairement aux autres nobles, il n'était pas du genre à être aveuglé par la vision d'une montagne de pièces d'or, déjà petit il s'était pris une raclée sévère par son père pour avoir volé et distribué au peuple d'Orient l'argent récolté des impôts. Notre robin des bois en herbe était surtout intéressé par la puissance et il voulait acquérir une renommée qui traverserait les âges, inconsciemment il voulait tout simplement être aimé pour ce qu'il est. Reprenant ses esprits, Luhiel lui avoua qu'elle était uniquement de passage dans ce royaume, laissant toutefois penser qu'elle y était originaire vu qu'elle avait accepté avec gentillesse de lui faire visiter la ville. Secrètement, il l'envia de n'être affilié à aucun royaume, si c'était son cas alors il aurait déjà visité les quatre coins du monde mais il faut croire que ce statut de noble lui fermait les portes de la caste d'aventurier. Les dernières phrases à son sujet l'interpelèrent, était-elle une sorte de paladine ? Sauvant avec courage la veuve et l'orphelin ?

Fouillant dans sa mémoire et surtout dans les livres qu'il avait étudié au palais, le nom d'un caste ancienne qui respectait les valeurs qu'elle venait d'énoncer lui vint à l'esprit, les malarians. En Orient, ceux-ci étaient des héros dans le passé, aidant vaillamment le père du prince à repousser le mal absolu de ses terres. Mais par la suite, certainement par la manque d'action et en période de paix, ces anciens héros s'étaient déchiré entre eux et il ne restait aujourd'hui d'eux que trois vieillard qui tentaient désespérément de partager leurs valeurs aux plus jeunes. Mais hélas, le peuple était aveuglé par cette campagne de paix que le roi d'Orient avait instauré, mettant ainsi l'armée en valeur et oubliant de ce faite les héros d'autrefois, au grand désarrois d'Achnadile qui méprisait les militaires en réalité. Justement, son mentor était l'un de ces malarians mais être oublié du peuple avait été un coup dur pour lui, il avait alors tenté d'apprendre ses valeurs au jeune prince, espérant ainsi rendre la monarchie meilleure. Le futur allait dire si ses enseignements allaient être mise en vigueur... ou pas. Le bougre avait d'ailleurs perdu un bras en entraînant son élève, le forçant à utiliser les sombres pouvoirs qu'il gardait enfoui en lui, l'ex malarian avait fait les frais de sa colère indomptable. Bien sur le faite que Luhiel fasse parti de cette caste était pur supposition, pourtant il avait eu l'impression qu'elle lui avait tendu une perche. La question qu'il redoutait au sujet de sa visite tomba bien évidemment, toutefois la jeune femme tenta de se défiler en pensant qu'il n'allait lui révéler qu'un long silence en guise de réponse, mais il décida de jouer franc jeu avec elle. Restant toujours aussi ténébreux et énigmatique, il s'exprima alors d'un air nostalgique.

"En vérité je suis venu en ces terres pour rendre hommage à mon défunt cousin, Azure d'Otian..."

Il avait été honnête avec elle sur ce point là mais cependant il ne souhaita pas lui révéler qu'il était sans cesse pourchassé par des assassins ainsi qu'au sujet de ses vues malveillantes sur la couronne d'Otian. Pour cela, elle allait devoir beaucoup plus creuser, mais au moins elle savait maintenant qu'il y avait une parenté entre les deux familles royales. Grâce à ces mots, il pensa rendre la jeune femme quelque peu confuse et ainsi éviter pendant un moment une autre suite de questions. La chimère appréciait fortement son cousin mais il aimait plus encore ce qu'il possédait et il pensait ainsi prendre la place de celui qui fut autrefois une sorte d'idole pour lui. Restant figé sans bouger un seul membre devant la malarian, il incrusta son regard de fauve à l'intérieur du sien, oui ce garçon était entouré d'ombres et de mystères, et personne n'avait réussi à le cerner au fond, vu son côté imprévisible. Remarque, Luhiel disposait aussi de ce petit côté sauvageon et ce fut flagrant lorsqu'il vit une idée luire à travers ces yeux océaniques. Sans comprendre vraiment où elle comptait l'amener, il se laissa embarquer dans une course folle à travers les rues de la ville, retrouvant ainsi une part de son enfance qu'il avait oublié depuis longtemps, même si il était encore un jeune mortel sans grande expérience. La main de la guerrière était étonnamment douce et les yeux du prince parcourraient avec désir les courbes sublimes de ses jambes, d'ailleurs sa longue chevelure comme les blés caressait son visage dans une délicatesse involontaire, répandant ainsi un doux parfum qu'il huma avec plaisir. Durant leur course furtive, ils bousculèrent un aristocrate qui jura en se retrouvant étalé dans une caisse de fruits, pour la première fois Luhiel put entendre le rire sincère et heureux du jeune homme. Soudain, ils stoppèrent cette marche sportive pour s'arrêter au milieu d'un carrefour désert, lui lançant ce regard de défi qu'il aimait tant, elle prit la fuite en se déplaçant d'une grâce féline qui charma inconsciemment le loup solitaire. Celui-ci compris bien vite qu'il s'agissait d'une course poursuite enfantine, se retournant une demi seconde pour voir le pauvre Virgile être essoufflé et se perdre dans la foule, il étira les lèvres avec franchise avant de s'engager à pourchasser la belle paladine.

Ne disposant d'aucune armure et étant béni par ce don de vitesse accrue, il se déplaçait à un vitesse surhumaine dans les ruelles d'Otian, suivant tant bien que mal la jeune femme qui menaçait à chaque instant de s'éclipser devant ses yeux démunis. Sans vraiment faire attention notre athlète s'engagea dans une succession de passages qui pouvaient faire office de coupe gorge en y repensant, mais cela ne l'arrêta pas, il comptait bien remporter ce défi et lui prouver qu'il n'était pas aussi pompeux que les autres nobles. Soudain, ce qu'il redoutait arriva, elle lui avait faussé compagnie et il s'arrêta seul dans un autre carrefour, perdu au milieu de nulle part. Croisant les bras d'un air farouche et fronçant les sourcils, il tourna sa tête dans tout les sens pour surveiller les trois routes qui s'offraient à lui, vu la légèreté de la jeune femme, il n'y avait évidemment aucune trace sur le sable fin qui recouvrait quelque peu les dalles de cette cité. Levant ses yeux en l'air, et lâchant de nouveau un sourire de filou, il se disait que la voie des airs serait propice pour retrouver la blondine. Les ruelles étant déserte dans ce coin, il prit suffisamment d'élan pour escalader le mur en face de lui à l'horizontale, son pouvoir l'aida grandement et il attrapa de justesse l'enseigne d'un magasin pour éviter la chute. Doué également d'une certaine agilité, il grimpa avec aisance jusqu'au sommet du bâtiment, attrapant à main nue les rebords de fenêtres et autres corniches. Arrivant ainsi à sa destination, il fut ébloui sur le coup par les rayons du soleil, ses yeux clairs supportant peu cette chaleur, toutefois il s'approcha sans peur de la bordure du toit, sentant le vent s'engouffrer dans toutes les rues de cette étrange construction, il cherchait quelque chose mais pas avec les yeux. Bien qu'il n'était pas doué des mêmes sens acérés que sa guide, le vent lui rapporta l'odeur d'un doux parfum qu'il connaissait, et il put ainsi retrouver la piste grâce à cet arôme délicieux. Prenant de nouveau son élan, l'impertinent prince d'Orient ne décida pas de retourner sur le sol, non il trouvait bien plus amusant de sauter de toits en toits, ignorant la dangerosité des vieilles bâtisses aux alentours. Ainsi commença une nouvelle course poursuite qui avait prit un autre visage, suivant la direction de l'est d'où l'odeur semblait émaner, il se déplaçait et sautait de maison en maison à une vitesse fulgurante pour un mortel de sa trempe. Achnadile termina son escapade aérienne sur un gigantesque édifice soutenu par de nombreuses colonnades, sa piste parfumée était brouillée, mais ses yeux clairs furent de nouveau opérationnel, il se pencha alors pour surprendre ou non la jeune femme... Dans le mille... Elle se trouvait juste en dessous, derrière un pilier blanchâtre. N'ayant pas vraiment de moyen de redescendre en sureté, il tenta le diable en glissant le long de la colonne pour surprendre la guerrière. C'était extrêmement risqué et inconscient de sa part mais n'écoutant que rarement son esprit, il tenta le diable et se cramponna à la colonne lisse tout en descendant à une vitesse silencieuse. Durant les derniers mètres, il sauta pour atterrir juste devant celle qui retenait sa respiration pour ne pas se faire repérer. Ayant mal calculé sa trajectoire, il se retrouva de nouveau collé contre son corps, enfin était-ce vraiment mal calculé ou prémédité ? Quoiqu'il en soit, leurs visages se trouvaient à quelques centimètres l'un de l'autre, et Luhiel put sentir le souffle chaud de l'homme sur ses lèvres lorsqu'il lui parla avec ironie.

"Sachez mademoiselle que j'ai horreur qu'on me fausse compagnie. Mais je pense avoir remporté votre défi non ?"

Il avait joué le jeu à fond, peut-être même un peu trop car il s'était mit seul en danger, il aurait malencontreusement chuter à cause d'une tuile mal positionnée, mais forte heureusement il n'était pas réputé pour sa maladresse. Ayant une de ses mains posé sur la colonne où la jeune femme était adossée, Achnadile était dans une position assez dominatrice, et il se passa quelques temps avant qu'il se désengage de celle-ci, laissant ses yeux bestiales pénétrer à l'intérieur des siens. Mais notre séducteur aimait prendre son temps pour courtiser une femme, celle-ci l'intéressait de part son côté indomptable et il n'était pas indifférent face à sa beauté naturelle. Pourtant, ce petit moment de tranquillité fut interrompu par un carreau d'arbalète qui fusa sur les deux jeunes gens, même si la jeune femme avait perçue cette attaque avant lui, il l'arrêta en plein vol de sa main droite qui saigna abondamment, lui arrachant pendant quelques secondes un rictus de douleur. Quittant la blondine pour sortir de leur cachette, le regard haineux du prince surpris un homme encapuchonné s'enfuir sur le toit du bâtiment d'en face, c'était un autre assassin qui l'avait surement suivi jusqu'en Otian, il n'en avait jamais laissé filer un auparavant, et ce jour n'était pas encore arrivé. Sans dire un mot à son interlocutrice, notre impulsif seigneur utilisa sa vitesse peu commune pour courir jusqu'à la porte de la maison désaffectée qu'il défonça d'un puissant coup de pied. Ayant distancé la malarian pour régler cette affaire seul, il emprunta ainsi les escaliers abîmés et poussiéreux, ses pas craquants sur les marches lors de son passage, l'immeuble menaçant à chaque seconde de s'écrouler. La chimère arriva ainsi en furie sur le toit, un humain de taille moyenne se tenait de dos face au vide, une arbalète lourde était posée sur la bordure de la corniche. Serrant les dents avec force, ses nerfs étant à vif à chaque attaque de ces sombres personnages, il tira d'un geste ample ses deux épées courtes, prêt à en découdre. Lorsque l'assassin se retourna, son visage ne sembla pas effrayé étrangement, car il s'agissait d'un piège en réalité, en visant la jeune femme il savait pertinemment que le colérique Achnadile allait débarquer d'une seconde à l'autre. Alors qu'il s'avançait lentement avec hargne jusqu'à son ennemi, deux autres criminels firent leur apparition usant d'une technique d'invisibilité pour surprendre leur proie, ils s'agenouillèrent symétriquement aux côtés du prince qui fut emprisonné sur le coup à cause d'un sceau maléfique à la couleur mauve. En effet, les deux sorciers qui étaient en pleine incantation, avaient posé chacun leurs mains sur le sol pour faire apparaître un gigantesque sort magique qui força le fier prince à tomber face contre terre. Leur chef sortit alors de sa sombre tenue une dague à la lame ciselée, dans sa sombre avancée pour en finir avec son contrat, il s'exclama d'un ton sinistre.

"Tu es si prévisible mon pauvre Achnadile... Tomber dans un piège aussi gros alors que tu as massacré quinze de mes frères en Orient. Cette fois, je vais rétablir l'équilibre."

Notre homme n'avait pas dit son dernier mot, le sortilège avait beau le fatiguer à chaque seconde en le vidant de son énergie vitale, il trouva cependant la force nécessaire pour se redresser et poser un genou à terre. Levant ses yeux empli de rage sur l'être qui comptait l'égorger comme un vulgaire animal, il ne put toutefois pas se dégager de ce piège paralysant, il avait les poings liés et seul une personne extérieur était en mesure de lui venir en aide sachant que les deux sorciers étaient vulnérables. Le maître assassin attrapa la sombre tignasse du prince et approcha près de ses yeux la lame funeste, il était dans de beaux draps...

"Adieu, cher prince. Ahahah."
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Luhiel Symanth

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MessageSujet: Re: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Mar 22 Déc - 22:12

A en juger leurs mines et l'attitude qu'ils avaient l'un envers l'autre, on aurait pu aisément les comparer à une paire d'animaux qui cherchait ses marques, comme en se flairant pour faire connaissance bien que le cap de la méfiance ne soit pas encore franchi. C'était du moins ce que se disait Luhiel, alors que pour elle cette métaphore n'avait rien de péjoratif étant donné qu'elle tenait les animaux en aussi haute estime que les humains, si ce n'est plus. Demeurant statique au départ devant le profond regard émeraude, elle eut l'impression de s'y perdre, mais ses deux pieds étaient bien ancrés dans la réalité, ce qui l'empêcha de dériver encore plus. Cependant l'imaginaire et le défi avaient grande place, prenant le pas sur le reste afin que la spontanéité enfouie en elle s'affirme et s'exprime de la plus inattendue des façons. Luhiel voulait tester ses valeurs, se prouver et trouver son mode de fonctionnement autrement que par de simples mots vains qui de toute façon pouvaient tromper. Elle voulait vérifier qu'il était aussi rebelle et peu regardant de la bienséance qu'il ne voulait bien le montrer... histoire de voir que cet épisode dans le quai n'était pas simplement un fait isolé témoignant de son arrogance et de son ambition. Bien sûr il devait en avoir, dans le cas contraire il ne se clamerait pas prince... ceci dit il ne fallait pas mélanger les torchons et les serviettes, car ce serait une fatale erreur.

C'est d'ailleurs ce qui lui fut confirmé par la réponse à laquelle elle avait droit. Non elle ne l'espérait pas, mais son stratagème avait fonctionné, il avait répondu à son appât aussitôt qu'elle l'avait lancé. Il suffisait de suggérer quelque chose pour qu'il fasse son contraire... comme pas mal d'hommes séduisants et séducteurs de sa trempe. Satisfaite intérieurement bien qu'elle ne se trahisse pas, elle digérait l'information précieuse. Il n'avait pas de raisons de mentir sur ce sujet, pas lorsqu'il jouait cartes sur table de la sorte, mais l'hypothèse n'était pas tout à fait exclue. Cependant un élément dans sa réplique la choqua. Comment pouvait-il déjà être au courant d'une nouvelle pareille alors qu'il venait d'arriver?? Elle même l'ignorait, alors elle se sentait dépassée. Les espions étaient là pour ça c'est un fait, mais cela voulait dire que la maison d'Orient surveillait sa famille pour des raisons pour l'instant obscures. Il y avait toutefois des choses qu'il valait mieux ne pas savoir, et celles-là en faisaient sûrement partie. Ne se mêlant pas et n'insistant pas, elle nota le tout mentalement afin de pouvoir y revenir plus tard lorsqu'elle aurait le temps de s'y pencher... Cet homme était plein de mystères, mais tous ne devaient pas être très roses.

A en juger par les quelques moments passés auprès de ce chien errant il n'avait pas l'habitude que l'on lui tienne tête et encore moins qu'on puisse le battre à son propre jeu... Dommage, car il faudrait qu'il s'y fasse. La Blondine se gratta la nuque un peu pensive, elle avait des furieuses envies de folie, d'exotique, de fuite... Quelque chose qui l'arrache à ce marasme insupportable, quelque chose de nouveau et de secret à la fois, un peu de féérie redécouverte peut être, ou juste une surprise qui la ferait enfin sortir de sa torpeur ankylosée. Se sentant inexplicablement attirée vers ce labyrinthe digne de Dédale la Malarian voulait des sensations fortes, trouver enfin ce petit quelque chose d'entraînant dans l'excès sans pour autant y sombrer. Il était question de flirter avec les limites, de jouer avec l'abîme, de danser sur le fil du rasoir... Envie de danger? Oui peut être, mais surtout de se sentir comme plus qu'une carcasse vide, comme une épave ballottée dans les eaux d'Otian au gré du hasard. Se lançant donc dans une course dératée dans laquelle elle l'emmena, elle souriait béatement dans un plaisir simple ou la liberté primait sur tout le reste. Sans regarder en arrière elle ne se préoccupait de rien si ce n'est de ne pas tomber et de ne pas non plus lâcher la main qu'elle tenait... c'était en ce court instant tout ce qui comptait, car le vent frais lui fouettant le visage et lui fustigeant les yeux faisait presque monter les larmes. Le rire qui retentit lorsqu'ils firent tomber un aristocrate la fit également sourire bien qu'elle l'exprime plus discrètement...

Elle ne savait pas si il se donnerait la peine de le voir sous cet angle - ni sous un autre – mais c'était là, simplement dans les ruelles malfamées et peu fréquentées par les bourgeois raffinés que se trouvait l'un des plus grands trésors du royaume. Plus largement on pourrait dire que c'était dans le peuple que se trouvaient les plus grandes richesses, car c'était lui qui constituait non seulement tous les rouages de la machine mais aussi et surtout le combustible qui la faisait avancer. C'était dans ces plaisirs simples et qui n'avaient pas de prix ni de coût que se trouvaient les meilleurs instants, les plus nantis des souvenirs... Mais se donnerait-il la peine de se pencher sur de telles trivialités philosophiques et poétiques? Elle le saurait bien assez tôt. Après avoir filé comme le vent dans une cachette à l'abri des regards, elle se posa enfin, s'adossant à une colonne pour retrouver son souffle. Son cœur battait comme un tambour de guerre semblant se tordre tellement l'adrénaline coulait dans ses veines en guise de lave en fusion. Fermant alors les yeux elle écoutait attentivement les moindres bruits, se concentrant pour voir si elle pouvait suivre sa trace, puisque ses autres sens étaient inopérants dans sa position recluse. Cependant malgré quelques bruits distants et constants elle ne pouvait pas savoir où il se trouvait exactement, à cause du bruit de fond que faisaient les tavernes alentours... C'était stressant et d'une certaine manière cela ne contribuait pas à ce que son pouls se calme, mais après tout cela faisait également partie du jeu... Ce fut à ce moment qu'elle entendit un bruit à peine audible, un glissement dans l'air indéfinissable. Se retournant alors pour y faire face, elle sursauta alors quand elle se retrouva tout contre celui qu'elle avait précédemment distancé. Heureusement sa constitution la fit juste reculer d'un pas et non tomber car dans le cas contraire la situation aurait été encore plus cocasse qu'elle ne l'était. La bouche un peu ouverte elle était surprise qu'il soit parvenu à faire irruption de manière inattendue, et maudit son manque d'attention. Pourtant si son expression demeurait un peu décousue, sa voix ne trembla pas.

- Il ne s'agissait pas d'un défi mais plutôt d'un... test. Mais je dois dire que vous avez l'air d'aimer les retrouvailles percutantes.

C'était paradoxal de dire ça alors qu'elle même l'avait bousculé un peu plus tôt, mais elle en avait bien conscience... elle voulait seulement lui lancer une petite boutade sans mal. Le fait est que d'un certain côté si il prenait cela comme un défi, il risquerait de relancer les paris... Mais pour l'instant aligner deux pensées cohérentes restait assez compliqué tant qu'il était collé à elle de la sorte. Elle le tenait encore par le bras pour le soutenir même si ce n'était plus utile, mais surtout elle se demandait pourquoi il restait là sans bouger... étant donné qu'elle de son côté était contre le mur elle ne pouvait se détourner. En avait-elle seulement envie? Bonne question. Leurs regards se croisèrent, emplis d'un lien étrange et spécial. La course à laquelle ils s'étaient livrés ressemblait trait pour trait à celle que se lançaient les animaux pour s'évaluer... peut être qu'inconsciemment c'était pour ça qu'elle en avait eu envie, elle ne saurait le dire. Soudainement quelque chose perturba pourtant cette paix et cette complicité, car un bruit attira son attention... Un sifflement... La voyant venir depuis un moment elle l'attira par la taille pour le détourner, mais il en avait apparemment décidé autrement. Le projectile fut arrêté dans sa course par sa main, qui rapidement se mit à saigner abondamment. Jurant entre dents, Luhiel bougonna et posa une main sur son poignet pour presser afin de stopper l'hémorragie... Murmurant entre dents elle n'était pas très élogieuse:

- Idiot... Je n'ai pas besoin que vous jouiez les héros de pacotille.

Se mordant la lèvre comme chaque fois qu'elle était inquiète, Luhiel le vit s'éloigner l'air visiblement décidé. Que voulait-il faire? Lui prouver qu'il était un homme et qu'en tant que noble il avait une supériorité à maintenir? Probable que tout cela ne soit que le fruit d'une fierté mal placée, mais le fait est que c'était vraiment gonflant. Bien qu'il sache sans doute se défendre, il semblait également avoir pas mal d'ennuis. Si tôt arrivé qu'il avait déjà des gens essayant de le tuer... Il n'était pas exclu qu'il s'agisse de laquais essayant d'abattre pour de bon la maison d'Otian maintenant qu'elle était ébranlée par la chute de son roi... Sachant d'une part que cela risquait de jouer sur le futur du royaume et surtout qu'il fallait qu'elle assiste ce dernier car il risquait de grands dangers, elle le suivit rapidement. Il exhalait si fort la colère qu'elle en fronça les sourcils, se demandant quelle sorte de vieux comptes le reliaient à cet homme qui voulait sa tête. Assistant à la perte de la raison du jeune homme, elle dodelina de la tête résignée. Rien à faire pour le calmer de toute façon, elle n'avait pas assez d'influence pour cela, elle n'était pas naïve... Le suivant donc activement bien qu'il la distance à cause de sa fougue, elle se fit pourtant plus discrète et prudente. C'était trop facile... et puis cet assassin aurait du réitérer le tir si ce qu'il voulait vraiment était de le tuer rapidement. Son sang froid le lui indiquait clairement, mais le prince n'avait quant à lui pas assez de recul pour le réaliser. Dommage... Montant aisément, elle le suivit à travers la porte défoncée et glissa un regard dans la maison délabrée sans se faire remarquer. Ils étaient trois et semblaient l'attendre avec une certaine impatience... ce qui fit bouillir son sens de la justice. Elle ne concevait pas une seule seconde de s'attaquer à quelqu'un en supériorité numérique juste pour parvenir à ses fins. Observant la situation afin de n'intervenir qu'en cas d'extrême nécessité, elle regarda la façon dont le guet-apens se referma sur Achnadile...

Deux hommes lui lancèrent un sort qui fut aisément visible alors que le troisième profitait de l'occasion pour remettre les pendules à l'heure... C'était plus sérieux encore qu'elle ne l'avait cru, et clairement il allait se faire descendre si elle ne faisait rien... hors de question de laisser d'autres gens mourir sous ses yeux sans qu'elle ne fasse, une fois lui avait suffi. Résolue, la demoiselle à l'air sérieux et agressif sauta simplement par dessus la rambarde de l'escalier et atterrit au sol plus bas, près des deux magiciens. Un bruit sec se fit entendre, comme si on fermait une porte avec violence pour signaler la violence à venir. Leur jetant alors un regard assassin elle envoya un coup de pied dans le visage du premier avant de soulever l'autre d'un bras en le prenant par le col. Son poing s'en suivit rapidement pour se loger dans son abdomen avant qu'un bruit métallique se fasse entendre et que son adversaire ouvre grandement les yeux de douleur. Lorsqu'elle retira sa main sa griffe était déjà rétractée... Aucune trace, du travail propre et sans bavures. A peine un peu de sang sur ses poings dans un mélange du sien à cause de la sortie des serres et de celui de sa victime maintenant retombée au sol... L'autre étant assommé il se releva et revint à la charge, concentrant un étrange pouvoir dans ses mains... Encore un sort?

- Je te déconseille vivement de faire ça.

N'entendant que l'urgence de mettre hors d'état de nuire cette étrange guerrière qui n'était pas dans leurs plans, une aura violette recommençait déjà à faire son apparition. Soupirant de lassitude et haussant les épaules face à cette bêtise, la demoiselle dégaina alors Rébellion, sa colossale épée qu'elle fit nonchalamment tourner dans sa main. Alors contemplant l'air abasourdi et craintif de l'assassin qui devinait déjà la fin qui l'attendait, elle le percuta du plat de sa lame en plein crâne. Les os craquèrent sous l'impact, mais aucun sang ni autre matière douteuse ne fut visible, seulement un corps qui ne remua même pas lorsqu'il heurta un mur sous l'impact. Pas besoin de salir sa lame avec un être aussi abject, il ne le méritait pas... Se retournant alors pour regarder ou en était Achnadile, elle espéra qu'il s'en sorte. Ce n'était pas que faire tout le boulot soit un souci, simplement il était logique qu'il veuille finir ce duel à la régulière pour se venger dument de la bassesse de son opposant. Rangeant donc Rébellion sur son dos, elle s'assura que l'autre sorcier était également hors d'état de nuire... constatant que c'était le cas, elle s'approcha alors du prince mais n'intervint pas... Le dilemme était en place: tout régler par elle même ou bien le laisser défendre son honneur...? Il semblerait que la seconde option soit la plus viable. Se maintenant en retrait avec un demi sourire amusé, elle lui murmura en utilisant sa précédente réplique.

- Sachez monsieur que j'ai horreur qu'on me fausse compagnie...
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Achnadile d'Orient

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MessageSujet: Re: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Mar 5 Jan - 22:42


Jouer les héros de pacotille... Il avait tellement entendu ça si souvent, par sa mère, par sa cousine Naïla, même le regard de Virgile lui reprochait parfois de prendre des risques inconsidérés. Mais depuis qu'il était petit, Achnadile vénérait justement les héros d'Orient plus que les dieux, il admirait les hommes et les femmes s'inscrivant dans la lignée des malarians et des aventuriers d'antan. Car ils représentaient cette liberté et cette puissance qui l'attirait, contrairement aux fantassins d'Orient, les héros n'avaient de compte à rendre à personne et ils étaient généralement dans les grâces du peuple au vu de leurs faits d'armes. La chimère avait enduré toutes ces heures d'entrainements atroces au contact de son maitre d'arme, Sergueï, dans l'unique but de devenir une légende plus tard, de voir inscrit son nom dans les livres d'histoires, devenir presque un mythe aux yeux de tous. Oui, Achnadile ne manquait pas d'ambitions mais même si c'était un rêve très lointain, son mentor l'avait parfaitement entrainé pendant quatre ans, souhaitant en faire un sang bleu puissant partageant les mêmes idéaux que les malarians. Mais l'ancien capitaine des paladins n'avait pas réussi à dompter l'impulsivité et l'arrogance de son élève, il en avait fait une force justement, il avait même travaillé sa solitude pour lui offrir une haine incontrôlable. Au fond, la chimère n'avait été qu'une arme pour son royaume, bon à marié pour créer des trêves, bon à être utilisé en politique, bon à voir son destin lui passer entre les mains... Le prince était ainsi devenu partiellement mauvais pour se venger. Pourtant il savait au fond de lui que certaines personnes pourraient le sauver, l'extirper de la noblesse et de la bassesse à l'état pur, lui donner cette liberté qu'il attendait tant, mais le principal frein à ce rêve était son père, la seule personne en ce monde à l'effrayer encore aujourd'hui...

En voyant Luhiel stopper l'hémorragie de sa main, il laissa échapper un sourire en coin malgré la douleur, peut-être qu'elle serait celle qui allait justement lui offrir cette fameuse liberté, elle devait déjà lui montrer de précieux trésors dissimulé en Otian, pour le moment cette découverte allait attendre car des assassins minables venaient de commettre une grossière erreur en provoquant ainsi le prince d'Orient. Avant de partir comme une furie vers un piège gros comme une maison, Achnadile avait remarqué un certain malaise dans les yeux de la jeune femme, elle ne devait certainement pas apprécier ce genre de réaction irréfléchi mais elle allait devoir s'y habituer. Lorsqu'il était menacé, son côté instinctif sortait directement les crocs pour attaquer, il réfléchissait généralement aux conséquences après. Le prince était encore très jeune, même si il avait acquis une certaine maturité, il était encore très inexpérimenté et sa fougue naturelle était omniprésente vu qu'il détestait passer par des détours. Si il avait survécu jusqu'ici face à cette guilde de meurtrier qui lui courrait après, c'était certainement grâce à la chance, et également à ses pouvoirs enfouis. Mais il faut croire que la dame de la chance et de la fortune avait quittée notre homme pendant un temps, car cette fois-ci il n'avait plus aucun échappatoire face à cette mort imminente. Après que le chef des bandits ait prononcé ces dernières paroles d'adieu, le coeur du jeune oriental battait comme un fou en voyant cette lame qui allait lui ôter la vue mais surtout la vie, quel homme aurait eu la mauvaise foie de dire qu'il n'avait pas eu peur à cet instant car Achnadile n'avait aucun allié pour lui venir en aide. Oui, la trouille au ventre, il ne laissa toutefois rien paraitre, toisant son bourreau tout en continuant de serrer les dents comme une bête acculée.

L'optimiste Achnadile n'en menait pas large à cet instant mais pourtant un espoir arriva à point nommé. Le chef de ce trio infernal releva sa tête hébétée vers un élément perturbateur qui semblait s'occuper des deux mages en pleine incantation. De dos, le jeune aristocrate ne pouvait rien voir mais il entendit toutefois une série de craquements et de froissements de vêtements, le dernier craquement fut d'ailleurs particulièrement horrible à entendre mais apaisant pour le prince. Oui apaisant, car le sceau qui se trouvait sous ses pieds s'estompa et il jubila intérieurement de voir reculer l'homme à la dague en fixant le sauveur ou plutôt l'ange gardienne de sa cible. Se relevant de tout son long, laissant ses deux lames sur le sol, il afficha de nouveau son habituel sourire en coin en entendant la réplique familière de la jeune femme, il avait toujours su intérieurement qu'elle n'allait pas le laisser tomber, mais pourtant il avait douté un moment à cause de son manque de confiance envers autrui. Voyant l'assassin en face de lui claquer des genoux, il décida de s'en occuper à main nue car il avait maintenant de nouveau le dessus, d'un habile coup de pied circulaire il commença alors à dégager la dague ciselée de la main de son assaillant qui se planta sur le sol. Pressant ses poings avec colère, son regard avait une lueur de folie meurtrière, une pointe de vengeance qu'il comptait bien assouvir, sans dire un mot à sa sauveuse il la remercia pourtant intérieurement de le laisser s'occuper du dernier brigand. S'avançant lentement pour lui tordre le cou, son sang bouillait, lui brulant presque la chair car chaque molécule était emplie de magie. C'est alors qu'il laissa la colère prendre le dessus sur lui, laissant son sang chaud le guider et la magie en lui s'exprimer grâce à un mystérieux mélange. Peu habitué à ses transformations de chimère, il s'étala alors devant son adversaire en se tordant de douleur, ce qui pouvait paraitre étonnant vu qu'il était en pleine santé quelques secondes auparavant. Entendant Luhiel avancer d'un pas pour certainement le soutenir, il l'arrêta d'un geste du bras pour lui faire signe qu'il gérait la situation. Remuant sur le sol tout en se tenant les flancs, les personnes présentes sur le toit purent entendre d'étranges craquements à l'intérieur de son corps, comme si ses os étaient en mouvement. Ses biceps doublèrent d'ailleurs de volume ainsi que son buste qui déchira quelque peu la couture de ses vêtements, maintenant à quatre patte devant son ennemi qui reprenait peu à peu de l'assurance, il releva dans un mouvement fulgurant ses yeux de loup sanguinaire. En effet ses iris verdoyantes s'étaient étalé sur toute la conjonctive bulbaire, arborant ainsi un regard de fauve, le prince musclé comme un vétéran de l'armée montra par la suite des dents acérées lorsqu'il murmura à son adversaire.

"Tu n'aurais jamais dû... me mettre en colère."

Sa voix était devenue extrêmement grave sur les derniers mots, une voix monstrueuse prouvant qu'il perdait son humanité à chaque seconde qui passait...


*Flash Back*


Dans les sous-sols du château d'Orient, des bruits de combat résonnaient depuis des heures, la gigantesque cave du palais servait de salle d'entrainement et la majeure partie des armes et des défenses de l'armée étaient stocké dans ce lieu. La pièce principale était circulaire et il fallait gravir quelques marches pour franchir la porte d'entrée, des tables recueillaient des épées et des hachettes de différentes factures, il y avait également un coin réservé aux pavois et aux boucliers circulaires. Au centre de cette place se trouvait un ring recouvert de sable, où un jeune garçon d'une quinzaine d'année était à genoux, haletant devant un individu plus vieux que lui qui le toisait du regard. Achnadile était torse nue face à son maitre, il arborait des ecchymoses sur les joues et des hématomes sur les hanches, montrant l'exercice musclé qui venait de se livrer, ses deux fidèles lames en main, il reprenait lentement sa respiration en fixant avec insolence son maitre. Celui-ci tournait autour de son élève comme un lion, ses longs cheveux noirs retombant avec fierté sur ses épaules carrées, ses yeux bleus assombri par la chute de son ordre en Orient contemplaient avec sagesse son jeune disciple plein de fougue. Également torse nue pour être d'égal à égal, car dans cette pièce il n'y avait pas de hiérarchie royal, le jeune homme était réduit au rôle d'apprenti, face à cet ancien malarian aux griffes d'acier déployées. Voyant le prince résister tant bien que mal à l'épuisement, Sergueï se posta juste devant lui pour continuer ses cours théoriques.

"N'oublie pas les mots figurant sur tes lames jeune prince, force et honneur. Tes lames protégeront les plus faibles et vengeront tes compagnons, elles seront béni par la lumière et feront toujours face au mal. Allez, reprends-toi, mets-toi debout et attaque-moi ! Tant que tu ne m'auras pas touché je ne te laisserais pas dîner."

Assailli par la faim mais motivé pour mettre un terme à cet entraînement ardu, Achnadile se releva sur ses jambes tremblotantes, pointant ses deux épées courtes vers celui qui jouait avec son corps, tentant de voir la résistance de la chimère. Le malarian n'avait pas vraiment le droit de livrer ses secrets au jeune homme sans l'accord du feu sacrée, mais la décadence de cette classe en Orient faisait qu'il fallait rapidement transmettre de bons idéaux à la jeunesse, pour un futur meilleur. Chacun se mit alors en garde, se scrutant dans le blanc des yeux, c'est alors que le prince manquant de discernement sauta sauvagement sur son maitre, assenant de nombreux coups avec ses lames jumelles, que Sergueï para sans grande difficulté. La chimère faisait trop de faute selon le malarian, comme mettre ses pieds trop en avant ou défendant mal ses flancs, il s'évertuait également à placer ses coups sans grande conviction, ayant certainement peur de blesser son mentor. Hélas ce n'était pas ce que le maitre d'arme attendait, après avoir paré et esquivé les attaques du prince, Sergueï contre attaqua en lui assenant un coup de coude dans la mâchoire puis il le dégagea d'un puissant coup de pied dans l'abdomen. Tombant avec fracas sur le dos, Achnadile cracha un peu de sang en se redressant, il passa ensuite une main sur sa mâchoire pour la replacer quelque peu, son mentor exprima alors des mots durs à entendre.

"C'est tout ce que tu peux faire ? C'est ainsi que tu comptes protéger ta famille ? Tu me déçois vraiment Achnadile, je me demande pourquoi je perds mon temps avec toi. Tu veux que je te dise, en réalité tu es faible et inintéressant..."

Le jeune noble fut abasourdi par ce discours qui avait pour but de le mettre hors de lui, le malarian ne pensait aucun mot, au contraire son élève avait énormément de potentiel, il souhaitait juste découvrir ce qui se cachait au sein de la chimère, rencontrer le loup sauvage qui sommeillait en lui. L'impulsif prince n'avait toutefois pas compris le stratagème de son maitre, se relevant avec vivacité, il chargea de nouveau celui-ci pour lui faire ravaler ses paroles mais un second coup de pied l'envoya valser contre une table qui se renversa sur lui. Alors que Sergueï s'approchait doucement pour voir l'état du jeune homme, une puissante bourrasque le stoppa dans son avancée alors qu'il n'y avait aucune fenêtre dans la pièce, la pression de l'air s'intensifia en faisant virevolter toutes les lames présentes pour les envoyer sur le malarian qui les coucha sur le sol en parant chacune d'entre elle avec ses griffes. La petite tempête se calma et les yeux du guerrier scrutèrent la table couchée sur le côté, ne voyant toujours pas le prince debout et se demandant d'où venait cette mystérieuse brise aérienne. Soudain, un grognement gronda dans l'air, la tension devint pesante, puis une ombre s'était relevée là où l'adolescent était en théorie allongé. L'instant d'après, cette ombre fit une apparition fulgurante devant l'humain, le loup était sorti de sa cage et il comptait bien se venger. La colère avait transformée Achnadile en un loup à deux queue faisant son mètre 70 au garrot, sa fourrure était grise et l'élément de l'air semblait la rendre flottante. Les crocs déployés, deux petits yeux d'émeraudes empli de rage fixaient le paladin qui affichait un sourire victorieux malgré l'air menaçant de la bête en face de lui, la chimère lui sauta alors dessus pour planter ses crocs sur son bras droit au niveau du coude. Étrangement, Sergueï ne chercha pas à se défendre ni à hurler malgré la douleur, il savait maintenant de quoi son disciple était capable. L'animal lui déchiqueta le bras sous la haine, le malarian laissa échapper un rictus de douleur mais au fond il était fier d'assister à cela. Puis, les yeux du prédateur prirent une teinte mauve, il relâcha alors sa prise pour s'allonger sur le sol et gémir de douleur, son père avait fait irruption dans la pièce pour stopper son fils avec un cristal violet capable de réprimer les pulsions des chimères en les torturant. Achnadile reprit vite son apparence originel mais tomba dans l'inconscience car il avait utilisé trop d'énergie, pendant ce temps son mentor qui se vidait de son sang caressa la chevelure du petit prince sous le regard méprisant de son roi qui était contre ce genre d'apprentissage brutal...

*Flash Back*


Reprenant ses esprits après s'être rappelé de sa première transformation involontaire, les deux témoins constatèrent un changement radical d'apparence. Ses cheveux de jais prirent une teinte grisâtre et s'allongèrent, à genoux face à celui qui voyait son avenir bientôt inexistant, Achnadile redressa son buste et fixa ses mains poilues où ses ongles se changèrent en de sombres griffes noires. Notre prince imberbe vit des poils presque blanchâtre pousser sur chaque parcelle de sa peau, ses bottes noires explosèrent d'ailleurs en voyant ses pieds bestiales prendre de l'ampleur. Cette transformation était extrêmement douloureuse pour lui car il perdait totalement le contrôle face à son sang, l'animal qui était en lui était sur le point de s'exprimer, levant sa tête en l'air, ses cris agonisants firent place à un hurlement magistral qui résonna dans les rues aux alentours. Son visage fin avait laissé place à la gueule monstrueuse d'un lycan au pelage fait de fumée, cette transformation fut partielle, ainsi il arrêta celle-ci au premier stade et ses deux queues qui le distinguaient des autres chimères loups restèrent dissimulées. Se levant pour finir de tout son long, il atteignait maintenant les deux mètres de haut et sa masse musculaire avait doublée, son élément ne s'était toutefois pas manifesté, mais voyant son ennemi s'effondrer de peur devant lui, il n'en avait nullement besoin. Mais le sombre personnage eut la mauvaise idée de ramper vers son arbalète pour blesser la bête mais celle-ci se rapprocha bien vite de lui malgré ses pas imposants, explosant l'arme de jet d'un puissant coup de patte. Grognant de fureur, le pauvre humain fut soulevé comme une plume par la main griffue du loup qui entra ses armes naturelles dans la jugulaire de sa proie, du sang coulant tout le long du corps de l'assassin alors que celui-ci était toujours en vie, celle-ci fut alors raccourcie lorsque son visage fut défiguré par un second coup de patte mortel.

Laissant tomber son joujou inutile sur le sol, la créature se retourna alors vers la seule présence encore en vie, Luhiel, dévoilant une rangée de dents bien aiguisées, le nouveau Achnadile s'avança d'un pas lourd mais à la fois noble, comme si il restait une part de lui à l'intérieur de ce monstre. Il y avait quelque chose de majestueux dans le regard du lycan, comme si une bonne âme se cachait derrière cette gueule peu engageante. Du prince il ne restait plus que ses vêtements qui se craquaient à chaque pas de l'animal, s'approchant doucement de Luhiel qu'il voyait maintenant comme une délicieuse proie à croquer, il s'arrêta juste devant elle, soutenant son regard avec rage et grognant de plus en plus fort, comme si elle était devenue son adversaire. Dans cet état, il ne pouvait plus distinguer ami ou ennemi, c'était probablement les inconvénients de cette force surhumaine, si il passait moins de temps à loucher sur le pouvoir, il pourrait alors contrôler la bête qui est en lui. Voyant que la jeune femme ne savait plus trop comment réagir, il tenta de la lacérer à la tête d'un geste fulgurant qu'elle esquiva avec brio, il fut par la suite stoppé par quelque chose en lui. D'un côté il avait cette envie irrésistible de goûter à la chair de cette malarian mais au final il se contentait de la fixer tout en affichant son sourire carnassier. Qu'allait-elle pouvoir faire face à ce loup princier ?
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Luhiel Symanth

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MessageSujet: Re: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Mar 12 Jan - 14:48

C'est consternée mais pas du tout étonnée que Luhiel constata que le prince d'Orien n'en faisait qu'à sa tête pour d'obscures raisons... Que ce soit pour impressionner, par rébellion contre toute forme d'autorité, par conviction ou bien même les trois, le fait est que ce n'était guère surprenant d'assister à sa réaction. Il avait bien l'air de ceux avec la volonté de s'affirmer envers et contre tout... Ce genre de gens capables des plus grandes prouesses comme des plus grandes bêtises utopiques. Un genre que Luhiel avait bien connu pour en avoir jadis fait partie, mais qu'elle avait partiellement renié afin d'embrasser des desseins plus personnels, terre à terre et paradoxalement altruistes. De toute façon il n'y avait plus grand chose à perdre ou à risquer dans sa situation... il n'y avait plus rien à rendre si ce n'est son dernier souffle lorsque l'on ne possédait plus grand chose. Sa famille était décédée ou la reniait, et à part une relation sur le fil du rasoir avec son frère aîné, il n'y avait rien qui ait vraiment de stabilité à ses yeux. Les Lois qu'elle défendaient lui apparaissaient plus questionnables à chaque jour passant, et de toute façon malgré son bon cœur elle ne parvenait pas à les voir comme prioritaires sur ses envies vengeresses. L'on disait que la Justice était noble... mais parfois il fallait la rendre de ses propres mains pour s'assurer qu'elle finisse par voir le jour. Voilà la décevante mais indéniable vérité qu'elle avait du finir par accepter au fur et à mesure de ces deux dernières années.

Tout se perdait, tout allait et venait sans cesse... les rencontres passaient, les villes défilaient et seule sa solitude demeurait. C'est pourquoi dans son parcours chaotique et non organisé elle ne pouvait se résoudre à assister à des désastres toujours plus grands. Elle se sentait obligée de participer et de fourrer son nez un peu partout quitte à se jeter la tête la première dans la source même des problèmes... mais cela c'était dans ses habitudes. Et puis il y avait aussi les fois ou les problèmes venaient la trouver de leur propre chef, qu'elle le veuille ou non... comme maintenant.
Ayant comprimé sa plaie avec assez de précision pour avoir momentanément arrêté l'hémorragie, Luhiel n'en était pas pour autant rassurée d'un iota. Il était jeune dans sa tête, impétueux et avec une initiative ardente frôlant de trop près la témérité suicidaire. Se sachant capable de faire de même en des circonstances encore plus compromettantes, elle ne dit rien de plus... mais n'en pensa pas moins. Ne se posant pas de questions concernant l'hypothèse de potentiellement lui tourner le dos pour s'écarter également des nœuds de vipères dans lesquels il semblait être emmêlé, la Malarian avait prudemment suivi cet homme dans ce qui était à coup sûr un piège, et par les moyens du bord se débarrassa des opposants les plus ennuyants. Se maintenant alors à l'écart mais avec un œil avisé qui surveillait l'évolution de cet affrontement, la demoiselle posa son épée au sol à la verticale, gardant une main prudente sur la poignée au cas où. Assistant au règlement de comptes qui allait signer l'arrêt de mort de ce dernier assassin mandé pour occire le prince, elle ne détourna le visage à aucun moment, ne se montrant point choquée de la violence et le savoir faire qui se déployaient sous ses mirettes.

Ces hommes n'avaient là que ce qu'ils méritaient et bien que les méthodes employées par Achnadile ne soient pas les plus propres, au moins on ne pouvait pas lui reprocher de ne pas être expéditif. Cependant même si la technique et la grâce se voyaient dans ses gestes de manière claire, il manquait de quelque chose qui lui ouvrirait peut être un jour les portes des plus hautes sphères de grands guerriers. Il se battait avec rage mais surtout guidé et aveuglé par la colère. Pour lui elle n'était pas un moteur mais un oxygène, ce qui lui embourbait mollement les sens pour le rendre juste bon à tuer tout ce qui lui apparaissait dans le champ de vision. Sentant la haine qui émanait de lui telle une nauséabonde odeur d'agressivité excessive, Luhiel dodelina de la tête d'une mine désapprobatrice. Ce n'était guère son comportement détaché et ingrat qui lui posait problème, car de toute façon elle ne s'attendait pas à ce qu'un nobliau aussi insolent soit-il daigne ravaler son orgueil pour lui présenter des remerciements, que ce soit maintenant ou quand tout serait fini... et puis elle n'avait pas non plus agi pour qu'il lui doive une faveur. Il n'y avait aucune arrière pensée dans son geste car ce n'était pas dans sa nature, voilà tout...

Ce fut alors que ce qu'elle avait déjà ressenti de manière presque métaphorique se passa réellement... car le dandy semblait se replier sur lui même de douleur, comme si il était consumé par ses envies de vengeance. L'aura qu'il émanait semblait meurtrière, presque bestiale à son sens le plus propre... C'était comme si il se transformait... ce qui était en effet le cas. Fronçant un sourcil d'incrédulité, elle fit un pas en avant sans pour autant tendre le bras... elle comptait juste vérifier qu'il allait bien, mais ce dernier lui fit signe de rester en retrait. L'air pas conforté elle respecta sa demande à contre cœur, tandis que les craquements osseux résonnaient dans l'air en chargeant l'atmosphère d'une tension lugubre. Un être lycanthrope se présenta alors sous ses rétines incrédules, alors qu'elle agrippa fermement sa colossale épée Rébellion afin d'être sûre d'être parée au cas ou ses regains d'agressivité se retournaient vers elle. Dans la douleur et l'affreuse sensation de perte de contrôle, la transformation fut alors complète et la Blondine se retrouva nez à nez avec un animal à peine doté de conscience. Comme quoi... une emmerde ne venait jamais seule. Soupirant sans trop savoir quoi faire, elle le regarda dans les yeux de son regard le plus perçant.

Elle savait bien à quel point les loups pouvaient être dangereux et pour cause, elle en avait vu presque autant qu'elle n'avait vu d'humains dans sa vie... surtout que pendant son enfance ils étaient encore très nombreux en Erade. Mais depuis les chasseurs de primes les avaient traqués sans relâche, jusqu'à ce que leur nombre diminue drastiquement... Se tenant donc dans une posture clairement défensive, Luhiel le dévisagea pour montrer à son sens bestial qu'elle ne le craignait pas. Ce n'était pas qu'une apparence, c'était bien réel qu'elle n'en avait pas peur, ce qui ne voulait pas dire pour autant que l'idée de devoir s'engager dans un combat au corps à corps avec cette bête à l'air peu commode l'enchante. Rapidement le dernier survivant du trio d'assassins ne fut plus, ce qui lui laissait aisément présager que ce serait elle qui finirait de devoir assouvir ses envies de sang et de chair. Jurant tout bas, elle était bien indifférente quant à la fin des victimes périssant sous les crocs et les griffes... mais elle l'était moins concernant ce qui était à venir. De fait si elle ne parvenait pas à l'arrêter ou lui faire retrouver ses esprits, il était fort à parier qu'elle devrait le tuer afin qu'il ne s'attaque pas aux pauvres Otianais qui n'avaient rien demandé...
Retenant la poignée de son arme avec force, elle se prépara à compenser la vitesse de cette créature avec sa force et son expérience de combat. Cela risquer de ne pas être chose aisée, mais après tout le choix ne lui revenait plus. Pour l'instant il n'y avait pas à réfléchir, il n'y avait pas à philosopher, il y avait juste à défendre sa peau afin de ne pas périr bêtement sous un animal qu'elle avait si souvent côtoyé. Prenant une grande inspiration elle lui dit alors avec une expression sérieuse.

- Je ne sais pas si vous parvenez à m'entendre sous cette forme, Achnadile... mais j'aurai au moins essayé. Nous n'avons pas le choix à l'heure qu'il est car je ne suis pas assez lâche pour m'enfuir en courant. Le dilemme est simple : soit vous êtes plus fort que l'animal qui est en vous et tout va pour le mieux... soit je vais devoir vous neutraliser par la force et nous réglerons ça à la manière des bêtes... à coups de griffes.

« ..... Snikt ! »

Ce fut le bruit des griffes qu'elle venait de mentionner qui siffla dans l'air, tandis qu'elle ficha Rébellion à terre. Elle avait pensé à l'utiliser, mais au final elle avait fini par se raviser... on ne combattait pas un loup à coup d'épée c'était ridicule et puis en plus du reste cela lui paraissait déloyal... Alors quitte à ce que l'un des deux doive trouver la mort, il fallait que ce soit dans un duel d'égal à égal. Les serres métalliques resplendissant d'un éclat argenté presque surnaturel, la guerrière pencha la tête sur les deux côtés, elle fit craquer ses os et finalement se dressa juste devant lui en soutenant son regard... Elle se servait de ses griffes mieux que personne... et pour cause, elle avait eu Asha pour professeur. Un tigre contre un loup, la vitesse contre la puissance? Qui l'emporterait... et puis y aurait-il vraiment un combat? Regardant celui qui semblait être son adversaire d'un sourire carnassier, elle tendit la main et lui fit signe de l'index afin qu'il approche. Aurait-il l'audace de mesurer leurs forces? Quoi qu'il décide Luhiel l'attendait de pied ferme...
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Achnadile d'Orient

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MessageSujet: Re: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Mar 19 Jan - 16:08

La colère... Depuis son plus jeune âge le prince n'avait jamais réussi à contrôler celle-ci, c'était probablement pour cela qu'il n'avait presque aucun ami et qu'au final il était quelqu'un de seul. Son côté marginal et cette franchise cinglante faisait qu'il était mal aimé par ses pairs au palais d'Orient et une partie du peuple le détestait à cause de son appartenance à la monarchie. Cette solitude lui avait permis d'accumuler une rage en son sein qui ne demandait qu'à exploser, son maitre d'arme avait tenté dans le passé de la canaliser mais c'était peine perdu. Malgré son bon fond qui le répugnait parfois, Achnadile était en partie un elfe de la pénombre et de sombres mystères se cachaient en lui, le rendant parfois aussi violent qu'un animal. Sa réaction avait toujours surpris sa mère car il ne manquait pourtant de rien dans son royaume, il était aimé par celle-ci et il disposait d'une richesse inégalée et d'un avenir en tant que roi en Orient. Mais l'amour de sa génitrice n'avait pas suffit car malgré son côté entreprenant, il était au fond une personne renfermé qui ne se confiait qu'en de rares occasions à un homme muet qui ne pouvait le consoler. Rien que de penser à cette tristesse refoulée et égoïste le débectait, peut-être qu'au fond il n'avait pas vécu à fond son enfance, il n'avait pas su en profiter et jouir de l'amusement, trop vite hissé au rang d'adulte. Mais l'adulte impulsif était aujourd'hui confronté à un loup sauvage qui n'était pas prêt à être apprivoisé, l'animal qui sommeillait en lui était perturbé par cette aura noire qui entourait perpétuellement le corps du jeune homme, cadeau des elfes de la pénombre.

Sa rage trop longtemps contenue s'était enfin libérée, il avait enfin craqué mais à quel prix. Il n'en avait pas conscience mais il était sur le point de se faire tuer mais surtout de blesser grièvement une inconnue qui pourtant semblait le reconnaître malgré ses nombreux défauts. Après tout il n'était que la représentation d'un loup, menaçant et d'apparence extrêmement mauvais, pourtant tout comme cet animal sacré, il serait capable d'accomplir de bonnes choses si on lui donnait l'occasion. Mais les assassins avaient crié au loup et celui-ci se retournait maintenant contre ses alliés, contrôlé par cette haine qui le rongeait de l'intérieur. Pourtant la Malarian faisait preuve d'un grand courage en tenant tête à ce "monstre", la plupart des personnes ayant rencontré ce côté sombre étaient mortes ou avaient fuis. Luhiel comptait pourtant bien se défendre et le lycan fut surpris par cette témérité, c'était bien la première fois qu'il engagerait un combat loyal au corps à corps et cette idée plaisait à l'animal qui n'attendait que ça. La blondine tenta de le faire revenir à la raison mais chaque mots pourtant bien choisi rebondissaient sur la carapace impassible du loup qui continuait de grogner pour l'intimider. La conscience d'Achnadile était en sommeil et seul ses émotions et ses sentiments bestiales s'exprimaient maintenant, il reprendrait ses esprits en même temps que son apparence originel, soit après avoir perdu soit après s'être régalé de la guerrière en face de lui. Seul une chose le fit réagir, les griffes déployées de la paladine, son visage carnassier laissa alors place à une lueur d'étonnement dans ses yeux clairs. Même si il oublierait cette scène de combat après avoir reprit son apparence, les armes de la jeune femme restèrent gravé dans sa mémoire visuelle, lui rappelant les séances d'entraînements de son maitre aux méthodes sévères. Venant du plus profond de son être, un mot sortit de cette gorge rauque, ou plutôt un nom...

"Sergueï..."

Replaçant son regard meurtrier dans celui de Luhiel, il grogna de plus belle mais cette fois avec beaucoup plus de conviction, claquant ses crocs acérés devant celle qui était devenue maintenant son adversaire. Autant le prince considérait son ancien mentor comme un père, le loup qui était en lui le détestait énormément, se rappelant des tortures qu'il avait enduré à cause de ces griffes argentées. Il ne pensait maintenant qu'à étriper la jeune femme, lui faire payer tout ce que ce Sergueï lui avait fait subir, la bête était devenue extrêmement incontrôlable et Luhiel allait devoir redoubler d'effort pour le calmer. C'était étonnant de constater dans quel état se mettait le lycan en se souvenant de son maitre, comme si les tortures psychologiques l'avaient traumatisé à vie. Cette fois le combat était sur le point de commencer, la chimère ne comptait pas retenir ses coups, la mort de sa rivale serait la seule chose actuel d'apaisante pour lui. Une partie de sa conscience refoulée se demandait pourtant jusqu'où la jeune femme comptait aller pour le stopper, redoutant la mort même si c'était inévitable si il arrivait qu'il prenne le dessus. La tigresse en face de lui était beaucoup plus puissante et expérimenté, le loup lui n'avait que sa haine comme arme ainsi qu'une vitesse spectaculaire renforçait par son apparence qui semblait agile malgré ses muscles imposants.

Voyant celle qui était maintenant son ennemie juré lui faire signe d'attaquer en premier, il leva la tête au ciel pour hurler sa colère au ciel, comme une prière animale avant de se lancer dans la mêlée. Replaçant lentement son regard assassin sur sa proie, il décala ses bras de son corps horizontalement afin de sortir un peu plus ses sombres griffes noirâtres. Sans plus attendre, il enchaîna une multitude de coups brutaux sur la blondine qui parait pour commencer chacune des attaques avec ses armes naturelles, à chaque coup le loup augmentait en crescendo sa vitesse, utilisant pour le moment que ses griffes pour juger de la puissance de la combattante. La toiture parfaitement droite tremblait sous les pas de la belle et de la bête, mais cette fois-ci ils dansaient d'une autre manière que dans le conte pour enfant, leur valse se faisait à coups de griffes, leurs pieds bougeant en rythme selon les mouvements de leurs bras. Les forces de l'un comme de l'autre s'équivalaient, chacun esquivant et contre attaquant dans des gestes fulgurants, l'un comme l'autre ne lâchait pas le morceau mais il était clair que la malarian ne donnait pas tout ce qu'elle avait. Malgré le côté dangereux et extrêmement meurtrier de cette rencontre, le loup s'amusait intérieurement car c'était sa manière à lui de voir les compétences de l'autre, même si c'était difficile à voir il semblait que ses babines s'étiraient dans un sourire. Ses griffes frappaient violemment ceux de la jeune femme, créant parfois de petites étincelles à cause du contact de l'acier, un bruit métallique résonnait d'ailleurs lors de chaque attaque.

Grâce à cette vitesse surhumaine, le loup tournait autour de sa proie, effectuant parfois quelques acrobaties pour se sortir des mauvais pas, malgré la lourdeur apparente de ses avants bras, chacun de ces coups était doué d'une rapidité époustouflante, lâché dans un camp ennemi en pleine nuit il pourrait faire de nombreux ravages. Pendant une seconde d'inattention pourtant, il esquiva de justesse un mauvais coup de serres qui déchira une partie de sa veste verdoyante, laissant celle-ci choir sur le sol, découvrant ainsi trois griffures cicatrisées sur son épaule gauche, quelque peu dissimulées par la fourrure grisâtre. Grognant de plus belle, il se plaça devant Luhiel pour assener de nouveau une série de coups de pattes, manquant parfois de justesse de toucher le jolie minois de la demoiselle. Même si il disposait d'une enveloppe bestiale, une partie de lui restait stratégique dans ses approches de combat, ainsi alors qu'il concentrait toutes ses attaques sur le haut du corps de la belle, il feinta celle-ci en s'abaissant pour lui faucher les jambes, ses griffes passant sous son genoux sans pour autant la lacérer. La voyant retomber avec fracas sur le sol, il se recula rapidement pour prendre de l'élan afin de l'achever pour terminer cette rencontre qui n'avait que trop duré. La rage du canidé avait pris le dessus sur l'expérience du fauve, prenant appui sur ses jambes maintenant poilues, il sauta dans les airs à une hauteur impressionnante pour atterrir crocs en avant sur la guerrière en mauvaise posture. Comment allait-elle se sortir des griffes du lycan ? Mais surtout comment cette petite bataille allait-elle se terminer ?
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Luhiel Symanth

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MessageSujet: Re: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Ven 29 Jan - 7:30

Ce n'était pas de gaieté de cœur que Luhiel allait s'en prendre à cet homme qu'elle connaissait à peine, et à vrai dire rien que l'idée d'en découdre physiquement la révulsait. À vrai dire depuis trop d'années elle portait un certain nombre de fardeaux, et celui d'avoir trop longtemps contribué à des massacres contre sa volonté en faisait partie. Elle servait d'écuyer à son paternel pendant les interminables escapades dans les bois, pendant les battues et autres horreurs du genre, teintant encore aujourd'hui ses songes de rouge. Son enfance et le début de son adolescence étaient hantées de souvenirs douloureux en tout genre, mais il fallait dire qu'à ses yeux ceux des séances de chasse à travers tout Erade étaient encore plus pénibles que ceux ou elle se faisait former à la vie militaire par son père. Trop tôt catapultée dans une vie à la discipline plus que draconienne, elle avait depuis toujours baigné dans un monde ou tout ce qui comptait était d'être la plus forte, la plus douée au combat, la plus résistante à la douleur sous toutes ses formes. En bref, le soldat parfait, impitoyable et haineux, sans pour autant en oublier un sens de la stratégie évidemment. Otian était sa terre natale, et en tant que tel intégrer une armée sans savoir se servir de sa lame avec intelligence était tout bonnement impossible et inconcevable. Gil Symanth, son père, avait toujours été plus qu'intransigeant et en ancien capitaine retraité, négocier un peu de repos ou de tendresse n'était qu'un simple rêve lointain...

Dès son plus jeune âge Luhiel suivait ses frères partout, travaillant le jour et étant malmenée la nuit. Toute épreuve était une bonne raison de parfaire son entraînement et comme bien sûr un soldat ne doit dormir que d'une seule oreille en vue d'une potentielle mission, il n'était pas question de pouvoir dormir tranquille. Combien de fois n'avait-elle pas été réveillée pendant la nuit avec un seau d'eau glacée sur la figure? Trop pour qu'elle les compte. S'éloigner de cette torture quotidienne pour s'engager dans les rangs Malarians lui avait été salvateur, car encore maintenant elle était sûre que si elle avait enduré ces traitements durant quelques années de plus, elle aurait définitivement sombré dans la folie sans autre forme de procès. Quittant le domicile familial malgré les réticences initiales de son père qui avait été rapidement consolé par l'or, elle avait longtemps craint que ses maîtres ne soient également peu amicaux avec elle... mais de fait il n'en était rien. Si l'ordre avait également un règlement très stricte et sévère, tout cela avait des airs d'énorme camp de vacances si comparé à ce qu'elle avait connu avant. De là à parler de réelle partie de plaisir, il ne fallait pas pousser! Pourtant malgré toutes les épreuves et les difficultés, jamais elle n'oublia la dette qui la reliait éternellement aux animaux traqués, et aux loups principalement. Alors se retrouver à présent face à ce prince qui en prenait l'apparence... c'était tout juste ironique. Ironique et torturant.

Entendant la manière dont ce dernier prenait d'ailleurs des airs encore plus agressifs en scandant un nom qui lui était inconnu, la belle se dit qu'elle avait peut être mal fait de ne pas tenter de le calmer... Mais le tout n'aurait pas été loyal, et donc contre ses principes. Même si elle avait parlé de duel le fait est qu'elle n'avait pas dans l'idée de le blesser pour autant et encore moins de le tuer. Ce n'était ni ne serait jamais son but, d'autant plus que malgré ce qui s'était passé, il n'avait rien fait de mal. Le manque de contrôle était bien sensible même pour quelqu'un de l'extérieur... enfin peut être que c'était également du à ses sens exacerbés et à la très longue fréquentation d'animaux sauvages, va savoir. Le fait est que maintenant il n'était plus question de revenir en arrière et puis il ne fallait pas se leurrer, étant donné la tournure des événements ce serait impossible même si elle l'avait voulu. Dévisageant également son opposant ses iris se firent encore plus brillantes bien qu'elles irradient une lueur dure et d'un gris métallique. La fureur du combat montait en elle car bien qu'elle ne soit pas une chimère, son vécu la rendait aussi bestiale que lui quand elle s'y mettait. Bien que sa posture demeure bipède et son raisonnement plus clair, Luhiel ne comptait pas laisser le jeune homme se laisser aller au meurtre et à une série d'actes qu'il regretterait amèrement plus tard. Non, pas si elle en avait la possibilité !

- Je ne suis pas Sergueï !

Un hurlement la fit alors frémir d'anticipation, non de peur mais juste parce que sa sensibilité à ce genre de gestes la rendait à fleur de peau... peut être sûrement plus que si il s'agissait d'un cri de guerre humain. Il fallait dire aussi que les hurlements lupins lui avaient toujours sonné aux orillons comme un mélange d'un requiem à la tristesse infinie et un encouragement mystérieux pour soi ou pour les autres. Les coups furent alors mitraillés d'un coup, la cadence s'accélérant sans cesse dans un rythme qui très vite devint effréné. Esquivant les premiers avec aisance, les choses finirent par bien vite se corser lorsque la vitesse du prince se rajouta à l'équation. Un peu à l'instinct, Luhiel put en éviter la plupart, compensant avec sa force qui bien souvent servait de contre-attaque. Ainsi la chimère s'écrasait sur sa défense comme sur un mur, étant par moments repoussée avec violence sur plusieurs pas. Pourtant il revenait encore et toujours à l'assaut, infatigable mais pourtant le souffle aussi court qu'elle. Mais évidemment comme il était prévisible un coup de griffe plus rapide ne put être prévu et entailla son épaule, bien que l'entaille ne soit pas réellement profonde. Cependant si la blessure n'était pas grave, elle était bien la preuve que malgré son avantage il serait tout à fait déplacé de se croire à l'abri... car cette forme animale était loin d'être facile à gérer.
Leurs pas résonnaient sur les lattes de bois, et à chaque changement d'appui de la poussière se levait sous leurs pieds, car ce bâtiment était en très mauvais état. Il n'y avait plus qu'à espérer que tout ne tombe pas en ruines pendant le combat, ou les choses seraient encore plus compliquées... Mais avec la guigne qu'elle avait depuis toujours, Luhiel ne put s'empêcher de le craindre avec sérieux. Son expression en témoignait d'ailleurs, car même si elle prenait plaisir à mesurer ses forces à celles d'Achnadile, une série de choses lui trottaient dans la tête... ce qui l'engageait à ne pas le sous-estimer.

Comment le pourrait-elle alors que leurs sensations étaient si semblables? Qui de mieux pourrait comprendre ce que ressentait ce loup lorsque l'impact des griffes les unes contre les autres faisait frémir tout son bras sous l'impact violent...? À chaque fois c'était comme si son os entier en tremblait, ce qui lui apportait un quota de douleur qu'elle s'empressait d'ignorer car le temps n'était pas à larmoyer... Chaque échange donnait lieu à une décharge d'adrénaline si forte, que ses sens affûtés semblaient l'être encore davantage, lui donnant presque un radar lui indiquant d'où viendrait le prochain assaut, les mouvements de l'air environnant lui témoignant la direction que prendrait son adversaire se déplaçant pourtant à une vitesse fulgurante... Pourtant elle le voyait, elle le sentait qu'il avait fait d'elle sa proie... il s'amusait à lui tourner autour comme pour mieux jouer avec ses nerfs, comme pour la porter à porter le coup de trop, à perdre patience pour qu'il puisse la prendre à revers. Pourtant malgré la tentation de plus en plus forte, elle se contenta de le suivre du regard sans bouger, attendant qu'il se lasse afin de mettre fin à tout cela. Lorsqu'il chargea il fut alors bien accueilli, et en guise d'avertissement, elle porta un coup sur son flanc, qui grâce à l'agilité masculine, ne donna lieu qu'à la découpe de ses habits déjà déchirés.

Cependant comme il était prévisible s'être fait toucher ne calma pas l'Oriental et lui fit même regagner en ardeur. Une nouvelle attaque plus puissante encore fut déchaînée, et ce ne fut que grâce à son expérience et son attention que Luhiel évita de se faire joliment refaire le portrait. Plusieurs entailles furent distribués sur ses bras et une plus sérieuse sur sa cuisse, ce qui pourrait l'handicaper dans ses déplacements à venir. Jurant intérieurement, elle augmenta le niveau d'un cran. Le combat faisait rage c'était le moins qu'on puisse dire... alors pour lui rappeler qu'elle n'était pas là en guise de punching-ball humain, elle rétracta les griffes et en joignant ses deux poings, s'en servit comme d'une massue qui atterrit sur le museau de son ennemi avec force. De quoi lui remettre les idées en place et l'envoyer balader même si ce n'était pas pour longtemps... Portant une main à sa cuisse suintant de sang, elle la compressa pendant quelques secondes afin d'arrêter l'hémorragie tandis qu'elle entendait son adversaire se remettre sur pattes. Il semblait plus remonté que jamais... ce qui présageait que leur affrontement touchait à son apogée. Ressortant les griffes avec leur bruit métallique distinctif, elle sourit doucement. Ce serait probablement le dernier round...

Se sentant plus lourde à cause de sa blessure, elle avait de plus en plus de mal à suivre la vitesse qui lui faisait face, ce qui la mena à encore être surprise par le sens sournois du lycanthrope. Fauchée violemment elle tomba sur le dos avec fracas, ce qui en plus de ne pas être du tout élégant la mettait en bien mauvaise posture. Fronçant les sourcils bien décidée à ne pas le laisser prendre le dessus pour autant, elle le vit sauter d'un pas leste et décida de l'accueillir dignement, elle l'accueillit sans avoir le temps de réfléchir à la meilleure manière de ne pas finir en charpie. Agrippant donc les deux poignets poilus elle l'empêchait de l'achever par ce biais, mais il y avait encore cette gueule aux crocs acérés qui risquait de lui poser problème. Les genous repliés pour l'atteindre en plein abdomen, elle attendait qu'il s'y empale et n'ait le souffle coupé... mais est-ce que pour autant son initiative était destinée à fonctionner?? Sarcastique, elle sourit insolente et lui dit dans une provocation.

- Je préférais votre autre forme mon Prince... on peut dire que l'odeur n'est pas à négliger en ce moment. Pour le dire comme je le pense, votre haleine fouette! Allons cessez vos bêtises... vous avez perdu.

L'ayant distrait par ses paroles comme par son coup, elle tenta un coup de folie qui lui coûterait peut être cher... et reculant la tête, lui mit un grand coup de tête afin de l'assomer.
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Achnadile d'Orient

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MessageSujet: Re: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Lun 1 Fév - 17:15

Le loup, animal puissant et majestueux, parfois solitaire et capable de se défendre efficacement grâce à ses crocs meurtriers. Autrefois symbolisé comme "le prince des forêts" par les hommes, il est aujourd'hui traqué par ceux-ci pour sa fourrure et sa dangerosité. Certes il ne faut jamais prendre à la légère cet animal, mais le qualifier de "mangeur d'hommes" est un abus, il ne peut être apprivoisé comme le chien toutefois c'est un allié de qualité dans certaines situations. Sur ce toit, en Otian, ce loup solitaire ne demandait qu'à retrouver sa liberté, mais avant il comptait bien se venger du monde des hommes, les malarians étant en tête de liste à cause d'un seul homme... Sergueï. Pendant quatre ans, Achnadile n'avait jamais osé tenir tête à son mentor, à force de réprimandes et de gnons brutalisant. C'était bien le seul car aujourd'hui il ne se laisse marcher sur les pieds par personne, qu'on soit un sang bleu ou un guerrier beaucoup plus costaud. Pourtant le loup qui était en lui était d'une rancune massacrante et il était beaucoup plus implacable que son hôte, hélas la jeune Luhiel allait faire les frais d'une chose qu'elle ignorait. Celle-ci était d'ailleurs douée pour repousser le lycan sans en venir à bout, cela se ressentait elle ne donnait pas tout ce qu'elle avait, mais le tuer n'aurait en rien arrangé les choses. Si Achnadile avait survécu face à cette guilde d'assassin, c'était grâce à cette vitesse qui était un véritable cadeau des dieux. Toutefois les divinités n'étaient pas en cause, c'était surtout l'union de ses parents et de la magie qui l'avaient pour le moment protégé. Ce duel semblait difficile à gérer pour la malarian, car elle ne savait pas comment stopper cette furie qui avait le goût du sang, la tigresse contre attaquait du mieux qu'elle pouvait avec ses griffes argentées, un combat bestiale qui était toutefois honorable car il n'y avait aucun coup bas.

Le prince avait encore énormément à apprendre du combat, il était jeune et fougueux, mais la solitude lui avait forgeait une maturité respectable. Contrairement à Luhiel qui était beaucoup plus expérimentée, il n'avait jamais connu la perte d'un compagnon, le dilemme dans un combat et la peur en voyant la mort faire son apparition sur le champ de bataille. Il avait encore beaucoup à apprendre et l'Erade allait justement le changer, le faire devenir meilleur suivant ses fréquentations. Pour le moment le monde de la noblesse était un fléau et tant qu'il ne prendrait pas conscience de son héritage chimérique, il ne pourrait avancer et devenir l'homme qu'il rêvait d'être. Le prince et le lycan n'avaient en rien la même mentalité, pourtant ils étaient la même entité, et pour se contrôler le jeune homme devra apprivoiser l'animal qui est en lui. Ce caractère impulsif était dû à un cruel manque de modèle et de repère, ce n'était pas sur le point de s'arranger suite à la perte d'Azure, cet homme qui aurait pu le rendre meilleur. Le combat qui s'engageait était d'une intensité époustouflante, chacun des opposants ne lâchant pas le morceau, Luhiel tenta de la faire revenir à la raison en lui criant qu'elle n'était pas Sergueï, mais la bête ne voulait rien entendre. Continuant à tord à la matraquer de coups de griffes, d'ailleurs la malarian était en mauvaise posture puisqu'elle n'était pas décidée à le blesser mortellement pour le stopper, quand au loup princier il ne s'embêtait pas avec les mêmes principes puisqu'il n'était plus vraiment lui même. C'est ainsi qu'il la blessa à l'épaule dans une attaque fulgurante, ce ne fut pas la seule blessure hélas, ses bras se retrouvèrent bien vite abîmés à force de se défendre contre les sombres serres du loup. La jeune femme avait dû subir énormément de tourments dans son passé et Achnadile allait certainement s'en mordre les doigts si il retrouvait à temps sa conscience humaine. Refoulée par la créature sans état d'âme, n'ayant que pour unique principe la survie, il continua ainsi sa charge sans se soucier des conséquences.

La malarian avait beau se défendre avec efficacité, son adversaire était toujours aussi incontrôlable, tentant avec acharnement de la massacrer. Plusieurs fois le loup oriental fut repoussé par des griffes en acier, mais cela ne le démontait pas plus que ça et il comptait bien remporter la victoire. Combattant avec sa rage et sa brutalité, il blessa alors plus sérieusement Luhiel à la cuisse, terminant ainsi l'amusement pour passer aux choses sérieuses. La contre attaque calma toutefois ses ardeurs pendant quelques minutes puisqu'il vit la tigresse ranger ses griffes pour lui assener un coup de massue sur le museau. Projeté à plusieurs mètres par cette force surhumaine, sa vitesse ne l'avait pas vu venir, et même si il dominait la rencontre grâce à celle-ci, les quelques coups de Luhiel faisait la différence. Allongé sur le sol et portant une patte sur sa gueule, il releva ses yeux injectés de sang sur la belle qui se tenait la cuisse pour stopper ce fluide couleur carmin. Se relevant avec une certaine souplesse malgré sa posture imposante, vexé pour avoir été maitrisé de la sorte à main nue, il hurla de plus belle pour exprimer sa haine. Ses envies de meurtre reprenant le dessus, il l'allongea ainsi grâce à une attaque sournoise, prouvant un certain côté stratégique malgré son apparence primitive. La voyant plaqué sur le sol, il eut le champ libre pour l'achever sans aucun remord, mais la farouche guerrière n'avait pas dit son dernier mot et il fut accueilli comme il se doit après sa chute libre. Jugeant que la meilleure défense était l'attaque, la malarian n'esquiva pas le loup, le retenant par les poignets et plongeant ses genoux quelque peu pointu dans l'abdomen de la créature. Celle-ci eut le souffle quelque peu coupé après son atterrissage, mais une épaisse couche de cuir sous ses poils avait accusé le choc, n'étant pas son point faible il plaça alors sa gueule sauvage près du doux minois de la paladine. Prenant le dessus grâce à son poids imposant, Luhiel stoppa pourtant ses avances en lui parlant de son odeur dans un ton provocateur, mais il avait surtout retenu le mot "perdu" dans son esprit. Pourquoi avait-il perdu alors qu'il avait eu le dessus pendant toute la rencontre ?

Cette question qui tourna en boucle dans sa tête eut le temps à sa proie de se défendre avec les moyens du bord. Ayant été sonné la dernière fois par ses poings, ce fut cette fois le front de la malarian qui vint s'abattre de nouveau sur son museau fragile. Gémissant dans sa langue, il releva aussi sec sa gueule pour la secouer dans tout les sens, tentant vainement de lutter contre l'évanouissement. Alors qu'elle avait enfin réussie à le calmer, Luhiel put sentir l'animal céder, son ardeur l'ayant quitté pour de bon. Sa "défaite" prononcée par la paladine tournant encore dans son cerveau, il rangea alors sa dentition acérée. Croisant le regard de sa proie, celle-ci put voir que les yeux de son assaillant reprenaient leur apparence normal, la couleur verdoyante reformant ses iris dans une forme circulaire parfaite mais surtout plus humaine. Le poids du loup chuta énormément et une transformation inverse s'opéra sur le corps de la jolie blonde, les poils grisâtres rentrant sagement dans la peau du prince, ses griffes redevenant de simples ongles inoffensifs. Difficile de dire pourquoi il reprenait sa forme originelle maintenant, était-ce parce qu'il avait réellement perdu ? Ou son long voyage jusqu'en Otian l'avait épuisé au point de ne plus avoir assez d'énergie pour alimenter la magie de son sang. Dans tout les cas sa gueule monstrueuse se modélisa en un visage fin et délicat, mais au combien blafard. Sa musculature baissa également, pour découvrir un corps élancé et imberbe, un corps ayant gardé ce côté athlète et agile par des muscles secs. Toujours allongé sur la jeune femme, les genoux de celle-ci se collant à ses abdominaux fins, il afficha trois cicatrices sur son épaule gauche et son pendentif pendait au dessus de son ancienne rivale, le croc de lycan au bout de la chaine caressant la gorge déployée de celle qui fut sa proie pendant un temps. Encore une fois les deux jeunes gens se retrouvaient dans une position assez cocasse, mais cette fois le dandy n'avait pas en tête d'en jouer, malgré son visage pâle et son expression austère, ses yeux trahissaient une énorme incompréhension. Il resta ainsi sur elle pendant plusieurs secondes, croisant son regard et tentant de calculer ce qui venait de se passer, lui qui paraissait généralement toujours aussi assuré, il n'en menait pas large cette fois-ci. Cette incompréhension laissa bientôt place à la peur alors que son coeur battait comme un tambour de guerre, cet effet n'était pas dû à leur posture mais il subissait le contre coup de se reprise de conscience, qui s'en entraînement déroutait les jeunes chimères. Entre ouvrant la bouche, il lui dit enfin dans une voix honteuse.

"Je crois que je vous dois quelques explications..."

Tentant de se relever pour s'écarter de celle qu'il avait failli dépecer, ses yeux remarquèrent alors avec horreur les blessures qu'il lui avait infligé. Ses transformations se terminant toujours par une grande faiblesse et une faim insoupçonnée, il sentit ses jambes fléchir avant de retomber lourdement sur les fesses devant la malarian. Achnadile était un homme fort, supérieur qui ne s'excusait jamais et qui ne montrait en aucun cas sa faiblesse, mais face aux blessures de Luhiel, son visage trahissait ce qu'il ressentait dans ce coeur de glace. Il s'en voulait énormément alors que la situation aurait pu davantage dégénérer, de plus il détestait profondément le loup qui était en lui, en réalité il avait peur de lui, et cette peur avait tendance à se transformer en une colère refoulée mais au combien immense. Si il ne prenait pas garde cette haine envers lui même pourrait le conduire sur de sombres sentiers et une voie à laquelle il n'était pas destiné, mais le destin existe-il vraiment ? Question sans réel réponse. Poussant sur ses bras pour se mettre à genoux aux côtés de celle qui l'avait sauvée, il avait bien l'intention de s'occuper d'elle en signe de pardon, sortant de son pantalon presque intact une petite boite circulaire, il s'agissait en réalité d'un onguent d'Orient particulièrement efficace et à base d'herbes. Ouvrant le couvercle, laissant ainsi entrevoir une crème brillante, il s'exprima sans oser croiser son regard.

"Pardonnez-moi Luhiel... Laissez-moi vous soigner grâce à ce remède d'Orient. J'ignore ce qu'il vient de se passer mais sachez que... cette... chose qui est à l'intérieur de moi me répugne profondément. Je ne veux plus qu'elle fasse de mal..."


Le prince marginal considérait comme un esprit arrogant et fier venait pour la première fois de se livrer, de s'excuser et de parler avec une franchise étonnante. Luhiel avait pu sentir une certaine peur et une certaine honte dans ses derniers mots, pour une fois il n'était pas fier de lui et se rabaisser ainsi l'étonnait. N'ayant pas pour habitude de mettre sa fierté de côté, il posa alors le pot curatif sur le sol, attrapant de sa main droite un peu de cette crème magique. Saisissant délicatement les avants bras de la jeune femme de l'autre main, il étala le remède sur ceux-ci, les plaies se refermant instantanément même si une petite douleur était toujours persistante. Il passa également ses doigts fins sur l'épaule de la farouche tigresse, n'osant plus croiser son regard et affichant un air consterné, la blessure sur l'épaule de la malarian s'estompa de la même manière que ses avants bras, le prince pensant à tord qu'elle ne pouvait pas se soigner seule. Pendant son action bénéfique en signe d'excuse, il lui expliqua alors la vérité, reprenant son ton de voix grave habituel.

"Ces hommes... ce sont des assassins de mon royaume. Si je suis venu en Otian, c'est pour leur échapper... mais ils n'auront de cesse de me pourchasser jusqu'à ma mort. Ils seront toujours sur ma route et je sais qu'un jour ils auront raison du loup qui est en moi..."

S'asseyant de nouveau en repliant ses jambes sur lui, le prince attrapa alors sa tête dans ses mains, fixant le sol d'un air vide. Prenant conscience de ses faiblesses et de ses propres démons, il douta pendant quelques instants de son avenir, mais surtout de lui. Malgré ses excuses envers sa sauveuse, il était rongé par les remords et il ne s'était surtout pas pardonné à lui même, se sentant extrêmement mal à l'aise. À cet instant il ne joua plus avec elle, il était prêt à se confier et à lui prouver qu'il valait mieux que le monstre qui était en lui. Une légère brise souffla sur le toit, l'entourant comme une mère enlace son enfant pour le consoler. Difficile à croire qu'un sang bleu aussi imbus de lui même pouvait se sentir mal à ce point, mais à cet instant il cherchait surtout à retrouver une pointe d'estime dans les yeux de Luhiel. Replaçant un regard mélancolique sur elle, il lui demanda alors.

"Saurez-vous me pardonner pour mon attitude Luhiel ?"

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Luhiel Symanth

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MessageSujet: Re: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Lun 1 Fév - 20:35

Le combat avait été honorable malgré le fait que d'une part l'esprit du Prince soit à demi obscurci par sa transformation, et de l'autre par le fait que Luhiel retienne clairement ses coups afin de ne pas trop l'amocher. Il aurait pourtant été aisé de terminer le boulot que ces assassins avaient commencé, et il est même probable qu'elle puisse venir à bout de lui plus facilement qu'eux... cependant autant par principes que par prérogatives, cela était une hypothèse à écarter totalement. C'était justement dans l'optique d'un combat à la régulière qu'elle avait pris le risque de défier cette bête en lui, et elle ne comptait pas se défiler sous prétexte que c'était périlleux. Comme si c'était ça qui avait un quelconque poids sur la balance ! Non, sûrement pas. Il n'y avait pas de regrets à avoir d'un côté comme de l'autre et Luhiel ne comptait pas non plus l'accabler de reproches une fois que tout serait terminé. Malgré le fait que l'adrénaline soit montée et que les coups se soient échangés, on ne pouvait pas vraiment dire qu'elle craigne pour sa vie. Elle savait jusqu'où elle pouvait pousser ses retranchements, et si il s'agissait d'en découdre pour sa vie, elle ne retiendrait pas ses coups comme elle le faisait. De fait si ce qu'elle voulait c'était tuer, elle en aurait fini de manière expéditive comme elle l'avait fait avec les meurtriers occidentaux... ou les laquais de Thanos Anémonius.

Dans ce cas il s'agissait de quelque chose de plus beau et noble: un duel. Il n'était pas question de le gâcher par des initiatives basses ou des coups en traître, bien qu'elle ait toute la connaissance et la maîtrise pour ça. C'était une manière de mesurer des forces avec les mêmes armes, ces griffes pour implacables et tranchantes qui étaient les leurs. Pas de lames, pas d'épées ou autres... non. C'était un peu plus compliqué qu'on combat à mains nues, mais quelque part ce n'était pas tous les jours que l'un et l'autre trouvaient des adversaires avec le même arsenal... Dommage des fois, c'était ce que se disait le côté profondément combattif de la Blondine qui ne demandait pas mieux que de s'améliorer. Ce n'était là en rien des envies de sang ou massacre, mais juste celle d'approfondir ce pourquoi elle jugeait être née... le Combat.

Un combat qui avait fait rage jusqu'à la dernière minute, lorsque le coup de tête signa la fin de cet affrontement. Quelque part soulagée d'avoir eu raison de s'avancer de la sorte, elle vit son adversaire perdre de son apparence animale pour retrouver ce qu'il était avant de perdre la tête suite à la violence. Pourtant les choses étaient aussi déroutantes pour l'un que pour l'autre, car si aucune entaille sérieuse n'avait été portée à Achnadile de manière volontaire, on ne peut pas dire pourtant qu'elle y ait été de main morte lorsqu'il s'agissait de l'assommer. Pourtant grâce à son museau il avait évité la fracture au nez qui se serait sûrement brisé sous l'impact, et lui aurait défiguré les traits. Heureusement il n'en était rien, mais d'un côté purement revanchard, on aurait pu dire qu'il ne l'aurait pas volé. Lorsqu'enfin il revint totalement à lui et put à nouveau la contempler dans les yeux de manière censée, Luhiel soutint son regard avec un demi sourire encourageant. Non ce n'était pas de la moquerie ni même de la satisfaction d'avoir « gagné », mais simplement une tentative implicite de le conforter tout en se permettant d'exprimer également son soulagement de le voir retrouver la normalité. Ses mirettes célestes étaient redevenues comme un ciel sans nuages, pures et presque transparentes... Mais le Prince lui semblait loin de cette tranquillité.

Lâchant lentement ses bras et baissant ses jambes afin qu'il puisse retrouver un semblant de position digne, Luhiel grimaça tandis que les muscles de sa cuisse retrouvaient un angle plus confortable. Malgré tout les dernières péripéties la chute ainsi que la posture défensive avaient été douloureuses à maintenir, sans parler de son dos qui avait très moyennement apprécie l'impact violent du à cette chère apesanteur. Peu habituée à se plaindre pour autant, elle finit par se me redresser sur son séant dès qu'il recula un minimum, plus inquiète par la manière pensive et tourmentée qu'il avait de la regarder, elle en oubliait presque son état. L'entendant balbutier hésitant sur ce qui venait de se passer, elle décida de ne pas l'interrompre pour qu'il puisse lui dire ce qu'il avait sur le cœur, mais finalement il s'arrêta assez brusquement sans poursuivre. Il avait l'air épuisé, vidé de toute énergie... probablement un fruit de la métamorphose qui ne semblait pas s'effectuer sans douleur. Tentant de faire une remarque qui n'avait rien à voir avec ce sujet sérieux, elle lui montrait par ce biais bien qu'indirect qu'elle ne lui en voulait pas malgré tout. Les échanges plus francs viendraient en temps voulu, un peu plus tard...

- Vos vêtements sont bien déchirés... Faites attention, vous risqueriez de vous faire violer par une demoiselle avec un verre en trop en rentrant !

Le voyant sortir une espèce de pommade étrange de sa poche, elle la flaira discrètement et y reconnut une odeur naturelle bien qu'elle ne sache pas exactement de quoi il s'agissait. Bon ça sentait pas mauvais au moins, et elle pourrait presque juger qu'il n'y avait rien de nocif dedans. En même temps pourquoi le Prince se baladerait-il avec un poison dans une boite? Calmant son esprit devenu paranoïaque avec les années de service, Luhiel le laissa faire sans protester bien que sa fierté guerrière ne soit pas enchantée à cette idée. Disons qu'en fait pour ne pas aggraver la tristesse dans laquelle il semblait se noyer, elle faisait des efforts sur elle même pour ne pas en rajouter encore. Souriant alors bienveillante pour tout en essayant de se faire diplomate, ce qui était pour elle pas forcément chose facile, elle l'arrêta momentanément dans ses envies infirmières et lui dit:

- Vous ne devriez pas abdiquer de votre escorte si vous êtes poursuivi, même pas pour jouer aux enfants capricieux avec moi... pour aussi plaisant que ce soit. De plus si vous vous conduisez toujours avec autant d'impulsivité, je doute que les choses se passent bien. Mais je doute que penser à cette Mort qui de toute façon nous rattrape tous un jour soit le meilleur moyen de vivre votre vie à fond. Vous êtes jeune et plein de vie. Vous aurez le temps de dompter cette bête en vous.

Une main posée sur le poignet de l'Oriental pour qu'il la regarde lors des quelques instants où il s'attelait à la soigner, elle finit par l'ôter. Se laissant faire pour ce qui était de ses bras aux avants bras particulièrement solides à cause de l'exercice, elle souffrait en silence de l'inconfort de sa cuisse, qu'elle sentait à nouveau poisseuse de sang. S'asseyant alors sur ses talons, elle ignora les tiraillements permanents et se pencha vers ce jeune homme à la mine si déroutée. Il semblait perdu, comme si il ne savait pas ce qui s'était passé et qu'il regrettait ce dont il se souvenait à peine. Se dépouillant alors par des gestes secs et précis de ses épaulières et les pièces d'armure de ses bras dans ce qui témoignait de gestes routiniers, Luhiel soupira. Le protections chutèrent avec fracas comme des poids morts et dépouillés de la vie qui ne leur était offerte que lorsqu'elle les portait. Le bruit montrait à quel point le tout était lourd malgré l'aisance avec laquelle la Malarian se mouvait, mais surtout et ce qui était un fait rare, cela exposait son corps aux regards maintenant qu'il n'était plus aussi recouvert d'acier. Ses épaules féminines furent apparentes, notamment la blessure sans gravité qui y siégeait, entourée de plusieurs cicatrices de combats anciens. Il y avait également sur son épaule droite un tatouage complexe, principalement constitué de cercles de diverses tailles s'enchevêtrant comme les maillons d'une chaîne dont on ne discernait ni la fin ni le début. À en connaître Luhiel on pourrait deviner sans mal qu'il avait une symbologie... mais de là à découvrir laquelle... Le fait est qu'un seul cercle était plus proéminent que les autres, puisqu'il était totalement noir alors que les autres n'étaient que des silhouettes dessinées.

Ceci dit son initiative n'était en rien exhibitionniste, mais seulement un reflet du besoin qu'elle avait de se sentir plus légère ne fusse que l'espace d'un instant. S'approchant alors en pouvant se déplacer (légèrement) plus facilement, elle posa une main sur le genou masculin afin de se soutenir et se traina avec précaution pour se rapprocher. Son visage était calme mais intrigué, notamment parce qu'elle ressentait pas mal les vagues de ce qui lui était transmis par le noble. D'autre part on pouvait sentir l'expérience non seulement de combat mais aussi de vie qu'elle dégageait, notamment parce que c'était comme si elle était bien plus vieille que son âge. Vingt trois hivers déjà... et pourtant c'était comme si elle en avait vécu le double, ce qui lui donnait par moments une image assez amère et rabougrie, ce qui n'était pas flatteur mais demeurait pertinent. Étrangement les mots qu'elle choisit pour lui parler étaient à la fois très simples et pleins de sincérité, comme si elle se répétait ce genre de choses trop souvent à elle-même sans jamais pouvoir s'en persuader. Peut être que sur lui ils auraient plus d'effet, du moins c'était ce qu'elle espérait.

- Il n'y a rien à vous faire pardonner, je suis toujours en vie et vous m'avez offert un beau combat. Inattendu certes, mais beau quand même. Vous ne devriez pas perdre votre temps à me soigner alors que j'ai choisi en pleine âme et conscience de prendre des risques... J'ai vu ce qui m'attendait et j'ai décidé de vous provoquer malgré tout, alors ne portez pas le poids de mes propres choix. Il y a des choses qui sont hors de notre portée, des choses sur lesquelles nous n'avons pas d'emprises. De plus je ne vous en veux pas et n'ai simplement aucune raison de le faire. Pensez d'abord à vous pardonner à vous même avant de solliciter l'absolution des autres, Achnadile. Car la liberté c'est décider de quoi faire de l'espace que nous laissent nos chaînes.

Enfin trêve de paroles qui ne vous serviront à rien... je pense que nous avons tous les deux besoin de repos et de calme... Peut être voulez vous retrouver votre palais ainsi que son confort, mais dans notre état je pense que l'auberge serait l'étape la plus logique... et la plus sage. Votre remède ne suffira pas pour ma cuisse je le crains et de toute façon je devrai enlever le reste de mon armure pour nettoyer la plaie. Je ne roule pas sur l'or et je ne dispose pas des moyens dont vous avez certainement l'habitude, mais je connais un bon endroit ou nous pourrons nous rétablir sans que l'on nous pose des questions. «  La Sirène Endormie » est agréable vous verrez. Allez... ôtez cette expression triste de votre visage, après tout au moins avec la disparition de ces hommes vous serez tranquille pour au moins quelques nuits...


Finissant par prendre une grande inspiration, l'Otianaise se leva avec une grimace et prit sa jambe saine pour appui afin de ne pas aggraver son état. Marchant alors en boitant vers Rébellion qui l'attendait toujours au même endroit, fichée dans le sol, elle s'en servit finalement comme d'un appui tandis qu'elle retourna auprès du Prince. Tendant sa main pour qu'il se relève, elle le regarda franchement d'un air qui était presque solennel. Cette main tendue symbolisait bien plus que ce qu'elle n'en avait l'air... un appui pour qu'il se relève, une aide sommaire à aller de l'avant et passer à autre chose, le début d'une relation aux contours mystérieux, ou un peu de tout ça. Oui c'était un mélange complexe, mais surtout c'était comme une proposition qu'il pouvait refuser à tout moment... Ce qui n'était pas étonnant étant donnée sa fierté.
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Achnadile d'Orient

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MessageSujet: Re: L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]   Dim 7 Fév - 15:07

Comme quoi, tout n'était qu'une question d'apparence dans la vie et chaque individu sans exception était doué de faiblesses. Seulement les plus fiers et les plus arrogants ne les montraient jamais, s'entourant d'une armure imaginaire mais surtout insensible aux choses extérieurs qui pourraient les toucher. Achnadile était l'un de ceux-là, découvrant la vie de tout les jours, car trop longtemps enfermé dans sa cage dorée, et surtout formé pour une vie de futur seigneur. Pourtant il était différent des autres sangs bleus d'Orient, doué d'une certaine curiosité depuis son plus jeune âge, il avait toujours souhaité approcher le peuple de plus près. C'était paradoxale quand on le voyait de prime abord, au niveau de son apparence de loup peu amicale, mais au fond il ne demandait qu'à recevoir la sympathie des autres et être tout simplement compris. Pourtant une femme semblait l'avoir percé à jour, même si ils ne se connaissaient pas depuis des lustres, ce sourire d'encouragement lorsqu'elle était en dessous du loup lui avait quelque peu redonné confiance. Notre homme aurait pu être blessé dans son amour propre à cause de cette défaite, mais n'ayant pas était lui même, il se laissait surtout submergé par ses propres remords. Alors qu'elle semblait satisfaite de cette rencontre musclée sur ce toit, lui n'en gardait aucune trace dans sa mémoire pour le moment, son dernier souvenir remontant à l'exécution du dernier assassin... mais plus le temps passait et plus les souvenirs remontaient pour trahir la couverture de la malarian. Celle-ci savait presque tout maintenant des côtés sombres du prince, surtout de ce qu'il renfermait en lui, l'aristocrate savait pourtant au fond de lui qu'elle ne le trahirait pas, sachant pertinemment que les racistes envers les hybrides pullulaient sur ces terres. Si cette femme en face de lui faisait parti des leurs alors elle l'aurait beaucoup plus amoché que ça lors de leur duel... elle aurait même pu l'achever. Si il voulait survivre en Otian, alors il allait devoir se calmer pour ne pas de nouveau mettre au goût du jour ses pouvoirs bestiales. En Orient, les chimères avaient été pratiquement exterminée lors de l'arrivée de Falastur, l'actuel roi d'Orient, celui-ci avait pourtant épargné la vie de sa femme et il avait même eu un fils de cette race dite "inhumaine" par les elfes de la pénombre. Ce qui était certain en tout cas, c'était que cette guilde d'assassin n'en avait pas après sa race, mais désirait l'éliminer pour une autre raison obscure... qu'il ignorait totalement pour le moment.

Malgré les tourments du prince, leur position actuelle pouvait créer un énorme quiproquo si ils se faisaient surprendre, surtout lorsqu'elle ôta ses genoux de son abdomen pour allonger ses longues jambes féline. Notre dandy en aurait certainement profité si la situation était différente, mais il avait eu alors une certaine retenu, ne pouvant considérer cette demoiselle comme l'une de ses conquêtes. Même si cela faisait maintenant quelques heures qu'ils se connaissaient, une relation était entrain de se bâtir entre eux, ils ne se connaissaient pourtant pas par coeur mais c'est comme-ci ce combat leur avait permis d'apprendre autrement que par les mots. Ceux-ci étant bien souvent troublé par le mensonge, l'hypocrisie et les cachoteries tout court. Le jeune homme avait esquissé un léger sourire lorsqu'elle lui fit remarquer par une boutade bien placée qu'il était légèrement dévêtu, pouvant ainsi attirer quelques Otiannaises n'ayant pu les idées claires par l'alcool. En temps normal, il aurait trouvé une réponse ironique mais ce n'était pas le bon moment pour faire de l'humour. Certainement trop préoccupé à panser les blessures de la blondine, il aurait du en réalité en appliquer sur son âme tourmentée, la paladine se laissait faire étrangement d'ailleurs, accordant un doux sourire à son infirmier, ce qui calma quelques instants son malêtre maintenant apparent. La farouche guerrière se permit par la suite de lui apporter quelque peu de réconfort, l'encourageant à vivre sa vie à fond. Hélas, Achnadile avait été hissé trop vite au rang d'adulte et il n'était plus question pour lui de s'amuser aujourd'hui, car même si il les évitait, ses responsabilités revenaient toujours à la charge. Prenant conscience toutefois du faite qu'il était capable de contrôler ce loup sauvage qui habitait son corps, il croisa le regard océanique lorsqu'elle posa sa main sur son poignet. Le regard du prince était quand à lui sombre et sérieux, comme si les ténèbres avaient envahi pendant quelques instants cette forêt orientale qui colorait ses iris. D'une voix ténébreuse, il lui répondit.

"Je ne pourrais vivre ma vie à fond si des hommes en qui je n'ai aucunement confiance me collent toute la sainte journée. Je ne peux compter sur personne pour me protéger de ses assassins, hormis moi même. Mais vous avez raison à propos de la bête, je dois contrôler celle-ci si je ne veux plus être accablé par les remords..."

N'ayant presque aucun ami hormis son garde du corps qui n'était pas vraiment très loquace, il était arrivé plusieurs fois que ces ravisseurs s'infiltrent dans ses rangs pour mieux l'approcher. Il pouvait ainsi s'entourer de toute son armée, quoiqu'il arrive ils finiraient toujours par l'avoir. Finalement, peut-être était-ce cela la solution, ne plus s'en occuper et cesser d'être sur la défensive, car c'est bien connu que la meilleure défense reste l'attaque. Trop accablé par son propre ressenti, il n'avait même pas remarqué la blessure sérieuse à la cuisse de la jeune femme, la chimère vit celle-ci ôter ses différentes pièces d'armure qui semblaient d'une lourdeur improbable lorsqu'elles chutèrent avec fracas sur le toit. Les yeux écarquillés, le prince contemplait maintenant la blondine dans toute sa féminité, affichant de magnifiques épaules découvrant d'anciennes blessures ainsi qu'un mystérieux tatouage. C'était étrange de découvrir cette nouvelle femme sous son ancienne carapace de fer, lui servant certainement d'entraînement et prouvant qu'elle pouvait approcher la vitesse fulgurante du prince sans aucun problème. À côté d'elle, le nobliau était presque faible mais son orgueil resta caché, et ce fut une certaine admiration qui se dessina sur les traits fins du loup. Fixant ce tatouage envoûtant, il avait certainement trouvé la personne qui serait en mesure de le stopper si un jour il tournait mal, Luhiel était puissante, et de plus elle ne se vantait en aucun cas de cette force qu'elle recueillait en elle. Afin de quitter pour de bons les regrets présents mais mal vu du sang bleu, la malarian rampa jusqu'à lui, ce hissant sur le genoux solide du loup oriental. Sans l'interrompre il écouta comme un disciple la sagesse de cette femme qui n'était pas plus vieille que lui, le combat avait apparemment était beau, pour être franc il ne pouvait dire la même chose vu sa récente amnésie. Achnadile ne trouvait pas les mots pour lui répondre et la guerrière avait raison sur toute la ligne, les assassins allaient le laisser en paix pendant quelques temps, sa fierté commençait même à revenir lorsqu'elle l'encouragea à se pardonner lui même. Oui, les mots avaient été touchants et plein de vérité, toutefois il affichait de nouveau cette expression de marbre et ses yeux redevenu de glace contemplaient la belle lui tendre la main, se servant comme canne de sa gigantesque lame. Depuis son plus jeune âge, le prince n'avait accepté l'aide de personne, il n'avait besoin d'aucun soutient, du moins c'est ce qu'il s'était plu à penser. Son visage avait reprit certaines couleurs face aux paroles censées de la malarian, et cette vigueur qui lui donnait un certain charme. Ayant attendu quelques secondes en scrutant cette main salvatrice, il attrapa alors son avant bras pour se relever, dans un geste brute mais franc. Maintenant à sa hauteur, il resta en face d'elle, croisant de nouveau son regard sans pour autant lui lâcher la main, un mot qu'il se répugnait à dire sortit alors de sa bouche, un mot qui résumait tout, un mot qui prouvait son respect à cette femme qui se donnait la peine de l'aider.

"Merci."

Qui aurait pu prévoir que cette rencontre aurait été si mouvementée, quel sort allait leur réserver le destin ? De cette poignée de main, une chose était entrain de se passer entre eux. On ne pouvait parler d'amour ou même d'amitié car leur rencontre était encore fraiche, mais ils semblaient avoir dépassé cette méfiance réciproque. Certaines zones d'ombres restait à découvrir mais pourtant ils étaient loin de penser à l'instant que les malarians et les chimères allaient vivre une destinée similaire, peut-être qu'ils assistaient ici à la rencontre entre deux futurs leaders qui ne manquaient pas d'ambition. Achnadile en était persuadé maintenant, il n'allait plus être seul et bien d'autres rencontres allaient changer la vie de notre seigneur d'Orient. Inclinant alors respectueusement la tête, comme pour la féliciter de sa victoire, il lâcha enfin sa main pour se retourner vers le corps d'un des assassins. L'invitation dans cette auberge n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd et il n'était pas encore tout à fait près pour rejoindre le palais d'Otian, toutefois il allait devoir se vêtir quelque peu si il voulait sortir de ce bâtiment en ruine. Choisissant l'un des cadavres qui faisait pratiquement sa taille, il le dépouilla d'une partie de ses vêtements que le bougre n'avait pas emmené dans l'au delà. C'était certes bas de la part d'un homme de sa qualité mais après tout l'assassin ne pouvait désormais plus s'en servir, portant ainsi de nouvelles bottes noirs d'une pointure un peu trop grande, il plaça pour finir un long manteau de la même teinte sur ses épaules. Cette tenue improvisée lui allait à merveille, il décida de ne pas mettre les attaches, restant torse nue sous sa nouvelle veste et arborant son précieux collier. S'approchant par la suite de son ancienne veste verdoyante en lambeau, il attrapa dans l'une de ses poches un ocarina sombre qui lui était également cher, plaçant celui-ci dans une poche intérieur de son manteau de rebelle, il esquissa un sourire lorsqu'il découvrit une bourse bien pleine appartenant au cadavre ayant fait connaissance avec rébellion. S'approchant enfin de Luhiel, de nouveau quelque peu présentable malgré sa nouvelle dégaine de baroudeur, il reprit de nouveau la parole dans un ton de voix prouvant son habituel assurance.

"La sirène endormie m'a l'air d'être un endroit beaucoup plus plaisant que le palais. Allons-y chère malarian."

Ses souvenirs remontant petit à petit, l'image des serres d'acier de la guerrière pénétra son esprit, ils allaient probablement avoir une longue discussion dans cette auberge, en espérant bien sur qu'il n'y allait pas y avoir de grabuge. Mais ça, on ne pouvait le prévoir avec notre imprévisible loup oriental...


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L'arrivée du prince d'Orient [TERMINE]

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